Taratata
1994 : ‘’Seven seconds’’, ‘’No woman no cry’’ avec Patrick Bruel
1995 : ‘’Seven seconds’’, ‘’Undicided’’, ‘’Shakin’ the tree’’, ‘’Chimes of freedom’’ avec Jacques Higelin et Lokua Kanza, ‘’Leaving’’ avec MC Solaar
1995 : ‘’Biko’’ avec Kassav
1996 : ‘’Obladi Oblada’’ avec Sting
2010 : ‘’Redemption song avec Christophe Maé
Fête de la musique 2010 : ‘’Marley’’, ‘’Blowin’ in the wind’’ avec Izia
Zenith 2016 : « 7 seconds » avec Nach
2016 : « Get up stand up » avec Angelique Kidjo

Ses grandes dates

1er octobre 1956 : Naissance à Dakar.

1970 : A 11 ans, il intègre le groupe Diamono.

1972 : Il intègre l'Institut des Arts de Dakar.

1975 : Il rejoint le groupe le Star Band de Dakar nouvellement engagé par un club réputé de la capitale, le Miami. Pendant 4 ans, il enregistre plusieurs cassettes avec le Star Band, « Adioupe Nar », « Mariama » ou encore « N'Deye N'Dongo ».

1979 : Il quitte le Star Band de Dakar et monte avec El Hadj Faye, le groupe l'Etoile de Dakar.

1981 : Il quitte le groupe l’Etoile de Dakar et en reforme un autre, le Super Etoile.

1988 : Il organise avec Peter Gabriel et Sting une tournée au profit de l’organisation humanitaire Amnesty International.

1989 : Il sort « The lion », son premier album pour le marché international.

1994 : Il sort l’album « The Guide (Wommat) » sur lequel figure le titre « Seven Seconds » enregistré avec Neneh Cherry.

1998 : Il compose et interprète avec Axelle Red l’hymne de la Coupe du Monde de football intitulé « La Cour des Grands ».

2000 : Il sort l’album « Joko From Village to Town » auquel participent Wyclef Jean, Peter Gabriel et Sting.

2002 : Il sort l’album « Nothing's in Vain » auquel participe Pascal Obispo.

2005 : Il remporte le Grammy Award du « Meilleur album de world music » pour « Egypte ».


2008 : Il monte une société de microcrédit nommée Birima afin d’aider ses compatriotes à développer une activité économique.

2012 : Il est nommé ministre de la Culture et du Tourisme du Sénégal.

2013 : Après avoir perdu son portefeuille de ministre, il est nommé conseiller à la présidence.

2016 : Il sort son 34ème album « Africa Rekk ».

2018 : Il enregistre les titres « Gaïnde (Les lions) » avec Black M et « D'accord » avec Pascal Obispo et Isabelle Adjani.

Actualité

Le 26 avril, il a sorti son nouvel album « History », enregistré au Sénégal et mixé au Qatar par l’Américain Matt Howe, collaborateur des plus grands et détenteur d’un Grammy Awards pour son travail de production sur l’album The Miseducation of Lauryn Hill.

Petit prince de la médina dakaroise dès sa tendre jeunesse, Youssou Ndour évolue désormais dans une ample matrice, dont il écoute les sons, les humeurs, les succès : l’Afrique. L’Afrique de Youssou est un continent vivant, toujours en mouvement. C’est donc un album ouvert et éclairé que l’artiste sénégalais nous offre. Youssou Ndour n’a jamais caché l’importance qu’il attachait à relier le passé à l’avenir. Si Dakar est une capitale on-line, si la Medina a pris le virage de l’électro, les griots, les confréries soufies et l’islam éclairé, ont toujours, et peut-être encore plus aujourd’hui, leur place.

Voilà donc le bois dont est fait History, de baobabs, de filaos, de fibres optiques. Dans l’Afrique de Youssou Ndour, la modernité est une question de lignée, cette chaîne fait naître et mourir, nourrir et recréer. Dans la grande hotte dorée des musiques africaines, History a puisé une pépite : Babatunde Olatunji né au Nigeria en 1927, mort en 2003 aux Etats-Unis où il s’était installé. Compositeur et percussionniste adulé par l’avant-garde du jazz des années 1950, Babatunde Olatunji fut aussi copié par un maître musicien, Serge Gainsbourg, qui avait écouté Drums Of Passion, album produit en 1959 par John Hammond. Gainsbourg rendit après coup à César ce qui était à César en réattribuant à « Baba » la paternité de trois titres de Gainsbourg Percussions (1964).

Babatunde Olatunji était un pur yoruba autant que Youssou Ndour est à la fois sérère, toucouleur et wolof. Le drummer Nigérian, militant pour l’égalité des droits aux Etats-Unis, chantait aussi, avec une remarquable liberté incantatoire. Youssou Ndour a choisi d’habiller son art en reprenant deux de ses chansons, My Child et Takuta, « en respectant ses pistes de voix, mais en modifiant la production musicale ». Aux manettes, très présent sur History, le jeune Nigérian Spotless (Augustine Huche Ezra), qui avait collaboré au précédent album de Youssou Ndour, Africa Rekk (2016). Frais, balancé, tricoté à la guitare, dansant, les deux titres du précurseur nigérian traversent les ans en apesanteur.

Youssou Ndour affichant une étonnante précocité de carrière – il a commencé à chanter à 13 ans, au début des années 1970, fondé son orchestre, le Super Etoile de Dakar, en 1979 – il a appliqué ses envies d’exploration du passé à ses propres chansons. Ainsi rhabille-t-il Salimata, publiée en 1989 sur l’album hors-série Set Jamm, sorti alors que Youssou Ndour, repéré au Sénégal par Peter Gabriel, s’apprêtait à entrer dans le cercle de la world-music avec l’album The Lion. « C’est une chanson d’amour qui dit : « Je me suis levé un matin, je suis sorti et j’ai rencontré une jeune femme magnifique, et ça a été le coup de foudre ! Elle s’appelle Salimata. Le soir même, j’ai dit à ma mère que j’étais amoureux… ». Voix intacte, saxophone romantique, ce Salimata 2019, est carré, un tantinet rétro, charmant.

Autre chanson d’amour, Ay Coono La clôturait l’album Set (1990). La voici reprise en main et en boucles satinées par Spotless, évocation des erreurs commises par amour, qui fut composée par Youssou Ndour et son bassiste Habib Faye. History s’ouvre d’ailleurs par un hommage à Habib Faye, disparu en avril 2018. « Habib Faye a été mon ami, mon bassiste et mon directeur musical pendant près de vingt ans. Nous avons créé beaucoup de chansons ensemble et donné beaucoup de concerts dans le monde entier. Tout naturellement, c’est la première chanson que j’ai composée pour cet album», Sur des rythmes croisés, panafricains, Youssou Ndour attendrit son mblax.

Avec Habib à ses côtés, il a bien sûr chanté un nombre incalculable de fois l’un de ses succès incontesté, Birima, créé en 2000 sur l’album I Bring What I Love. Youssou la recréé ici avec une jeune femme exceptionnelle, Seinabo Sey, suédoise d’origine sénégalaise née il y a 28 ans à Stockholm. Révélation de la nouvelle soul électro scandinave, Seinabo Sey pose en anglais une voix chaude, à la limite de l’androgynie, sur cette ballade composée en hommage aux valeurs et aux ancêtres africains. De Suède également, Mohombi – père congolais, mère suédoise – fondateur dans les années 2000 le groupe Avalon, partage avec Youssou un tube anglophone, Hello.

Aux rayons des nouveautés : Birima remix (le feat est inédit), Hello, My child, Takuta, Tell me, Confession, Habib et Macumba.

« ‘’Confession’’ raconte L’histoire d’un immigré qui travaille en Europe pour soutenir sa famille au Sénégal. Rentré au pays pour les vacances, il tombe amoureux d’une femme qui ne partage pas ses sentiments, et ne veut plus rentrer en Europe… » Le dilemme est porté par une élégante boucle de piano, et la voix, bien sûr, de Youssou. A la programmation, le compositeur Mike Bangerz (BRGZ), beatmaker français d’origine béninoise.

Dans Macoumba, BGRZ, Youssou Ndour et le saxophoniste camerounais Alain Rodrigue Oyono s'en sont donné à cœur joie pour jouer avec les codes de la rue dakaroise, où un "macumba" est un flambeur sans éclat. Renvoyé dans ses cordes avec humour, moqué pour son égo-trip dispendieux, le jeune à la tête de linotte est prié d'aller bosser.

Il jouera le 20 juillet à Lyon.


BIOGRAPHIE

1959

Youssou NDour est né le 1er octobre 1959 à Dakar au Sénégal. (rfimusique.com)

Il grandit dans le quartier populaire de la Médina. (lehall.com)

Il est l’aîné de dix-sept enfants. Son père, Elimane N’Dour, choisit ce prénom pour marquer son amitié à un de ses meilleurs amis, Youssou, un grand commerçant. Sa mère, Sokhna, est la première des quatre épouses de son père. (vsd.fr)

Son père, forgeron, fabrique des meubles en métal. Il récupère d’anciennes pièces de mécanique dans un garage dont il conduit souvent les voitures. Youssou pense que son père est propriétaire de nombreuses automobiles, toutes différentes. (vsd.fr)

Sa mère est griotte, comme sa grand-mère, Mame Marie Sène. Pour les baptêmes, elles chantent souvent en wolof, « Daby », qui souhaite la bienvenue au bébé et en appelle les esprits protecteurs. (vsd.fr)

Dès son plus jeune âge, Youssou préfère la musique à ses études. Mais ses parents sont intraitables et désirent le voir réussir. (rfimusique.com)
1970
A 11 ans, il intègre la troupe théâtrale Sine Dramatique. (rfimusique.com)

Il intègre le groupe Diamono. (lehall.com)

1972

A l'occasion de la mort de Papa Samba Diop, dit Mba, leader du Star Band de Dakar, le Diamono compose un morceau que Youssou interprète lors d'un concert de soutien à sa famille à Saint-Louis. C'est un véritable succès. « Tout le monde pleurait encore, moi, j'ai donné de la joie, j'ai vibré. Mba, c'était comme une étoile qui partait ». (DP, 2010)

Après ce premier essai, le Diamono est invité à se produire à Banjul en Gambie. Ne prévenant pas son entourage, Youssou est considéré comme fugueur. A son retour, son père le sermonne et une véritable explication a lieu. Finissant par convaincre son père de sa vocation, Youssou intègre l'Institut des Arts de Dakar. Il y apprend entre autres le solfège. « La musique me passionnait par-dessus tout. Lorsque j’ai confié à mon père que je voulais mener une carrière de musicien, il était réticent, car les chanteurs étaient plutôt mal vus à cette époque. Je suis parvenu à le convaincre avec l’aide de quelques parents. » (lesafriques.com, 01/05/09)

« Au départ, mon père disait que les musiciens étaient mal vus et craignait pour sa réputation. Il ne voulait pas me voir boire ou devenir drogué. Dans mon pays, les relations entre parents et enfants obéissent à des règles fortement marquées par la tradition et l’islam. Même après 20 ans, un enfant doit se soumettre à la volonté de son père. Moi, j’étais très jeune. J’ai conclu un marché avec lui: garder une conduite irréprochable à condition qu’il me laisse faire de la musique. Finalement, je remercie Dieu et mon père de m’avoir permis de rester en bonne santé et de montrer l’exemple aux jeunes. Ceci dit, je ne condamne pas ceux qui boivent ou fument des joints. Certains n’en sont pas moins très talentueux. » (unesco.org)

1975

Il rejoint le groupe le Star Band de Dakar nouvellement engagé par un club réputé de la capitale, le Miami. (kassoumay.com)

En raison de son jeune âge, c'est le père qui négocie son contrat avec le maître des lieux, Ibra Cassé. (rfimusique.com)

Pendant 4 ans, il enregistre plusieurs cassettes avec le Star Band, « Adioupe Nar », « Mariama » ou encore « N'Deye N'Dongo ». (kassoumay.com)

1979

Il quitte le Star Band de Dakar et monte avec un autre chanteur, El Hadj Faye, le groupe l'Etoile de Dakar. Il démarre en trombe avec le tube « Xalis » (l'argent). (rfimusique.com)

1981

Youssou NDour et El Hadj Faye ne s'entendant plus très bien, Youssou quitte le groupe et en reforme un autre, le Super Etoile. (rfimusique.com)

Quelques tubes, « Wala walo », « Nadakaro » ou « Indépendance » sont la base de son succès. La production de ses albums (souvent distribués en cassette) se fait aux Editions Madingo. (rfimusique.com)

1982

Youssou NDour sort l’album « Ndiadiane Ndiaye » au Sénégal. (elsurrecords.com)

1983

A l'âge de 24 ans, Youssou est déjà un homme d'affaire avisé, à la tête d'une véritable entreprise qui emploie musiciens, managers, secrétaires … Il est aussi propriétaire du Thiossane, le club où le groupe se produit quand il n'est pas en tournée. Enfin, il soigne son image, celle d'un bon musulman qui ne boit pas ni ne fume. Fils exemplaire, il vit avec ses parents dans le quartier de la Médina à Dakar, qui l'a vu grandir. (rfimusique.com)
1984
Il sort l’album « Immigrés/Bitim Rew » au Sénégal. (elsurrecords.com)

Il fait une tournée européenne qui débute à Paris par l'Africa Fête, festival culturel africain. La tournée se poursuit en Allemagne, en Angleterre, en Suède, en Finlande, en Norvège et en Suisse. En France, il prend contact avec le label Celluloïd et lui confie ses intérêts. (rfimusique.com)

Il rencontre Peter Gabriel. « Quand j'ai rencontré Peter Gabriel pour la première fois, j'avais entendu parler de Genesis mais beaucoup plus de Phil Collins. Il est venu d'abord à Londres. C'était mon premier concert à Londres. Trois jours après, je jouais dans un club en France à La Défense. Après le concert, on m'amène quelqu’un. On me dit "C'est un chanteur anglais qui est très connu, il s'appelle Peter Gabriel, il aime beaucoup ta voix, il a vu ton concert à Londres, il est venu ici pour te voir." Après, quelqu'un du staff français me dit : "Tu connais la personne qui vient de te rendre hommage ? Eh bien, c'est un Dieu dans la musique !" Alors je lui réponds : "Je veux bien te croire sur parole, mais tant que je n'écoute pas sa musique, je ne peux pas vibrer." Le lendemain, on m’a fait écouter : j'avais des frissons. Il y a des chansons comme ça, qu’on aurait adoré écrire... Un mois après, il arrive chez moi, dans la Médina ! Il est resté quinze jours à Dakar ! Quelque chose s'est lié musicalement, le respect que ce gars-là a eu dès le départ pour mes idées. » (evene.fr)
1985
Il se produit au Printemps de Bourges, joue en première partie de Jacques Higelin avec Mory Kanté à Bercy du 12 septembre au 12 octobre et revient dans la capitale française en décembre pour une semaine de concerts en vedette au Théâtre de la Ville. (rfimusique.com)

Il participe au disque « Tam Tam pour l'Ethiopie », à l'initiative de Manu Dibango, pour le soutien à la lutte contre la famine dans ce pays. (rfimusique.com)

Il organise un concert de soutien à Nelson Mandela, alors emprisonné au Cap. (music-story.com)
1986
Il sort l’album « Nelson Mandela » au Sénégal. (amazon.fr)
Il interprète le titre « In your eyes », en duo avec Peter Gabriel. (Libération, 13/03/10)
1987
Peter Gabriel l'embauche pour faire la première partie de sa tournée américaine avec deux dates mémorables au Madison Square Garden de New York. Sur la lancée, ils font le tour de l'Europe suivant le même principe. (rfimusique.com)

1988

Il chante à Wembley pour la libération de Nelson Mandela ; puis aux côtés de Sting, Tracy Chapman, Bruce Springsteen, pour Amnesty International. (DP, 2010)

1989

Il sort son premier album pour le marché international. Signé chez Virgin, « The lion » est un album dont les coûts de production sont très importants. Si le mbalax est toujours le moteur essentiel de sa musique, il est accommodé ici de nappes de synthés, et d'arrangements sophistiqués dignes de studios de haute technologie. Peter Gabriel est invité pour un duo « Shakin' the tree ». (rfimusique.com)
1990
Il sort l’album « Set ». Si le Super Etoile de Dakar forme le noyau central des musiciens, quelques treize autres viennent s'y ajouter et introduisent ainsi des sonorités nouvelles (accordéon et violoncelle) même si l'instrument fétiche, le tama (petit tambour d'aisselles) reste la star des instruments. (rfimusique.com)

1991

Si dans l'univers de la world music, les échos sont extrêmement favorables, les ventes de disques semblent insuffisantes pour le label Virgin qui en avril, décide de ne pas renouveler le contrat de Youssou NDour. (rfimusique.com)
A l'occasion d'un concert-hommage à Nelson Mandela à Dakar, Youssou invite Spike Lee, à venir y assister. Alors que Youssou est en rupture de maison de disques, ce dernier le contacte un peu après pour produire un nouvel album. (rfimusique.com)
Il est nommé ambassadeur itinérant de l'Unicef. (unicef.org)
1992
Il sort l’album « Eyes Open ». Enregistrés à Dakar avec son groupe et Jean-Philippe Rykiel dans un studio très moderne qui appartient à Youssou (le studio Xippi), les quatorze titres sont chantés en anglais, wolof et français. Les sections de cuivres et le mixage se font à New York. « Africa remembers » dédiée à la diaspora noire est la chanson qui est choisie pour être le support du clip de lancement, réalisé par Spike Lee. (rfimusique.com)
1994
Il sort l’album « The Guide (Wommat) » sur lequel figure le titre « Seven Seconds » enregistré avec Neneh Cherry. (rfimusique.com)

Le premier couplet de « Seven Seconds » est en wolof, la langue parlée par 80 % de la population au Sénégal, un autre est en français, la langue officielle du pays. A l'anglais revient la majeure partie de la chanson. (lemonde.fr)

Dans cette chanson, Neneh Cherry et Youssou NDour pointent le racisme, la haine, les maux rampants que certains propagent et qui font voler en éclats l'innocence de l'enfance. (lemonde.fr)

Dès sa sortie, « Seven Seconds » a connu un succès retentissant dans le monde entier. En France, il sera n°1 pendant 17 semaines et s’y vendra à plus de 2 millions d’ex. (programmetv.net)

Quand il rentre chez lui, près de 10 000 personnes attendent Youssou N'Dour à l'aéroport de Dakar. Escorté par ses fans, il fait un tour d'honneur de la ville durant cinq heures. Le chanteur profite des retombées de Seven Seconds et du succès de The Guide pour lancer son propre label discographique, Jololi, ouvrir une usine de fabrication de CD, remettre à neuf un club, le Thiossane, dans lequel il va se produire chaque semaine. "J'ai vu à quel point une chanson pouvait être magique. Comment elle peut ouvrir une carrière. Celle-ci a été déterminante pour moi. Elle a énormément élargi mon public." (lemonde.fr)

1996

Youssou NDour s'aventure dans le monde traditionnel des griots africains et leurs rend hommage en chantant avec Yandé Codou Sène, grande personnalité de la scène sénégalaise sur un album « Voices of the Heart of Africa ». Chansons traditionnelles et ballades sont au programme de ce disque. (rfimusique.com)

Il décroche avec Papa Wemba, le prix du « meilleur artiste africain » des premiers Trophées de la musique africaine organisés en Afrique du Sud. (rfimusique.com)

1997

Youssou N’Dour et Papa Wemba s'associent pour le compte du Comité International de la Croix Rouge, avec d'autres musiciens africains pour une chanson « So why ? » qui appelle à la réconciliation de l'Afrique. (rfimusique.com)

Il fonde le label Jololi. « Le label produit sept artistes par an. Leurs œuvres sont distribuées au Sénégal et sur le plan international grâce à nos partenaires, des maisons de disques étrangères qui nous font confiance. D’autre part, je travaille à ce que demain les Sénégalais puissent prendre en charge l’enregistrement et l’encadrement technique de leur musique. Pour l’heure, ils dépendent à 90% des Occidentaux. Ce n’est pas négatif en soi mais des professionnels locaux peuvent faire mieux parce qu’ils connaissent la langue et comprennent notre musique plus rapidement. Je monte donc des sessions de formation, prends en charge certains stages à Paris, emmène des jeunes en tournée à l’étranger. Je me souviens d’un jeune mécanicien passionné de musique et d’enregistrement. Je l’ai embarqué avec moi en 1988 sur une tournée d’Amnesty International. Il y a côtoyé les meilleurs ingénieurs du son, puis a fini par les égaler. Aujourd’hui, 80% des professionnels du show biz de Dakar ont commencé avec moi. » (unesco.org)
1998
Il compose et interprète avec Axelle Red l’hymne de la Coupe du Monde de football intitulé « La Cour des Grands ». (rfimusique.com)
« Je suis un fan de football. Ce sport possède un pouvoir unique, celui de rassembler des personnes venues d'horizons très divers autour d'une même passion. Lorsqu'on m'a demandé si je voulais chanter la chanson officielle de France 98, j'étais comme un fou ! Le football et la musique sont mes deux passions. J'avais toujours rêvé d'assister à un match de Coupe du Monde. Après avoir reçu cet appel, je crois bien avoir pleuré de joie. Je suis extrêmement reconnaissant à la FIFA de m'avoir offert une telle opportunité.» (xibar.net, 27/03/08)

« Lorsque j'ai chanté pour le match d'ouverture, j'ai eu l'impression de représenter mon pays. Le Sénégal n'était pas qualifié mais, grâce à moi, il a tout de même participé à la fête. Sans doute ai-je fait office de porte-bonheur car, en 2002, le Sénégal fut l'une des révélations du tournoi. Voilà ce dont je me souviens lorsque je repense à 1998. » (xibar.net, 27/03/08)
Il chante sur l’album « 1 Duar » d’Alan Stivell. (rfimusique.com)
Il compose la musique du dessin animé « Kirikou et la sorcière ». « C'est la toute première fois que je travaille sur une musique de film et cela a été un véritable défi. J'ai commencé à y travailler juste après avoir lu le scénario et, quand j'ai vu le film fini, j'ai été impressionné par la force des images, la puissance des couleurs, l'originalité des personnages. Ce sont des images idylliques bien sûr, ce n'est pas l'Afrique d'aujourd'hui, mais une Afrique mythique et stylisée, une Afrique de conte pour enfants. » (6bears.com)
1999
Il se voit attribuer la mention honorifique d’artiste africain du siècle. (music-story.com)

Au printemps, il donne un concert exceptionnel sur la scène new-yorkaise du Hammerstein Ballroom au cours duquel Stevie Wonder fait une apparition. (rfimusique.com)
2000
Il sort l’album « Joko From Village to Town». Sur cet album, Wyclef Jean a travaillé sur trois titres. Peter Gabriel chante sur le titre « This Dream ». Sting chante sur le titre « Don’t walk away ». (rfimusique.com)

C'est cette double casquette de chanteur traditionnel et de chanteur international que Youssou NDour souhaite mettre en avant lors du Grand Bal qu'il donne à Paris Bercy le 21 octobre. Il organise même la venue à Paris d'une partie de ses fans sénégalais. Composé de deux parties, le spectacle présente d'abord une série de duos de l'artiste avec des chanteurs aussi variés que Cesaria Evora, Zazie, Passi ou Peter Gabriel. Puis après une longue pause, c'est le moment du grand bal qui dure toute la nuit. (rfimusique.com)
2001
Il s’associe au HCR (Haut Commissariat des nations unies pour les Réfugiés) pour enregistrer un album dont les fonds financeront des projets dédiés à l'éducation d'enfants réfugiés. Ensemble, et avec le concours de musiciens dont la vie est marquée par l'exil et le déracinement, ils réalisent « Building Bridges ». (rfimusique.com)

2002

Il sort l’album « Nothing's in Vain » qui rend hommage à sa terre sénégalaise et à sa langue natale, le wolof. (rfimusique.com)

Sur cet album, il chante « So Many Men » en duo avec Pascal Obispo. Celui-ci est d'ailleurs le compositeur de deux autres titres sur cet album : « Africa dream Again » et « Joker ». (rfimusique.com)

« Je me suis impliqué dans Live For Love United, la chanson que les footballeurs ont interprétée au profit de l'association Ensemble contre le sida, un projet sorti à l’occasion de la Coupe du Monde de football. Obispo était impliqué dans ce projet. Je l’avais rencontré lorsque je travaillais déjà sur mon album et quand il est venu à Dakar pour Live For Love United, je lui ai demandé de me proposer des compositions parce que j’ai toujours apprécié ses talents de compositeur. Ensuite, je lui ai suggéré d’aller plus loin, de chanter avec moi. On a donc enregistré en duo, ‘’So Many Men’’, une des trois compositions qu’il a réalisées pour moi. En fait, Obispo, c’était vraiment la personne que je voulais. C’est un compositeur francophone dont le travail peut toucher un public au-delà de l’espace dans lequel on le connaît habituellement.» (rfimusique.com, 31/10/02)

Sur cet album, il reprend le titre « Il n’y a pas d’amour heureux » de Georges Brassens. « J’étais en France à un moment où l’on commémorait la mémoire de Brassens. Un jour j’allume la radio et je l’entends chanter ce texte. J’ai complètement flashé dessus. Brassens pour moi, c’est une certaine idée de la simplicité, quelqu’un qui avait une manière directe, naturelle et immédiatement compréhensible de faire passer des choses très fortes. » (rfimusique.com, 31/10/02)

Il fait une tournée européenne qui passe par l'Olympia de Paris où il est rejoint sur scène par Pascal Obispo et Eric Serra, qu'il avait connu à ses débuts lors de ses premiers spectacles parisiens avec Jacques Higelin au palais omnisports de Paris Bercy. (rfimusique.com)
2003
En mars, il doit entreprendre une grande tournée nord-américaine qui est censée le mener dans 38 villes du 26 mars au 15 mai, mais il annonce le 7 mars l'annulation de celle-ci pour des raisons politiques liées à son désaccord avec les Etats-Unis sur la crise irakienne. (rfimusique.com)
Il créé la Fondation Youssou NDour (Réseau des jeunes pour le développement) dont la mission est d'améliorer la vie des enfants africains en donnant aux familles et aux communautés les moyens d'assoir leur développement économique durable. (unicef.org)
2004

Il sort l’album « Egypte », avec l’aide d’un grand orchestre égyptien et de son chef Fathi Salama. (DP, 2010)

« L’idée m’est venue pendant le mois de ramadan en 1999. Durant cette période, je suis généralement en pause. Le soir, il y a toujours des discussions liées à l’islam. L’idée m’est venue de créer une ambiance, une musique qu’on pourrait écouter pendant cette période qui irait avec nos discussions. Quand j’avais dix ou douze ans, je me rappelle que j’adorais Oum Kalsoum que mon père nous faisait écouter à la maison. C’est à partir de ces deux sentiments que j’ai eu le désir d’être accompagné par un grand orchestre égyptien. » (humanite.fr, 2004)

Cet album créé une sérieuse polémique à Dakar : certains orthodoxes musulmans lui reprochent d’aborder le répertoire sacré, allant même jusqu’à calligraphier le nom du prophète en couverture, avant d’en chanter les louanges. (Libération, 13/03/10)

« Egypte » s’écoule à plus de 400 000 exemplaires dans le monde. (rfimusique.com)
Il collabore au disque « Agir Réagir », en faveur des victimes du tremblement de terre marocain d’Al-Hoceima. (music-story.com)
Il édite un livre de recettes, « La Cuisine de ma mère ». « Je reçois beaucoup de propositions dans tous les domaines culturels. Un jour, j’ai reçu une proposition me demandant de parrainer une initiative et permettre à ma maman de parler de la cuisine sénégalaise et des mets avec lesquels j’avais grandis et qui m’avait nourri. J’ai trouvé l’idée très originale et j’en ai parlé à ma mère qui a acquiescé. Une équipe nous a accompagnés pendant 15 jours durant lesquels ma mère a préparé tous les plats sénégalais et je me suis bien régalé. Ce fut une partie de plaisir. J’avais retrouvé les tendres saveurs de sa cuisine et des mets auxquels je n’avais plus goûtés depuis fort longtemps. Tout cela a été rassemblé pour en faire un livre qui a été intitulé ‘’La Cuisine de ma Mère’’. Le succès fut étonnant ! Et mon plus grand réconfort fut d’avoir, grâce à mon travail, réussi à intéresser les gens sur ce que fait ma propre mère. » (au-senegal.com, 2007)
Il est aux côtés du président Wade lorsque celui-ci reçoit a reçu son prix pour les droits de l’homme à New York. « J’ai toujours respecté la République et les institutions. Même sous Diouf. Ceux qui voient Youssou Ndour avec une personne représentant une institution et qui en déduisent que je fais de la politique se trompent. C’est vrai qu’entre Wade et moi il y a eu une certaine complicité. Il disait que j’étais son fils. » (anr.typepad.com, mars 2010)
2005
Il remporte un Grammy Award dans la catégorie « Meilleur album de world music » pour « Egypte ». (rfimusique.com)

Il célèbre son Grammy à Dakar, dans un bain de foule. «J’avais l’impression d’avoir décroché une médaille d’or aux JO. » (Libération, 13/03/10)

En mars, il co-organise Africa Live, un grand concert contre le paludisme, qui réunit à Dakar Tiken Jah Fakoly, Corneille, Manu Dibango ou Orchestra Baobab. (rfimusique.com)

2006
Il est l'objet d'un documentaire intitulé « Retour à Gorée ». Sous la caméra de Pierre-Yves Borgeaud, Youssou rencontre des jazzmen à la Nouvelle Orléans, Atlanta ou New York, répète et joue avec eux. Sorte de road movie musical, le film évoque l'esclavage et l'influence des musiques ouest-africaines dans le blues et le jazz américains. Le périple se termine au Sénégal. Youssou emmène son nouveau band sur l'île de Gorée, au large de Dakar, un lieu hautement symbolique. Ils y donnent un concert emprunt d'une forte émotion. (rfimusique.com)
2007
Il joue dans « Amazing Grace », un film réalisé par Michael Apted qui retrace l'histoire de l'abolition de l'esclavage en Angleterre au XVIIIe siècle. « La première chose que j'ai dite quand on m’a proposé ce film c'est : "pourquoi moi ?". En fait, l’histoire est pleine de coïncidences. Les créateurs m'ont d’abord proposé de faire la musique. Puis, au moment où j’ai lu le scénario avec mon équipe artistique, on a vu une photo du héros Olaudah Equiano, une photo qui me ressemblait physiquement. Ensuite, il y avait une similitude par rapport à ce que je fais, mes engagements… Mon équipe a demandé s’ils avaient trouvé l’acteur pour le rôle. Ils ne l’avaient pas trouvé. Mes collaborateurs ont insisté, et tout cela a réveillé quelque chose en moi. Je l'ai fait parce que je pense que l'esclavage est un débat, qu’il ne faut pas hésiter à le mettre dans le cadre d'une discussion. Il faut qu'on en parle, qu'on avance… » (evene.fr, 2007)
Il sort l’album « Alsaama Day » au Sénégal. (rfimusique.com)
En juillet, Youssou N'Dour présente en ouverture du 41e festival de jazz de Montreux son « Retour à Gorée Jazz Project ». Juste avant le concert, il propose une marche de soutien aux victimes du conflit du Darfour. Plus tard dans la soirée, sur la scène du Miles Davis Hall, il propose un répertoire très jazz, accompagné de Moncef Genoud au piano, d'Idriss Muhammad à la batterie, Grégoire Maret à l'harmonica, Pyeng Theadgill, à la voix et James Cammack, à la contrebasse. En fond de scène sont diffusées des séquences du documentaire tourné entre les Etats-Unis et le Sénégal. Le film est récompensé par plusieurs prestigieux prix (Festival du réel à Nyons, Prix Suissimage). (rfimusique.com)
Il sort l’album « Rokku Mi Rokka (Give & Take) » dans le monde entier. Cette fois, ce sont les musiques du nord du Sénégal qui ont inspirées l’artiste, même si le mbalax reste présent sur quelques titres. (rfimusique.com)
Neneh Cherry chante sur le titre « Wake Up (It’s Africa Calling) ». « J’ai vu à quel point une chanson pouvait être magique. Comment elle peut ouvrir une carrière. ‘’Seven Seconds’’ a été déterminante pour moi. Elle a énormément élargi mon public. Neneh est comme ma sœur. Quand nos routes se sont recroisées, nous nous sommes effectivement promis de refaire un duo. Cette fois, c’est elle qui est venue dans mon registre, dans mon terroir. L’idée n’était pas de refaire un nouveau tube. Wake Up sonne beaucoup plus africain, notamment grâce à des instruments comme la kora. » (rfimusique.com, 02/11/07)

« Dans cette chanson nous disons "L’Afrique appelle, réveille-toi". L’Afrique a un message à transmettre au reste du monde, un message positif. Le titre de l’album signifie "Tu me donnes quelque chose, je te donnerai quelque chose en échange". » (rfimusique.com, 02/11/07)

Youssou N'Dour, avec d'autres artistes engagés, participe à l’album « Make some noises, the Amnesty International campaign to save Darfur» qui reprend des chansons de John Lennon. Youssou N'dour y interprète « Jealous Guy ». (afrik.com)

« Le Darfour pose un problème à la fois ethnique, religieux et politique, qui a trait au terrorisme et à l’Islam. Ce conflit est très complexe. Il date de 2003 et implique plus de 200 000 personnes mortes et plus de 2 millions de réfugiés. Je crie au monde entier ce qu’il y a lieu de faire. Il faut pousser les Nations Unies, le plus rapidement possible, à trouver le moyen que la décision du conseil de sécurité d’envoyer des troupes pour calmer la situation soit faite immédiatement. La décision a été prise, mais l’action ne suit pas. Il n’y a rien d’autre à faire. Vous voyez, ils ont les moyens d’arrêter ce désastre, mais pour des problèmes d’intérêt, on en arrive à cette situation là. » (zikaddict.fr, 10/11/07)

Il participe au G8 organisé en Allemagne. « Je suis vraiment quelqu’un qui a combattu la politique de Bush. Je pense qu’il n’a pas rendu service du tout au monde. Quand nous étions au G8 avec Bono, nous avons négocié en face à face avec lui. Il a alors augmenté le budget prévu pour la lutte contre le paludisme depuis les Etats-Unis, ce qui était quand même une chose positive. Je sentais que j’y étais pour quelque chose. » (republicain-lorrain.fr, 22/04/09)

Il intègre le comité de Jean-Marie Bockel, ministre de la Coopération et de la Francophonie, censé trouver des solutions aux galères de visas qui plombent les artistes africains candidats à l’entrée dans l’espace Schengen. «Il n’y a pas eu de suite. C’est dommage. On vous demande de vous réunir, et au final rien. Pourtant, la question était d’importance : la libre circulation des artistes. Quand même, quand même… Qu’on leur laisse la liberté de s’exprimer : nous enrichissons votre culture, non ?» Est-il pour le principe de réciprocité ? «Oui, mais ce monde-là est économique. Pour le Sénégal qui a joué la carte du tourisme, le rapport est faussé. Mais d’un point de vue culturel, je suis pour le principe de réciprocité : on nous interdit de venir, on ne collabore plus. Qui perdra au bout du compte ? Sans doute pas nous.» (Libération, 13/03/10)

Le magazine américain Time classe Youssou N’Dour parmi les 100 hommes les plus influents de la planète «pour son talent, son pouvoir et son exemple moral». (lexpress.fr, 01/04/08)

Est-ce, selon vous, l’artiste qui est reconnu ou l’homme et ses actions humaines ?
« Je pense que ce sont les deux. On ne peut pas être engagé, ou en tout cas avoir la parole, la possibilité de taper à des portes, sans passer par la musique. Il faut bien doser les choses parce qu’il y a un moment où il faut incarner l’artiste et un autre où il faut essayer aussi de prolonger ce qu’on essaie de dire, tout en sachant qu’on n’a pas le pouvoir pour changer les choses. On ne fait que des propositions ou du lobbying. » (republicain-lorrain.fr, 22/04/09)
2008
Il monte une société de microcrédit nommée Birima et dotée de 200 millions de FCFA (plus de 300.000 euros) afin de réduire la pauvreté, dans un pays où le chômage broie les espoirs de la jeunesse. (Libération, 13/03/10)

Le but est d’offrir des services financiers adaptés et - dans la mesure du possible sans garantie - aux PME et aux commerçants dont les besoins ne sont couverts ni par les banques, ni par les institutions de micro-finance. (sosfaim.be)

« J'ai été inspiré par mon père, Elimane N'Dour. Il a 78 ans et il est forgeron. Je lui ai proposé mille fois de l'aider financièrement. Il a toujours refusé: il veut garder sa liberté, sa dignité et maintenir une relation père-fils avec moi. J'ai les larmes aux yeux lorsque je le vois travailler dans son atelier, créer de ses mains des tables en fer forgé et de merveilleuses cages à oiseaux. Enfant, il me répétait: ‘’Rokku mi rokka’’ une expression qui veut dire: ‘’Tu me donnes quelque chose, je te donne quelque chose en échange.’’ Les Africains offrent leur travail, mais ils ont besoin d'être soutenus pour réaliser leurs rêves et relancer l'économie du continent. Africa Works repose sur une idée simple: encourager la création de petites entreprises locales grâce à du microcrédit, c'est-à-dire des petits prêts à des taux très bas. Le demandeur ne doit fournir aucune autre garantie que sa parole et la respectabilité de sa famille. Ça peut marcher. A plusieurs reprises, des Sénégalais m'ont demandé une aide financière, mais aucun n'a voulu un don. Ils ont tous tenu à me rembourser. Voilà pourquoi, un jour, j'ai mis 200 millions de francs CFA (300 000 euros) sur la table et j'ai fondé Birima, une société de microcrédit à laquelle s'est associé Benetton. » (lexpress.fr, 01/04/08)

«Ce n’est pas une banque, mais une mutuelle avec plus de 1 500 clients. On va bientôt faire un point sur la première phase, et d’autres partenaires doivent nous rejoindre pour développer cette initiative. On avance… Inch Allah…» Même s’il admet avoir «quelques petits problèmes», notamment avec Benetton, qui fut l’un des premiers soutiens de Birima en investissant un million de dollars. Une sombre affaire où l’on voit Benetton se plaindre de n’avoir plus aucune nouvelle de Youssou depuis ce fameux don. Au point que certains se demandent où est passé le fameux million… (Libération, 13/03/10)

2009

Sur la mélodie de « Obladi oblada » des Beatles, il enregistre la chanson « Leep mo Lendem » (« Tout est dans l’obscurité ») qui dénonce les délestages intempestifs au Sénégal et s’en prend directement aux gestionnaires de l’entreprise sénégalaise d’électricité. Cette chanson est disponible uniquement en téléchargement. (marches-tropicaux.com, 11/09/09)

2010

Il participe au concert de soutien en faveur des victimes du séisme en Haïti qui a lieu à l’Arena à Genève. « J’ai été contacté par mon manager qui avait reçu un appel des organisateurs. J’ai entendu qu’il y aurait des artistes comme Kassav’… Il y avait un élan à soutenir, j’ai dit oui, je viens ! Tout le monde a dit et redit qu’il était désolé pour Haïti, que l’île avait besoin d’un geste, de réconfort. Je suis d’accord pour le faire. Et j’ai trouvé très bien qu’en Suisse on pense à faire appel à des artistes africains pour ce genre d’entreprise. » (en-afrique.info, 25/02/10)

Il sort l’album « Dakar-Kingston », un disque hommage au reggae et à Bob Marley. «L’histoire de cet album est particulière : depuis plus de 20 ans, un ami ne cesse de me demander " Pourquoi ne fais-tu pas un album de reggae ? ". Et en 2008, alors qu'on préparait le Festival des Arts nègres (qui devait se tenir à Dakar fin 2009, mais fut finalement reporté), un hommage aux grandes figures noires dans le monde, dont Bob Marley, j'ai repensé à l'idée d'album reggae de mon ami et ça a fait tilt (sourire). Ensuite, j’ai commencé à réfléchir aux chansons, fait des maquettes et c'est venu très naturellement. Mais ce n’était pas un projet si improbable vu que je suis fan de reggae de longue date, j’ai grandi avec ça. » (modomix.com)

« J’ai toujours adoré le reggae et Bob Marley. Un ami sénégalais fan de reggae, Gaston Madeira (son régisseur) a voulu tester ma voix sur cette musique. Avec le Festival mondial des arts nègres prévu fin 2010, c’était l’occasion de célébrer de grands artistes comme Marley.» (anr.typepad.com, mars 2010)

« Pourquoi un hommage à Bob Marley ? Car cette année ce sont les cinquante ans de l’indépendance de nombreux pays africains, et il y a beaucoup de manifestations organisées à cet effet. Nous souhaitions donc profiter de cette occasion pour rendre hommage à des grands. Pour nous, Bob Marley a été la première vedette venue du tiers monde, et je me souviens que quand on a vu Bob Marley toucher tellement les gens, on se disait : pourquoi pas nous ? Il venait d’un petit pays, ça n’était pas évident avant, et il y avait seulement les Beatles, les Rolling Stones… Sa réussite nous a vraiment poussés à croire en nous. De plus, sa musique est toujours là. J’ai grandi avec elle même si je ne l’incarne pas. J’ai donc voulu rendre hommage à la musique de Bob Marley à un moment où l’Afrique cherche un nouveau rebond. C’est, enfin, un moyen de montrer aux plus jeunes que la musique de Bob Marley est toujours là. Lui aussi sera toujours là. » (aufaitmaroc.com, 28/02/10)

« Chacun a du Marley en lui et peut s’identifier à ses diverses facettes. Mon ‘’Marley’’, c’est avant tout l’auteur-compositeur qui m’a réconcilié avec la simplicité. Je l’ai découvert par les vinyles de mon oncle qui travaillait dans un magasin de disques. A l’époque, on chantait sans comprendre les paroles, frappé par l’évidence de ses mélodies. Quand on entend le reggae, sincèrement, on est sûr que ça fait partie de nous, Africains. Il faut plonger dans l’histoire pour expliquer notre rapport inné au reggae. » (Vibrations, mars 2010)

L’album a été enregistré à Kingston dans le studio de Bob Marley et mixé à Paris. «C’était magique en Jamaïque. On a travaillé dans le studio Tuff Gong de Bob Marley. J’ai rencontré sa famille et ses musiciens. J’ai réalisé que les Jamaïcains et nous sommes un. J’apprécie le combat de Marley pour la liberté et la justice ainsi que sa simplicité et sa capacité à toucher tant de monde. Après ‘’Dakar-Kingston’’, j’enregistrerai un autre album reggae, en hommage au Sud-Africain Lucky Dube (assassiné en 2007). » (anr.typepad.com, mars 2010)

L’album est produit par Tyrone Downie, le claviériste des Wailers. « Mon ami Gaston Madeira a contacté Tyrone Downie. Il est venu à Dakar, puis, en juillet, nous sommes allés à Kingston. » (anr.typepad.com, mars 2010)

Il reprend deux titres issus de l’album « Nothing’s in vain » (2002) : « Africa, Dream Again » en duo avec Ayo et « Joker » qu’il chante avec Patrice. (musique.sfr.fr)

2012

Il veut se présenter aux élections présidentielles sénégalaises prévues en février 2012. Mais le Conseil constitutionnel rejette sa candidature. Il soutient alors fermement Macky Sall, le rival du président sortant, Abdoulaye Wade. Après l'élection de Macky Sall comme nouveau président de la République sénégalaise en mars, Youssou N'Dour est nommé en avril, ministre de la Culture et du Tourisme dans le nouveau gouvernement. (rfimusique.com)

Le Sénégal en proie à des inondations en août, le ministre remonte sur scène exceptionnellement en septembre pour un concert humanitaire. Avec 3 autres grands représentants de la musique sénégalaise, Omar Pène, Ismaël Lô et Thione Seck, il se produit à Dakar pour venir en aide aux victimes de ces fortes intempéries. (rfimusique.com)

2013

Le Polar Music Prize 2013 lui est décerné en mai à Stockholm, un prix qui récompense les contributions à la musique mondiale dans tous les genres. (rfimusique.com)

Dans un premier temps, il perd son portefeuille de ministre de la Culture puis le 2 septembre 2013, il laisse celui du Tourisme. Il est tout de même nommé conseiller à la présidence avec rang de ministre sans que ses fonctions ne soient précisées. (rfimusique.com)

«J'alerte, je fais des missions, je participe à la stratégie, je suggère des idées. Je conseille le président sur toutes les questions. Ce travail nécessite moins de temps, ce qui me permet de revenir à la musique.» (lapresse.ca, 2015)

Vient alors pour lui le temps de remonter réellement sur scène : Youssou reprend le micro et se produit au Palais Omnisport de Paris-Bercy le 14 octobre pour un grand bal. Il rassemble plus de 26 personnes autour de lui, des musiciens, des danseurs, et de jeunes compatriotes chanteurs dont Pape Diouf et Aida Samb. (rfimusique.com)

«Ces dernières années, j'ai été très engagé envers mon pays, je le reste encore. Avec cette responsabilité de ministre de la Culture et du Tourisme, il était impossible pour moi de poursuivre ma carrière de chanteur. J'ai donc mis mon art en stand-by quoique je demeure ministre-conseiller du président.» (lapresse.ca, 2015)

2014

Il sort l’album « Fàtteliku » où il reprend des tubes phares de chanteurs sénégalais des années 60-70. (au-sengal.com)

Il enregistre, avec l’artiste chrétienne Idylle Mamba, une chanson inédite intitulée «One Africa», pour la paix en Centrafrique. «Je suis meurtri par ce qui se passe en Centrafrique. Au Sénégal, il y a 95 % de musulmans. Et l'on vit en harmonie avec les chrétiens. On est un exemple de ce qui est possible alors que les images qui viennent de Centrafrique sont désastreuses pour notre continent. J'ai voulu enregistrer cette chanson pas seulement pour ce pays, mais pour toute l'Afrique, comme un ensemble pour dire : ‘’arrêtez, il faut que l'Afrique avance, éduque ses enfants’’.» (leparisien.fr, 2014)

2016

Six ans après l’album « Dakar-Kingston », il revient avec « Africa Rekk » (l’Afrique, un point c’est tout !) son 34ème disque.

Ses fonctions de ministre de la culture puis du tourisme dans le gouvernement du président Macky Sall élu en 2012, l’empêchaient de mener à bien ses activités artistiques. Son actuel statut de « ministre conseiller du Président » l’a libéré. « En Afrique il y a une dynamique portée par la culture. L’Afrique a besoin de sourires, de dévoiler ses forces. Le Sénégal est un pays fort, enraciné, pacifique, qui développe une manière citoyenne de vivre ensemble, avec 95 % de musulmans, et 5% de Chrétiens – une communauté à laquelle appartenait Leopold Sédar Senghor, Président chrétien d’un pays musulman ».

« C’est un hommage que je rends à l’Afrique. J’honore l’Afrique à travers cet album. Je veux dire par là que je le dédie à la jeunesse africaine »

« C’est un album panafricain. Le premier sur ce registre depuis ‘’Egypte’’, en 2004, où je montrais que l'Afrique est une, du Cap à Alger et jusqu'au Caire. »

‘’Africa Rekk’’, c’est l’Afrique célébrée par Youssou Ndour dans tous ses compartiments modernes et traditionnels. Le mbalax, la rythmique wolof, y est présente mais très mélangée, « par exemple à la rumba, d’autres rythmes, et c’est un cordon ombilical qui relie toute l’Afrique ».

Pour cet album, il a collaboré avec de jeunes artistes africains de la nouvelle génération : Akon, Faly Ipupa et Spotless.

« Akon est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. C'est un ambassadeur de l'Afrique aux États-Unis, qui a beaucoup de mérite. D'autant que j'ai constaté que chaque fois qu'il effectuait des témoignages il faisait souvent référence à moi parmi d'autres. On a trouvé le temps de faire ce duo. J'ai eu l'idée de le faire chanter en wolof surtout que beaucoup de chansons sont déclinables. Il a accepté et s'est éclaté ! Il a chanté comme jamais ! Je pense qu'une rencontre ne dépend pas de l'âge car j'apprends aussi de ces jeunes et vice versa. C'est toujours une expérience merveilleuse à partager. J'aime aussi beaucoup Faly, qui a une voix extraordinaire et beaucoup d'énergie. J'avais écrit une chanson pour lui lors de mon passage à Bercy pour le grand concert et je la lui ai envoyée. Il a été très touché et m'a dit: « Ça, ça me plaît grand frère ». De même j'ai eu un très bon feeling avec le chanteur Spotless, très débrouillard et créatif. J'ai choisi ces trois-là car je ne pouvais pas chanter avec tout le monde. Chanter avec eux était une façon pour moi encore de rendre hommage à la jeunesse africaine. » (Amina, 2016)

En tant que conseiller du Président Macky Sall, propriétaire d’un groupe de presse, et artiste, comment faites-vous pour concilier ces activités très différentes les unes des autres ?
« Auparavant j'étais ministre de la Culture mais désormais je suis juste conseiller du Président, je dépends entièrement de lui, j'effectue régulièrement des voyages avec lui. Cela me donne plus de temps de faire de la musique. Pour le groupe de presse, j'ai investi pour l'équilibre démocratique, pas pour de l'argent. L'idée était de donner la parole à tous, notamment à ceux qui n'avaient pas la chance ou les moyens de s'exprimer dans les autres médias. Mon objectif était aussi de créer des emplois. Une façon de contribuer au développement de mon pays. Aujourd'hui il y a 500 et quelques employés dans le groupe. Je délègue beaucoup car je ne suis pas présent tous les jours au sein du groupe, J'ai des collaborateurs brillants, qui sont d'excellents gestionnaires, et le dirigent avec beaucoup de compétences et de rigueur Je ne peux que les féliciter. » (Amina, 2016)

2018

A l’occasion de la Coupe du monde, il interprète avec Black M l’hymne officiel de l’équipe du Sénégal « Gaïnde (Les lions) ». (parismatch.com)

Il interprète « D'accord » avec Pascal Obispo et Isabelle Adjani.

MUSIQUE

Le roi du Mbalax

Il est considéré comme le pionnier du Mbalax. « Le Mbalax est une musique qui vient de l’ethnie wolof et qui est la plus représentée chez nous au Sénégal. C’est une musique qui est partie d’une batterie de percussions, c’est comme une batterie moderne avec beaucoup d’instruments de percussions. C’est la musique populaire de chez nous, mais ça n’est pas que la musique des forêts et des villages, c’est la musique des villes, de l’Afrique urbaine. » (aufaitmaroc.com, 28/02/10)

« Au Sénégal, le rythme qu'on appelle le Mbalax est très populaire. C'est un rythme wolof très complexe, magnifique mais complexe. Donc si vous ne le parlez pas ou que vous ne le comprenez pas, la musique qui en découle va vous sembler bizarre, ce ne sont pas des émotions formatées dans la musique universelle. C'est une musique populaire qui a son charme et que j'adore. On m'appelle même "le roi du Mbalax". Mais je connais aussi les bases de la “musique universelle”. Ces bases-là, on les trouve dans la musique qui vient du Sud ou du Nord. Quand je fais un album international, j'utilise beaucoup ces rythmes-là, peut-être moins populaires chez nous, mais beaucoup plus présentables pour les autres. Mais cette fois-ci, j'ai demandé à la maison de disques de mettre sur l'album destiné à l’international un bonus track de six titres de Mbalax pour que les gens s’y initient. » (evene.fr, 2007)

« La clé de mon succès est le fait d’avoir refusé de m’enfermer dans un style de musique. On m’appelle certes le Roi du Mbalax, mais j’ai refusé de rester dans un style figé. Cela ne m’a pas valu que du bonheur. J’ai été critiqué et fortement tancé sur des albums que j’avais sortis et qui ne ressemblaient pas à ce qui se faisaient de coutume. Les gens s’en plaignaient au départ pour ensuite se rendre compte que ces musiques étaient agréables à l’ouïe. Ce fut un challenge réussi. C’est cela quelque part la clé de mon succès actuel. Je peux aller du mbalax au blues, du jazz à la musique orientale… et ainsi de suite. » (au-senegal.com, 2007)

Ecriture/composition


« J'ai toujours mon petit magnétophone, dans un hôtel, dans l'avion, en répétition, en balance… Dès que j’ai une petite idée, je l'enregistre… Je garde toutes ces idées et je vois si je décide de les développer. Comme je ne joue pas d'instrument harmonique - je ne joue que des percussions -, je fais venir des amis musiciens pour développer la chanson, l'écrire vraiment. » (evene.fr, 2007)

Vous avez très peu chanté en français, pourquoi ?
« Je ne sais pas… Bien que le Sénégal ait été colonisé par la France, la langue française est restée, vraiment, une langue officielle. Le wolof est resté dans la tradition. L'autre était la langue pour travailler, une langue politique, une langue, en fait, très intellectuelle, administrative, bureaucratique... Le wolof était la langue qui signifiait quelque chose dans la vie de tous les jours. Dans cet album, je chante en wolof, mais l'idée, le son, les développements sont vraiment dans l'esprit poular : la musique, l'inspiration, la couleur, c'est l'esprit poular. Je chante en wolof par un manque de maîtrise du Poular. Je voulais être vraiment "juste" avec moi-même. » (evene.fr, 2007)


PERSONNEL

Un homme influent

En 2007, il a élu parmi les 100 personnes les plus influentes de la planète par le magazine « Time ». Il fait régulièrement partie des classements des plus grosses fortunes du pays. La presse sénégalaise lui attribue un compte en banque garni de 95 milliards de francs CFA. L’équivalent de 1,5 milliard d’euros. (nouvelobs.com, 2018)

Actuel conseiller spécial du président Macky Sall, Youssou N’Dour est le patron d’un groupe de presse qui emploie 500 personnes, du quotidien le plus lu au Sénégal – "l’Observateur" –, d’une radio, d’une chaîne de télévision, propriétaire d’un studio d’enregistrement, le Xippi, d’une discothèque dans le Grand Dakar, le Thiossane, où les clients ont parfois le privilège de le voir jouer…(nouvelobs.com, 2018)



« Mon rôle a toujours été très défini au Sénégal. Ma presse a la vocation d'être libre et responsable, de travailler sur la vérité. Et si des gens pensent que c'est un peu difficile, je dis non, c'est assez logique. On dit la vérité au gouvernement, on en apprécie les bons coups, on alerte aussi la population, comme toutes les presses responsables. Il n'y a pas de conflit d'intérêts, en tout cas pas pour l'instant. Et j'espère que ça va continuer comme ça.» (lapresse.ca, 2015)

Engagement

« Nelson Mandela a éveillé en moi l’esprit du « fight ». Vous voyez ? L’idée que les droits de l’homme ne se respectent pas naturellement et qu’il faut souvent les arracher. Que ce combat doit être pacifique mais qu’il est exigeant, sans concession, et implique des sacrifices. A nous tous, il a transmis une sorte de flambeau. » (lemonde.fr, 2016)

D’où vos multiples engagements auprès de l’Unicef, d’Amnesty International, et votre propre fondation en faveur du droit des enfants et du développement durable ?
« C’est cohérent. S’il y a une chose que je redoute, c’est bien la solitude. Et, malgré mon succès mondial, je n’ai jamais imaginé vivre ailleurs qu’à Dakar. J’ai besoin des miens, comme à l’époque de la grande maison, et j’ai besoin du contact avec les gens. C’est la seule façon d’écrire des textes qui sonnent juste. Je ne donne pas de leçons, mais mes chansons ont de l’impact. Et puis, j’ai toujours fait, au moment de Noël, des concerts play-back dans des écoles. Un truc merveilleux pour les gosses qui a attiré l’attention de l’Unicef dont je suis devenu un ambassadeur. Cela m’a ouvert sur beaucoup de sujets. Puis mon amitié avec Bono m’a mobilisé sur la question de l’effacement de la dette africaine. On est allé voir des chefs d’Etat, les Nations unies (ONU), le Congrès américain. On s’est imposés au G8 en exigeant d’être entendus, quitte à faire du bruit et organiser des conférences de presse. J’ai vu Merkel, Bush, Clinton, Abe du Japon… » (lemonde.fr, 2016)

Et le paludisme ?
« Ce problème m’a sauté à la figure. Je le vivais depuis toujours comme un désagrément inhérent à la vie en Afrique, mais je n’avais pas réalisé qu’il tuait plus de 2 millions d’Africains par an, 3 000 par jour, notamment des enfants, et que les conséquences étaient énormes sur l’économie, l’éducation, la société. L’apprendre m’a révolté. Il fallait que je m’engage et que je trouve des fonds. Je suis allé voir Bush peu après son arrivée dans le bureau Ovale. J’avais beaucoup de problèmes de conscience avec lui, mais ce dossier valait le coup. Et il a dégagé des moyens pour lutter à la fois contre le paludisme et le sida. On a vu aussi des sénateurs, on est retournés à l’ONU, on a tapé sur la table et mobilisé beaucoup de monde. Restait à travailler avec les populations locales. On a inventé des campagnes à la radio, à la télé, avec des personnalités très connues qui disaient : « Il est 21 heures, vous allez vous coucher mais n’oubliez pas la moustiquaire imprégnée ! » (lemonde.fr, 2016)

Comment réagissez-vous à l’élection de Donald Trump ?
« Les Américains ont choisi un candidat antisystème. Dont acte. Mais je demande au président Trump d’exprimer des regrets pour certaines déclarations qu’il a faites durant sa campagne et pour les blessures qu’il a ainsi occasionnées. Je le lui demande solennellement. Il a tenu des propos déplorables sur l’islam, l’immigration, les Noirs et plusieurs communautés. Il a heurté plein de gens. Alors il est urgent qu’il reconnaisse ses erreurs et qu’il mette ça sur le compte d’une campagne électorale outrancière. Urgent qu’il soit humble et qu’il dise clairement ses regrets. La campagne, c’est une chose. Sa présidence en est une autre. En tout cas, c’est ce que j’espère. Il doit lever les équivoques sur l’immigration et la religion et adopter désormais un discours correct à l’égard du reste du monde. Nous l’attendons. Alors on pourra envisager de revoir nos relations avec l’Amérique, de tout rediscuter, de repartir à zéro. Il ne connaît visiblement pas l’Afrique. Mais nous, nous savons qui nous sommes. Et nous avons tous besoin les uns des autres. » (lemonde.fr, 2016)

Quel est le sens de votre présence au Bataclan les 18 et 19 novembre, un an après le massacre qui a endeuillé cette salle de concert ?
« Saluer la mémoire de tous ceux qui sont tombés sous les coups du terrorisme à Paris, à Islamabad, au Mali, au Nigeria. Affirmer très fort que la barbarie ne passera pas. Et proclamer que le monde a besoin d’art, de musique et de culture. Je veux chanter la tolérance et la joie de vivre. » (lemonde.fr, 2016)

Divers

Peter Gabriel est le parrain de son fils, Youssou est le parrain du fils de Peter Gabriel, Edward. (vsd.fr)

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