SCORPIONS

1996 : “Rock you like a hurricane - You and i - Wild child, “Alabama Song” avec Guesch Patti, “Still loving you” avec Vanessa Mae
2010 : “The good die young”, “Wind of change – Still loving you – Rock you like a hurricane”

Les grandes dates

1972 : Ils sortent leur premier album « Lonesome Crow ».

1984 : Ils sortent leur 9ème album « Love at First Sting » avec les titres « Rock you like a hurricane » et « Still loving you ».

1990 : Ils sortent l’album « Crazy World » sur lequel figure « Wind of change », chanson emblématique de la chute du mur de Berlin.

1996 : Ils sortent l’album « Pure Instinct », contenant la ballade « You and I » qui se classe n°1 dans plusieurs pays.

2010 : Ils décident de mettre un terme leur carrière après la sortie de leur 17ème album studio « Sting in the Tail ».

2015 : Ils sont de retour avec l’album « Return To Forever ».

Actualité

Le 25 février, ils ont sorti leur 19ème album « Rock Believer », composé, puis enregistré comme au bon vieux temps, à cinq dans un studio dans des conditions quasi live.

Initialement, vous aviez prévu d’enregistrer ce nouvel album à Los Angeles avec le producteur Greg Fidelman (Metallica, Slayer, Slipknot...) en mai et juin 2020. Puis vous deviez donner une série de concerts à Las Vegas en juillet et finaliser l’album en août ou septembre 2020. Hélas, tous ces projets sont tombés à l’eau lorsque la pandémie a frappé le monde. Quel était votre état d’esprit lorsque les divers confinements à travers le monde ont rendu quasiment tout voyage impossible ?
Klaus Meine : « C’était le plan, en effet : faire coïncider l’enregistrement de l’album avec notre résidence à Las Vegas. Mais comme tu viens de le dire, la pandémie nous a forcés à revenir à Hanovre. Notre route pour rejoindre le studio, le Peppermint Park qui est également situé à Hanovre, s’est donc avérée moins longue que prévue ! (rires) Nous avons commencé la pré-production là-bas. Greg suivait régulièrement les opérations via l’application Zoom. Mais les restrictions de voyages s’éternisant, et sans réelles perspectives d’amélioration à court ou moyen terme, nous avons décidé d’aller de l’avant sans lui. Ceci afin de ne pas briser notre élan. Ne pouvant pas nous permettre de perdre du temps, nous avons poursuivi les sessions à Hanovre en compagnie de notre ingénieur du son, Hans-Martin Buff. Nous avions confiance en notre propre équipe. Avec le recul, ce fut une excellente décision. »

On dit souvent que le rôle d’un producteur est de poser un regard extérieur sur la musique que propose le groupe dont il est en charge, et de pouvoir faire des suggestions auxquelles les musiciens n’auraient pas forcément pensé. A-t-il été difficile de garder un certain recul sans « réel » producteur à vos côtés ?
Matthias Jabs : « Nous avons des dizaines d’années d’expérience d’enregistrements studio et nous avons eu la chance de travailler avec de grands producteurs comme Bruce Fairbairn et Keith Olsen, même si la majorité de nos albums ont été produits par Dieter Dierks, en particulier à la fin des années 70 et durant toutes les années 80, une période durant laquelle Scorpions a trouvé son propre son. C’est ce qui nous convient le mieux, je pense, et nous y revenons sans nous soucier des influences extérieures. C’est ce que nous avons réussi à capturer sur Rock Believer. Certains nous ont déjà dit que le son de ce disque leur faisait penser à celui de Blackout (1982) ou Love At First Sting (84). Au début du processus, nous avons écouté avec attention certains conseils ou suggestions faits par Greg Fidelman, mais
dès lors que nous nous sommes retrouvés à travailler seuls,
nous avons évolué vers un son ‘’totalement Scorpions’’ ».

A cause de tous ces différents paramètres, il s’agit du premier disque que vous ayez enregistré en intégralité en Allemagne depuis fort longtemps. A-t-il été agréable, pour une fois, de pouvoir allier travail et vie de famille au quotidien ?
Klaus Meine : « Oui. Ce fut un plaisir car, en effet, nous avions l’habitude depuis des années d’aller enregistrer partout dans le monde, sans compter le fait
que nous avons constamment été sur les routes ces quinze dernières années. Alors, pouvoir rentrer le soir après les sessions et profiter de nos familles et de nos amis fut très appréciable. Nous évoluions dans notre propre bulle, étions très prudents vis-à-vis de ce virus, et du coup, nous étions très concentrés sur les nouveaux morceaux, les arrangements... En fait, ce fut une bénédiction ! D’autant que la pandémie s’éternisant, nous avons eu bien plus de temps que prévu pour arriver à bout de ce disque. Même si nous n’avons pas bossé d’une traite : nous prenions des pauses, sans stresser. Parfois, nous n’avions pas le choix non plus, puisque nous devions jongler avec les possibilités de déplacements de Mikkey (batterie) depuis la Suède et Pawel (basse) depuis la Pologne, et, durant certaines périodes, attendre qu’ils aient fini leur quarantaine pour pouvoir se déplacer en Allemagne et nous retrouver au studio. Ces moments furent vraiment géniaux, un bon moyen de fuir cette cruelle réalité. »

Une autre différence importante par rapport à tous vos précédents albums depuis Savage Amusement (1988) est qu’aucun compositeur ou parolier extérieur n’a collaboré avec vous sur Rock Believer. A votre avis, est-ce pour cela qu’on retrouve, sur ce nouvel opus, un Scorpions bien plus hard rock et direct que sur ses derniers disques ?
Rudolf Schenker : « Un gars qui bosse pour notre maison de disques actuelle est un vieux fan de Scorpions. Un jour qu’il était venu nous voir jouer au Panathenaic Stadium d’Athènes en Grèce (Ndlr : le 16 juillet 2018), il nous a dit : « Si, un jour, vous sortez un nouvel album, ce serait vraiment génial qu’il soit dans la même veine que Blackout ou Love At First Sting. Je crois que j’ai le producteur idéal pour un tel projet, Greg Fidelman. » Nous ne savions pas trop quoi en penser, mais nous avons rencontré Greg à Los Angeles, et le courant est bien passé. L’idée était donc là, mais après, la question était de savoir qui allait commencer à proposer
de nouveaux titres ! Je n’étais pas vraiment prêt à ce moment-là, mais Klaus avait déjà pas mal d’idées... »
Klaus Meine : « J’étais habitué au fait que Rudolf m’envoie spontanément des démos sur lesquelles je choisissais quelques titres. Puis, je travaillais sur les paroles. Cette fois-ci, début 2019, j’ai commencé à écrire les premiers textes sans aucun support musical et j’ai envoyé ces textes à Rudolf, en espérant que ceux-ci l’inspirent à écrire des supers riffs ! (rires) Sans savoir si cela allait fonctionner. Heureusement, ça a marché. J’ai inspiré Rudolf de la même façon qu’il m’a inspiré durant toutes ces années, lorsque j’écrivais des paroles après avoir écouté ses morceaux. Ce fut un challenge que de procéder ainsi car ça a mis nos habitudes sens dessus dessous. Mais ce fut une bonne chose. Nous avons beaucoup avancé avant d’arriver au studio
et avons pu présenter pas mal de choses à Greg, qui nous a confié quels étaient ses titres favoris. Des chansons sur lesquelles nous avons travaillé ensemble en pré-production. »

« Peacemaker » est le premier single extrait de l’album.
La musique a été coécrite par Rudolf et Pawel, une première pour ce dernier alors qu’il est dans le groupe depuis 2004. Pourquoi pensez-vous qu’il ait fallu autant de temps pour qu’il se signale enfin en matière d’écriture ?
Rudolf Schenker :« J’étais en Thaïlande lorsqu’il m’a envoyé
des démos de certaines de ses compositions. A mon sens, la majorité d’entre elles ne fonctionnaient pas pour nous, à l’exception de celle-ci, qui est devenue « Peacemaker ». J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose dans ce titre, alors nous l’avons travaillé ensemble. Il est toujours difficile de trouver le bon dosage lorsque tu ne fais pas partie de Scorpions, de mettre le doigt sur l’ADN du groupe. Certains compositeurs avec lesquels nous avons bossé par le passé nous ont proposé plein de bonnes chansons, mais qui, pour moi, ne contenaient pas cet ADN propre à Scorpions. Avec ce nouvel album, nous retrouvons un feeling plus live, plus rugueux. Pour en revenir à « Peacemaker », nous ne pouvions nous décider sur le titre à présenter en premier au public pour introduire cet album. Les gens de la maison de disques nous ont soumis ce choix qui nous a semblé judicieux. »

« Rock Believer » est le deuxième extrait de cet opus. Il s’agit d’une sorte d’hommage à votre public, et nous avons le sentiment qu’en cela, il pourrait être connecté à « Can’t Live Without You »...
Klaus Meine : « Tu as raison. Il est en effet dédié à nos fans et à la communauté rock en général. Depuis des décennies, nous avons entendu je ne sais combien de fois, des gens clamer que le rock était mort avec le grunge, l’alternatif, le rap... Moi, ce que je constate, c’est que des festivals immenses comme le Wacken ou le Hellfest sont complets tous les ans. Ça signifie que le rock est bel et bien vivant et que des millions de fans autour du monde se retrouvent toujours dans cette musique. Et comme tu viens de le dire, « nous ne pouvons pas vivre sans vous » ! (rires) Je dois avouer ne pas y avoir pensé plus tôt, mais il y a un effectivement un lien
entre ce titre et « Rock Believer ». Nous croyons au rock, tout comme vous, le rock est dans notre sang. Bon, il nous est arrivé d’expérimenter un peu (rires), mais nous sommes toujours revenus au rock. Lorsque Rock Believer sortira, en février, cela fera cinquante ans que nous aurons enregistré notre premier album, Lonesome Crow (1972). En tout cas, je pense que « Rock Believer » sera un super titre à jouer en concert. J’imagine déjà le public reprendre ce refrain avec nous. »
Klaus Meine : « Depuis quelques années, on entend dire que le rock serait mort. Pourtant il reste encore des millions de fans de rock dans le monde entier qui prouvent que ce type d'affirmation est en fait complètement fausse. Cette chanson est donc un engagement fondamental envers le rock, cette musique que nous chérissons tout autant que nos fans, qui comptent parmi les meilleurs au monde et que nous avons hâte de les retrouver sur la route.»

« Seventh Sun » est très lourd, un peu du même bois que
« China White » et « Animal Magnetism »...
Rudolf Schenker : « J’ai enregistré cette démo que
j’ai présentée au groupe et qui a immédiatement été appréciée. Après le départ de Greg de l’équation, ce morceau est devenu une sorte de travail d’équipe (Ndlr : la musique est créditée Schenker, Buff, Fidelman et Ingo Powitzer, technicien-guitare de longue date de Matthias, qui apparaît à ses côtés sur scène ces dernières années sur l’instrumental « Delicate Dance »). Je suis à l’origine de la mélodie de ce titre, mais encore fallait-il trouver la bonne façon de la jouer, la rendre intéressante. Chacun a donc apporté sa petite contribution afin que ce morceau se développe, doucement. Il a évolué comme son tempo, lentement ! Nous aimions beaucoup l’atmosphère de ce titre, le solo de slide de Matthias est super. Nous voulions un morceau mystique et puissant. Comme « China White », en effet. Personne ne joue plus de cette façon aujourd’hui ! »

On peut entendre des guitares aux saveurs reggae sur les couplets de « Shining Of Your Soul »... Un « truc » auquel vous avez déjà eu recours par le passé. Qui est le reggaeman dans Scorpions ?
Rudolf Schenker : « C’est moi qui ai proposé cette idée. J’aime le reggae ! Mais utilisé dans un contexte plus rock, ça me plaît encore plus. Jouer de la guitare
de cette façon dégage beaucoup d’émotion... Un jour que j’écoutais la première version de ce morceau dans ma voiture, je me suis dit que ce couplet était un peu ennuyeux lorsqu’il était interprété de façon « conventionnelle ». Alors, j’ai pensé que les gens qui se souvenaient de « Is There Anybody There ? » (Ndlr : un titre de Lovedrive/1979) seraient touchés par cette façon de faire sonner ces parties de guitare. Je trouve que le reggae et le rock se marient parfaitement car ce sont des « musiques de l’âme ». Le résultat est étrange, mais aussi très frais. »

Vous avez enregistré deux versions de « When You Know » : une électrique et une acoustique. Vous n’arriviez pas à vous décider ?
Matthias Jabs : « L’interprétation acoustique est venue en premier. Je l’aime beaucoup, même si elle ne figure pas sur la version « classique » de l’album (Ndlr : vous pourrez la trouver, tout comme quatre autres titres tout à fait convaincants, sur la version « deluxe » de Rock Believer). Mais c’est encore ce « fan » de notre maison de disques qui a insisté pour que nous en fassions aussi une version électrique, au cas où... Nous l’avons donc retravaillée en conséquence et cette autre version est un poil différente. Au final, je trouve que chaque version a une vraie valeur. »

Klaus, est-ce que tu utilises un mégaphone sur le titre « When Tomorrow Comes », qui donne l’impression que tu t’adresses à une foule dans le cadre d’une manifestation ?
Klaus Meine : « Non, je n’ai utilisé un mégaphone que pour le clip de « Peacemaker » ! (rires) Mais pour « When Tomorrow Comes », je ne me souviens plus précisément... Il est possible que ce soit Hans qui ait suggéré cet arrangement. C’est assez particulier, c’est vrai, comme si je voulais déclamer un message à une foule. C’est notre façon de parler du changement climatique, des océans pollués, de ces feux incontrôlables qui se sont déclarés un peu partout sur la planète, de ces volcans qui entrent bizarrement en éruption, de la pandémie, bien sûr... Beaucoup de thèmes qui me sont venus en tête lorsque j’ai écrit les paroles de ce titre. Au final, c’est aussi un message adressé aux générations futures : lorsque viendra demain, vous aurez dans vos mains les clés du futur. C’est vous qui ferez de cette planète, aujourd’hui secouée de toutes parts, fragile et dans un état critique, un monde meilleur. »

Votre dernier concert en date a eu lieu à Singapour début mars 2020. Lorsque vous foulerez la scène du Zappos Theater (ex- Aladdin Theater) de Las Vegas fin mars 2022, cela fera donc plus de deux ans que vous n’avez pas joué live. La plus longue période depuis vos débuts en tant que professionnels ! Comment appréhendez-vous ce retour sur scène ?
Matthias Jabs : « Nous allons commencer à répéter la semaine prochaine, dans la pièce que tu peux voir derrière nous, située dans le complexe qui abrite le studio où Rock Believer a été enregistré. Nous allons nous concentrer sur les nouveaux titres, mais aussi nous réapproprier les anciens, bref, nous remettre en forme pour attaquer ces concerts. Ceci dit, nous n’avons jamais vraiment cessé de pratiquer, puisque nous avons passé beaucoup de temps à enregistrer ce disque. Il ne devrait donc pas être trop compliqué de s’y remettre, même si, évidemment, jouer assis en studio et se retrouver sur une scène devant un large public pendant deux heures sont deux choses différentes. Mais nous avons calé assez de répétitions ici, puis sur place à Las Vegas, pour être prêts le jour J. Je suis sûr que lorsque nous serons de retour sur scène pour le premier show, cela reviendra vite : vous ne décèlerez aucune trace de rouille ! »

Vous allez donc donner, dans un premier temps, une série de neuf concerts à Las Vegas, dans la même salle. Vous qui êtes constamment sur la route, est-ce étrange de rester aussi longtemps jouer dans une même ville ?
Klaus Meine : « Las Vegas est un cas à part aux Etats-Unis.
Il y a un tel brassage permanent de personnes allant et venant
dans cette ville que nous jouerons tous les soirs devant des publics différents, quand bien même les concerts auront lieu dans la même salle. Des gens originaires de tous les continents viennent à Las Vegas pour le jeu, les spectacles... Pour notre équipe technique, c’est évidemment un plaisir car ça lui évite de monter et de démonter le matériel tous les jours. Cela a ses avantages, en particulier dans ce cas précis, car nous débutons une nouvelle tournée, avec une nouvelle production, des titres différents... Mais d’un autre côté, tu as raison, nous perdons aussi ce plaisir de jouer dans un nouveau lieu tous les soirs. C’est différent, mais aujourd’hui, de nombreux artistes font des résidences à Vegas, parfois pour donner bien plus que neuf concerts ! Les lieux dans lesquels ils se produisent sont aux petits soins pour eux, la promotion se fait grâce à d’énormes écrans LED placés devant les casinos... C’est spécial. Ce n’est pas comme si nous étions devenus comme Elvis Presley (rires), mais c’est un vrai plaisir. Ceci dit, nous ferons évidemment une vraie tournée américaine plus tard dans l’année. »

D’ici là, vous serez de retour en Europe à partir du mois de mai et jouerez, une fois encore, beaucoup de dates en France. Ces concerts sont produits par GDP, dont le fondateur, Gérard Drouot, est décédé en début de semaine. Il était votre principal promoteur français depuis douze ans environ, même s’il avait déjà travaillé avec vous dans le passé de façon épisodique. Qu’aimeriez-vous dire à son sujet ?
Klaus Meine : « Gérard était un promoteur légendaire. Nous nous sommes liés à lui grâce à notre manager, Peter Amend (Ndlr : qui est décédé le 1er septembre 2014). Gérard nous a vraiment « réinstallés » en France, et même menés à un niveau encore supérieur. Nous avions certes déjà joué à Bercy dans les années 80 et 90, mais c’est grâce à lui que nous avons retrouvé cette salle à partir du début des années 2010. Il nous a aussi permis, ainsi que son fils Matthieu et toute l’extraordinaire organisation GDP, de tourner plus régulièrement que jamais en province, y compris dans des villes où nous n’avions encore jamais mis les pieds. Gérard était une personne merveilleuse, qui va beaucoup nous manquer. Lors de notre retour en France, il n’y aura pas un seul jour où nous ne penserons pas à lui. Son esprit sera en tournée avec nous. »

Scorpions a toujours été fidèle à la France et y a tourné régulièrement, partout sur le territoire. Après les USA et l’Allemagne, c’est le pays où vous avez le plus joué durant votre carrière. Y-a-t-il un moment, une période, où vous avez senti qu’un lien indéfectible vous liais à la France ?
Matthias Jabs : « Je pense que ça remonte à la fin des années 70 ou au tout début des années 80. Un tournant a sûrement été ce premier concert à Bercy, le 29 février 1984 : le show affichait complet et, à mon avis, il y avait même plus de monde dans la salle que la jauge maximale autorisée. Au point où les barrières placées contre la scène ont, sous la pression, poussé la structure scénique vers le fond
de la salle ! Mais même avant cela, je me souviens d’un concert en 1982 dans cette immense tente, l’Hippodrome, toujours à Paris (Ndlr : le 6 mars 1982) : il y avait tellement de monde que lorsque nous avons tenté d’accéder à la salle, nos voitures ont été prises d’assaut par les fans. On m’a rapporté que plusieurs centaines de kids étaient aux portes de l’Hippodrome, dans l’impossibilité d’y entrer, ce concert affichant lui aussi complet. Cela a continué au fil des années, et comme Klaus vient de le préciser, lorsque nous avons rencontré Gérard, il a su nous replacer au niveau de popularité qui était le nôtre à cette époque. » (Rock Hard, 2022)

Ils joueront le 13 mai à Toulouse, 15 mai à Lille, 17 mai à Bercy, 23 juin au Hellfest à Clisson, 28 juin à Nice, 30 juin à Amnéville et le 2 juillet à Clermont-Ferrand

L’histoire d’amour entre Scorpions et la France dure depuis longtemps. Cela fait même plus de 50 ans qu’elle perdure au-delà des modes ou des succès. Avec des hits tels que « Still loving You », « Rock You Like A Hurricane » ou « Wind of Change », la musique du plus populaire des groupes allemands fait quasiment partie de notre quotidien.

Cela fait 50 ans que le groupe existe. Quelle est votre secret ?
Klaus : « Il y a la musique, il y a le désir, la passion pour le rock’n’roll. Et puis, nous avons commencé à jouer dans les années 1960-1970, c’était une période particulière. Nous avons eu une carrière vraiment spéciale. On a commencé tout petit, et puis maintenant, nous avons été aux quatre coins du monde. » (lepays.fr)

Matthias : « Il y a une quinzaine d’années, les gens nous demandaient combien de temps nous allions encore durer. Mais aujourd’hui, il ne reste pas beaucoup de groupes aussi vieux que nous : les Stones, Aerosmith, AC/DC… Des groupes comme Iron Maiden ou Metallica entrent dans cette catégorie. Je suis fier que Scorpions soit encore là aujourd’hui et en aussi grande forme ! » (Hard as a rock, 2007)

En plus de 30 ans d’existence, « Wind of change », a vécu mille vies. Elle a été chantée dans plusieurs langues, en espagnol ou en russe. Elle a été jouée à la porte de Brandebourg le 9 novembre 1999, avec Rostropvitch dirigeant 160 violoncellistes. Ce morceau est devenu une sorte d’hymne à la paix, dépassant largement la chute du Mur.
Klaus : «Partout dans le monde, les gens deviennent à fleur de peau quand on joue cette chanson. Pendant les concerts, ils adorent faire du rock avec nous, mais quand arrive ‘’Wind of change’’, c'est comme s'ils faisaient le lien avec leur propre vie. Quand on joue au Moyen-Orient, on sent à quel point ils veulent la paix, combien ils sont profondément émus. J'ai eu le même sentiment lors de notre dernière tournée américaine, en 2017. Là-bas, le mot "changement" semble avoir aussi une signification très spéciale, surtout en ce moment.» (liberation.fr, 2019)


BIOGRAPHIE

Line up
Klaus Meine (Chant, guitare)
Rudolf Schenker (Guitare)
Matthias Jabs (Guitare)
Pawel Maciwoda (Basse)
Mikkey Dee (batterie)

1965

L’ancien guitariste de Copernicus, Rudolf Schenker, décide de former son propre groupe à Hanovre. Il est encore étudiant, tout comme les trois musiciens qu'il recrute : le guitariste Karl-Heinz Vollmer, le bassiste Achim Kirschoff et le batteur Wolfgang Dziony. (rtl.fr)

1969

Le groupe se transforme une première fois avec les arrivées simultanées du guitariste Michael Schenker (qui est le frère cadet de Rudolph), du bassiste Lothar Heimberg et d'un chanteur qui a déjà une petite expérience musicale, Klaus Meine. (rtl.fr)

1972

Ils sortent leur premier album « Lonesome Crow ». (rtl.fr)

1973

Ils tournent en première partie de Rory Gallagher, Uriah Heep, Chicken Shack et surtout UFO, qui en profite pour débaucher Michael Schenker. (rtl.fr)

Rudolf : « Lorsque Michael a quitté le groupe pour rejoindre UFO, j’étais à la fois triste et heureux. Mon frère n’avait pas de travail, il vivait pour la musique, et il a eu la possibilité de rejoindre un groupe très connu à l’époque en Europe et au Japon. Je me suis dit qu’il n’avait pas choisi le meilleur moment pour quitter le groupe, mais je l’ai soutenu. Lorsqu’il a rejoint UFO, le groupe a rencontré un succès mondial, et ça nous a motivé à faire de même ! Il nous a servi d’exemple. » (djspeedking.podomatic.com, 2009)

Après le départ de Michael Schenker, le groupe doit faire face à un conflit qui oppose son bassiste et son batteur. La situation est telle que Rudolf Schenker décide de dissoudre Scorpions. (rtl.fr)

Rudolf et le chanteur Klaus Meine continuent de faire équipe et tous deux rejoignent le groupe Down Road. C’est là qu’ils rencontrent le bassiste Francis Buchholz et le guitariste Ulrich Roth. Très vite, les quatre musiciens décident de faire cause commune et, avec le renfort du batteur Jürgen Rosenthal, ils ressuscitent Scorpions. (rtl.fr)

1974

Ils enregistrent “Fly To The Rainbow”. Au terme d’une tournée allemande en première partie de Dr. Hook, ils se séparent de leur batteur qui est remplacé par le Belge Rudy Lenners. (rtl.fr)

1975

Leur album « In Trance » paraît en septembre 1975 et permet à Scorpions de conquérir l’Angleterre où le magazine “Sounds” les distingue comme les “Espoirs N°1 du hard-rock”. (rtl.fr)

1976

Ils publient l’album « Virgin Killer » qui possède selon certains une des pochettes les plus hideuses de l'histoire du rock (une fillette pré-pubère nue) et n'est aujourd'hui plus visible. Tipper Gore, femme d’Al et présidente du PMRC, montrera cette pochette à l’Amérique pour expliquer que le heavy-metal est dangereux pour la jeunesse. (crazyscorps.com)

1977

Epuisé par le rythme des tournées, le batteur Rudy Lenners s'en va. Il est remplacé par Herman Rarebell qui reçoit son baptême du feu sur l'album « Taken By Force ». (rtl.fr)

1979

Quand Uli Roth quitte Scorpions, le groupe auditionne près de 170 guitaristes en Angleterre pour lui trouver un successeur, en vain. C’est en revenant à Hanovre qu’ils entendent Matthias Jabs par hasard, vu qu’il habitait non loin de chez Rudolf. Comme les Scorpions préféraient à ce moment-là conserver leur identité 100% allemande, ils se dirent que Matthias Jabs pouvait parfaitement faire l’affaire. (crazyscorps.com)

Le premier test de Matthias se passe lors d’un concert que le groupe doit donner. Il doit apprendre les morceaux par cœur en très peu de temps pour pouvoir les interpréter à cette occasion. Le groupe ne lui offre même pas le disque. Matthias doit taper dans sa bourse d’étudiant pour l’acheter. Il a un vieux tourne-disque avec lequel il a écouter les chansons note par note. Il les apprit à l’oreille et réussit son concert : il est donc embauché. (crazyscorps.com)

Ils sortent l’album « Lovedrive » qui marque le retour de Michael Schenker pour trois titres à la lead guitar. (music-story.com)

1980

Ils sortent l’album « Animal Magnetism ». (music-story.com)

1981

Klaus perd sa voix pendant 7 mois. Il doit subir une intervention chirurgicale. La période la plus sombre de sa vie ; il avait d’ailleurs dit que, s’il ne la retrouvait pas, il ne lui resterait plus qu’à se suicider. (crazyscorps.com)

Leur maison de disques leur offre un séjour de longue durée dans une villa dans le sud de la France pour y composer leur nouvel album. Klaus, ne peut pas chanter et donne ses avis sur les compos en les notant sur un carnet. (crazyscorps.com)

1982

Scorpions sort l’album « Blackout ». Klaus Meine et Rudolph Schenker forment désormais un duo d'auteurs compositeurs qui s'impose à la manière de Lennon/McCartney ou de Jagger/Richards, même si Klaus Meine trouve la comparaison très flatteuse. « Présenté comme ça, c'est un grand compliment. C'est étonnant. Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois à la fin des années 60, on imaginait l'avenir. Je crois qu'on partageait tous les deux la même vision, le même rêve, et ce qui est étonnant, c'est qu'on y soit arrivé. Dès le départ, Rudolph savait ce qu'il voulait et il était très confiant. Et ce qui est important, c'est d'avoir trouvé la bonne alchimie. Dans le groupe, on n'a jamais cherché à avoir le meilleur guitariste ou le meilleur chanteur. C'était plus une équipe. On venait d'Allemagne, on chantait en anglais, on était plus dans la peau d'un outsider et c'est ce qui a fait notre force. C'est ce qu'on a voulu garder. Nous sommes un groupe allemand, nous avons des passeports allemands, mais nous nous sentons universels. Depuis des années, nous vivons et jouons notre musique dans le monde entier. C'est ce que nous aimons et c'est ce que nous voulons continuer de faire. » (rtl.fr)

En quelques semaines, le disque est certifié platine aux Etats-Unis et or en France, 1er pays où il sera classé n°1. Le groupe tient son album référence et s’empare du trône mondial du heavy-metal. (crazyscorps.com)

1984

Scorpions sort l’album « Love at First Sting ». (music-story.com)

Le premier single qui en est extrait, “Rock you like a hurricane”, représente le côté vraiment “hard” et bourré d’énergie de Scorpions. C’est ce titre qui est plébiscité aux Etats-Unis où il se classe N°25. (rtl.fr)

Alors que les anglo-saxons apprécient plutôt le côté hard de Scorpions, l'Europe et plus particulièrement la France, se laissent séduire par un autre aspect de leur musique. “Still loving you”, le deuxième extrait de "Love at first sting", est l'exemple parfait de la ballade hard. Il est N°1 en France où il constitue la plus grosse vente de 45-tours de l’année 84. Ce succès étonne ceux qui ne voyaient en Scorpions qu’un groupe monolithique. Pourtant, leurs albums ont toujours contenu des titres lents, comme le rappelle Klaus Meine. « On n'a jamais rien calculé. Depuis le début de notre carrière, on a toujours aimé le rock. On a sans doute été un peu influencé par des groupes comme Led Zeppelin qui jouaient aussi bien 'Rock and roll' et 'Stairway to heaven'. On a toujours voulu avoir ces deux couleurs et exprimer toutes sortes d'émotions. Pas seulement le côté hard, avec les vociférations, comme beaucoup de groupes. Rudolph arrivait avec ces superbes mélodies et j'adorais les chanter. Les réactions du public allaient dans le même sens. Tous ces fans de métal purs et durs, par milliers avec leurs vestes en jeans et qui devenaient comme fous. Ils aimaient ça. Ils adoraient de la première à la dernière note. Ils chantaient en même temps, ils s'époumonaient sur 'Holiday' et tous ces morceaux. Ça montre que ce style de musique s'adresse aussi aux hardeux. On peut aimer cette combinaison, un côté dur et un autre plus émotionnel. Ça marchait du tonnerre. Et ça explique, je crois, pourquoi certains groupes de hard rock ont écrit de si belles ballades. » (rtl.fr)

Klaus : « Si nous avons eu autant de succès, c'est parce que Rudolph a composé toutes ces belles chansons, 'Holiday', 'Always somewhere', 'No one like you', 'Still loving you' et beaucoup d'autres encore. Il écrivait en pensant à ma voix et il s'est très vite rendu compte que le groupe avait un chanteur qui pouvait faire autre chose que crier. Ses compositions ont tiré le meilleur de mes capacités vocales. Je pense que c'est une des raisons de notre succès. Depuis la fin des années 70 jusqu'aux années 80, nous avons eu d'énormes succès partout, en Amérique et en France bien sûr. 'Still loving you' est devenu un hymne et Rudolph a été responsable du baby boom en France pendant cette période ! » (rtl.fr)

Le 29 février, le groupe inaugure la toute nouvelle salle de Paris Bercy. Lors du concert, Klaus perd sa voix l’espace d’un moment, sur la chanson « Always Somewhere ». Tout le public, d’un seul homme, le supplée et chante à sa place. Klaus en pleure d’émotion. (crazyscorps.com)

1988

Devenu groupe grand public, Scorpions éprouve le besoin de rassurer ses fans de base, en sortant l’album « Savage Amusement », un album délibérément plus agressif que d'habitude, où les guitares s'en donnent à cœur joie et le son gagne nettement en attaque. (music-story.com)

1989

Quand le Mur de Berlin tombe, le 9 novembre 1989, les Scorpions sont…à Paris.
«Nous étions en France pour un concert, et nous nous retrouvons aux Bains-Douches. C'était une belle boîte de nuit ! Il y avait quelques télévisions. Tout à coup j'entends, "Regarde, Klaus, des gens dansent sur le Mur". Nous étions aux Bains-Douches et voilà que le Mur s'écroulait. Nous n'étions pas à Berlin ce soir-là. Ça nous a manqué de ne pas y être. C'était un moment si émouvant.» (liberation.fr, 2019)

1990

Ils sortent l’album « Crazy World » sur lequel figure « Wind of change », chanson emblématique de la chute du mur de Berlin.

Klaus a écrit ce morceau en 1989, en Allemagne. «En 1988, nous avons joué pour la toute première fois en Union soviétique. Nous devions faire cinq concerts à Moscou et cinq à Leningrad. Mais les concerts à Moscou ont été annulés, sans raison. A la place nous avons eu les dix concerts à Leningrad ! A croire qu’ils n’étaient pas prêts pour le rock'n'roll dans la capitale ! Quoi qu’il en soit, ce fut pour nous un moment étonnant et émouvant, surtout en tant que groupe allemand. A l’époque, nous avons dit : nos parents sont venus ici avec des chars d’assaut et nous, nous venons avec des guitares. Nous avons été bouleversés par l’accueil des Russes.»

Un an plus tard, en août 1989, Scorpions jouent enfin dans la capitale russe pour le « Festival pour la paix » à Moscou, aux côtés de Bon Jovi, Ozzy Osbourne ou Mötley Crue. «Tout cela arrivait parce qu'au Kremlin, il y avait Mikhaïl Gorbatchev. Pour nous, après ce que nous avions vécu un an plus tôt, où nous n'avions même pas le droit de jouer à Moscou, c'était extraordinaire. Le monde changeait sous nos yeux. L'ambiance était incroyable. Quand nous avons joué, les soldats ont jeté leurs casquettes en l'air, leurs vestes, ils ne faisaient plus qu'un avec les fans, et il y avait 100 000 fans. Le lendemain aussi. Emballer le stade Lénine et en faire le stade russe de Woodstock, vingt ans après l'original, c'était fou.»

En ce 13 août 1989, des musiciens, des soldats russes, des fans et journalistes se retrouvent sur un bateau sur la Moskova. «Il y avait tous ces musiciens, des journalistes du monde entier, de MTV, du Spiegel, des soldats de l'armée russe… Ensemble nous avons descendu la Moskova vers le parc Gorki. C'est le moment qui a inspiré la chanson, où je chante "I follow the Moskwa, down to Gorky park…" Beaucoup de jeunes m'ont dit : "Klaus, la guerre froide est bientôt révolue". Les fans venaient de tous les pays d'Europe de l'Est, même de RDA. Alors que nous n'avons jamais eu la chance de jouer en RDA… Quand je suis rentré à la maison, j'ai repensé à ce moment sur la Moskova avec tous ces gens, de nations différentes, dans un même bateau, parlant la même langue, la même musique, et c'était ça, l'inspiration.»

Le fameux sifflement inaugural lui est venu un peu comme ça, et il s’est imposé au fil du temps. «Un jour un type de Mercury, notre maison de disques aux Etats-Unis, me dit : "Klaus, la chanson est super, mais il faut enlever ce sifflement au début". J'ai répondu : "Pas question, c'est à prendre ou à laisser". Il est revenu des mois plus tard, une fois que la chanson est devenue un tube, en me disant : "Klaus, tu avais raison, tu peux me botter le cul". Sinon, je me souviens que des Américains me demandaient : "Mais quand tu chantes "Je suis la Moskova", c'est quoi ? Et Gorki Park ?" Je leur disais :"Écoute, c'est comme si tu étais à Saint-Louis et que tu suivais le Mississippi". Ça leur semblait si lointain, l'Est.» (liberation.fr, 2019)

En décembre 91, ils enregistreront ce titre en russe, ce qui leur vaudra d'être reçus au Kremlin par Mikhaïl Gorbatchev, quelques jours avant son éviction du pouvoir. (rtl.fr)

1992

Le fisc allemand s’intéresse de près aux gains du groupe, et il découvre que d’importantes sommes n’ont pas été déclarées. Après enquête, cette malversation serait l’œuvre du comptable engagé par le groupe. Francis Buchholz, qui s’en occupait avec le comptable, annonce qu’il quitte Scorpions. Il est remplacé par Ralph Rieckerman. (crazyscorps.com)

1993

Le groupe sort l’album « Face the Heat ». (music-story.com)

Scorpions est amené à faire deux émissions de télé en France. La première, le Téléthon, la seconde, celle du nouvel an 94 sur TF1, animée par Dorothée, reste de sinistre mémoire. Après le tournage, leur ami Philippe Manœuvre leur rend visite pour leur expliquer que c’était la pire chose à faire en France que de passer dans cette émission. Le groupe contacte son management pour faire couper leur passage au montage, mais cela leur a été refusé. (crazyscorps.com)

1996

Scorpions se produit dans Taratata. Rudolf en parle encore aujourd’hui comme un souvenir fort. Cette émission française est le théâtre d’un moment historique : la dernière fois qu’Herman joue en live en tant que Scorpion. (crazyscorps.com)

Herman : « C’est vraiment une super émission, et on avait fait une bonne prestation ce soir-là. C’était ma dernière apparition avec les scorpions. Je me rappelle que je n’étais plus sous contrat avec eux, mais ne m’avaient pas encore remplacé (c’est un batteur de studio qui joue sur l’album) et l’album avait besoin de promotion. C’est une faveur que je leur ai fait, mais je leur avais dit que j’aimerais beaucoup que ma dernière prestation avec eux se fasse lors de cette émission télé. Nous ne voulions surtout pas nous quitter en mauvais termes, mais ils avaient compris qu’il était temps pour moi de prendre une direction différente. A cette époque je vivais en France à Monaco, et j’étais donc très heureux que mon dernier concert avec les scorps ait lieu lors de cette émission. » (hardrock80.com, 2007)

Herman Rarebell est remplacé par James Kottak. (rocknheavy.free.fr)

1996

Le groupe sort l’album « Pure Instinct », contenant la ballade « You and I » qui se classe n°1 dans plusieurs pays. (music-story.com)

1999

Scorpions sort l’album « Eye To Eye » sur lequel on retrouve pour la première fois une chanson en allemand, « Du Bist So Schmutzig ». (crazyscorps.com)

2000

Le groupe sort l’album « Moment of Glory », où les anciens titres sont ré-habillés avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin. (music-story.com)

2004

Il publie l’album « Unbreakable », enregistré avec un nouveau bassiste, le Polonais Pawel Maciwoda. (rtl.fr)

Klaus : « Je pense que cet album nous a permis de regagner la crédibilité que nous avions perdu dans les année 90, une décennie qui a été assez difficile à vivre pour nous en particulier et pour le hard rock en général, car peu de groupes de rock ont survécu à la vague de musique alternative du début des années 90. Ces années ont donc été un cap assez difficile pour nous. » (crazyscrops.com, 2007)

2007

Ils sortent l’album « Humanity Hour 1 ». (music-story.com)

Klaus : « C’est un concept album dans le sens où toutes les chansons sont sur le même thème de l’humanité, elles sont toutes interconnectées, mais ce n’est pas un concept album comme le ‘’Tommy’’ des Who, où on raconte une histoire tout au long de l’album. C’est différent. » (festival2cites.fr, 2009)

2009

Le groupe reçoit un Echo d’honneur aux Echo Musik Awards (équivalent allemands des Victoires de la Musique). (crazyscorps.com)

Klaus : « Nous sommes très honorés. C’est une récompense importante et c’est un honneur de la recevoir. On ne voit pas cela comme une finalité, mais plutôt comme une motivation pour continuer de jouer pour nos fans dans les années à venir. Cela nous permet de continuer à faire ce que nous faisons depuis tant d’années, vivre notre rêve en faisant de la musique. » (dw-world.de, 20/04/09)

Scorpions sort un DVD intitulé « Amazonia – Live in the jungle ».
Klaus : « Nous avons coopéré avec Greenpeace durant les deux dernières années au Brésil. En particulier pour les shows que nous avons donnés en 2007 puis en 2008 à Manaus, au milieu de la jungle amazonienne. Nous avons alors eu l'occasion de voler au-dessus de la forêt tropicale. C'était fascinant et dérangeant de voir d'un côté la beauté de la forêt tropicale lorsqu'elle est intacte et, de l'autre côté, tout ce qui a été détruit et brûlé depuis des années. Nous avons donc soutenu Greenpeace dans la lutte contre la déforestation lors de nos concerts et, maintenant, également par le biais de ce nouveau DVD. » (daily-rock.com, 23/10/09)

2010

Suite à la sortie de leur 17ème album studio « Sting in the Tail », Scorpions annoncent qu’ils mettront un terme à leur carrière après une tournée d’adieu qui s’achèvera en 2012. (rtl.fr)

Rudolf : « Nous étions en studio et venions d'apporter la touche finale à Sting in the Tail, et nous avons alors réalisé une chose : nous écoutions ces titres, et nous nous sommes rendus compte qu'ils sonnaient comme une combinaison des meilleurs morceaux de ‘’Lovedrive’’ et ‘’Crazy World’’. Les chansons sont totalement dans l'esprit de ces deux albums. Notre manager nous a suggérer de mettre fin à la carrière du groupe sur cet album qui est un magnifique point final. Au début nous pensions qu'il blaguait, mais il était très sérieux. Et il s'est avéré qu'il nous a suggéré la meilleure décision à prendre. » (noisecreep.com)

Klaus : « Nous ne sommes plus si jeunes. Et après la prochaine tournée, nous serons encore plus vieux! Malheureusement nous n'allons pas rajeunir...Nous ne voulons pas que nos fans se disent ‘’ah ils ont fait de bons albums autrefois’’. Nous préférons nous retirer avec un excellent album, c'est ce que notre cœur nous dit de faire. » (Bild)

Klaus : « Nous voulons vraiment faire sauter les bouchons pour la finale et terminer cette carrière avec un album fort et une tournée spectaculaire. » (20minutes.fr, 24/01/10)

Rudolf : « Cela fait longtemps que nous existons. Nous avons réalisé tellement de choses incroyables ensemble. Nous avons percé en Allemagne alors que personne ne pensait qu'un groupe de ce pays pouvait pratiquer un bon hard rock. Nous avons toujours cru en ce groupe et nous avons pris beaucoup de plaisir durant cette carrière. Sting in the Tail sonne comme un classique de Scorpions, nous avons donc décidé de nous retirer après la fin de notre nouvelle tournée mondiale. » (noisecreep.com)

Matthias : « Un manque va inévitablement se faire ressentir après cette tournée, mais sous quelle forme, je ne le sais pas encore. Qui sait ce que nous ferons dans trois ans? Aucune idée. Nous ferons sans doute quelque chose de différent, mais quelque chose qui donnera un nouveau sens à notre existence, c'est certain. » (Bild)

2012

Le groupe annonce fin 2012 écarter définitivement l'idée d'une retraite musicale, et qu'il continuera à tourner et à produire des albums.

2015

Ils sortent l’album « Return To Forever ».

2016

Le batteur Mikkey Dee rejoint le groupe.

2019

Ils jouent à l’American Tours Festival, à Tours, au Festival de Poupet à Saint-Malo et au festival Pause Guitare à Albi.


MUSIQUE

Style musical

Klaus : « A nos débuts, nous faisions du ‘’krautrock’’. Nous avons à partir de là évolué constamment. Tout au long de notre carrière, on nous a étiquetés de toutes les façons possibles. Mais je crois que nous faisons du rock pur et dur. » (dna.fr, 2009)

Klaus : « On a commencé comme un groupe de rock. Mais les gens veulent toujours vous mettre des étiquettes dessus. On n'a jamais aimé ça. Un jour, vous êtes un groupe heavy, un autre jour, c’est autre chose. Nous, nous nous considérons comme un groupe de rock. » (lepays.fr, 2009)

Klaus : « C’est étonnant de voir que le rock est toujours revenu. On a vu passer le punk, le rock alternatif, le grunge, tous ces styles différents, mais il semble que les jeunes générations redécouvrent toujours la puissance du rock traditionnel. Avec les revivals de ces deux dernières années, on a vu beaucoup de jeunes fans venir à nos concerts, ça montre bien que ce vieil adage, ‘’rock will never die’’, est complètement vrai ! Bien sûr beaucoup de choses ont changé depuis cette époque, mais la musique est toujours là, l’amour de la musique est toujours là, et mon sentiment est que le rock, le hard-rock en particulier, est plus populaire que jamais. » (festival2cites.fr, 2009)

Rudolf : « A partir de la chanson ‘’Wind of Change’’, on nous a collé une étiquette de groupe à ballades et non plus de groupe de rock. Ce fut ensuite une période moins faste. Les années 90 ont été difficiles pour nous car la mode était au grunge avec Nirvana, et les radios ne voulaient plus de ce genre de musique. On a dû se frayer notre chemin. Quand vous avez joué un hit qui est une ballade, alors vous touchez des gens qui n’ont entendu que ce morceau. Vous êtes désormais obligé de jouer sur les deux tableaux. Vous ne devez pas abandonner votre musique, le rock, et en même temps respecter le public moins averti qui vient vous voir en concert alors qu’il ne connait qu’un seul de vos morceaux : une ballade. » (Passion Rock, 2008)

Influences / Gouts musicaux

Klaus : « Vous n’entendiez jamais Elvis à la radio en Allemagne quand j’étais jeune, mais nous avons quand même pu le découvrir. Et comme tant d’autres, il m’a ensorcelé. C’est mon disque préféré d’Elvis. Et quand il a fait son retour à Las Vegas après avoir été dans l’armée, cette émission spéciale de télévision était remarquable. Il avait l’air si cool dans son costume. Quel charisme. Dans les années 90, nous avons joué (Marie’s The Name) His Latest Flame lors d’un concert anniversaire d’Elvis à Memphis, et nous avons pu passer du temps en privé à Graceland. Nous y avons rencontré Sam Phillips de Sun Records, et il nous a raconté de belles histoires sur le King. »

Klaus : « J’adore les Beatles, et leur morceau. ‘’Twist and shout’’ m’a fait une grande impression. L’énergie qu’ils avaient sur cette version était incroyable, bien plus que celle des Isley Brothers. La voix de John Lennon était vraiment rude, et j’étais déterminé à imiter ça avec les Mushrooms, mon groupe à l’époque. J’avais l’habitude de m’enrouer en essayant de faire ce que Lennon faisait ici ! »

Klaus : « J’ai découvert les Who très tôt, et les Mushrooms reprenaient certaines de leurs chansons en direct. ‘’I can’t explain’’ c’est ma préférée. La combinaison du chant de Roger Daltrey et de la guitare de Pete Townshend est brillante. Scorpions l’a reprise en 1989 pour la compilation Rockers ‘N’ Ballads, et lorsque nous avons participé au concert du Prince‘s Trust il y a plusieurs années, Roger était là parce qu’il animait le spectacle. Nous avons donc fait I Can’t Explain lors du soundcheck, et Roger nous a dit qu’il trouvait ça très cool. Ça signifiait beaucoup pour nous. »

Klaus : « J’ai toujours aimé les grandes ballades, et ‘’The sound of silence’’ de Simon & Garfunkel est l’une des meilleures. Cette chanson a une mélodie si particulière, elle reste avec vous. Simon & Garfunkel a suivi les traces des frères Everley et c’est un excellent exemple. Nous avons joué lors d’un spectacle pour la paix en Corée avec Art Garfunkel il y a quelques années. C’était un événement extraordinaire. L’idée, cependant, était de réunir la Corée du Nord et la Corée du Sud en harmonie – eh bien, ça a échoué ! »

Klaus : « Rudy Schenker et moi avons pu voir les Kinks jouer en direct à Hanovre lorsque ‘’You really got me’’ est sorti pour la première fois. C’était dans un club appelé Mulleimer, qui signifie “poubelle” en allemand. Quelle éducation de voir comment ils interagissaient avec le public, et quand Dave Davis s’est lancé dans le riff pour cette chanson sur sa Flying V, tout le monde est devenu fou. Un point de repère fantastique dans l’histoire du Rock. »

Klaus : « Rudy a toujours été le grand fan des Stones, alors que je préférais les Beatles. Mais ça ne veut pas dire que je n’aimais pas aussi les Stones. Ils étaient, et sont toujours, un grand groupe. ‘’The last time’’, quelle chanson fantastique, c’est un classique. C’est aussi le premier single que le groupe a sorti, et qui a été écrit par Mick Jagger et Keith Richards, c’était donc un moment historique. »

Klaus : « Vivant en Allemagne, la Californie était très éloignée, mais ‘’California Dreamin’’’ des Mamas & papas l’a rapprochée. Elle nous a donné un aperçu de ce que cela devait être d’être sous le soleil californien dans les années 60, et ça signifiait beaucoup pour les jeunes Allemands comme moi. Quand j’ai entendu la chanson pour la première fois, l’idée d’aller en Californie me semblait ridicule, sans parler de jouer là-bas. Mais ça m’a inspiré, et nous avons fini par le faire. »

Klaus : « La première fois que j’ai entendu ‘’Hey Joe’’ de Jimi Hendrix, c’était dans une pile de 10 singles mis sur le fuseau d’un tourne-disque. Quand elle s’est mise en place et que l’aiguille a frappé, ça a bouleversé mon monde. C’était tellement différent de tout ce que j’avais déjà entendu. Vous n’avez pas besoin de moi pour vous dire qu’Hendrix était un génie ; Hey Joe a été ma première expérience avec lui. »

Klaus : « Ce que Zeppelin a toujours eu et que Scorpions n’a jamais pu égaler, c’est une grande touche de Blues. Vous pouvez sentir ça sur Whole Lotta Love. Nous tous dans le groupe aimons Zeppelin, et avons été énormément influencés par lui. Jimmy Page est venu voir Scorpions lors d’un de nos concerts à l’Hammersmith Odeon, et c’était quelque chose pour nous… Zeppelin a tant fait pour le hard rock tel que nous le connaissons, à travers des chansons comme celle-ci. »

Rudolf : « Je suis très reconnaissant à un gars comme Billy Corgan, mais aussi Greeny Day, Nickelback ou System Of A Down, qui nous citent toujours parmi leurs influences dans les interviews. Ça donne envie à leur public, certainement plus jeune que le nôtre, de nous découvrir. » (Guitare Live Magazine, 2007)

Scène

Rudolf : « On a remarqué que trois générations de fans viennent à nos concerts. Il nous faut donc faire le grand écart. Nous étions un groupe underground en Allemagne au début des années 70. Garder les fans des débuts quand vous êtes ensuite connu mondialement n’est pas chose facile. » (Passion Rock, 2008)


PERSONNEL

Klaus Meine

Il est né le 25 mai 1948 à Wedemark, en Allemagne. (the-scorpions.com)

Comme les études n’intéressaient pas Klaus, son père le plaça assez vite chez un petit patron pour apprendre un métier. Mais son fils lui avait déjà dit que le métier qu’il souhaitait faire, c’était chanteur. Il passait déjà son temps à chanter dans les boums de lycée. Fan de rock et de groupes expérimentaux comme Colosseum, il fonda rapidement un groupe pour arpenter les scènes d’Hanovre ; ce groupe était baptisé Mushroom. (crazyscrops.com)

Klaus dut dissoudre Mushroom en partant effectuer son service militaire. A son retour, il fonda un nouveau groupe, Copernicus, pour reprendre ses activités de vocaliste. A la même époque, un autre groupe lui disputait le titre de meilleur groupe local à Hanovre ; il s’agissait de The Scorpions, le groupe de Rudolf. Lorsqu’il fallut prendre la décision de passer professionnels, les deux groupes fusionnèrent et n’en formèrent plus qu’un seul : Scorpions. (crazyscrops.com)

« Tout ma vie est dédiée à Scorpions, et je peux te dire que faire partie de ce groupe te donne largement de quoi t’occuper 7 jours sur 7 et 24h/24. Nous parcourons sans cesse le monde pour faire des concerts, nous enregistrons des albums, etc etc…Donc je n’ai ni le temps ni l’envie réelle d’enregistrer un album solo, et je ne me pense pas que cela me rendrait plus heureux de voir mon nom seul apparaître sur une pochette d’album. J’ai toujours mis le meilleur de moi-même dans les Scorpions, et je ne pense pas qu’il y ait de la place pour quoi que ce soit d’autre dans ma carrière en tant qu’artiste. Et puis, si j’enregistrais un album solo, cela sonnerait exactement comme du Scorpions, la seule différence serait les musiciens. » (crazyscrops.com, 2007)

Rudolf Schenker

Il est né le 31 août 1948 à Schwarmstedt, en Allemagne. (the-scorpions.com)

Passionné de musique et surtout de rock, Rudolf passait ses journées d’ado à écouter les vinyles des G.I.s postés en Allemagne de l’Ouest. C’est pourtant suite à un concours de circonstances que Rudolf en est arrivé à pratiquer la musique. Pour son anniversaire, il avait demandé à son père une moto pour aller zoner avec ses potes. Son père refusa, de crainte qu’il ait un accident, et lui proposa à la place de lui offrir une guitare. (crazyscrops.com)

Rudolf voulait plus que tout faire carrière dans la musique. C’est lui qui fonda Scorpions et le baptisa ainsi : vu qu’il caressait le rêve d’une carrière internationale, le nom Scorpions avait comme qualité d’être compréhensible dans à peu près toutes les langues. Son groupe de lycée s’appelait The Scorpions, et, au moment de la fusion avec le Copernicus de Klaus, c’est le nom Scorpions qui fut conservé pour le groupe. (crazyscrops.com)

Quelles sont tes chansons préférées de Scorpions à jouer à la guitare ?
Rudolf : « C’est encore et toujours ‘’Rock You Like A Hurricane’’ et ‘’Still Loving You’’. ‘’Big City Nights’’ et ‘’The Zoo’’ sont agréables également. ‘’The Zoo’’ est vraiment simple à jouer mais ce morceau possède un groove assez unique que j’apprécie. ‘’Loving You Sunday Morning’’ fait aussi partie de mes favoris grâce au riff mémorable. Pour finir, je citerais ‘’Coast To Coast’’ et ‘’Blackout’’. » (Guitare Live Magazine, 2007)

En janvier 2010, il parcourt 1 500 km en marge du parcours du Dakar à bord de l’Amarok de Volkswagen. (leblogauto.com)

Rudolf : « L’Amarok est super stylé et il attire le regard. Quand tu le vois, tu as juste envie de monter dedans et de rouler. C’est une bête de la route. Pour moi, un tel pick-up représente l’aventure, la liberté et le fun. » (autodeclics.com)

Matthias Jabs

Il est né le 25 octobre 1955 à Hanovre. (the-scorpions.com)

Pawel Maciwoda

Il est né le 20 février 1967 à Wieliczka, en Pologne. (the-scorpions.com)

Mikkey Dee

Mikkey Dee, de son vrai nom Michael Delaouglou, est né le 31 octobre 1963 à Göteborg, en Suède.

Il a été le batteur de Motorhead de 1992 à 2015.


DISCOGRAPHIE

1972 : Lonesome Crow
1974 : Fly to the Rainbow
1975 : In Trance
1976 : Virgin Killer
1977 : Taken by Force
1979 : Lovedrive
1980 : Animal Magnetism
1982 : Blackout
1984 : Love at First Sting
1988 : Savage Amusement
1990 : Crazy World
1993 : Face the Heat
1996 : Pure Instinct
1999 : Eye II Eye
2004 : Unbreakable
2007 : Humanity - Hour 1
2010 : Sting in the Tail
2015 : Return to Forever
2022 : Rock Believer

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