Taratata
2005 : « Y'a du monde », « Les histoires d'A » avec Camille Bazbaz
2016 : « Les filles de 1973 ont 30 ans » avec Vincent Delerm

Ses grandes dates

25 février 1968 : Naissance à Boulogne-Billancourt.

1989 : Elle entre Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

1994 : Elle joue dans « Les patriotes » d’Eric Rochant.

1996 : Elle remporte le César du meilleur espoir féminin pour « En avoir (ou pas) ».

1997 : Elle reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour « Le Roman de Lulu », une pièce écrite par son père.

2005 : Elle sort son premier album « Manquait plus qu’ça » qui s’écoule à 100 000 exemplaires.

2007 : Elle sort son deuxième album « Coupés bien net et bien carré ».

2014 : Elle obtient le César de la meilleure actrice pour « 9 mois ferme » d'Albert Dupontel.

2016 : Elle réalise son premier court-métrage, « Bonne Figure ».

2019 : Elle est nommée au César de la meilleure actrice pour son rôle dans « Pupille » de Jeanne Herry.

Actualité

Elle termine la postproduction du film qu'elle a réalisé, « Portrait d'une jeune fille qui va bien ».

Prochainement à l’affiche de : « Un autre monde » de Stéphane Brizé,
« On est fait pour s'entendre » de Pascal Elbé et « Les Deux Alfred » de Bruno Podalydès.


BIOGRAPHIE

1968

Sandrine Kiberlain est née le 25 février 1968 à Boulogne-Billancourt dans une famille d’origine juive polonaise. Des “rescapés” : ses quatre grands-parents, arrivés en France en 1933, sont quasiment les seuls survivants de leurs familles respectives.

« Mes grands-parents étaient juifs de Pologne. Quand mon père et ma mère se sont rencontrés à l’Ecole des cadres, ils ont découvert que leurs parents étaient arrivés à peu près en même temps de Pologne, qu’ils venaient de villages séparés de quelques kilomètres seulement. C’est fou ! Il y a des choses qui semblent écrites… Des deux côtés, les membres de la famille qui étaient restés en Pologne sont morts en 1939. En France, mes grands-parents maternels ont été cachés par des Justes d’Alsace. La grande soeur de ma mère, elle, était cachée dans un couvent, et mes grands-parents paternels, dans des fermes. Ils avaient confié mon père à une dame qui avait un chien. C’est ce chien qui a donné à mon père la force de tenir pendant trois ans. Il s’est senti abandonné. Avec ma sœur, on a entendu plein d’histoires de la guerre, mais il fait bon les réentendre aujourd’hui, pour rappeler que ça a existé, que ce n’est pas un détail de l’histoire. Je trouve fou qu’on parle encore d’antisémitisme aujourd’hui ! Que ces années-là n’aient pas suffi ! S’ils étaient encore vivants, mes grands-parents pleureraient. » (lemonde.fr, 2017)

Ses parents se sont rencontrés dans une troupe de théâtre amateur que son père,– expert-comptable de profession -, dirigeait et pour laquelle il écrivait des pièces. (lesinrocks.com, 2012)

« Mes parents suivaient des études de commerce qui ne leur correspondaient pas vraiment à l’Ecole des cadres. Mon père y a monté une pièce de théâtre de boulevard, “Les portes claquent”, et a fait passer une ¬audition pour trouver la jeune première qui lui donnerait la réplique. C’est ma mère qui a décroché le rôle, et ils ne se sont plus jamais quittés. » (parismatch.com, 2012)

Le goût du théâtre et du spectacle a toujours fait partie de la famille. « Ça trottait dans la tête de tout le monde : mon grand-père paternel, en Pologne, montait déjà des pièces. Ma grand-mère, quand j’ai fait mon premier film, m’a dit : ‘Pourquoi tu ne te fais pas appeler ‘Sandra Bernhardt ?’ J’ai fait dix ans de claquettes avec ma mère ! (rires). Ça n’a jamais été marginal, pour eux, cette envie que j’avais de vouloir devenir actrice. Je n’ai jamais senti chez eux d’appréhension. » (lesinrocks.com, 2012)

« A la maison, on se parlait toujours avec humour, pour dédramatiser. Ça faisait partie de nous, ça fait toujours partie de moi, ce n’est pas volontaire. Mon père était très drôle et avait le sens de la repartie. À la maison, je faisais le clown pour me faire remarquer, j’avais l’impression qu’il fallait ça pour qu’on fasse attention à moi, un peu… Avec ma soeur, on a vu les Marx Brothers, toutes les comédies musicales, tous les Lubitsch et les Billy Wilder très tôt. On a vu la dernière du Père Noël est une ordure par la troupe du Splendid. Quand je voyais Anémone, j’avais vraiment l’impression qu’on était de la même famille. » (lesinrocks.com, 2012)

« J’ai ressenti un manque d’amour alors que j’étais très aimée, très entourée. Nous formions une famille idéale. Pourtant, j’avais l’impression de gêner le duo composé par ma mère et ma sœur, qui étaient très fusionnelles. Bien plus tard, ma mère m’a tout ¬expliqué : on lui avait conseillé de protéger l’aînée à l’arrivée de son deuxième enfant. Elle culpabilisait beaucoup de ma naissance, vingt et un mois après celle de ma sœur. Je crois qu’ils espéraient un garçon. Ils avaient même ¬décidé de l’appeler Serge, un prénom que j’adore. » (parismatch.com, 2012)

« J’avais mon monde imaginaire. J’étais très solitaire, observatrice, dans la lune, flottante. Le passager à l’arrière de la voiture. Un peu transparente. Tristoune, sans raison dans le fond. Dans ma solitude, je m’inventais des vies. J’étais un jour vétérinaire, je l’incarnais de manière hyper précise avec ses dossiers, ses faux instruments, ses peluches-patients, ses dialogues. Mon père, qui était expert-comptable mais extrêmement fantaisiste, nous filmait beaucoup, ma sœur et moi. Tout de suite, j’ai vu que c’était le moyen de faire rire mes parents, d’être regardée, d’exister. Et puis, j’ai eu très vite la passion du cinéma. Ingrid Bergman, Romy Schneider, Miou-Miou… Elles étaient comme mes meilleures amies. C’était cette vie-là que je voulais vivre. » (lemonde.fr, 2017)

« Adolescente, il y a des films qui ont changé ma vie : L’Argent de poche, de Truffaut, A nos amours, de Pialat, L’Effrontée, de Miller… Je me suis identifiée à tous ces personnages si différents de moi. » (lemonde.fr, 2017)

« En fin de classe de 1re, j’ai entendu parler du cours Florent. J’aimais beaucoup Francis Huster, qui dirigeait la classe libre. On entrait quai d’Anjou comme dans un moulin, j’ai grimpé un escalier, je suis allée écouter son cours derrière la porte. A la pause, Francis Huster est sorti. Il m’a vue, avec ma frange jusqu’au bas des yeux. Qu’est-ce que je faisais là ? J’ai dit que je voulais faire comme ses élèves. Il m’a demandé si je connaissais un poème, j’ai récité du Francis Blanche devant ses élèves, avec un trac ! J’avais 16 ans… Mais j’étais tellement contente ! Il m’a proposé de venir assister au cours le mercredi. J’en suis devenue la mascotte. J’ai fini par passer le concours de cette classe libre. Francis m’a recalée la première fois, il voulait que j’aie mon bac. » (lemonde.fr, 2017)

C’est grâce au dessin qu’elle réussit son Bac. « Il fallait illustrer une recette de cuisine. J’ai représenté un personnage la bouche grande ouverte avec, en sandwich, tous les ingrédients. C’était très BD. Je voulais que l’examinateur ait envie de manger mon dessin : il m’a mis 20. » (Nouvel obs, 1997)

« Après le bac, j’ai fait les beaux-arts pendant un an, tout en prenant des cours de comédie. Je me serais bien vue maquettiste, mais c’est le théâtre qui a gagné. Je prends toujours des cours aux beaux-arts, car dessiner est pour moi un besoin essentiel. » (parismatch.com, 2009)

Quel genre de dessins faites-vous ?
« Surtout du fusain, du crayon, des pastels. Mon thème ¬favori, ce sont les gens qui dorment. J’adore cet abandon des êtres dans le sommeil. Bien sûr, mon modèle favori est ma fille. Quand je vois des peintures de Chardin, de Vuillard, je regrette vraiment de ne pas savoir peindre. Leurs toiles m’emmènent ailleurs, comme un film. » (parismatch.com, 2009)

1987

Elle intègre le Cours Florent. « Quand j’étais petite, ma tante m’emmenait à la Comédie-Française et j’étais devenue une fan absolue de Francis Huster. J’avais 16 ans et une frange, j’étais en seconde. Je me suis rencardée et j’ai fini par squatter le cours Florent où il enseignait, sur l’île Saint-Louis. J’entendais la voix d’Huster à travers la porte, je lisais la liste des admis sur les murs… Un jour, il est sorti de la classe avec ses petites lunettes, m’a remarquée : ‘Mais qu’est-ce que tu fais là ?’ Et je lui ai dit, recouverte de plaques rouges : ‘Je voudrais être actrice. – Reviens demain.’ Je suis revenue, il m’a fait entrer dans la salle et m’a demandé : ‘Est-ce que tu connais un texte, quelque chose que tu pourrais nous dire ? Écarte un peu ta frange.’ Et j’ai dit le texte d’une chanson de Francis Blanche, Ça tourne pas rond dans ma p’tite tête… Et je suis devenue la mascotte du cours sans y être inscrite. J’y allais tous les mercredis. J’ai essayé de passer le concours d’entrée quand j’étais en terminale, mais il m’a virée. Il voulait tester mon désir et, aussi, que j’aie le bac. Mais je restais la mascotte : j’allais acheter des glaces avec lui pour les élèves avant le cours. C’était fantastique. Il y avait Maruschka Detmers, Isabelle Nanty, Thierry Frémont. Vincent Lindon y était aussi, mais dans un autre cours, donc je ne le voyais pas. Et puis Huster parlait aussi de cinéma, et c’était ça que je voulais faire, moi, du cinéma.» (lesinrocks.com, 2012)

1989

Elle entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique où elle étudiera pendant 3 ans. Lors du concours d’entrée, elle prend au culot l’institution à contre-pieds et présente une scène de cinéma, tirée de « Annie Hall » (Yvan Attal lui donne la réplique), « Pour Diane Keaton. » (Libération, 1998)

« A la fin, Daniel Mesguich, le président du jury, me prend à part pour m’annoncer qu’il me trouve drôle et qu’il me veut dans sa classe. Avec lui, j’ose, je me surprends. Je commence à me connaître mieux, à comprendre que c’est en prenant des risques, en s’éloignant de soi qu’on éprouve le plus de plaisir à jouer, et j’essaie surtout de ne pas être une élève, de ne suivre aucune règle. » (Première », 1994)

« En entrant au Conservatoire, je pensais faire du théâtre. Un jour, il y a eu une journée portes ouvertes et des réalisateurs sont venus nous voir. J’avais quelque part en moi l’envie de voir, de sentir la caméra, les lumières. J’ai débuté par un court-métrage. Et vlan, la fascination ! Même si au fond de moi, j’avais un peu peur que le cinéma ne banalise les personnages. Erreur ! » (Jalouse, 1997)

« Trop grande, trop spéciale, pas assez classique, trop de taches de rousseur. » Au milieu des années 90, c’était ainsi que certains directeurs de casting qualifiaient Sandrine Kiberlain. « Ils recherchaient tous la nouvelle Adjani, la nouvelle Unetelle ! Mais moi je voulais être tout sauf ‘la nouvelle’ (rires) ! Je me disais : une fois qu’on va comprendre et me comprendre, je vais être actrice. Ça m’émeut encore aujourd’hui en y repensant. Ce n’était pas prétentieux, c’était une certitude ! » (lesinrocks.com, 2012)

« Aux premiers castings, on me disait que j’étais trop grande, trop ceci, avec un nez pas possible… Moi, je n’avais pas du tout l’impression que mon nez était bizarre. Heureusement j’ai toujours pensé : « Quelqu’un va me regarder, quelqu’un va comprendre. » Et à ce moment-là est arrivée une cuvée de physiques originaux. Des actrices comme Sandrine Bonnaire ont ouvert la voie. Bonnaire dans “A nos amours” m’a donné une force formidable. Il faut vraiment la remercier, cette fille-là ! » (psychologie.com)

1994

Elle incarne une call-girl dans « Les patriotes » d’Eric Rochant. « Eric Rochant m’a fait faire trois bouts d’essais, comme cela, parce qu’il en a eu envie. Il m’a retenue pour ‘’Les patriotes’’. Il a osé prendre ce risque sur un film à gros budget. Un peu inquiète, je lui ai dit ‘’Tu es sûr ? Mon nez ne te gêne pas ?’’ Quand je suis sortie de son bureau, il m’a regardée en face en ajoutant : ‘’La call-girl dans le film c’est toi !’’ J’ai immédiatement pensé ‘’Enfin, tu vas exister.’’ » (Jalouse, 1997)

« J’aurais pu attendre 10 ans avant qu’on me propose un rôle pareil. Il est à la fois extrêmement difficile et parfait. Difficile parce que c’est la séduction, la nudité, parce que c’est mon 1er grand rôle. Et parfait parce qu’il est loin de moi et que donc malgré la difficulté, je peux me laisser aller complètement. » (Jalouse, 1997)

« ‘’Les patriotes’’ est le film qui m’a mis le pied à l’étrier. Je sortais du conservatoire et j’avais une image de moi très adolescente. Eric m’a choisie alors que je n’étais pas connue. Il m’a fait porter des bas, coupé les cheveux. Etre une vraie femme, c’était nouveau pour moi. Je me suis sentie aimée, valorisée. J’étais ‘’la’’ fille du tournage. C’était la première fois qu’un metteur en scène me demandait d’effectuer un vrai boulot d’actrice. Il fallait que quelque chose me fasse démarrer dans ce métier. Je savais que ça irait ensuite. » (Paris Match)

1995

Elle reçoit le Prix Romy Schneider. (allocine.fr)

Elle joue dans « En avoir (ou pas) » de Laetitia Masson. « C'est la première fois que je recevais un scénario où tout reposait sur mes épaules. Ce rôle était à la fois une montagne et un cadeau. » (lemonde.fr)

Dans ce film le rôle du père du personnage de Sandrine est tenu par son propre père : « J’ai emmené Laetitia dans le bistrot à vins de mes parents, elle a été très touchée par mon père. Elle lui a demandé de jouer et il a été tout de suite partant, à l’aise, alors que moi, j’étais malade, verte ! Puis on a travaillé ensemble pour oublier qu’on était un père et une fille et le jour J, il a été parfait. Il avait fait du théâtre en amateur avec ma mère quand il était plus jeune, mais comme il était de famille juive traditionnelle, il avait dû y renoncer pour faire des études. » (Elle, 1995)

« J’ai eu la chance de démarrer avec deux rôles à la fois très éloignés de moi et très différents l’un de l’autre (NDLR : une call-girl dans ‘’Les patriotes’’ et une poissonnière de Boulogne-sur-Mer dans ‘’En avoir (ou pas)’’. Grâce à eux, j’avais immédiatement montré deux facettes de mon jeu dans lesquelles les cinéastes ont ensuite pu puiser. Ce qu’on impose au début nous suit pas mal. Ça peut être terrible, parfois. Sans calcul de ma part, j’ai toujours eu la chance de ne pas faire partie d’une seule famille d’acteurs, passant facilement du cinéma d’auteur à un cinéma plus grand public, sans complexe d’un premier à un second rôle, encore aujourd’hui. » (lesinrocks.com, 2012)

1996

Elle remporte le César du meilleur espoir féminin pour « En avoir (ou pas) ». « Avec Isabelle Huppert nous avons eu un César la même année. Dans les coulisses, elle m’a glissé gentiment : ‘’Vous ne l’avez pas volé.’’ Je lui ai répondu : ‘’Je ne comprends pas que vous ne l’ayez pas eu avant.’’ Et elle m’a répondu : ‘’C’est grâce aux tâches de rousseur, on a le même âge.’’ Sublime ! » (Jalouse, 1997)

1997

Elle reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour « Le Roman de Lulu », une pièce écrite par son père. (lesmolieres.com)

Son père lui avait envoyé, par la poste, sous le pseudonyme David Decca, la pièce ‘’Le roman de Lulu’’, l’histoire d'un quinquagénaire fou d'une jeune fille de 25 ans et qui ne veut pas vieillir à ses yeux. «Au bout de deux pages, je me suis dit: ‘’qu'est-ce que c'est que ça?’’ J'étais bouleversée de lire une chose pareille. Et, en même temps, choquée par l'audace et l'impudeur. Il mettait à nu des choses fortes, me faisait prononcer des mots dont il sait bien que je ne sais pas les dire. » (liberation.fr)

« A la 2ème page, j’ai compris qu’il s’agissait de mon père. Troublant. Jouer ses mots à lui, interpréter ses sentiments, c’est pas évident. »

Valérie Lemercier lui offre son premier rôle comique dans « Quadrille ». (lemonde.fr)

2000

Elle donne naissance à sa fille Suzanne, dont le père est Vincent Lindon. Au lendemain de son accouchement, elle est victime d’un accident vasculaire cérébral
« J’ai longtemps refusé de parler de cet accident. Quand Suzanne est née, j’ai insisté démesurément pour qu’on lui mette tout de suite son bracelet de naissance, comme si je pressentais quelque chose. En fait, je ne me souviens de rien, à part de la personne qui m’a fait passer l’IRM alors que j’étais déjà dans le coma. Ensuite, le trou noir. Ces heures d’attente ont été un calvaire pour mon entourage.» (parismatch.com, 2012)

« J'avais des maux de tête épouvantables et deux caillots dans la tête. J'avais perdu mon père pendant ma grossesse, je pensais qu'avoir mal à la tête était normal. J'ai failli mourir. J'en suis revenue. Cela m'a permis d'envisager la vie différemment. Vous en mesurez son prix, son côté éphémère. J'essaie d'aller à l'essentiel. Ça donne du poids à tout. Je n'ai plus eu peur de dire non. Je ne me force plus. Je ne râle plus. Je m'arrange pour voir le positif en toute circonstance. » (lejdd.fr, 2014)

Son père meurt d’une leucémie. (lejdd.fr)

2005

Elle sort son premier album « Manquait plus qu’ça » qui s’écoule à 100 000 exemplaires. (lejdd.fr)

Pour la composition des textes, elle a fait appel à Alain et Pierre Souchon ainsi qu’à Camille Bazbaz. (sacem.fr)

« Le désir d’enregistrer un album était en moi bien avant la rencontre avec Alain Souchon… Après, il a fallu trouver l’opportunité, que l’idée mûrisse dans sa tête, et que de mon côté, je prenne le temps d’écrire les textes de l’album. Ce dernier point est quelque-chose auquel je tenais tout particulièrement… Une fois les textes terminés, je me suis mise en recherche de compositeurs, et l’aventure est enfin devenue concrète. Entre l’écriture, trouver les musiciens, le temps que tout cela devienne des chansons, il a fallu à peu près 2 ans… » (foutrauqe.com)

« La chanson ‘’Manquait plus qu’ça’’ m’a servi de lien entre Alain Souchon et moi. Je lui ai envoyé ce texte pour lui dire avec humour que j’avais envie de chanter, qu’on ne devient pas chanteuse en claquant des doigts, que je me prenais ni pour Carla Bruni, ni pour Vanessa Paradis, mais que c’était ma façon à moi de dire que je faisais la chanteuse sans me prendre au sérieux, mais que c’était en même temps une envie très profonde… Après, j’ai réalisé que la critique s’en était emparée, mais c’est vrai que pour moi, c’était aussi une manière d’anticiper les questions inévitables: ‘’Encore une actrice qui chante !?’’ et ‘’Est-ce vraiment une démarche sérieuse?’’». (foutraque.com)

Sur cet album, elle reprend « Girls » des Beatles. « C’est une chanson qui était en moi depuis très longtemps, depuis petite… Donc, je tenais à la chanter d’une manière ou d’une autre. Quand le disque est devenu une réalité, j’avais pas dans l’idée spécialement de faire une reprise, mais quand il en a été question, je me suis dis que j’allais me faire plaisir le plus possible, et donc j’ai pensé à cette chanson, qui je trouve, n’est pas sans rapport avec les autres titres de l’album. » (foutraque.com)

2007

Elle sort son deuxième album « Coupés bien net et bien carré ». Auteur de tous les textes, elle s'est entourée pour la composition d'Étienne Daho, de Mickaël Furnon, de Camille Bazbaz et de Pierre Souchon. (sacem.fr)

« Mes chansons révèlent peut-être un humour mélancolique, un côté slave qui me colle à la peau. Une grande conscience du temps qui passe, du côté éphémère de la vie. Et une légèreté, parce que tout ça est une grande blague. » (lemonde.fr, 2017)

2009

Elle joue aux côtés de son ex-mari, Vincent Lindon, dans « Mademoiselle Chambon » de Stéphane Brizé. (allocine.fr)

« Vincent m'a appelée, il m'a dit : ‘’J'ai reçu un scénario magnifique, d'un mec que tu adores et qui voudrait que je joue le maçon et toi l'institutrice. J'ai commencé par penser que c'était pas possible, mais tu ne peux pas te priver d'un tel rôle, ni moi du plaisir de jouer ça avec toi’’. » (leparisien.fr)

« On s'est très peu parlé avec Vincent sur le plateau. On a gardé une belle distance, un respect par rapport à nos vies d'aujourd'hui, tout en étant heureux de nous retrouver entre « Moteur » et « Coupez ». Dans les moments compliqués, je me raccrochais à Véronique Chambon, à sa façon de tomber amoureuse de Jean… Je n'ai pas fait appel à des souvenirs personnels. » (leparisien.fr)

« Le moment le plus compliqué ? Forcément, la scène du canapé. Du baiser. On était cadrés, on savait ce qu'on avait à faire, mais Stéphane Brizé nous a dit : « On va faire une seule prise, vous avez tout le temps que vous voulez… » C'est après, une fois redevenue Sandrine, que j'ai mesuré : « C'est Vincent et moi… » Les difficultés, j'y pense après coup. » (leparisien.fr)

2011

Elle joue dans « Les femmes du 6ème étage » de Philippe Le Guay qui enregistre plus de 2 millions d’entrées. « Ce n'était pas censé être un film populaire, et son succès fait d'autant plus chaud au cœur. Quand j'ai reçu le scénario, oui, j'ai pensé que cette histoire pouvait toucher le public avec ces personnages qui sont persuadés d'être à la bonne place, mais osent, finalement, changer de vie. Le film va à l'encontre du cloisonnement social et de ces a priori qui nous empêchent d'aller vers les autres. J'adore quand mon personnage finit par comprendre pourquoi son mari passe son temps avec les bonnes espagnoles, ces femmes pleines de vie. Elle dit à ses copines de bridge – avec lesquelles elle a l'air de s'emmerder royalement : “Si nous aussi, nous avions notre sixième étage…” » (telerama.fr, 2011)

« J'ai appelé Philippe Le Guay pour avoir le rôle. Mon enthousiasme pour ce personnage, censé être en retrait, l'étonnait. Je savais qu'il fallait jouer avec de la fantaisie, de la folie. Cette bourgeoise est débordée, alors qu'elle ne fiche rien de ses journées ! ¬Incarner une femme ridicule persuadée d'être dans le vrai est jubilatoire. J'adore les personnages féminins d'une grande mauvaise foi. Il faut les jouer au premier degré, être totalement sincère. Ne jamais se dire “là, je vais essayer de faire rire”… Il faut croire à cent pour cent à la situation : c'est là qu'on est drôle. » (telerama.fr, 2011)

« A chaque comédie, les gens semblent découvrir que je peux être marrante ! Avec Romaine par moins 30, avec ce film-ci… c'est chaque fois comme une première fois. On me voit plutôt comme une comédienne fragile et je fais autant d'effet avec une seule scène très dramatique dans Polisse qu'avec un rôle important, sautillant et fantasque. En fait, je ne trouve pas déplaisant d'être constamment re-découverte… Je ne risque pas de lasser ! » (telerama.fr, 2011)

2013

Elle est affiche de cinq films dont 3 comédies (« Rue Mandar », de Idit Cebula, « Les Gamins », d'Anthony Marciano, « Tip Top », de Serge Bozon, « Neuf mois ferme », d'Albert Dupontel, « Violette », de Martin Provost). (allocine.fr)

2014

Elle obtient le César de la meilleure actrice pour « 9 mois ferme » d'Albert Dupontel. (academie-cinema.org)

Après quatre nominations, vous remportez le César de la meilleure actrice. Avez-vous pensé : « Enfin, c’est mon tour » ?
« En fait, c’est comme si j’étais sortie de moi-même, que j’avais pris de la hauteur et que je m’étais dit : ‘’Tiens ! C’est mon nom qu’ils viennent de prononcer. Maintenant, il va falloir que je me lève, que je monte ces marches, et que je parle.’’ J’ai surtout essayé de suivre un conseil que Sabine Azéma m’avait donné : ‘’Vas-y légère’’. » (leparisien.fr, 2014)

Face à une favorite, Léa Seydoux, et deux glorieuses aînées, Fanny Ardant et Catherine Deneuve, vous faisiez figure d’outsider.
« Oui, j’ai peut-être surpris mon monde. Ma victoire semblait d’autant plus improbable que le film 9 mois ferme ne figurait pas dans la sélection remise aux jurés, car Albert Dupontel, le réalisateur, voulait que les votants aillent le voir en salle. Je m’étais dit : ‘’Ce n’est pas encore cette fois que j’aurai le césar’’. En même temps, j’aurais été frustrée de ne pas l’avoir. » (leparisien.fr, 2014)

« J’ai le sentiment que ce césar ne récompense pas seulement mon rôle dans 9 mois ferme, mais aussi mon parcours jusqu’ici. Pour moi, meilleur espoir et meilleure actrice sont les plus belles récompenses. Avec la première (pour En avoir (ou pas), de Lætitia Masson, NDLR), il y a dix-huit ans, on m’a dit : « Viens, on t’accueille, on t’ouvre la porte et les bras. ». Et avec celle-là, « On a bien fait de te faire confiance ». J’ai ressenti beaucoup de chaleur, de bienveillance, y compris dans les messages qu’on m’a laissés après la cérémonie. » (leparisien.fr, 2014)

« Après la cérémonie, j’ai reçu 346 messages ! Vous imaginez, 346 SMS et messages vocaux ! J’ai répondu à tous, sans exception. Le premier était celui de Catherine Deneuve, immédiatement après le prix. La grande classe ! Et puis il y a eu celui de ma nounou yougoslave, Branca, qui me disait : « Je me souviens de toi qui, à 13 ans déjà, nous faisais tellement rire, ta sœur et moi. » (leparisien.fr, 2014)

« J’ai décroché ce rôle à la force du poignet. Albert Dupontel cherchait une brune nerveuse, frêle, colérique. Quand la productrice a proposé mon nom, il n’était pas emballé. Après les essais et une séance de travail, il a revu sa position. Il voulait une actrice rouge, il a eu du rose bonbon. C’est pas mal aussi. Peut-être que le film y a gagné. » (leparisien.fr, 2014)

Elle joue dans « Aimer, boire et chanter », le dernier film d’Alain Resnais. (allocine.fr)

Elle incarne la fan d’un chanteur à succès dans « Elle l’adore » de Jeanne Herry. (allocine.fr)

2016

Elle tourne pour la première fois sous la direction d’André Téchiné dans « Quand on a 17 ans ». « Je l'adore, c'est vraiment quelqu'un qui est passionné, fou de ce métier. Il a l'air plus vivant pendant qu'il fait un film, alors qu'il n'a pas 30 ans. Il a une force de vie, il est passionné des acteurs. Il dit les mots justes pour que vous soyez dans la bonne situation. Il vous laisse aussi être très libre dans l'interprétation de ce qu'il a écrit. Il se sert de ce que vous êtes. C'est un homme très libre qui a exploré plein de choses pour grandir et toucher au plus près ce qu'il avait envie de vivre. J'ai beaucoup d'admiration pour sa liberté dans le cinéma, dans l'écriture et dans sa mise en scène. Il a touché des univers, des couches sociales qui ne sont pas forcément ce qu'il a connu à la base. Il a beaucoup regardé autour de lui. Et puis, je pense qu'il est fou des actrices. On est magnifiées par lui. C'est une super rencontre. » (allocine.fr)

Elle réalise son premier court-métrage « Bonne Figure », dans lequel Chiara Mastroianni tient le rôle principal. L’histoire : Un soir de gloire où elle a reçu un prix, Françoise, actrice, déambule dans la lumière bienveillante du regard des autres. Elle rayonne dans une robe qui lui va comme un gant. Chez elle, seule, la fermeture éclair lui résiste. L’absence de toute aide la plonge devant l’étendue de sa solitude. (culturebox.fr)

« Ce que je raconte là peut arriver à une caissière ou à une autre femme. Toutes ces femmes qui font bonne figure la journée, tout sourire face aux responsabilités qu'elles ont et au rôle qu'elles ont à jouer socialement, et il peut y avoir du bonheur là-dedans. Mais je voulais montrer la grande différence qui peut exister entre ce que l'on montre de nous et ce qu'il y a derrière notre porte. Chacun a une intimité que l'on ne voit jamais. Le cinéma permet d'aller derrière cette porte. Le cinéma peut montrer que, même en pleine gloire, positive, un détail de la vie peut nous effondrer. » (culturebox.fr)

« Bonne Figure » a été présenté en clôture de la semaine internationale de la critique à Cannes. (unifrance.org)

Sur Europe 1, elle interprète avec Vincent Delerm "La chanson d'Hélène", musique du film "Les Choses de la Vie" de Claude Sautet (1970). (youtube.com)

2017

Elle est présidente du jury de la Caméra d'Or, à Cannes, qui récompense un premier film. « Cannes, c’est comme un tournage. On est là, tous, parce qu’on aime le cinéma, c’est émouvant. Dans la grande salle, quand vous regardez le film d’un des plus grands metteurs en scène du monde, il y a une espèce de tension, de passion. J’aborde Cannes avec beaucoup de recul. Il y a une hystérie à gérer. Mais Cannes, c’est aussi moi, j’adore la lumière, le tapis rouge. J’en ai rêvé, comme toutes. La base solide qui m’a été donnée me permet de rester dans la réalité et de m’amuser de cette folie ambiante. » (lemonde.fr, 2017)

Lors des obsèques de Johnny Hallyday, elle a lu un texte de Mère Teresa.
« J’ai été si touchée que son entourage m’appelle la veille, mais je craignais de ne pas être à ma place. Nous nous étions moins vus dans les dernières années. Lætitia Masson (NDLR : auteur de Love Me, où jouaient Johnny et Sandrine) a noté : «Ce n’est pas le quantitatif qui compte, mais l’intensité de la rencontre». Pendant ses funérailles, il n’y a pas eu une seule scène d’hystérie, pas un couac, pas un dérapage. Chacun était là pour le célébrer. Johnny, artiste - par conséquent fédérateur -, savait dire aux autres qu’il les aimait. Il m’a un jour demandé de lui écrire une chanson sur un chien abandonné. Je lui ai répondu : «Les histoires de SPA, tu sais… je ne suis pas sûre d’y arriver». J’ai fini par m’exécuter avec ‘’Au bord des routes’’. Il a eu la générosité de venir me la faire écouter, à fond, dans mon salon. Gérard Depardieu m’a dit : «Mais il n’est pas mort !». Gérard n’a pas tort, il est avec nous. Entre 5 ans et 20 ans, je réveillonnais en braillant des chansons de Johnny avec les amis de mes parents. Cette année a été l’année des pertes. J’ai souvent ce sentiment bizarre que j’aurais pu appartenir à une autre génération : celle de Jean (Rochefort), qui entretint une relation fusionnelle avec mon père dès qu’il le rencontra ; celle de Johnny. Et aussi de ma chère Nicole (Garcia) qui, heureusement, est bien vivante… Comme le dit très bien le film ‘’La belle et la belle’’ de Sophie Fillières, il n’y a pas d’âge, juste des cousinages. » (madame.lefigaro.fr, 2018)

2018

17 ans après « Des filles et des chiens », elle retrouve Sophie Fillières pour « La Belle et la Bête ». (allocine.fr)

Elle refuse de faire la promo du film « Fleuve noir » d’Erick Zonca qui lui laisse un goût amer. « C'est une expérience que je n'ai pas aimée donc je ne peux pas trop parler de ce film. Mais je le dis ouvertement. J'ai pas de problème avec ça. » (europe1.fr)

Elle joue dans « Amoureux de ma femme » de Daniel Auteuil avec Gérard Depardieu. (allocine.fr)

Elle incarne une éducatrice dans « Pupille », de Jeanne Herry, un film choral sur l’adoption. « Avoir des bébés pour partenaires s’avère très particulier. Déjà, c’est intimidant, un bébé. Et puis jouer avec lui aussi. Bien sûr, on lui dit des choses qui sont de l’ordre de la fiction, mais on ne peut pas s’empêcher de penser que le bébé l’entend. Et, depuis Dolto, on sait qu’il comprend… Sur le tournage, on avait des poupons en plastique pour empêcher que les enfants soient trop sollicités, mais j’ai parlé aussi à un vrai bébé, et je n’en menais pas large. Élodie (Bouchez), elle, s’est tout de suite immergée dans son personnage, tellement juste, tellement vraie. Démente. Quant à Gilles (Lellouche), c’était très beau à voir : pour lui, un bébé, c’était tout de suite une évidence.» (madame.lefigaro.fr, 2018)

«Pupille, j’y crois totalement. Avant, j’envisageais le cinéma de manière plus égocentrique. Je me disais : pourvu que ça marche, pourvu que je devienne une actrice connue, ce rôle va m’apporter ci ou ça ! Mais, plus on avance au fil des années, plus on fait de films, et plus s’installe la notion du collectif. Et, maintenant, c’est ce que je préfère au cinéma. C’est même cela qui m’avait donné envie de réaliser un court-métrage. L’idée que chaque chaînon est important, du perchman à la star. Sur le tournage de Pupille, nous étions comblés, car nous nous sentions d’une certaine manière utiles. À mes débuts, on m’avait demandé si j’avais l’impression de faire de la politique en tournant des films. J’avais répondu : "Pas du tout, je fais des films pour faire des films." J’avais tort, parce que faire du cinéma, c’est toujours politique. Ce film ouvre des fenêtres sur les coulisses de l’adoption - sujet dont on parle rarement. Pourtant, cela peut tous nous concerner un jour...» (madame.lefigaro.fr, 2018)

« Mes parents m’ont aimée, mais pas trop couvée. Ils m’ont fait confiance à une époque où il était complètement fou d’envisager d’être actrice. Je comprends, aujourd’hui, ce qu’il y a d’angoissant pour un parent d’entendre son enfant lui dire : "J’ai envie de faire l’artiste." D’accord, mais sur quel socle ? C’est le cas avec Suzanne, ma fille de 18 ans, qui se destine à un parcours artistique. Je trouvais cela plus rassurant lorsqu’elle avait 18 de moyenne au lycée Henri IV ! En tout cas, lorsque vos parents vous font confiance, c’est une vraie puissance de vie : c’est dans la vie que l’on se ressource. Elle est plus forte que tout.» (madame.lefigaro.fr, 2018)

Elle est la présidente du jury du Festival du film américain de Deauville. (ouest-france.com)

2019

Elle est nommée au César de la meilleure actrice pour son rôle dans « Pupille ». (academie-cinema.org)

Elle joue « Mon bébé » de Lisa Azuelos.

« Mon bébé » a remporté deux prix au festival du film de Comédie de l’Alpe d’Huez : Grand Prix pour Lisa Azuelos et prix d’interprétation pour Sandrine Kiberlain.




PERSONNEL

Caractère, personnalité

«Je pense que je suis beaucoup plus "borderline" que je ne le laisse voir. "Border" (à la limite) à plusieurs niveaux : "border" mélancolique, "border" zinzin parfois. Au début, on me cantonnait dans des rôles un peu évanescents car, par pudeur familiale, je me livrais peu. Je n’étais "border" que dans l’intimité. Aujourd’hui, m’étant lâchée dans des films comme Neuf mois ferme, d’Albert Dupontel, je m’autorise aussi davantage d’écarts dans la vie. Dupontel m’avait confié le rôle en ne sachant pas si j’étais drôle. Par exemple, il ne savait pas comment j’allais jouer l’ivresse d’Ariane, mon personnage. Et moi non plus. Puis, magnifiée par son regard, j’ai senti que je pouvais exprimer quelque chose que je n’avais jamais exprimé auparavant. » (madame.lefigaor.fr, 2018)

« Je ne débarque jamais dans une ville sans me rendre dans une pharmacie. Toucher des flacons me rassure. Je crains et je bénis les médecins. Leur investissement, le risque qu’ils sont amenés à prendre en cinq minutes parfois me sidère. L’un d’entre eux m’a sauvée parce qu’il a accompli le bon geste, et je m’en souviens chaque jour. Quand on est une survivante, on n’a plus jamais le cafard, même si on a du mal avec les sentiments neutres ou tièdes. Il faut un temps d’adaptation pour retrouver un équilibre. Depuis, j’ai une notion plus précise du temps, je profite de tout et vis dans l’instant. » (madame.lefigaro.fr, 2012)

Les acteurs qu’elle admire

« Louis de Funès a bouleversé ma vision du métier. Il prenait des risques, jouait avec le plus profond de lui-même, se livrait avec une totale impudeur. Sous son apparente candeur, Shirley MacLaine osait. Ingrid Bergman, que j’ai d’abord détestée, m’a conquise par sa sensibilité. Romy Schneider s’investissait dans chaque plan, dans chaque phrase, tout en conservant sa distance. Natalie Wood se tenait toujours au bord du précipice. Elle n’était jamais là à demi. Elle nous donnait presque trop à voir.» (madame.lefigaro.fr, 2012)

« J’admire Ingrid Bergman pour son rôle d'Alicia dans les Enchaînés (NDLR : Alfred Hitchcock, 1946, avec Cary Grant). C'est le premier film que j'ai vu au cinéma. C'était avec ma tante Betty et j'avais 14 ans. Je n'ai pas compris son jeu. Je la trouvais très froide, assez distante. Plus tard, à 20 ans, quand j'ai revu le film, j'ai pensé tout le contraire et, à partir de là, j'ai vu tous ses films. Ce qui était troublant, en plus, c'est qu'elle ressemble à ma mère et aux femmes de ma famille du côté de ma grand-mère. » (leparisien.fr, 2014)

« J’aime François Truffaut pour la diversité des films qu'il a faits. On a du mal à croire que c'est le même homme qui a tourné l'Argent de poche, la Femme d'à côté ou le Dernier Métro. J'aimais son amour des femmes. J'aurais été amoureuse de lui si j'avais été amenée à être l'une de ses actrices. Il m'aurait eue en quatre secondes ! » (leparisien.fr, 2014)

L’homme idéal

«O’Malley, l’amoureux de Duchesse dans Les Aristochats, de Walt Disney, est mon héros, le sexy absolu. Il fait copain-copain avec les chats de gouttière, il va toujours là où il ne faut pas. Puis, d’un seul coup, il tombe amoureux de la plus belle créature de la ville. Et il brûle toutes les étapes, sauve le monde. Bien sûr, c’est un chat. Mais il me fait penser à certains hommes imperturbables que j’adore. Comme Yves Montand dans César et Rosalie. C’est le type qui chante trop fort, qui épuise tout le monde, mais que l’on n’a pas envie de quitter. Ou alors Jean-Louis Trintignant dans Un homme et une femme. Il y a une scène dans un restaurant avec Anouk Aimée, où le serveur leur demande s’ils ont besoin d’autre chose. Tout en la regardant dans les yeux, il répond : «Une chambre.» À mourir ! Moi, j’ai été Duchesse plusieurs fois, j’ai connu des O’Malley, et il n’y a qu’eux qui m’intéressent. Des hommes solides, prévenants, fantaisistes et… insaisissables. Ils sont difficiles, mais ils aiment vraiment, entièrement, c’est ça la beauté des O’Malley. Ce qui compte à mes yeux, c’est de vivre une véritable histoire d’amour - même si c’est rare et qu’elle ne dure pas - plutôt que de remplir à tout prix le vide d’une solitude que je ne supporterais pas. Je l’ai compris lorsque j’ai vécu une demi-portion d’histoire d’amour. Je me suis réveillée un jour en me disant : plus jamais ça ! Lorsque l’on vit des relations belles et harmonieuses avec des gens magnifiques, il n’est plus possible ensuite de passer à quelque chose de moyen.» (madame.lefigaro.fr, 2018)

Féministe

« Le féminisme m’est naturel et je remercie toutes celles qui ont contribué à obtenir le droit, capital, d’avorter ou celui de voter. En même temps, j’aime qu’un homme reste un homme, capable d’ouvrir la porte d’une voiture à celle qui l’accompagne, protecteur de sa famille comme l’était mon père, féministe lui aussi puisqu’il avait accompagné ces luttes. Oui, j’aimerais que rien ne vienne jamais altérer cette séduction-là. Aujourd’hui, les femmes ont acquis leur indépendance. Je n’ai pour autant aucune envie de devenir une femme virile, juste celle d’être la femme d’un homme viril. Je l’assume, quitte à passer pour une fille archaïque. Un homme doit conserver sa position d’homme sans enlever leurs droits aux femmes. Ce qui me révolte, c’est qu’à travail ou talent égal, le salaire ne suive pas. Pourquoi une femme qui se tue au boulot comme un mec doit-elle gagner trois fois moins ? Pourquoi, à notoriété égale, les actrices restent-elles moins payées que les acteurs. » (madame.lefigaro.fr, 2018)

Que vous inspire l’affaire Weinstein ?
« Il y aura tant de choses à dire quand le débat s’apaisera. La parole se libère, quoi de plus normal, de plus crucial ? Mais prenons garde à ne pas tout mélanger : le harcèlement, c’est l’absence de consentement. Du brouhaha ambiant, je retiendrais l’intelligence de la romancière Leïla Slimani et de son texte paru dans Libération : avec elle, défendons l’idée que nos filles aient envie de porter une minijupe ou d’embrasser sauvagement un garçon sur la bouche dans la rue. » (madame.lefigaro.fr, 2018)

«Je pense que le féminisme opère au quotidien, sans que l’on ait forcément besoin de se vêtir de noir sur le tapis rouge, comme l’ont fait les Américaines. Je ne valorise ni la provocation ni les revendications, même si elles sont parfois utiles. Je ne me sens pas à l’aise avec ça. Je ne suis pas non plus à ma place dans les groupes de femmes qui me sollicitent, même si je suis très souvent en accord avec ce qui est dit et pensé. Il ne s’agit pas d’un manque de courage, mais j’ai besoin de faire les choses autrement. J’ai l’impression d’être féministe dans ma façon d’être libre ; pour l’instant, ça me suffit.» (madame.lefigaro.fr, 2018)

L’image de Simone Veil a-t-elle compté dans votre vie ?
« C’était une figure très importante pour Machla, ma grand-mère adorée, qui m’a inculqué le courage et le goût de la vie. Elle a poursuivi ses études en Pologne jusqu’à 18 ans, avant de devoir fuir le pays, puisque sa famille, restée sur place, a été exterminée l’année suivante. À Paris, mes grands-parents ont travaillé dans la confection. Avec leur culpabilité de rescapés, ils admiraient Simone Veil, survivante des camps. Elle possédait, en outre, tout le bagage intellectuel auquel Machla n’avait pas eu accès. C’était un exemple. Le nom de Simone Veil, ma grand-mère le prononçait avec son merveilleux accent yiddish. J’ai hérité de leur histoire, de cet humour très ashkénaze qu’ils injectaient partout alors qu’ils avaient vécu le pire, de leur façon slave de ne jamais se montrer tièdes. Petite, je faisais le clown pour gagner ma place dans une famille où mon arrivée n’avait pas été programmée. La fusion entre ma sœur et mes parents n’était pas achevée. Je voulais attirer l’attention. Tout ça, bien sûr, ne suinte que d’un ressenti d’enfant. On devient acteur parce qu’on a manqué de quelque chose, on veut être surdimensionné sur l’écran, devenir plus grand que la normale. » (madame.lefigaro.fr, 2018)

Vie privée

Très complice avec sa fille, Sandrine Kiberlain se livre sur cet équilibre difficile à maintenir entre la vie professionnelle et la vie personnelle : «Je sais me rendre disponible. Dans l'existence quotidienne, entre deux tournages, j'oublie complètement que je suis actrice. C'est la vie qui reprend le dessus, mes amis, ma famille. Et, dans ce cas, priorité absolue à ma fille! Etre mère est un endroit où je me sens très à l'aise. Suzanne est la personne avec qui je suis le plus en confiance. Pour moi, c'est comme une rencontre : j'ai adoré rencontrer ma fille. Pourtant, je n'étais pas du genre à dire : "Je rêve d'être mère depuis toujours, j'adore les enfants"». (parismatch.com, 2017)

Elle s'étonne que sa relation avec son ex-compagnon, Vincent Lindon, intéresse toujours autant la presse : «Cela fait des années que cette histoire est terminée, mais on continue de m'en parler souvent. Pourtant, je ne suis pas la seule actrice à avoir un ex comédien. Parfois, cela m'agace un peu. Pas de répondre aux questions, mais de m'entendre moi-même toujours évoquer notre relation...En même temps, je comprends la curiosité des gens. En fait, il n'y a rien de bien particulier à dire. Cela se passe en effet très bien entre nous, et nous essayons de faire que les choses se passent au mieux pour notre fille. Un peu comme pour tous les gens qui se sont séparés. C'est assez banal. Sauf que nos rapports sont réussis. Et ça, ce n'est peut-être pas si fréquent que ça, malheureusement. Vincent, c'est ma famille». (parismatch.com, 2017)

Goûts musicaux

« J’ai découvert Barbara toute seule même si mes parents écoutaient beaucoup de chansons de variété haut de gamme. J'étais éduquée là-dedans. Je devais avoir 12 ans. J'ai fouillé dans les albums que nous possédions à la maison et je suis devenue accro. Encore plus, ensuite, lorsque je l'ai entendue parler d'elle. La chanson que j'aime le plus n'est pas la plus connue : c'est Sans bagages, mais il y a aussi Septembre et les Bagages. Ce qui me plaît chez Barbara, c'est qu'elle a su se distinguer dans une période, les années 1960-1970, où déferlait une vague de chanteuses assez lisses et très jolies, de Françoise Hardy à Sylvie Vartan. Qu'elle ait réussi à imposer sa singularité m'a aidé à assurer la mienne. » (leparisien.fr, 2014)

« Une femme m’a dit un jour ne pas aimer la musique. Elle avait ses raisons. Certains morceaux ont transformé mon existence, ils remplacent les mots auxquels je suis pourtant très attachée quand ils ont un vrai poids, les sensations, les émotions. Ils m’aident à vivre ou suscitent, au contraire, chez moi une indicible peine. David Bowie ne triche pas. Barbara se fiche bien de plaire. Jacques Higelin reste profondément lui-même. J’admire leur liberté. Aujourd’hui, je n’ai plus envie de chanter. Ça reviendra peut-être. Ma seule légitimité, c’est que je l’ai fait sans prétention, avec honnêteté et qu’on y entend... ma timidité. » (madame.lefigaro.fr, 2012)

La danse

« Pendant très longtemps, même si j’ai fait douze ans de claquettes, je n’ai pas eu confiance dans mon corps. Petite, j’ai vu beaucoup de comédies musicales, à égalité avec les films d’Hitchcock. Fred Astaire, Gene Kelly, Stanley Donen... Je découvrais en eux ce que le cinéma avait de plus grandiose. Puis, est venue la troupe de Pina Bausch où l’individualité des corps s’exprimait avec puissance. J’aime voir les gens danser : on mesure leur réserve, leur aisance, bref leur degré de liberté. Quelqu’un qui danse n’importe comment mais qui ne se soucie pas du regard des autres peut me ravager. » (madame.lefigaro.fr, 2012)


FILMOGRAPHIE

*Actrice

1986 : Cours privé, de Pierre Granier-Deferre
1986 : On a volé Charlie Spencer !, de Francis Huster
1990 : Milena, de Vera Belmont
1990 : Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau
1992 : Sexes faibles !, de Serge Meynard
1992 : L'Inconnu dans la maison, de Georges Lautner
1992 : L'Instinct de l'ange, de Richard Dembo
1992 : Comment font les gens (moyen métrage), de Pascale Bailly
1992 : Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, de Laurence Ferreira-Barbosa
1994 : Les Patriotes, d'Éric Rochant
1994 : L'Irrésolu, de Jean-Pierre Ronssin
1995 : Tom est tout seul, de Fabien Onteniente
1995 : En avoir (ou pas), de Laetitia Masson
1996 : Beaumarchais, l'insolent, d'Édouard Molinaro
1995 : Un Héros très discret, de Jacques Audiard
1996 : L'Appartement, de Gilles Mimouni
1997 : Quadrille, de Valérie Lemercier
1997 : Le Septième Ciel, de Benoît Jacquot
1998 : À vendre, de Laetitia Masson
1999 : Rien sur Robert, de Pascal Bonitzer
2000 : Love Me, de Laetitia Masson
2000 : La Fausse Suivante, de Benoît Jacquot
2000 : Tout va bien, on s'en va, de Claude Mouriéras
2001 : Betty Fisher et autres histoires, de Claude Miller
2002 : C'est le bouquet !, de Jeanne Labrune
2003 : Filles uniques, de Pierre Jolivet
2003 : Après vous, de Pierre Salvadori
2004 : Un petit jeu sans conséquence, de Bernard Rapp
2007 : Très bien, merci, d'Emmanuelle Cuau
2007 : La Vie d'artiste, de Marc Fitoussi
2009 : Romaine par moins 30, d'Agnès Obadia
2009 : Le Petit Nicolas, de Laurent Tirard
2009 : Mademoiselle Chambon, de Stéphane Brizé
2010 : Un balcon sur la mer, de Nicole Garcia
2011 : Les Femmes du 6ème étage, de Philippe Le Guay
2011 : Beur sur la ville, de Djamel Bensalah
2011 : Polisse, de Maïwenn
2012 : L'Oiseau, d'Yves Caumon
2012 : Les Infidèles, de Jean Dujardin et Gilles Lellouche
2012 : Pauline détective, de Marc Fitoussi
2013 : Rue Mandar, de Idit Cebula
2013 : Les Gamins, d'Anthony Marciano
2013 : Tip Top, de Serge Bozon
2013 : Neuf mois ferme, d'Albert Dupontel
2013 : Violette, de Martin Provost
2014 : Aimer, boire et chanter, d'Alain Resnais
2014 : Elle l'adore, de Jeanne Herry
2015 : Comme un avion de Bruno Podalydès
2015 : Floride, de Philippe Le Guay
2016 : Encore heureux, de Benoît Graffin
2016 : Quand on a 17 ans, d’André Téchiné
2018 : Amoureux de ma femme de Daniel Auteuil
2018 : La Belle et la Belle, de Sophie Fillières
2018 : Fleuve noir d’Erick Zonca
2018 : Pupille, de Jeanne Herry
2019 : Mon bébé de Lisa Azuelos


*Réalisatrice

2016 : Bonne figure (court-métrage)

THEATRE

1989 : Ivanov d'Anton Tchekhov, mise en scène Pierre Romans, Théâtre des Amandiers
1989 : Comme tu me veux de Luigi Pirandello, mise en scène Maurice Attias, Théâtre de la Madeleine
1990 : Comme tu me veux de Luigi Pirandello, mise en scène Maurice Attias, Théâtre des Célestins
1993 : La Mégère apprivoisée de William Shakespeare, mise en scène Jérôme Savary, Théâtre national de Chaillot, Théâtre national de Nice
1995 : Le Roman de Lulu de David Decca, mise en scène Didier Long, Petit Théâtre de Paris


DISCOGRAPHIE

2005 : Manquait plus qu'ça
2007 : Coupés bien net et bien carré