Ses grandes dates

1996 : Naissance en République démocratique du Congo.

2000 : Elle rejoint sa mère et sa petite sœur exilées politiques en Belgique.

2005 : Sa famille s’installe au Rwanda.

2011 : Elle déménage à Namur.

2015 : Agressée, mise à la porte de chez elle, elle se retrouve à la rue pendant de longs mois.

2018 : Elle signe chez Columbia.

Actualité

Son premier album « Gore » sortira le 5 juin.

« Une grande partie de l’album a été écrite avant de signer. La production a pris beaucoup de temps parce que je suis exigeante. Je voulais que la musique soit unique. Pour l’écriture et les toplines, je sais que je vais tout donner, puisque je fais les mélodies, que je travaille mes rimes… Par contre, pour la prod’, je voulais quelque chose de lunaire, que ce soit de la pop nouvelle. C’est pour ça que je voulais bosser avec El Guincho, qui est devenu mon producteur et mon réalisateur. Quand j’ai entendu ‘’Malamente’’ de Rosalia, du flamenco et du hip-hop ensemble, avec une meuf super strong, qui « empower », j’ai pensé : « C’est quoi ce délire ? ». J’aimais la folie de El Guincho sur El Mal Querer, et même si je ne savais pas s’il allait pouvoir produire du hip-hop pur, je savais qu’il en avait les capacités, il m’a complètement surprise. Et maintenant, on se parle tous les jours, il est très investi dans le projet. C’est pour ça aussi que je m’appelle Lous and the Yakuza, pour attribuer du crédit aux gens qui font réellement partie du propos. » (yard.media)

« Dans cet album je raconte toutes les épreuves douloureuses que j’ai traversées. Ceci dit, je n’ai pas fait ça dans un but thérapeutique du tout, je n’ai jamais écrit en me disant : « Ah là, ça va me soigner si j’écris. » J’écris parce que j’ai besoin de le faire. Je pense que j’ai été énormément traumatisée, mais que la vie m’a forcée à être plus intelligente, plus rapide que les autres, à cause des événements durs qui se sont accumulés : les agressions, être SDF… Je ne sais pas du tout quelle force Dieu m’a donné, mais je crois que j’ai un fort esprit de détermination, et que c’est ce qui m’a sorti de toutes les galères par lesquelles je suis passée. Je n’ai qu’un objectif, c’est de faire de la musique. Et de réussir. » (magazineantidote.com)

Pourquoi avoir choisi d’appeler ton album Gore ?
« Par définition, le « gore », c’est le genre dans l’horreur qui est tellement sanglant qu’il en devient une forme d’humour. Ma vie a été tellement hardcore, qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer ! C’est à l’image de ma vie. Voilà pourquoi cet album est ce qu’il est, avec ces mots-là, pourquoi c’est aussi dur et festif à la fois. C’est autobiographique, à quoi ça servirait de mentir ? Mes textes sont trop révélateurs et dénonciateurs pour être complètement secrets. Je suis une artiste, je raconte ma vie, j’ai plein de secrets mais je partage les grandes lignes. Après, il y a un degré de détails que tu ne donnes pas pour garder ton intimité. Mais ce sont des choses dont j’ai guéri, il m’aurait été impossible de sortir cet album il y a deux ans. Je fais un travail très fort pour dévoiler autant de choses, au-delà de ma vie, c’est un but bien plus grand, de pointer du doigt certaines choses qui se passent très mal dans société. Au niveau du système social, ce n’est pas normal qu’à 19 ans, en étant belge, tu te retrouves autant de fois à la rue en voulant juste faire de la musique. Ce n’est pas possible qu’une femme sur trois se fasse agresser. Il y a tellement de choses qui sont ignobles. Il faut que je sacrifie un peu de mon intimité pour une cause plus grande. » (yard.media)

« ‘’Dilemme’’ est le titre qui explique le mieux ma vie, ma personnalité. Je suis constamment partagée : entre le bien et le mal, la joie et la peine, le blanc et le noir… Dans la sexualité aussi : hétérosexuelle, lesbienne… je suis dans un dilemme constant, et je suis toujours dans les extrêmes. La zone grise, je ne sais pas ce que c’est. Donc « Dilemme » représente ça, mon état d’esprit au quotidien. La chanson raconte aussi un passage de vie personnel. Quand j’ai signé mon contrat, je me suis soudainement retrouvée à côtoyer un entourage totalement différent de celui avec lequel j’avais jusqu’alors évoluée, qui était plutôt très street. Et cet entourage-là l’a super mal vécu, parce que tout à coup je représentais quelque chose de très puissant pour eux, et qu’ils avaient placé énormément d’espoir sur moi. Ils ont mis leur propre espoir sur ma vie à moi, ce qui n’était pas très sain. C’est ce que raconte cette chanson. C’est pour ça que je dis notamment : ‘’Au plus j’ai la haine, au plus ils me font de la peine, ce n’est pas un drame si je ne fais plus la fête’’. » (magazineantidote.com)

Dans ce morceau tu dis aussi : « Ma peau n’est pas noire, elle est couleur ébène. » Est-ce que le fait que tu sois une femme noire née au Congo est quelque chose que tu tiens à mettre en lumière ?
« Ah oui, de ouf ! Parce qu’en termes de chanteuses noires ici, à part Aya Nakamura… Ce serait bien de pouvoir en citer une deuxième. Il y en a des tonnes et des tonnes qui chantent super bien, qui ont un talent de dingue. Malheureusement, ce ne sont jamais des femmes de ma complexion qui sont mises en avant. Et c’est pour ça qu’à mon avis, le succès d’Aya Nakamura surprend autant. Ça n’était jamais arrivé en France avant elle. » (magazineantidote.com)

La chanson « Courant d'air » traite de la prostitution « un truc qui me suit depuis longtemps. J'ai interviewé, comme un journaliste, beaucoup de prostituées quand j'étais à la rue, j'ai toujours été très intriguée, surtout dans leur rapport avec leur enfant. » (afp.fr)

Il y a aussi la chanson-choc « 4 heures du matin », sur le viol, où elle épouse d'une voix puissante le point de vue de l'agressée et de l'agresseur. « J'écris mes textes très spontanément, je me suis dit : est-ce que je vais faire un couplet sur le violeur ? Oui, j'ai voulu mettre de la lumière sur le mal, sinon on ne le soigne pas. C'est comme pour le racisme, sinon tu vas refaire les mêmes erreurs encore et encore. » (afp.fr)

« Je voulais surtout raconter une histoire qui arrive à tellement de femmes. C’est le cas d’une sur cinq en France, ce qui est un ratio totalement flippant, et encore pire dans les pays pauvres. Et pourtant, ça reste tabou : on dirait que le viol, ce n’est pas un crime, qu’il est problématique d’en parler, alors que c’est comme tout ce qui est violent sur la terre. Il faut l’identifier, poser des mots dessus, le dire tel qu’il est. Ne pas essayer de brouiller les pistes. » (vanityfair.com)

Dans le morceau « Tout est gore », tu dis que tu n’as plus peur de rien, que c’est parfois déroutant…
« Le pire est déjà arrivé dans ma vie. Désormais, il n’y a que du bon à venir. On me demande souvent si j’ai peur de la célébrité. Je ne veux pas être célèbre mais être un personnage public, populaire, pour pouvoir aider à plus grande échelle. Par exemple, au Congo, qui est mon objectif ultime, je veux construire des hôpitaux. Et tu ne fais rien sans thunes. Je ne veux pas du tout être nichée, mais être populaire pour aider les gens à long terme. » (yard.media)

Prochains concerts : 06/06 au festival We Love Green à Paris, 26/06 à Clermont-Ferrand, 24/07 à Saint-Nazaire.


BIOGRAPHIE

1996

Lous and the Yakuza, de son vrai nom Marie-Pierra Kakoma, est née en 1996 en République démocratique du Congo, d’une mère pédiatre et d’un père gynécologue. (lexpress.fr, 2020)

2000

A 4 ans, elle rejoint sa mère et sa petite sœur exilées politiques à Bruxelles. Elle y grandit jusqu’à ses neuf ans. (rtbf.be)

Elle grandit bercée par les albums d’artistes au verbe poétique et percutant : Cesaria Évora, Etta James, Bob Marley, le Wu-Tang Clan, ou encore Ikue Asazaki, sa chanteuse préférée. Très vite, elle se passionne pour les mots, l’écriture et la chanson. « J’écris depuis que je sais écrire. J’écrivais mon prénom : Marie-Pierra. J’étais complètement fascinée du fait que l’on puisse écrire quelque chose pour se souvenir. Je pouvais me souvenir de tout ce que j’avais fait la veille dans les moindres détails. J’ai tenu énormément de journaux intimes depuis mes 7 ans. J’ai aussi compris en même temps que la musique n’était pas que des ondes. Quand tu es petit, tu écoutes tout en phonétique, et puis à un moment donné j’ai entendu : « Je ne veux pas travailler » au lieu d’entendre des sons, j’ai compris que c’était des mots. Je pouvais alors chanter ce que j’écrivais. » (yard.media)

2005

Ses parents choisissent en 2005 de s’installer ensemble au Rwanda. Pour elle, c’est un coup dur : découvrir l’Afrique et son lot de pauvretés, entendre l’histoire du génocide. Elle se réfugie dans l’école qui la passionne. (rtbf.be)

2011

A 15 ans, elle implore ses parents de regagner l’Europe. Ils finissent par céder. Elle s’installe à Namur avec sa petite sœur, pensionnaires la semaine, autonomes le week-end. (rtbf.be)

Elle rêve de vivre de sa musique et écrit une lettre à Columbia dans l’espoir de rejoindre les rangs de ce label mythique. Sans suite, forcément : des messages de la sorte, la major en reçoit des dizaines par jour, et ce n’est pas celui d’une gamine belge qui risque de changer la donne. (lesinrocks.com, 2019)

2015

Le bac en poche, elle s’inscrit en fac de philosophie. Elle aime s’instruire mais son vœu le plus cher est de faire carrière dans la chanson. Ses parents ne cautionnent pas. Ils décident de lui couper les vivres. « ils ont juste essayé d'être les meilleurs parents du monde - ils le sont d'ailleurs, extrêmement intelligents, hors normes, je les adore - mais ils auraient préféré que je fasse médecine, pas d'autre option, moi c'est la musique et c'est le premier gros "non" qu'ils se prenaient, c'était quelque chose... » (afp.fr)

« Mes parents ont réussi en traversant les épreuves de l'immigration, des séparations, de la guerre... tellement de choses dures qu'ils ne comprenaient pas qu'un prix d'excellence en physique et en latin au bac comme moi fasse de la musique son choix exclusif. Ils me disaient : "Mais pourquoi veux-tu faire de la musique ? C'est juste un hobby !" A l'époque, on ne communiquait plus. Mes parents m'ont coupé les vivres, pensant que j'allais revenir. Mais j'étais trop fière. Je me suis retrouvée à la rue. Je leur disais : "Vous verrez un jour..." Et aujourd'hui, ils me disent : "Ok, on a vu." [rires]. » (lexpress.fr, 2020)

Une période sombre débute pour elle. Agressée, mise à la porte, Lous se retrouve à la rue pendant de longs mois sans appeler à l’aide sa famille ou ses plus proches amis. (rtbf.be)

« Je passais des nuits à marcher, à errer, à rôder, à me cacher. Je dormais à même le sol, à Montgomery et à Louise, deux stations du métro de Bruxelles. C'est très dur d'être une femme dans la rue. Je touchais le fond. Mais, tous les jours, je me disais : "Tu ne vivras plus jamais cela." Je gardais au fond de moi cette confiance en ma destinée. Il me manquait juste l'humilité. Je n'osais pas demander de l'aide. Je perdais mes amis. Je ne voyais plus ma famille. J'étais dans une solitude sans nom. » (lexpress.fr, 2020)

Malgré tout elle découvre la générosité indélébile de la rue, chère à son cœur. « J'ai découvert, à la rue, les premières personnes qui ont cru en moi. C'était à Montgomery, il y a des petites bouches d'égout où il y a de la chaleur qui sort. On se mettait tous là entre SDF et tous les soirs, ils me disaient, vas-y chante! Et je n'avais jamais eu ça, je n'avais jamais eu des gens qui me demandaient de chanter sans idée derrière. C'était juste chante !, on aime bien ta voix. Et ça, c'était magnifique. » (Quotidien)

Lous poursuit son rêve malgré le sort qui s’acharne : une nouvelle agression, une nouvelle fois sans toit et une maladie qui la ronge. Elle dort dans un studio de musique et enregistre ses chansons. Elle enchaine les boulots et les allers-retours à l’hôpital. Sa vie est un combat. Son corps lutte. Et son mental ne faiblit pas. Lous se produit. Enregistre tout ce qui lui sort de la bouche et du cœur. En trois ans, elle réalise 7 EP, 52 titres et chante sur des centaines de scènes en Belgique. (rtbf.be)

« Je testais tout, du metal au reggae. Et puis un jour, je me suis réveillée en juin 2017, j’ai décidé de faire mon album, et j’ai fini de l’écrire en juillet 2017. À 80 %. J’ai appelé mes potes, on a formé un "band". On a commencé à se faire connaître à Bruxelles et j’ai pu faire au moins 300 concerts dans des bars ces dernières années. En indé, dans l’underground. » (konbini.com, 2019)

2018

Sa ténacité hors norme attire l’attention de Miguel Fernandez, son éditeur, qui lui décroche un contrat avec le label Columbia France (Sony Music) en juin 2018. (magazineantidote.com)


MUSIQUE

Pseudonyme

Son pseudonyme est un hommage à ceux qui travaillent avec elle dans l’ombre. « Lous, c'est le verlan de "soul". Mes copines de l'internat, quand j'avais 17 ans, me tannaient pour trouver un pseudo. Je faisais de la soul, à l'époque. J'ai rajouté "and the Yakuza" quelques mois plus tard, pour donner du crédit à tous les gens qui travaillaient et qui travaillent avec moi, que ce soit un batteur, un choriste, un producteur, un arrangeur, un régisseur, un maquilleur, un styliste... Je n'aime pas m'approprier le crédit qui ne m'appartient pas. » (lofficiel.com, 2019)

Influences et goûts musicaux

« J'admire énormément les textes de Kate Bush, notamment Babooshka, Wuthering Heights. Mais, au fond, je ne m'identifie à aucun artiste. On me renvoie souvent à Aya Nakamura, par exemple, mais je n'ai rien à voir avec elle. Elle est super belle. Quand elle est arrivée, il n'y avait pas une seule artiste noire de ce genre ! Bravo, mais nous sommes aux antipodes musicalement. Il n'y a pas une once de zouk dans mes morceaux ! On nous compare... juste parce qu'on est noires toutes les deux. » (lexpress.fr, 2020)

« Je ne m’identifie à personne, je me suis toujours suffi à moi-même, et c’est ce qui rend le chemin plus dur. En France, en tant que chanteuse, il n’y a qu’Aya Nakamura pour moi, et je félicite son chemin. C’est extraordinaire ce qu’elle a fait. On écoute tous « Djadja ». Elle a réussi à fédérer un peuple français en étant une femme noire. Après, c’est dans un style festif et il y a moins de discriminations. Je pense que moi, je ferai face à davantage de discriminations parce que je dis des choses qu’on ne veut pas entendre d’une femme noire. Des Noirs en général, on veut entendre : « Vous faites du foot, vous êtes heureux, vous êtes un peu Magic System, vous êtes des guignols ». Mais pour revenir à Aya, ce que je kiffe chez elle, c’est que quoi qu’on lui dise, quand elle arrive sur scène, elle est en mode : « Je suis trop fraîche ». C’est tellement imposant une femme qui se trouve fraîche. On habitue tellement les femmes à ne pas dire qu’elles sont belles. Déjà, la beauté, c’est tellement dérisoire. Je me trouve belle, tu peux me trouver moche, on s’en fout. Mes deux parents étaient médecins et toute notre vie, ma mère a assimilé la notion de beauté à la santé. « Vous êtes en bonne santé, donc vous êtes beaux ». Je n’ai jamais eu de complexes. » (yard.media, 2019)

« J’aime bien Ndongo Lo, un artiste sénégalais. Cesária Évora, Ikue Asazaki, qui est ma chanteuse japonaise préférée. Joe Hisaishi, mon compositeur préféré, lui aussi japonais. James Blake, Mac DeMarco, FKA Twigs, etc. C’est super éclectique. J’adore, Vivaldi, Mozart, que j’écoute très souvent encore. On écoute ça depuis tout petit, on kiffe tous la musique dans notre famille. » (konbini.com, 2019)

En 2016, elle est apparue dans le clip « Bruxelles vie » de Damso. « À la base, il m’avait demandé de faire un featuring avec lui quand il n’était pas connu du tout, alors que je le connaissais ni d’Adam ni d’Ève. Il y a cinq ans, quelques mois avant Batterie faible, on a fait deux, trois morceaux ensemble qui ne sont jamais sortis. Thank God ! Je trouve que je chante super mal dedans. Lui, trop gentil : "Mais non je t’assure que c’est bien !" De toute façon, je veux déjà exister en tant que femme seule, puis faire des featurings avec mes copains. Si ce n’est pas aussi légendaire que Busta Rhymes et Mariah Carey, ça sert à rien. J’aime bien quand, artistiquement, il se passe vraiment un truc. » (konbini.com, 2019)

Composition

« Avant, je composais les accords fondamentaux avec ma voix et un générateur d’accords. C’était très compliqué, il faut être extrêmement juste, mais selon moi, la topline n’est pas dissociable du texte. C’était la seule façon que j’avais de composer. J’ai appris le solfège il y a un an ou deux pour arrêter de me torturer [rires]. Une fois que j’ai fait du piano, tout est devenu plus clair. En fait, la musique, c’est des maths. » (konbini.com, 2019)


PERSONNEL

Force de caractère

Sa force, elle la tient du Mozambique, les origines de son père : « Là-bas on dit souvent : ‘’Si tu veux être cordonnier, sois le meilleur cordonnier du village’’. Ça veut dire que si je veux être chanteuse, il faut que je sois la meilleure chanteuse. » (europe1.fr)

« Je suis née avec la certitude que j'étais une étoile ! Avec une confiance en soi surdimensionnée. Mes parents ne nous ont pas spécialement chouchoutés, mais ma mère était pédiatre et mon père gynécologue, en Afrique. Ils m'ont toujours dit : "Tu es capable !" Nous faisions tous de l'humanitaire dans la famille, dans les villages les plus reculés du Rwanda. J'ai commencé à 15 ans à monter des projets, à récolter des fonds, alors que, à cet âge, tout le monde ne pense qu'à fumer des joints ! Quand j'étais petite, on m'appelait "ka bwa bwa", ça veut dire "l'enfant qui parle beaucoup". Mes parents m'ont toujours poussée vers la curiosité, la créativité. » (lexpress.fr, 2020)

« Enfant, j'étais passionnée par les mangas, le Moyen Age et l'Antiquité. L'esprit de bravoure et d'héroïsme des chevaliers, les textes de Cicéron, avec toujours ce côté "je veux le faire, je vais le faire". J'ai été bercée par cela. » (lexpress.fr, 2020)

Symboles sur son visage

Elle dessine tous les jours sur son visage de mystérieux symboles.

Que représente la marque sur ton front ?
« C’est un bonhomme que j’ai appelé Les mains levées vers le ciel. C’est un mouvement qu’on fait dans la joie extrême et dans la pire lamentation. Et c’est à mon image, le juste milieu est inexistant. Aujourd’hui j’ai pensé à mes deux oncles décédés il y a un an et j’ai dessiné deux larmes. J’ai longtemps mis une seule ligne sur mon visage qui symbolise l’infini. D’habitude, il y a plus de dessins. J’en ai énormément, j’ai un petit carnet où je les crée, mais très souvent, ils existent déjà ! Tous les Marocains me disent que leurs grands-mères font ça sur leur front. Je ne connaissais pas du tout. Il n’y a pas une infinité de signes possibles. C’est comme la fleur de vie qui s’est retrouvée dans plusieurs empires et qui avait une signification différente à chaque fois. » (yard.media, 2019)

« Aujourd'hui, j'ai dessiné des larmes, Dieu, la Croix... Cela change tous les jours. Je les compose avec des crayons, des eyeliners. J'ai toujours aimé dessiner sur mon corps. Mon symbole fétiche, "les mains levées vers le ciel", peut se retrouver un jour au milieu du front, puis sur la main. Je dessine énormément, partout, tout le temps, depuis que je suis petite. Ma mère me disait [imitant une voix grondante] : "Mais tu vas avoir un cancer de la peau !" [rires] » (lexpress.fr, 2020)

Eternelle amoureuse

« Je suis complètement amoureuse de l’amour, de la joie et de tous les sentiments positifs autour. Je vis pour les moments heureux alors qu’ils ne m’inspirent quasiment jamais. Je préfère les vivre profondément qu’y penser et les écrire. Je suis très extrême, même quand je me réfère à la joie, je parle presque d’extase tellement c’est jouissif. Quand je suis heureuse, je le ressens. Je suis le genre de personne à tomber amoureuse 700 fois ! J’aime trop vite. Je suis convaincue que Dieu m’a donné un don, c’est d’aimer, mais trash ! Quand j’étais petite, j’étais amoureuse de six personnes dans ma classe. Je tombais surtout amoureuse des gens qui étaient très timides ou considérés comme les bizarres. J’étais attendrie par les gens qui étaient rejetés. Les gens se demandaient ce que je faisais avec eux mais je me sentais plus à l’aise en leur compagnie. Ce que j’aimais c’est qu’ils ne se travestissaient pas, ils restaient eux-mêmes. Là où moi, j’avais un bon masque. J’étais étrange, obsédée par le Japon, par la culture. J’étais extrêmement disciplinée ». (yard.media)

Sa fascination pour le Japon

« Je suis obsédée à l’idée d’y aller. J’ai déjà fait plusieurs tentatives, mais à chaque fois, je n’ai qu’une semaine de libre. Il faut au moins un mois pour apprécier le voyage ! J’aime bien fantasmer totalement sur quelque chose que je ne connais absolument pas. Je connais toute l’histoire du pays, mais ce sont les principes et la culture qui me transcendent. Ils sont hyper à cheval sur la loyauté, la discipline, l’amitié, l’amour. Même dans les mangas, c’est flagrant. Oui, chez moi, c’est "geekland". J’achète au moins quinze mangas par mois. » (konbini.com, 2019)

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