JOK’AIR

Ses grandes dates

2007 : Il forme le groupe MZ avec Hache-P et Dehmo.

2015 : Ils sortent leur premier album « Affaire de famille ».

2016 : Ils sortent leur deuxième album, « La dictature ».

2017 : Après la séparation du MZ, Jok’Air sort son premier EP solo « Big Daddy Jok ». Rapidement suivi d’un 2ème intitulé « Je suis Big Daddy ».

Actualité

Son premier album « Jok’Rambo » sort aujourd’hui.


BIOGRAPHIE

Jok’Air est né à dans le 19ème arrondissement de Paris. « Je suis né rue Petit, la rue où le crack est le moins cher de Paris. Ensuite j'ai déménagé dans le 13ème dans la cité Chevaleret, tout au sud de Paris sur les bords de Seine collé au 94. J'ai passé toute ma jeunesse là-bas, je suis allé à l'école jusqu'au bac et j'ai vécu la vie d'un jeune de cité. » (shoes-up.com)

« Faire du rap, c'est lié à mon lieu de naissance, à mon évolution. J'habite dans une cité depuis que je suis petit. Gamin quand j'allumais la télé, je voyais des renois qui me ressemblaient. Les mecs étaient trop frais, ils rappaient, je voulais leur ressembler. En grandissant j'ai vu Jay Z, Lil Wayne... et je me suis dit que j'aimerais bien essayer de faire ce qu'ils font. Si j'étais né ailleurs j'aurais peut-être monté un groupe de rock, mais les mecs auxquels je me suis identifié sont des rappeurs noir américains. » (lesinrocks.com)

En 2007, le producteur Davidson, qui vit dans le même immeuble que lui, décide de lui payer des heures de studios ainsi qu'à deux de ses amis : Hache-P et Dehmo. Ils forment alors le groupe MZ, qui signifie Mafia Zeutrei, en référence au 13ème arrondissement de Paris, duquel ils sont originaires.

« Jok’Air, c’est le nom que j’ai adopté lorsque j’étais au collège. Avant je m’appelais Jok’Air AK47 et ensuite je l’ai transformé en Jok’Air par rapport à une marque de baskets que j’affectionnais et que j’affectionne toujours. » (shoes-up.com)

En 2009, ils sortent une première mixtape, « Avant la majorité ». Suivie de deux autres en 2010 et 2012.

En 2012, Zoxea et Melopheelo du groupe "Les sages poètes de la rue" les aident à signer sur le label KDBzik. « On les a rencontrés au 104, dans le 19ème. Zoxea avait une résidence avec un atelier de rap ouvert au public. Pas mal de fans et d'amateurs de rap venaient le voir et Saxo, un pionnier du rap français, nous amené là-bas. C'était en 2009. Davidson, notre manageur, est resté en contact avec Zoxea et Melopheelo pendant trois ans et on a signé avec KDBZik en 2012. Quand j'étais petit, j'allumais ma télé et je regardais des clips de Zoxea sans savoir qu'un jour j'allais travailler avec lui ! Genre Rap musique que j'aime ou On inonde les ondes des Sages Po. » (lesinrocks.com)

En 2013, Booba relaye le clip de leur titre « Aime Cette Musique » sur sa page Facebook. « Booba est la première célébrité à avoir partagé l'une de nos vidéos. C'est vrai qu'à partir de là, il y a beaucoup de médias qui se sont intéressés à nous mais ça n'a pas trop changé notre manière de fonctionner. D'autres rappeurs comme Orelsan ont partagé notre musique et ça a pris de l'ampleur petit à petit. Mais on accorde autant d'importance à l'inconnu qui habite au 36 rue du Faubourg Saint-Martin et qui a aussi publié un de nos clips sur sa page Facebook. L'important c'est que notre musique se propage. » (lesinrocks.com, 2014)

En 2013, ils jouent en première partie des Sages Poètes de la Rue à la Maroquinerie (lesinrocks.com)

En 2014, ils sortent les mixtapes MZ Music vol.3 et vol.4.

Leur notoriété augmente grâce au morceau "Lune de fiel". « Dans le groupe il y a des mecs qui écoutent de la musique nigérienne, d'autres de la pop, parfois de la soul. On se nourrit de cette diversité et ça s'entend dans nos instrus. Par exemple, sur le morceau Lune De Fiel, on a utilisé un sample de Florence and The Machine. On écoute plein de choses différentes et on les recrache dans nos morceaux. On se fait vomir et ça donne MZ. » (lesinrocks.com)

En 2015, ils sortent leur premier album « Affaire de famille ». (itunes.com)

En 2016, ils sortent leur deuxième album « La dictature » sur lequel ils rappent « Les princes » en featuring avec Nekfeu. (itunes.com)

Comment vous décririez votre son à des gens qui ne connaissent pas forcément très bien le rap ?
« Je dirais qu’on fait partie d’une génération qui dans son enfance a entendu les anciens, et qui ensuite a suivi l’évolution du rap jusqu’à aujourd’hui. C’est-à-dire qu’on peut aussi bien rapper sur des beats lents que des beats rapides, et qu’on sait chanter en plus de rapper. Je pense aussi que notre choix d'instrus est plus varié que la moyenne. Après, au niveau des textes, on parle des mêmes choses que les anciens. On s’intéresse aux mêmes sujets qu’Expression Direkt ou 2Pac. On rappe sur les choses qu’on connaît, en gros. Certains ont beau nous trouver plus vulgaires que la old school, pour moi c’est juste une différence d’âge. » (gqmagazine.com, 2016)

2017

Après la séparation du MZ, Jok’Air sort le 24 février son premier EP « Big Daddy Jok », disponible uniquement en streaming.

Sur l’EP « Big Daddy Jok », deux valeurs semblent récurrentes, l’amour et le travail. Est-ce à travers ces deux notions que tu conçois la création artistique aujourd’hui ?
« C’est exactement ça, l’amour et le travail. C’est ce qui me permet de rester debout, ce qui me permet d’avancer. L’amour de mes proches surtout, et l’amour que je peux moi-même donner, tant que je peux en donner. » (abcdrduson.com)

L’idée d’offrir le projet s’inscrit dans cette démarche de don ?
« C’est surtout que je ne pouvais pas, moi, arriver aujourd’hui avec un projet payant, pour le peu de personnes qui me soutiennent, et pour la majorité qui va me découvrir en solo. Il y en a qui me connaissaient sous une autre étiquette, mais aujourd’hui je suis tout nouveau. Je ne pouvais pas arriver comme ça avec un projet payant. » (abcdrduson.com, 2017)

L’amour que tu peux donner dans ta musique est destiné certes aux fans, mais aussi à ta famille, à ta maman, à Davidson, et à tes proches en général.
« Je travaille pour eux, comme eux travaillent pour moi, et ça roule comme ça. C’est surtout pour ma mère, comme disent les cainris, ‘’i give it back’’. L’idée c’est de lui rendre tout ce qu’elle m’a donné, et ça passe par la musique parce que c’est tout ce que je sais faire. »

A la fin de l’aventure MZ et maintenant plus que jamais, tu es sorti d’une image je-m’en-foutiste, pour te diriger vers une étiquette de mec qui cravache, se lève le matin et fournit des efforts quotidiens.
« Je pense qu’avant j’étais un peu plus naif, je me reposais un peu plus sur mes acquis. Je savais que Davidson faisait le boulot derrière et moi j’avais juste à chanter, alors qu’aujourd’hui je préfère vraiment les épauler, lui et Isma, son bras droit. Le jour où j’ai vu toute l’implication qu’ils mettaient pour nous, je me suis dit que je ne pouvais pas rester assis. Donc j’ai commencé à prendre des cours de chant par exemple. »

Par la musique que tu fais actuellement, on entend sans difficulté que tu viens du rap, mais on sent que tu te diriges vers autre chose. Es-tu sûr de ta proposition artistique aujourd’hui ou te sens-tu encore sur une phase de test ?
« Je me dirige vers quelque chose de nouveau, c’est un challenge que je m’impose. Je sais que ça ne va pas être facile pour beaucoup, mais les personnes les plus intelligentes, les plus prêtes musicalement, vont adhérer. Précédemment beaucoup d’artistes ont été dans cet entre-deux. Je pense à Maître Gims, à la Fouine à une époque. Après certains l’ont fait sur un morceau, je pense à ‘’Couleur Ebène’’ de Booba. Au bout d’un moment, tu es obligé de t’ouvrir, c’est le rap à vrai dire. Ça se nourrit de tous ces trucs et je pense que plein d’artistes basculent sans faire exprès vers un autre aspect musical, différent de ce qu’ils ont proposé avant. Il y a aussi Doc Gynéco, c’est le premier, c’est le numéro un dans ce truc. Je pense que toute la France c’est pris ‘’Première consultation’’. Après, moi, j’étais très jeune à l’époque, mais je me souviens de tubes qui passaient à la télé…Et quand quelques années plus tard je me suis penché sur l’album, je me suis dit ‘’Ah oui !’’. Des morceaux comme ‘’Né ici’’ ou bien ‘’Nirvana’’, ce sont des choses que mon père écoutait dans la voiture. C’était tellement ouvert qu’on écoutait ce mec-là sans savoir qu’il faisait partie du Secteur A. C’est fort ! »

Sur le titre « Abdomen » tu cites Oxmo Puccino et K-Reen. Etant jeune, est-ce que les duos de rappeurs et de chanteuses te plaisaient particulièrement ?
« Il y a eu Oxmo et K-Reen, il y a eu Wallen et Shurik’n avec ‘’Celle qui a dit non’’, il y a eu Mystik et K-Reen avec ‘’Le fruit défendu’’… ça me plaisait de fou, il y a aussi eu ‘’Avant de partir’’ de Booba avec Leya Masry, mais le plus gros tube garçon-fille pour moi c’est ‘’Ma destinée’’ de Booba et Kayna Samet ! J’étais en primaire et il faut savoir que c’était un refrain que l’on chantait dans la cour de récré pour foutre la haine aux autres, genre quand t’avais quelque chose : ‘’tu peux pas imiter, sois pas dégoputé !’’ quand on était petit c’était ça. (rires) »

Il a fait appel à une chorale pour « La mélodie des quartiers pauvres ». « C'est mon manager Isma qui a eu l'idée, et ça s’est fait par le biais de son amie Nelly qui fait partie d’une chorale. J’ai trouvé l’idée terrible, surtout que finalement on entend assez peu ce genre de choses en France. La dernière fois que j'ai entendu quelque chose dans cet esprit, c'était Kerry James sur son titre « Banlieusard » mais nous, nous l’avons exploité autrement. Dans les albums précédents, j'avais fait appel à des saxophonistes aussi, j'aime que la musique s'ouvre et je suis ravi de pouvoir amener des choses que je ne pourrais pas apporter seul. » (shoes-up.com)

Ce titre est sans doute le plus fort de l’EP, avais-tu conscience de sa puissance en l’enregistrant ? D’ailleurs des sous-titres en anglais sont intégrés au clip, c’est que vous le pensez exportable ?
« J’en avais conscience avant même de l’enregistrer ! Comme je suis un mec qui n’écrit pas ses textes, ni sur papier ni sur mon téléphone, je les répète H24, je les fais en freestyle à mes proches. Et à chaque fois que je faisais celui-là, les gens étaient choqués par la manière d’interpréter la chose. Pour les sous-titres, le thème peut toucher le monde entier, il y a des quartiers, des barres HLM du même type en Lituanie, en Jamaïque… N’importe quelle personne qui écoute cette chanson, qui vient d’un quartier pauvre ou non, peut se reconnaître. Dans le monde entier. Et ce n’est pas le seul morceau, je crois qu’il y a pas mal de morceaux dont les thèmes sont assez universels, et qui seront sous-titrés. »

Pour le titre « Indépendante », tu as invité la jeune chanteuse Debbie Sparrow, peux-tu nous parler de votre collaboration ?
« Ça aussi c’est un morceau qui sera sous-titré en anglais je pense. On s’est connectés à partir d’un jeu que j’avais organisé sur Internet, où je faisais appel à une chanteuse. J’avais déjà le morceau, et l’idée c’est de mettre mes dires, mais du côté féminin en fait. Ce que je vis, une femme le vit, ce qu’un homme vit, une femme le vit aussi. Donc j’avais besoin d’une voix féminine, j’avais fait un jeu sur Internet, et j’étais tombé sur Debbie qui m’avait envoyé un Snap. Je la connaissais déjà par rapport à des sons qu’un pote m’avait fait écouter, et parmi tout ce que j’avais reçu, je trouvais plus facile de collaborer avec une personne qui avait déjà des bases musicales et pouvait interpréter plus facilement le morceau. On perd moins de temps en studio, puis vu qu’elle a déjà une image qu’elle entretient, c’est plus facile pour un clip. »

Tu disais ne pas écrire tes textes, ça se fait naturellement ?
« C’est grâce à Davidson, vu qu’il payait les heures de studio assez cher on n’avait pas le droit de venir perdre du temps dans la cabine. Lorsqu’on arrivait au studio, tout devait être prêt, il fallait avoir son son en tête. Et moi j’aime bien que l’on n’ait rien à me reprocher, quand j’arrive, je fais le boulot. Ça veut dire que tous les enseignements, tous les conseils qu’il m’a donnés, je les ai appliqués, et naturellement, au bout d’un moment je n’avais plus besoin de papier, j’écrivais mes morceaux dans ma tête, j’arrivais en cabine et on mettait moins de dix minutes à faire un son. »

Et tu n’envisages pas de faire appel à des ghostwritters ?
« Non, franchement je ne crache pas sur les artistes qui en utilisent, mais moi je ne pense pas en avoir besoin aujourd’hui. J’ai encore beaucoup de choses à donner ! Le jour où je n’aurais plus rien, peut-être que je ferai appel à des ghostwritters, mais là j’ai énormément à donner. Et par contre c’est avec plaisir que je peux travailler pour d’autres artistes, je l’ai déjà fait par le passé. »

C’est important pour toi d’allier le chant au rap ?
« C’est très important. Je pense qu’aujourd’hui il y a un certain travail à faire si on veut réussir. Et cela passe par là. C’est relou à dire mais aujourd’hui l’auto-tune ne dégage plus la même émotion qu’au début. La voix naturelle permet de transmettre davantage d’émotions. Avec le chant j’ai voulu apporter une valeur ajoutée à mes sons. D’ailleurs, en ce moment je prends des cours de chant. Je voulais en prendre depuis que je suis petit. J’aime aussi beaucoup regarder les télé-crochets. J’adore The Voice, surtout les auditions à l’aveugle. On peut y découvrir des voix de ouf ! » (twentymagazine.fr)

En juin, il sort un deuxième EP intitulé « Je suis big daddy ». (DP, 2018)

Le 23 septembre jour de son anniversaire, il offre gratuitement un Ep 5 titres "JokPololo" disponible sur toutes les plateformes streaming (avec comme titres phares Hypocrite et C’est pas sérieux). (DP, 2018)

Il participe à l’EP « Tandem » de Madame Monsieur en rappant sur leur titre « Morts ou vifs » avec Ibrahim Maalouf à la trompette. (huffingtonpost.fr)

Il interprète le morceau « La liste » en featuring avec S.Pri Noir. (mcetv.fr)

Tu as fait un featuring avec Madame Monsieur et Ibrahim Maalouf dont l’univers est beaucoup plus pop, en janvier on t’a découvert sur un morceau plus dance avec S. Pri Noir. On a le sentiment que tu élargis au maximum ton univers…
« Je n'ai aucune limite, je refuse de me mettre des barrières. Je fais de la musique pour les gens sans leur demander leur avis. La musique est aussi faite pour éduquer. Beaucoup d’artistes font en sorte de plaire aux gens, sans expérimenter quoi que ce soit. Ils sont plus dans l'optique de suivre un mouvement, c’est ce dont j'ai horreur : quand quelque chose marche et que tout le monde fait la même chose. » (shoes-up.com)
MUSIQUE

Influences et goûts musicaux

« J'écoutais beaucoup de son du sud des Etats-Unis comme Crime Mob, c’était un groupe assez underground à l'époque et, aujourd'hui ça a été repris par Zay Hilfigerrr & Zayion McCall avec le titre “Juju on that beat”. Sinon j'ai beaucoup été influencé par Lil Jon et The East Side Boyz, Bone Thugs N Harmony, 50 Cent aussi, c'est le boss et après 50 Cent vient Drake. » (shoes-up.com)

Avec quels artistes vous avez commencé à vous passionner pour le rap ?
« Moi ça a été Bone Thugs et Dipset. » (gqmagazine.com, 2016)

« J'ai kiffé le retour du Ministère Amer pour fêter les vingt ans de 95200, un album que j'ai écouté après sa sortie. A l'époque c'est mon père qui écoutait du rap. Il était à fond sur le Ministère et le Secteur Ä. En termes de mélodies, de flows et de punchlines ‘’Qu’est-ce qui fait marcher les sages ?’’ des Sages Poètes de la rue, c'est clairement l'album numéro 1 de l'époque. Sinon, depuis tout petit, j'écoute Booba... » (lesinrocks.com)

Qui sont les artistes avec qui tu rêverais de collaborer ?
« J'aime les artistes qui ont une histoire, dernièrement j'ai été touché par Lacrime avec son histoire de cavale. Sinon je dirais Booba car comme pour la plupart des rappeurs de mon âge, c'est l'exemple à suivre. » (shoes-up.com)
« Le rap c’est la meilleure musique au monde pour moi. Je dis que c’est la meilleure parce que j’ai grandi avec elle. Et s’il y a de plus en plus de gens qui grandissent avec et je suis content. On ne devient pas fou en écoutant du rap. Avant au collège les gens avaient des sacs Slipknot et en écoutaient. Aujourd’hui ce sont les rappeurs qui en portent et les collégiens écoutent du rap. Les filles écoutaient du Tokio Hotel, maintenant elles écoutent du Jul, du Nekfeu, du S.Pri Noir, Kalash Criminel... Le rock est mort. Je ne crache pas dessus, je respecte énormément, mais ils n’ont pas su se renouveler. Ils ne sont pas restés dans le rock pur. Ils ont essayé de se mettre à la pop et se sont perdus. » (twentymagazine.fr)

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