Ses grandes dates

Début des années 90 : Naissance à Nairobi (Kenya).

Vers 2010 : Il découvre Bob Dylan dont il devient fan.

2013 : Il déménage à Minneapolis et s’achète une guitare pour mettre une mélodie sur ses textes.

2016 : Il signe chez Verve.

Actualité

Son premier album « Tales of America » est sorti le 15 février.

Il chante d’une voix forte et magnifiquement timbrée toutes les nuances de la mélancolie (comme par exemple dans “Torch Song,”) ou de la passion amoureuse (“Television Girl”). Ondara chante des paroles tristes d’un ton angoissé sur « Saying Goodbye » et laisse beaucoup de place à l’interprétation dans « American Dream », le premier single de l’album. « Je savais que je voulais qu’un morceau de l’album s’appelle ‘American Dream’, mais je n’avais pas ce titre dans mon répertoire. Je n’arrivais pas à le composer. J’ai bien dû écrire une vingtaine de chansons intitulées ‘American Dream’ avant de trouver celle qui est finalement sur l’album. » (DP, 2019)

« ‘’Saying Goodbye’’ est ma première chanson, je dis « au revoir » à mon passé, pas seulement à ma famille, mais aussi aux traditions, à la culture. » (culture-mode.fr, 2019)

« ‘’Telivision girl’’ est plus une chanson d’amour, une chanson mystérieuse où je parle de l’amour comme une illusion. L’amour existe mais tu ne peux pas l’atteindre. C’est un peu comme le rêve américain. » (culture-mode.fr, 2019)

« Cet album est une exposition de mon temps passé en Amérique; une réflexion sur les temps, une recherche de la sagesse et du rêve américain. » (just-music.fr)

Tu es parti d’une centaine de chansons pour concevoir cet album. Comment as-tu fait ton choix ?
« Le titre du disque a orienté le choix de pas mal de chansons pour arriver au résultat final. J’ai toujours su que mon premier disque s’appellerait Tales of America. J’ai enregistré un album avant celui-là que j’ai jeté parce que je ne l’aimais pas à l’époque, et il s’appelait déjà Tales of America. Donc je tiens à ce titre depuis très longtemps — il était là avant que les chansons ne soient composées. En général je n’écris pas avec une idée bien précise en tête, mais quand j’ai pris un peu de recul avec ce que j’avais composé je me suis dit : “Oh, mais il y a une vraie thématique qui court d’une chanson à l’autre et qui pourrait donner son sens et sa cohérence à l’ensemble.” » (DP, 2019)

A l’arrivée ce sont des chansons qui parlent de l’Amérique ou plutôt de ce que c’est que d’être en Amérique ?
« Un peu des deux je crois. Certaines d’entre elles concernent l’Amérique en tant que telle. D’autres évoquent plutôt ce que c’est que de voyager en Amérique. La plupart parlent de ce que c’est que de vivre en Amérique et sont inspirées par ce qui m’est arrivé ici. Je pense que ce que je voulais raconter principalement c’était les grands moments de mon périple de chez moi jusqu’ici afin d’enregistrer mon album. » (DP, 2019)


BIOGRAPHIE

Né à Nairobi dans une famille modeste, J.S.Ondara découvre la musique par le biais de la radio familiale, toujours allumée dans la maison. « Nairobi est un endroit intéressant où grandir. Pour le meilleur et pour le pire. Si je suis aujourd’hui la personne que je suis c’est à la fois grâce et à cause de Nairobi. Là-bas votre environnement était déterminant pour évaluer la situation que vous auriez dans la vie. Dans quelle école vous iriez ; quel type d’opportunités ça vous ouvrirait ; quel genre d’amis vous vous feriez ; dans quel type de réseaux vous vous insèreriez et tout à l’avenant… Très souvent on avait l’impression que les véritables opportunités étaient réservées à un certain type de gens, vivant dans des quartiers très spécifiques et appartenant à des cercles très fermés. Si vous étiez un garçon ‘humble’ comme moi, issu d’une famille peu aisée, vous saviez que vous alliez devoir vous battre toutes griffes dehors pour avoir la chance d’aller de l’avant. A ce stade vous pouviez faire le choix d’attendre que le lait tombe pendant qu’au-dessus de vous certains échangeaient la crème de tasse en tasse. Telle était la situation, faite d’inégalité et de corruption. Mais c’était chez moi, c’était tout ce que je connaissais avec ses défauts et son lustre, je l’aimais profondément — et encore aujourd’hui. Quand nous étions enfants, nous n’avions pas grand-chose, mais toujours de quoi manger et un endroit où dormir chaque soir. Un minuscule poste de radio alimenté par une batterie nous accompagnait constamment. J’étais dingue de musique, j’adorais ça. Je ne pensais qu’à ça. J’adorais le son des guitares poussées à fond. J’aimais la façon dont une voix se modelait pour s’insinuer dans une mélodie. Bien souvent je composais mes propres paroles pour les plaquer sur les mélodies des chansons que j’aimais, car à l’époque je ne parlais ni ne comprenais l’anglais. J’entendais une chanson comme ‘Smells like teen spirit’ et je la transformais dans mon propre charabia pour pouvoir avoir le plaisir de la chanter. ‘Wizelatsa, isedenja, hiwiana, entatena’- telle était mon interprétation approximative de la célèbre chanson. A cette époque j’étais certain que c’était ce que Cobain disait. On raconte que lorsque j’avais environ 7 ans, mes cousins m’ont donné à boire de l’alcool par jeu. Rapidement je suis tombé dans une sorte de stupeur et j’ai commencé à chanter bruyamment et joyeusement. Si on les écoute, c’est à partir de ce jour que j’ai commencé à chanter pour ne plus jamais cesser depuis. » (DP, 2019)

« Malgré mon amour pour la musique, je n’ai jamais envisagé d’en faire mon métier, sinon bien plus tard. A la maison une carrière artistique n’était pas encouragée parce que tout simplement non envisageable. En fait c’était même mal vu. J’étais plutôt destiné à devenir avocat ou médecin — quelque chose d’acceptable dans mon milieu et ma famille. Mais les choses n’allaient pas se passer comme prévues. J’étais littéralement obsédé par la musique. Je me suis mis à écrire des chansons avec frénésie et constance. » (DP, 2019)

« Je chantais partout, dès que je pensais être seul. Sur le chemin de l’école, en allant faire des courses, avant de me coucher ou très tôt le matin… Lentement mais sûrement la musique est devenue ma raison de vivre et une partie importante de mon identité. Pas moyen de l’ignorer. » (DP, 2019)

Il écrit ses premières chansons à l’âge de huit ans. « La première avait pour thème un chiot nommé Ramona. La seconde évoquait Hanah, ma petite copine en cours élémentaire. Je perds le fil ensuite parce je me suis mis à composer très régulièrement à partir de l’école primaire. Les chansons n’étaient pas terribles pour la plupart mais j’ai commencé à m’améliorer à mon arrivée au lycée — du moins c’est que je pensais à l’époque. Mes chansons se sont mises à mettre en scène des personnages avec des thèmes cohérents et progressivement j’ai pris goût à ces chansons et aux histoires qu’elles racontaient. J’ai beaucoup écrit durant cette période, c’était aussi une façon pour moi de supporter l’école. Si je savais que je devais étudier pour un contrôle et que je ne me sentais pas dans un état d’esprit très académique, je me promettais qu’au terme de la révision, je m’octroierais le plaisir d’écrire une chanson. C’était une sorte de jeu avec moi-même qui m’a permis d’exceller dans mes examens. » (DP, 2019)

« Ce n’était pas un problème pour moi cependant ; enfin ça l’était peut-être mais je ne le vivais pas comme ça… J’écrivais en plusieurs fois. Je concevais des mélodies dans ma tête jusqu’à ce que je finisse par les mettre au propre sur papier. Parfois ça n’allait pas jusque-là, elles restaient dans ma tête et finissaient par disparaître et être remplacées par de nouvelles. Parfois je cherchais des musiciens pour m’aider à concevoir des arrangements aux chansons. J’adorais ça. J’adorais les chansons que j’écrivais. La plupart étaient très mauvaises, mais je les aimais profondément — je sentais que j’y exprimais quelque chose de personnel. Je me disais quelque chose du genre, ‘Je n’ai pas grand-chose dans ce monde, rien que je puisse affirmer comme m’appartenant, mais j’ai ces chansons, elles sont à moi’. » (DP, 2019)

« Mon goût pour la musique à ce moment-là était enraciné dans le rock. J’ai passé mon enfance à écouter du rock ; des groupes comme Nirvana, Radiohead, Oasis et Death Cab for Cutie, figuraient parmi mes préférés. Ça se sentait dans ma façon de fabriquer mes chansons qui s’orientait vers des types d’arrangements très rock. Je ne jouais d’aucun instrument à l’époque – non par manque d’intérêt mais simplement parce que je n’y avais pas accès. C’était une question de priorités ; soit ma mère nous achetait à manger soit elle utilisait l’argent du mois pour m’acheter une guitare et me faire prendre des cours. Dans beaucoup de conflits de ce type le rock and roll gagnera au cours de ma vie – mais pas là ! Jouer d’un instrument était associé à l’idée de richesse. Seuls les fils de riches pouvaient s’offrir un tel luxe. Rétrospectivement je trouve ça triste car la musique est un langage qui précisément a le pouvoir de transcender ce genre de frontières. » (DP, 2019)

A l’université, il devient fan de Bob Dylan en découvrant l’album Freewheelin. Il se plonge alors dans l’univers de la musique folk, dans la lignée de Neil Young, Damien Rice ou encore Ray LaMontagne. « Mon parcours musical a rapidement pris un nouveau tour au fur et à mesure que je devenais plus maître de ma voix et de mon écriture. Un moment crucial pour moi s’est déroulé au lycée l’année de mes 17 ans. C’était la mi-mars. Je me souviens précisément de la date parce qu’il y avait des émeutes dans l’une des universités du coin à ce moment-là et qu’un étudiant était mort. Des temps vraiment très difficiles. Mais pour en revenir à ce moment précis, je me suis retrouvé engagé dans une conversation animée avec un camarade de classe. On était devant la grille du lycée, là où les étudiants avaient l’habitude de se retrouver pour manger de la nourriture à emporter, entre les cours. Je ne me souviens plus comment la conversation avait commencé mais très vite après avoir évoqué les émeutes à l’Université on s’est retrouvé à parler de Guns N’ Roses, le groupe de rock. Le type soutenait mordicus l’idée bizarre que la chanson ‘Knockin’ on Heaven’s Door’ n’était pas de Guns N’ Roses mais avait été écrite par un certain Bob Dylan. “Qui ça ?” — J’étais outré. “Je te jure que c’est une chanson de Guns N’ Roses”. J’étais absolument sûr de ce que j’avançais ; mais lui aussi, “Non mec, c’est une chanson d’un chanteur de folk qui s’appelle Bob Dylan” m-a-t-il répondu. Il avait tellement l’air sûr de lui que ça m’a laissé perplexe mais j’ai quand même parié 100 Ksh avec lui que j’avais raison. Finalement j’ai perdu ces 100 shillings et découvert simultanément l’existence de Bob Dylan. Je me suis senti dévoré de curiosité et je me suis plongé dans ‘The Freewheelin’ Bob Dylan’ dès que j’ai pu. Après avoir écouté le disque je me souviens avoir mis du temps à comprendre ce que je venais d’écouter. » (DP, 2019)

« C’était un voyage dans un autre monde. Tant au niveau de l’écriture que du chant je n’avais jamais rien entendu de tel. J’étais décontenancé par la rudesse et le dépouillement de cette musique. Et puis très vite j’ai pris conscience qu’il y avait tout un tas d’autres musiciens, anciens et contemporains, qui s’exprimaient dans cette veine. J’étais avide de découvrir tout ce qui relevait de ce type d’esthétique. Il m’arrivait parfois de faire un détour quand j’allais à l’école et de dépenser l’argent qu’on me donnait pour le déjeuner et le ticket de bus dans un cybercafé pour rechercher ce type de musique. C’est comme ça que j’ai découvert et que je suis tombé amoureux d’auteurs-compositeurs comme Neil Young, Ray Lamontagne, Damien Rice, Ryan Adams et beaucoup d’autres. Au terme de toutes ce périple dans lequel m’a embarqué l’univers, voilà où j’en suis aujourd’hui de mon voyage musical. Mais sachez bien que je suis un nomade animé d’une curiosité insatiable et qu’il m’est impossible de dire où toute cette expédition me mènera. » (DP, 2019)

2013

En 2013, il déménage à Minneapolis et s’achète une guitare pour mettre une mélodie sur ses textes. « Je savais que je ne réussirais pas à jouer de la musique chez moi, au Kenya, pas le genre de musique que je voulais jouer en tout cas. Alors j’ai tenté ma chance en Amérique. J’ai essayé à plusieurs reprises de saisir des opportunités pour venir m’installer ici mais rien ne marchait jusqu’au jour où tout a basculé. Je ne me souviens plus précisément de mon état d’esprit à ce moment-là, si c’était de l’excitation ou de la crainte, ou plus probablement un mélange des deux. Il arrive qu’on désire désespérément quelque chose et que lorsqu’on l’obtient, on tombe dans une sorte d’engourdissement momentané, comme si l’on perdait tous ses repères. Je n’avais aucune idée de ce dans quoi je m’engageais. » (DP, 2019)

« J’allais en Amérique pour poursuivre une carrière dans la musique. C’est déjà en soi une situation pour le moins intimidante ; mais en plus, je n’avais aucune piste tangible, aucun instrument à moi sur lequel jouer — juste un rêve stupide ; un cahier bourré de chansons et un déluge de mélodies ne demandant qu’à sortir de mon cerveau… Rien de bien malin dans tout ça, j’en ai bien conscience ! » (DP, 2019)

« J’avais des membres de ma famille dispersés sur tout le territoire des États-Unis, mais j’ai finalement décidé de m’installer dans le Minnesota, là où avait grandi Bob Dylan. J’étais attiré par cet endroit parce que c’était là que le célèbre chanteur folk s’était métamorphosé en rock- star et en phénomène culturel mondial, j’étais fasciné par ce destin. Alors j’ai décidé d’y aller ; l’aéroport MSP m’attend. » (DP, 2019)

« Je suis arrivé en plein cœur de l’hiver. C’était en février et je pense que je vous mentirais si je vous disais qu’il faisait froid. J’avais déjà eu froid dans ma vie. Au Kenya, entre juin et juillet la température chute de manière drastique ; il fait humide, brumeux et froid. C’était ça le froid pour moi ; mais ce qui se passait à Minneapolis en ce milieu de mois de février quand j’ai atterri, ce n’était pas du froid. C’était un scandale. Je pensais que ce devait être une blague un peu tordue. L’univers avait dû penser que ce serait à mourir de rire de rendre le temps pénible au point de meurtrir la peau pendant la moitié de l’année. Mais pourquoi, grand dieu ? J’étais bouleversé de voir la nature dans un état si erratique durant cette période, mais soudain l’automne est arrivé et tout est devenu tellement beau que je me suis senti revivre. Ça n’a duré qu’un bref moment, parce que je l’ai bien vite appris, l’hiver ici n’est jamais bien loin. » (DP, 2019)

« Si vous faites abstraction de la météo, Minneapolis est un endroit très chaleureux. J’ai du mal à imaginer quel type d’auteur-compositeur je serais devenu si je m’étais installé ailleurs. J’aime cette ville tendrement et je lui dois beaucoup. Quand je suis arrivé, mes objectifs immédiats étaient très différents : je voulais mettre sur pied un orchestre et l’emmener sur la route. Je ne savais jouer d’aucun instrument donc j’avais besoin d’un groupe. A un moment donné j’ai travaillé activement à l’idée de former un groupe de rock avec un chanteur d’opéra. J’avais envie de faire quelque chose de différent, qui surprendrait les gens. Mais ne connaissant personne, ça s’est vite avéré impossible. Voyant que la perspective de former mon propre groupe s’éloignait, j’ai emprunté une vieille guitare Yamaha abandonnée qui traînait dans la maison de ma tante où j’habitais à l’époque à Minneapolis. » (DP, 2019)

« Les premières chansons que j’ai apprises à jouer furent ‘Knockin’ on heaven’s door’, ‘Blowin’ in the Wind’, et ‘Heart of Gold’ — dans cet ordre. Mais je n’ai pas persisté dans ce projet d’apprendre les chansons des autres. Ce que je voulais c’était connaître suffisamment d’accords pour les plaquer sur mes mots et mes mélodies afin de pouvoir m’accompagner seul à la guitare. J’ai commencé à jouer de la guitare plus régulièrement ; Je posais mes doigts partout sur le manche, et j’étais fasciné par les sons qui en sortaient. Je ne connais pas grand-chose à l’harmonie ni dans la théorie musicale, je me contente de batifoler et de temps en temps j’ai la chance de trouver un son qui corresponde à la mélodie que j’ai en tête. Lentement ces chansons ont commencé à s’empiler. A un moment, je me souviens m’être retrouvé assis au sous-sol, chez ma tante, et me dire : ‘Bon, tu te retrouves avec toutes ces chansons, mais qu’est-ce que tu vas en faire ? Qu’est ce qui va se passer maintenant à ton avis ?’ La voix paralysante du doute faisait son œuvre continuellement, mais il n’y avait rien d’autre à faire que persister. Alors le voyage s’est fait de plus en plus tumultueux. J’ai commencé à rechercher des opportunités de présenter mes chansons au public. Je jouais dans des cercles d’auteur-compositeurs, des radio-crochets, ou dans des cafés — partout où je le pouvais. » (DP, 2019)

« Cela a duré un certain temps jusqu‘à ce que ma famille n’intervienne et me demande de m’inscrire à l’école. Deux ans venaient de passer et j’avais très peu avancé dans mes projets musicaux. Deux années ce n’est pas grand-chose pour devenir musicien, surtout quand comme moi on part de rien, mais ma famille s’impatientait. La situation devenait également difficile chez moi au Kenya et j’avais besoin d’un revenu stable pour pouvoir aider. Par conséquent, à contre-coeur je me suis inscrit à l’école pour étudier la musicothérapie, bref quelque chose qui pourrait déboucher sur un métier et être rémunérateur. “Eh bien c’est toujours de la musique” me disais-je pour me réconforter. » (DP, 2019)

« Au bout de deux semestres, un ami m’a invité à un concert. “Tu vas aimer” m’a-t-il dit. C’était un auteur-compositeur originaire de Seattle que je n’avais jamais entendu auparavant et qui s’appelle Noah Gundersen. C’était la première fois que je payais pour aller à un concert. Durant tout le spectacle je me suis senti bombardé par toutes les formes d’émotions. Si je devais le décrire d’une formue je dirais que j’ai vécu ça comme une expérience spirituelle. Je me rappelle quitter la salle et me dire “Au diable tout le reste, c’est ça que je veux faire”. Le lendemain je quittais l’école et je me remettais à fréquenter les salles de concerts. J’étais déterminé, affamé, inspiré… » (DP, 2019)

Il écume les scènes ouvertes et autres cercles de chanteurs amateurs, publie quelques vidéos sur internet et auto-produit son premier EP. « Après avoir mis en ligne quelques reprises sur internet, fréquenté assidument la scène musicale de Minneapolis, j’ai enregistré un EP approximatif à mes propres frais.» (DP, 2019)

2016

Encore une fois, la radio intervient dans son destin : la station locale publique The Current découvre ses chansons et décide d’entrer l’une d’elles dans sa playlist. S’en suit une signature chez Verve en 2016. (gdp.fr)



MUSIQUE

Influences et goûts musicaux

« L’artiste que j’admire le plus est Bob Dylan. Il est une figure majeure de la musique folk et rock. Il est pour moi un modèle, une référence, autant dans la musique que dans la vie. Il a personnalisé les styles musicaux et a mis l’accent sur les traditions de la musique américaine, le gospel, le jazz, la folk, le blues. Neil Young, Jeff Buckley, Van Morrison, sont aussi des modèles. La musique est un vaste domaine où les genres se croisent, comme le rock et la folk. Ces musiciens ont montré cette possibilité de mixer les genres musicaux. » (culture-mode.fr, 2019)


Ecriture/composition

Quand as-tu commencé à apprendre l’anglais ?
« Je l’ai étudié à l’école, alors quand je parle j’ai toujours l’impression d’être en classe. Je ne sais pas si je suis très bon, mais je crois que c’est comme ça quand on apprend une langue qui n’est pas sa langue maternelle, on s’améliore au fur et à mesure. Je pense qu’écouter beaucoup de chansons occidentales et regarder beaucoup de films en V.O. m’a permis d’augmenter mon vocabulaire. » (DP, 2019)

Comment définirais-tu le défi d’écrire des paroles de chansons dans une langue qui n’est pas la sienne ?
« Je pense que j’écris naturellement mes chansons en anglais, parce que les premières chansons dont je suis tombé amoureux étaient en anglais et émanaient de la culture occidentale. Les chansons de Jeff Buckley figurent parmi les premières que j’ai chantées. Je ne comprenais pas forcément ce que je disais. Mais je les chantais parce qu’elles sonnaient formidablement à mes oreilles. Et quand j’ai grandi et commencé à comprendre ce qu’elles disaient je me souviens m’être dit : “Oh alors c’est ça que ça raconte ?!” Ma sœur avait rapporté à la maison un CD qui compilait des chansons de Nirvana, de Pearl Jam, de Jeff Buckley, bref un tas de musique rock et je trouvais ça vraiment cool. Je me souviens encore écouter “Smells Like Teen Spirit” et brailler à tue-tête dans un vrai charabia. » (DP, 2019)

Chanter, écrire des chansons, jouer de la guitare, tu as tout appris tout seul… Tu n’as jamais envisagé de prendre des leçons ?
« Il y a quelque chose de magique dans le fait de s’amuser à chercher seul et de finalement trouver sa propre solution. De tenir sa guitare contre soi, de déplacer ses doigts sur le manche et de se dire “Oh c’est génial, ça ressemble presque à une chanson ce que je viens de faire, à un accord…” Ou d’écrire librement dans son journal et d’agencer soudain une suite de mots qui se mettent à sonner comme le début d’une chanson…J’ai toujours adoré le sentiment que ces moments d’inspiration m’apportaient et j’avoue avoir un peu peur de les perdre si je me mets à apprendre comment écrire une chanson, comment jouer de la guitare ou comment chanter… » (DP, 2019)

Y-a-t-il des choses spécifiques qui t’inspirent particulièrement pour écrire ?
« Absolument tout, vraiment. Ça peut être un film, d’autres disques, une rivière, un lac, le ciel. Tout ce qui m’entoure, sur le moment est source d’inspiration. » (DP, 2019)

DISCOGRAPHIE

2019 : Tales of America

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