INDOCHINE

Taratata
1993 : « Savoure le rouge »
1997 : « Révolution »
2006 : « Alice & June », « Ladyboy », « Rebel rebel » avec El Presidente, “Harry Poppers » avec Didier Wampas
2010 : « Little dolls », « Personal Jesus », « Un ange à ma table » avec Suzanne Combo
2013 : « Mémoria », « 3 nuits par semaine », « Rebellion lies »

Les grandes dates

1981 : Nicola Sirkis et Dominique Nicolas créent Indochine en mai. En septembre, le duo devient trio avec Dimitri Bodianski.

1982 : Stéphane, le frère jumeau de Nicola, rejoint le groupe.

1983 : « L’Aventurier », devient le tube de l’été, avec 700 000 45-tours vendus.

1985 : L’album « 3 », avec les titres « Trois nuits par semaines », « Canary Bay », « 3ème sexe » et « Tes yeux noirs », les impose sur la scène française.

1989 : Départ de Dimitri Bodianski.

1992 : Arrivée du bassiste Marc Eliard.

1994 : Départ de Dominique Nicolas.

1998 : Arrivée du guitariste Boris Jardel.

1999 : Stéphane Sirkis meurt d’une hépatite foudroyante. Quelques mois plus tard, Indochine sort l’album « Danceteria » dont certains arrangements sont signés Oli de Sat. Ce dernier intégrera officiellement le groupe en 2002.

2001 : Arrivée du batteur François Soulier, alias Mr Shoes.

2002 : L’album « Paradize », porté par la chanson « J’ai demandé à la lune », s’écoule à plus de 1 million d’exemplaires.

26 juin 2010 : Premier groupe français à remplir le Stade de France.

2015 : Départ de François Soulier. Remplacé par Ludwig Dahlberg.

2017 : Sortie de « 13 », 13ème album, vendu à plus de 400 000 exemplaires.

Actualité

Indochine célèbre ses 40 ans de carrière avec deux compilations («Singles Collection (2001−2021)» disponible depuis le 28 août (+ de 110 000 ex.vendus) & « Singles Collection (1981-2001) » qui sortira le 11 décembre, un titre inédit « Nos célébrations » et une tournée des stades en 2021 : 29/05 à Bordeaux (complet), 5/06 à Marseille, 19/06 au Stade de France à Paris (complet), 26/06 à Lyon (complet) et 3/07 à Lille (complet)

La tournée des Stades se fera, exceptionnellement en central et se nommera LE CENTRAL TOUR.
Elle aura un visuel unique avec un dispositif qui permettra une proximité, une intimité et une communion inédite avec le public, tout en étant dans un lieu immense et, évidemment comme toujours, avec l'éthique du groupe sur la politique des prix des places les moins chères pour ce genre de concert.
Au vu des évènements que nous traversons actuellement, Indochine va réserver un quota de places par stade pour inviter des personnes dont les professions (soignants, postiers, routiers, etc.) ont aidé le pays à vivre ces derniers mois.

En 2021, une tournée des stades pour les 40 ans est prévue: mais si la pandémie durait ?
NS : « Je ne suis pas inquiet de nature : un oeil sur la guitare, l'autre sur la bagarre (chanson d'Higelin, ndlr). C'est dans un an. Mais on a déjà mis des options sur 2022 au cas où. Jouer pour un public masqué, qui n'a pas le droit se lever, ce n'est pas le but. Ce serait trop ridicule, on veut célébrer 40 ans d'activité, dans la communion. Pour l'instant, on ose, on y croit. »

NS : « La scène sera au centre du public, avec un écran à 360°. Personne ne sera lésé au niveau visibilité ou pour l'écoute. Et pas de carré or, ou VIP, ces trucs tellement abjects ».

Oli de Sat : « On n'a jamais fait une scène centrale. Il va falloir aller voir tout le monde et prendre possession de l'espace encore plus que sur les stades précédents. Il va falloir chercher le public et être encore plus présent même si cet aspect central de la mise en scène va permettre que tout le monde nous voie de la même façon. C'est toujours un challenge mais on ne reste jamais sur nos acquis. Ce seront les concerts des 40 ans, mais on ne va pas s'interdire de jouer autre chose que des singles.»

Vous refusez toujours l'inflation du prix des places ?
NS : « C'est dans notre ADN, on ne veut pas s'enrichir sur les concerts aux dépens du public. On vend beaucoup de disques, c'est une chance. Ca a l'air un peu démago, mais si je pouvais faire des concerts gratuits, je le ferais. Si je gagne au loto par exemple. On vend des produits dérivés, oui, mais cette cagnotte permet d'équilibrer les comptes. »


Singles Collection (2001−2021)

1. J’ai demandé à la lune (Paradize) (M.Furnon)
2. Mao Boy (Paradize) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
3. Le grand secret (Paradize) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
4. Marilyn (Paradize) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
5. Popstitute (Paradize) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard – B.Jardel – M.Eliard – M.Rabaté)
6. Electrastar (Paradize) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
7. Un singe en hiver (Paradize) (J.L Bergheaud)
8. Alice & June (Alice & June) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
9. Ladyboy (Alice & June) (V.Rouzeau - N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
10. Adora (Alice & June) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
11. Pink Water (Alice & June) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
12. Crash me (Alice & June) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
13. Little dolls (La République des Meteors) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard – M.Eliard)
14. Play Boy (La République des Meteors) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
15. Le Lac (La République des Meteors) (N.Sirkis / N.Sirkis – F.Matuszenski)
16. Un ange à ma table (La République des Meteors) (N.Sirkis – S.Combeaud / N.Sirkis – O.Gérard)
17. Le dernier jour (La République des Meteors) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
18. Memoria (Black City Parade) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
19. College Boy (Black City Parade) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
20. Black City Parade (Black City Parade) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
21. Belfast (Black City Parade) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard – M.Eliard)
22. Traffic Girl (Black City Parade) (N.Sirkis – M.Peudupin / N.Sirkis – O.Gérard)
23. La vie est belle (13) (N.Sirkis / M.Furnon)
24. Un été français (13) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)
25. Station 13 (13) (N.Sirkis)
26. Song for a dream (13) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Rebillaud)
27. Karma Girls (13) (JL.Murat / N.Sirkis – O.Gérard)
28. Nos Célébrations (13) (N.Sirkis / N.Sirkis – O.Gérard)

Quelques versions de chansons « petit piano sans voix » ont été ajoutées à la compilation, enregistrées par un fan coréen que Nicola Sirkis a repéré sur Instagram. (lapresse.ca)

Singles Collection (1981-2001)

1.DIZZIDENCE POLITIK
2.L’AVENTURIER
3.MISS PARAMOUNT
4.KAO-BANG
5.CANARY BAY
6.3E SEXE
7.TROIS NUITS PAR SEMAINE
8.TES YEUX NOIRS
9.A L’ASSAUT (DES OMBRES SUR L’O)
10.LES TZARS
11.LA MACHINE A RATTRAPER LE TEMPS
12.LA CHEVAUCHEE DES CHAMPS DE BLE
13.LE BAISER
14.DES FLURS POUR SALINGER
15.PUNISHMENT PARK
16.SAVOURE LE ROUGE
17.UN JOUR DANS NOTRE VIE
18.KISSING MY SONG
19.DRUGSTAR
20.SATELLITE
21.JUSTINE
22.JUSTE TOI ET MOI
23.ATOMIC SKY
24.STEF II

NS : « Ce n’est pas un best of, mais la compilation intégrale de tous les singles que nous avons sortis en 40 ans. Ils y sont tous : au total 53 single éparpillés sur deux albums. Deux tomes, deux fois 20 ans de musique. J’ai trouvé que c’était peut-être le bon moment dans notre discographie d’avoir une Singles collection en plus de nos albums. C’est un peu à l’image des albums « Rouge » et « Bleu » des Beatles qui compilent leurs meilleurs titres de 1962 à 1966 et de 1967 à 1970. Pour beaucoup de personnes les Beatles se résument à cela alors que non, pour moi ce sont aussi les albums Sergeant Pepper, Abbey Road… » (lepetitjournal.com)

Étonnamment, Indochine a préféré sortir la compilation la plus récente en premier, avant celle se concentrant sur les années 80 et 90 du groupe : « Il existe deux best-of sur les années 80 et il n'y a jamais eu de compilation de tous nos singles depuis 2001. Il y a eu vachement de morceaux entre "J'ai demandé à la lune", "Alice & June", "Memoria", "Little Dolls", "La vie est belle" ». (chartsinfrance.fr)

Comment est né le titre inédit « Nos célébrations » ?
NS : « Ce sont des choses que j’ai ressenties. J’ai écrit les paroles en pensant à moi, en pensant à nous, mais au final elles parlent à pas mal de gens et font aussi écho à leur vie. La façon de l’écrire était aussi incroyablement nouvelle, car d’habitude nous nous mettons en session d’écriture pendant des mois et nous accouchons d’une trentaine de titres pour concevoir un album. Là il nous fallait qu’un seul morceau pour accompagner la sortie de nos coffrets « Singles collection ». Un seul titre et une vraie interrogation. Combien de temps allions-nous devoir passer en studio ? Nous avions la pression, car pas question de rater ce morceau. J’étais à Londres à ce moment-là, j’ai fait venir Oli et nous avons travaillé aux studios RAK situés à côté de Regent's Park. Et c’est arrivé très vite, comme un miracle, comme à chaque fois quand il y a une chanson qui naît, les accords s’enchainent, les mélodies voix arrivent spontanément… Pour les paroles, elles sont nées dans l’Eurostar entre Londres et Paris. J’écoutais la musique et tout est venu comme cela, en pensant à ce que j’avais vécu, à ce qu’on pouvait dire à quelqu’un qui a des rêves et qui s’entend répéter que ce n’est pas la peine d’y croire… Mais si l’on y croit vraiment, on y arrive toujours quelque part. Il y a un vrai message d’optimisme dans cette chanson. » (lepetitjournal.com)

Le clip « Nos célébrations » est tout aussi savoureux que la chanson, par quoi a-t-il été inspiré ? Assis dans ce train, que regardez-vous passer ?
NS : « Ce sont quatre décennies qui défilent sous mes yeux. Tout le concept est de montrer qu’en 40 ans nous avons vécu beaucoup de choses et que nous sommes survivants de tout cela. Nous avons traversé beaucoup d’événements sociaux, politiques, musicaux. Ils nous ont aidés, choqués, fait créer ou donné de l’émotion, c’est pour cela que je les ai intégrés dans le paysage, c’est un peu la bande son de notre vie, celle d’Indochine et également de beaucoup de gens. Le train quitte la gare avec une affiche de François Mitterrand sur le quai (Ndlr : le groupe Indochine a été formé en mai 1981, le mois de l’élection du quatrième président de la cinquième république) puis les clins d’œil s’enchaînent : abolition de la peine de mort, chute du mur de Berlin, marée noire, catastrophe nucléaire de Tchernobyl, changements climatiques, attaques terroristes… des morceaux d’Histoire qui m’ont marqués, pour terminer par le Covid-19. A la fin, nous sommes des survivants, même si on nous annonçait morts dès le premier morceau. » (lepetitjournal.com)

Eprouvez-vous une sorte de vertige à fêter 40 ans d’Indochine ?
NS : « Non, mais peut-être que le vertige est dans tout ce qu’on a fait et vécu. C’est totalement irrationnel pour un musicien et un groupe de rock d’avoir 40 ans de carrière, on n’est pas nombreux à le vivre. C’est assez marrant que ça tombe sur nous alors que dès les premiers jours d’Indochine beaucoup disaient qu’on n’allait pas durer. » (sudouest.fr, 2020)

NS : « On a commencé dans l'inconscience la plus totale, on avait à peine 20 ans. On est rentrés directement dans un monde d'adultes, mais le monde d'adultes qui brise un peu les rêves de cette jeunesse. Qui dit : 'Le nom ça ne marchera jamais, ne faites pas cette musique-là, essayez de faire ci...' On ne misait pas cher de notre peau au début". Ni après ! » (bfmtv.com)

Est-ce que vous pensez parfois : «C’est incroyable, c’est moi qui ai créé ce groupe»?
NS : « J’en suis conscient, mais je ne me le dis pas le matin en me levant. J’ai d’autres préoccupations que moi-même, j’ai à gérer les affaires courantes. Mais je devrais peut-être plus penser à moi. C’est Indochine tout le temps, il faut que j’apprenne à couper parfois mon téléphone. »

Qu’est-ce qui fait que le groupe dure depuis si longtemps ? Est-ce la volonté, l’ambition ?
NS : « Il faut être volontaire et y croire. La sincérité et la spontanéité sont importantes aussi. On ne peut pas tricher avec le public. Il y a eu un sondage dernièrement sur les artistes musicaux français les plus populaires. A ma grande surprise, Indochine est arrivé deuxième, après Jean-Jacques Goldman et devant Francis Cabrel. On est tous les trois les plus discrets du paysage musical français… »

Est-ce un effort quotidien pour maintenir le groupe à ce niveau ?
NS : « Oui, c’est même un effort heure par heure quand on est en tournée, je suis un peu le DRH. »

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
NS : « Il y en a énormément, souvent liés à la scène : les concerts dans les stades, ou ceux qu’on a donnés à Lima et à Hanoï. »

Les moins bons moments ?
NS : « La disparition de mon frère, quelques disputes, des tensions avec les maisons de disques. Mais, comme je le dis dans la chanson «Nos célébrations», il ne faut garder que le beau. »

Avez-vous peur du temps qui passe ?
NS : « Ça me soûle, bien sûr, la vie est cruelle. J’aimerais être intemporel, ne pas voir mes enfants grandir ni partir, je préférerais avoir 30 ans pour vivre encore plein de décennies. Mais je regarde plutôt vers le futur, le passé n’est pas un souci pour moi. »

Vous êtes plutôt zen ?
NS : « Ce n’est pas évident, mais j’essaie. Je fais du yoga et de la méditation de temps en temps. Le sport m’aide aussi à évacuer les pressions, qui sont nombreuses. »

Vous faites beaucoup de sport ?
NS : « Au moins une heure ou une heure et demie tous les jours. L’an dernier, j’ai couru le marathon de Genève incognito. »

Etes-vous le même dans votre tête qu’il y a 40 ans ?
NS : « Non. J’ai gagné en sérénité et je suis beaucoup plus mûr. J’ai appris plus de choses en 40 ans qu’en une dizaine de vies : sur plusieurs métiers, sur l’être humain, notamment. J’apprends toujours. Et j’ai le pouvoir de dire non grâce à notre public. »

Indochine ne vieillit pas. Vous avez toujours du succès et vous ne changez guère physiquement.
NS : « L’année dernière, je fêtais mes 60 ans sur scène, l’année prochaine, ce sera les 40 ans du groupe. Il y a quelque chose de magique dans ce qu’on fait. On a une chance folle de vivre ce qu’on vit. Mick Jagger a dit que faire du rock, c’est rester un éternel adolescent. Il n’a pas tort, il faut juste ne pas abuser de ce qui est bon, car c’est très mauvais. Je n’ai pas de plaisir à boire de l’alcool ou à fumer, j’ai du plaisir à faire du sport. »

Vous êtes un éternel adolescent ?
NS : « Je ne suis pas nostalgique de mon enfance ni de mon adolescence. Que je sois resté un peu adolescent, oui, il n’y a qu’à me regarder. Pour l’instant, je ne me trouve pas ridicule, je me sens à ma place. »

Vous avez un état d’esprit jeune ?
NS : « Je ne sais pas, mais je suis libre, c’est ça qui est génial. Si on vit sa passion, on se sent mieux, on n’est pas aigri. J’ai une vie rêvée. »

Vous êtes heureux, donc ?
NS : « Non. Je n’aime pas être heureux parce que je trouve que le bonheur est indécent aujourd’hui. Je ne suis pas tout le temps heureux, même s’il y a des moments de grâce. Mais je suis conscient d’être privilégié, ce qui est déjà un signe de bonheur. J’ai la chance d’avoir réussi avec mes enfants et de vivre ma passion. »

Vous aimeriez continuer longtemps avec Indochine, comme les Stones ?
NS : « Si Dieu nous prête vie, c’est une éventualité qui n’est pas à repousser ! »

A vos débuts, comment voyiez-vous l’avenir d’Indochine ?
NS : « Après notre premier concert, en 1981, ça ne m’aurait même pas paru envisageable d’avoir une carrière de 40 ans. On n’y pensait pas du tout. On était plutôt dans le côté prochain concert, prochain projet. On était inconscients. Il fallait l’être pour se lancer dans un groupe de rock sans avoir la certitude que ça marche. »

Il faut un patron dans un groupe de rock ?
NS : « Des formations comme Depeche Mode, The Cure ou U2 ont eu l’intelligence de comprendre qu’il fallait un leader, d’autres pas, notamment Téléphone, et c’est dommage. Je suis avec les mêmes musiciens depuis 25 ans, ça veut donc dire qu’ils ont aussi cette intelligence. Comme tout le monde, parfois l’un de nous est fatigué et raconte n’importe quoi. On est réunis en tournée, mais on ne part plus en vacances ensemble, on n’est plus ensemble au quotidien, ce qui nous permet de vivre d’autres choses, avec nos familles. Un groupe, c’est toujours compliqué. Se retrouver sur scène, c’est ce qu’il y a de plus magnifique. »

Indochine est un peu comme un de vos enfants ?
NS : « Non. Un enfant, s’il lui arrive malheur, on est touché en plein cœur. Je me battrai toujours pour qu’Indochine existe, mais si Indochine a mal, ce n’est pas très grave. Et on s’en est déjà sortis. »

Indochine, c’est un groupe surprenant à tous points de vue !
NS : « Ce qui est génial, c’est qu’on n’est pas trop largués. A chaque album, quelque chose de nouveau se passe, on surprend toujours. Est-ce qu’on va y arriver après ? Je ne sais pas. C’est une vie en permanence sur les hauteurs, mais il y a aussi des gens qui ne nous aiment pas, ou qu’on lasse. L’important est de ne pas faire le concert ou l’album de trop. J’ai toujours ça en tête. Peut-être qu’on y échappe grâce à l’énergie que je mets ». (cooperation.ch, 2020)

Quand on est en studio et qu’on termine une chanson comme “Trois nuits par semaine” ou “J’ai demandé à la lune”, est-ce qu’on a conscience de ce qu’on a dans les mains ?
NS : « Pas du tout, non. Justement, c’est ça qui fait un peu la magie du truc, parce que sinon ce serait trop facile. On aime bien ce qu’on fait, on se dit “ah putain, c’est pas mal !” on est content de soi, mais on n’a aucune idée de comment les choses vont se passer. Même chose pour “Nos célébrations”, quand on l’a écrit j’étais à Londres, je n’ai absolument pas pensé qu’il allait être n°1 sur toutes les radios cet été. On n’a pas de recette, on rentre dans un studio, on est devant un tableau noir, blanc, on ne sait pas du tout ce qu’on va faire, et des fois ça passe, des fois ça casse… Et c’est assez incroyable, c’est pour ça que cette inconnue-là, elle est toujours valorisante pour la musique, sinon ce serait ridicule. Cette inconnue-là, je l’adore. Elle est terrifiante, mais je l’adore. » (sudouest.fr, 2020)
Vous avez encore des fans de la première heure ?
NS : « Oui, des plus de 50-60 ans, comme moi, et des très jeunes - qui aiment aussi Yungblud, des choses comme ça - qui viennent avec leurs parents fans des années 90. Aujourd'hui, on arrive à réunir toutes les générations. Dire que le rock était l'ennemi des parents ! » (laprovence.com, 2020)

Comment faites-vous pour réunir plusieurs générations ?
NS : « C'est la question la plus difficile. On a un parcours totalement irrationnel. Peu de groupes durent ainsi... En 1994, Dominique Nicolas est parti en disant : « Je ne crois plus dans ce groupe, j'ai honte d'y avoir joué. » Ce fut la période la plus dure. Notre maison de disques venait de nous jeter, tout le monde se foutait de notre gueule, il y avait la parodie des Inconnus (NDLR : la chanson « Isabelle a les yeux bleus »). J'ai dit : « Je crois dans nos chansons, elles sont intemporelles. » Voir aujourd'hui notre public avec des enfants de 10 ans et des parents de 60, réunir toutes les classes sociales, un père et sa fille, ça me conforte dans l'idée que nous avions raison. » (leparisien.fr, 2014)

« Aujourd’hui, ce groupe est respecté. Il n’a peut-être pas été pris au sérieux au début, mais il a touché beaucoup de gens, il les a accompagnés dans des épreuves et des moments de joie, et c’est magnifique. Et ce qui est beau, c’est qu’il continuera, encore. » (lapresse.ca)

Si un nouvel album est prévu pour 2022, il est loin d’être certain que le groupe fêtera ses 50 ans. « C’est pour ça qu’on a décidé de souligner les 40 ans. Il faut être logique. Dans 10 ans, j’aurai 70 ans, est-ce que je serai assez en forme ? » (lapresse.ca)
« Les concerts, c’est le moment le plus magique et libertaire de ce qu’on peut avoir encore sur Terre. Tout est possible et permis, on peut crier, hurler, danser, s’extérioriser comme jamais. » (lapresse.ca)

Depuis le début de leur carrière, ils ont vendu plus de 15 millions d’albums.

BIOGRAPHIE

Nicola Sirkis (chant, guitare, synthés), Boris Jardel (guitare), Oli de Sat (claviers, guitare), Marc Eliard (basse), Ludwig Dahlberg (batterie)

1959

Nicola Sirkis est né le 22 juin 1959 à Antony en région parisienne. Fils d'un couple de chimistes, il a deux frères, son jumeau Stéphane, et un frère aîné, Christophe. (gala.fr)

1961

Au début des années 60, la famille s'installe à Bruxelles où son père est muté. « Mon père a été le premier fonctionnaire français nommé en Belgique à l'époque de l'Europe des Six. Il étudiait les possibilités de réduire le nombre de voitures à essence.» (leparisien.fr)

1972

« Mon père nous avait emmenés voir Woodstock en 1972. Un choc, c'est là que j'ai vu ma première femme nue. J'avais 10 ans et j'ai eu du mal à m'en remettre. Entendre Country Joe and The Fish hurler ‘’Fuck Vietnam’’ fut une révélation. Je me suis dit : ‘’Merde, c'est pas mal d'être adulé par 50 000 hippies et de hurler sa révolte. J'ai envie de faire ça’’.» (lapresse.ca)

1973

Après la séparation de leurs parents, Nicola et ses frères passent deux ans en pension chez les jésuites. « L'un des moments les plus terribles de ma vie. Être là-bas, c'était rentrer en prison. J'ai eu longtemps cette boule au ventre du dimanche à 17 heures où il fallait quitter ma mère. » (leparisien.fr)

1974

En 1974, l'aîné des enfants, Christophe, part vivre avec son père. Les deux cadets, Stéphane et Nicola, reviennent en France avec leur mère à Châtillon, en banlieue parisienne. Ils ont 15 ans. Les jumeaux, comme on les appelle. « On était faux jumeaux. Je n'ai jamais senti ce lien si particulier censé unir les jumeaux. Stéphane, c'était le tombeur, le militant politique d'extrême gauche. Moi, le solitaire. » (leparisien.fr)

Il découvre les albums « Diamond Dogs » de David Bowie et « Horses » de Patti Smith. « Deux artistes m’ont donné envie de faire de la musique : David Bowie et Patti Smith. J’avais 15 ans, et les pochettes de ‘’Diamond Dogs’’ et de ‘’Horses’’ se sont imposées à moi avec une certaine violence. Elles avaient, me semble-t-il, la même force que ‘’La Joconde’’ version Picasso. Ça n’étonnera personne, mais l’ambiguïté sexuelle de Bowie, son côté androgyne me ravissaient. » (madame.lefigaro.fr)

« À l'école, tout le monde écoutait Yes, Genesis, Supertramp ou de la chanson française ringarde. Seul Higelin sortait du lot. Et Patti Smith surgit avec Horses, un album extraordinaire, avec son ambiguïté sexuelle et c'est le choc. Je m'habillais comme elle, j'avais les cheveux longs comme elle, la même écharpe, le petit cheval qu'elle avait sur la veste. » (lapresse.ca)

1976

C’est après avoir vu Patti Smith à l’Elysée-Montmartre qu’il décide de devenir chanteur. « Nous étions huit dans la salle, dont Stephan Eicher et Jean-Louis Aubert, qui, si je me souviens bien, n’avait pas un sou en poche et avait dû passer par les toits. Six mois plus tard, elle jouait au Pavillon de Paris devant quatre mille personnes. Bowie et elle annonçaient le punk. Le rock a beau appliquer les mêmes recettes, il se trouvera toujours quelqu’un pour l’aborder de façon différente, le revisiter, le révolutionner. » (madame.lefigaro.fr, 2012)

« Le rock, ce n’est pas uniquement faire des solos de guitare ou cracher parterre comme les punks, il y a aussi un côté sexuel, hyper énergique et poétique. Patti Smith citait Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé… » (Tribu, 2009)

Après avoir visité quelques lycées parisiens, Nicola se retrouve dans le privé et rate quatre fois son bac ! « Je ne m'intéressais qu'à l'écriture et à la philo, les études ne m'intéressaient plus ! » (xxxindodreamxxx.centerblog.net)

Fin des années 70

Il intègre le groupe de rock, Les Espions. « J’écrivais depuis l’âge de 15 ans, mais je ne savais ni chanter ni jouer de la guitare ou de la basse. Je fréquentais des groupes de rock, j’apportais des micros et c’est comme ça que j’ai intégré les Espions. Ma référence à l’époque, c’était Joe Strummer qui hurlait dans “Rude Boy”. Depuis, j’ai appris à chanter.» (parismatch.com, 2017)

1980

En décembre 1980, il tombe sur une annonce dans Rock&Folk où le groupe Les Espions dit chercher de nouveaux musiciens… « J’étais déjà dans une formation qui s’appelait Les Espions, mais qui battait de l’aile. Et je vois cette annonce : “Merde ! Il y a un autre groupe qui a notre nom. Fait chier.” Je vais passer l’audition le même jour que Dominique Nicolas. A l’époque, personne ne voulait trop de moi parce que je ne savais rien faire. J’avais quand même écrit une chanson nulle qui s’appelait “Jouer sur ton corps”, mais ça ne le faisait pas. Comme Dominique habitait à Châtenay-Malabry et moi à Châtillon, il me ramenait en voiture après les répétitions et me faisait écouter ses propres maquettes. C’est ici qu’a commencé notre amitié. » (parismatch.com, 2020)

1981

Nicola fonde avec Dominique Nicolas le groupe Indochine. Il leur suffit de quatre mois pour composer leurs premiers morceaux. (indo.fr)

Avant d’opter pour Indochine, ils ont hésité entre plusieurs noms : « F.T.P. », « Les Résistants » ou « Saïgon ». (Rock music magazine, 1988)

« Nous devons à Marguerite Duras le nom du groupe : Indochine. J’ai découvert Marguerite Duras, une de mes influences majeures, à l’âge de 17 ans. Elle ressentait les mêmes choses que moi et a vécu en Indochine. Ses livres étaient sensuels, charnels, décadents, avec une puissance poétique. Ça nous correspondait bien au début du groupe en 1981. Mais ça a été chaud. C'est comme si on s'était appelé Algérie française. Un collectif d'anciens paras d'Indochine était révolté parce que nous étions maquillés. Certains profs se plaignaient que l'on connaisse plus l'Indochine par le groupe que par l'Histoire.» (leparisien.fr)

Pour convaincre les maisons de disques, il leur faut se produire sur scène. Pour leur premier concert, ils recrutent Dimitri Bodianski qui commence juste à apprendre le saxophone. Le groupe donne donc son premier concert le 29 septembre 81 au Rose Bonbon, en dessous de l’Olympia. (rfimusique.com)

NS : « Le Rose Bonbon c'était le club rock de Paris, où il fallait se faire remarquer. Le 5 août, je suis incorporé à l’armée, en tant que canonnier dans l’artillerie. Pendant 3 semaines, je vais tout faire pour être libéré. Parce que je ne veux pas rater ce premier concert. Donc, un jour, j’avale certaines substances. Ils mettent trois heures à me réveiller. J'ai invité au concert tous les infirmiers de la caserne qui m'avaient aidé à me faire réformer.» (parismatch.com)

A l’instar du groupe Depeche Mode, Indochine est un groupe sans batteur.
NS : « Je ne savais pas jouer de musique, je ne savais pas chanter et pourtant, on a joué 25 minutes montre en main. Notamment des morceaux forts comme Dizzidence Politik. On sortait du punk, mais nous, on voulait faire du punk dansant, tendance cold wave, faire danser les gens sur des paroles pas débiles. À l'époque, nous étions trois, un peu comme Depeche Mode. On enchaînait les morceaux avec une froideur incroyable. Sans parler, sans dire merci, c'était assez hautain. Mais on a décroché un rappel, une chose rarissime à l'époque. Dix minutes après, les directeurs artistiques de maisons de disques se bousculaient dans nos loges pour nous signer. Ils nous demandaient juste de changer de nom. Indochine, ça ne sonnait pas. » (lapresse.ca)

Ils signent avec une petite maison de disques, Clémence Melody, dirigée par Didier Guinochet. « Il était le seul à ne pas nous avoir demandé de changer de nom ! » (parismatch.com, 2020)

1982

Stéphane, le frère jumeau de Nicola intègre le groupe en 1982
NS : « Je n’étais pas super pour. Je pensais qu’avoir mon frère dans le groupe serait une source de problèmes. Mais je me suis plié à la demande de Dimitri et de Dominique. » (parismatch.com, 2020)

Ils sortent leur premier 45 tours : « Dizzidence Politik ». Un titre particulièrement engagé qui dénonce le communisme soviétique. (lepoint.fr)

Indochine assure les premières parties de Taxi Girl, le groupe phare du moment. Les rappels pleuvent, du jamais vu pour une levée de rideau. Le manager de Taxi Girl, inquiet, les déprogrammera de la scène parisienne craignant que les rôles ne s'inversent. « On est allés en tournée en première partie de Taxi Girl et, comme ça marchait parfois presque mieux que pour eux, on s’est fait éjecter avant le concert prévu à Paris. Mais bon… Tout le monde, en réalité, voulait prendre la place de Téléphone qui étaient les rois du monde. Mais nous, on s’en foutait. » (parismatch.com, 2020)

Ils jouent en première partie de Depeche Mode au Palace. « C’était aussi leurs débuts. Ils étaient au même stade de développement de leur carrière que nous. Ils étaient un peu chahutés, habillés en garçons coiffeurs, avec les cheveux très courts. Ils ont subi les mêmes moqueries que nous, on les traitait de « petits PD » etc. Nous avons fait leur première partie au Palace, c’était très électro… » (lepetitjournal.com)

En novembre, ils sortent leur premier album « L’Aventurier » qui contient notamment la reprise de Jacques Dutronc, « L’opportuniste ». (indochine-world)

1983

Le single « L’Aventurier » devient le tube de l’été 83, avec 700 000 exemplaires vendus. « À l'époque, on était en plein dans le trip Rambo, les héros invincibles... Je suis allé fouiller dans la bibliothèque que j'avais ramenée de Belgique, j'ai trouvé des Bob Morane avec des titres incroyables, qui correspondaient très bien à la musique. Alors, j'ai volé tous les titres de tous les livres qu'Henri Vernes avait écrits, je les ai déplacés, replacés, pour recomposer une histoire. C'était vraiment du second degré ! » (lefigaro.fr)

Comment as-tu vécu le succès de « L’Aventurier » ?
« Je ne l’ai pas vécu ! J’étais parti deux mois en Suède faire un trek avec Marion, ma fiancée de l’époque. Donc je n’étais pas là quand la chanson est sur toutes les ondes. Tant mieux ! C’était une épreuve, déjà je ne voulais pas être le groupe d’un tube. Je me souviens que, le jour de la signature de notre premier contrat, je suis tombé en larmes dans les bras de ma fiancée. Parce que j’avais peur de changer, de devenir fou. Mais dès le lendemain, j’étais actif, je voulais continuer, je savais que ce serait un combat, que chaque succès serait une étape à franchir. » (parismatch.com, 2020)

« L’Aventurier s’est classé derrière ‘’Let’s Dance’’ de David Bowie et ‘’Billie Jean’’, de Michael Jackson. Ce morceau écrit dans l’impatience fait sans doute pâle figure auprès des deux autres. Mais il reste alternatif : les boîtes de nuit ne le passent qu’à minuit, bien après Jackson et Bowie.» (madame.lefigaro.fr, 2012)

En novembre, ils sortent l’album « Le Péril jaune », vendu à 225 000 exemplaires grâce aux singles « Miss Paramount » et « Kao Bang ». (Rock You, 2006)

1985

Ils sortent l’album « 3 » avec « Canary Bay », « Tes yeux noirs », « Trois nuits par semaine » et « 3ème sexe », des textes où Nicola développe un goût pour la sexualité et l’androgynie. « J’ai toujours aimé l’ambivalence, grâce à des artistes comme Bowie ou Patti Smith. Et j’ai toujours aimé le rock, parce que ça parle de sexe, de drogue et de religion.» (parismatch.com)

« 3ème sexe » est une façon pour le groupe de répondre à l’homophobie. « Quand on a commencé le groupe, on nous critiquait beaucoup pour nos tenues, pour notre maquillage. C’étaient tout de suite des réflexions assez homophobes : "C’est qu’un groupe de pédés, etc. C’était pour dire : "Mais en fait, ces gens qui critiquent, ce sont eux qui assimilent quelque chose à une sexualité ou à un genre. Donc la vraie perversité, elle ne vient pas de ce qu’on peut penser, de ce qu’on peut croire, de ce que la société peut croire, mais plutôt de ces gens-là.» (brut.fr)

Lorsque le reste du groupe découvre la chanson, en studio, les réactions fusent. Certains apprécient, d’autres s’interrogent, et quelques membres du groupe, comme la maison de disque, voient ce morceau comme un coming out de la part de Nicola Sirkis… « Notre maison de disque disait que c’était une très mauvaise idée de sortir la chanson ‘3e sexe’ car c’était un titre à connotation homosexuelle et qu’on allait avoir beaucoup moins de public. Alors que c’est une chanson sur la tolérance en général ». (brut.fr)

“3e sexe” devient un hymne à la tolérance sexuelle pour toute une génération. Elle évoque l’homosexualité sans jamais la nommer. « J’ai écrit le morceau en rentrant de Londres où à l’époque tous les garçons étaient maquillés, il y avait un truc assez classe. Le mélange entre les filles et les garçons était intéressant. Je ne m’attendais pas du tout que 40 ans après cela soit encore un hymne et qu’on me le dise tous les jours dans la rue. » (huffingtonpost.fr)

Sur l’album, on retrouve aussi « Canary Bay » racontant l’histoire d’un club lesbien secret de Londres. L’homosexualité, une thématique qui était peu évoquée par les artistes au début des années 1980. « On a tout de suite voulu se démarquer du punk très social et revendicatif. On a voulu proposer autre chose avec des groupes comme ‘Depeche Mode’, ‘The Cure’ ou ‘Japan’ : c’était la new wave. On parlait plus librement de sexe. Il faut être fier de cette génération qui a apporté un peu de sensualité au rock. » (huffingtonpost.fr)

Le disque est connaît un immense succès avec 750 000 exemplaires vendus. La France plonge alors dans une Indomania. « C’est incompréhensible. A Orléans, lors du premier concert complet que l’on donne, je vois plein de gamins en noir et avec la même mèche que moi. Je me demande vraiment qui ils viennent voir. » (parismatch.com, 2020)

Signe de leur triomphe, c'est Serge Gainsbourg qui réalise le clip de « Tes yeux noirs », une ballade rythmée sur le départ d'une fille aimée incarnée par Helena Noguerra. « Ça n'a pas toujours été simple avec le 102, le double pastis 51. Parfois il s'éner¬vait et nous hurlait : Faites-moi bander ! On a beau¬coup moins rigolé en décou¬vrant le clip. Je n'ai toujours pas compris ses méta¬phores sur les tours où nous jouions, le train, les collégiens anglais… » (lepoint.fr)

« Pour moi c’est le plus mauvais clip d’Indochine. Nous avons même failli le mettre directement au panier. Mais il faut bien comprendre l’histoire. J’ai vécu en Belgique pendant 15 ans. Et c’est un peu comme l’Angleterre. Le rock c’est open bar dans les radios. Quand je suis arrivé en France, c’était les 3F : Frédéric François, Claude François et François Valery qui occupaient 90 % de l’espace médiatique. J’ai dû me forger une opinion et me rendre compte qu’il y avait aussi Souchon, Higelin, Renaud, Gainsbourg et Dutronc et là cela me parlait déjà plus. Gainsbourg a toujours été une idole, le plus grand poète français, sans concession, quelqu’un de très touchant. D’ailleurs mon premier 45 tours c’était Poupée de cire, poupée de son. En 1896, le groupe Indochine était celui qui démolissait tout le monde, je me suis dit que ce serait génial d’avoir Gainsbourg. J’avais adoré Je t ‘aime moi non plus, avec Jane Birkin et Joe Dallesandro, un film très underground. Jane avait les cheveux très courts, habillée comme un garçon, pour moi c’était exactement Tes Yeux Noirs. Malheureusement il a fait tout le contraire. La légende dit qu’il a fait ce clip pour l’argent, mais pas du tout. Donc à partir de Tes yeux Noirs, j’ai commencé à prendre en main la vision de mes clips en étant très proche des réalisateurs. Avec Serge Gainsbourg je n’ai pas osé, je l’ai laissé faire. Cela n’enlève rien à l’homme extraordinairement attachant qu’il était. » (lepetitjournal.com)

1986

L'album live du concert au Zénith de Paris (1986) est certifié quadruple disque de platine au Pérou, avec plus de 150 000 ventes : un record pour le pays sud-américain. (lepoint.fr)

1987

Dans le paysage rock, ils prennent peu à peu la place du groupe de rock français Téléphone, qui se sépare en 1986. Pourtant, dès 1987 et leur quatrième album 7000 danses, les ventes baissent et les critiques commencent à fuser, moqueuses. (lepoint.fr)

1990, l’année du déclin

En 1990, ils sortent l’album « Le Baiser » sur lequel ils interprètent notamment « Punishment Park » avec Juliette Binoche. Mais la new wave est en train de passer de mode. On rit maintenant de leurs mélodies synthétiques minimalistes. Et puis il y a ce sketch mémorable des Inconnus : « Isabelle a les yeux bleus ». Cinq petits mots qui les achèveront. (lepoint.fr)

NS : « Du jour au lendemain, nos attachés de presse nous ont dit : ‘’on ne peut plus rien faire, tout le monde se fout de votre gueule à cause du sketch des Inconnus’’. Je ne sais pas pourquoi nous suscitions tant de haine. Peut-être que l’on ne pardonne pas le succès. » (Paris Match, 2005)

NS : « “Le baiser” est numéro un des ventes, mais est mis au pilori par la presse. Nous n’étions plus à la mode, on a assisté aux retournements de vestes de gens qui nous suivaient. De tous ceux qui prétendaient être nos amis et qui, du jour au lendemain, ne nous disaient plus bonjour. Nos “amis” préféraient écouter NTM ou Noir Désir. Si j’ai traversé cette période, c’est parce que j’ai toujours su que nous ne faisions que de la musique, et que cela ne méritait pas tant de haine. » (parismatch.com, 2020)

1992

Le bassiste Marc Eliard rejoint le groupe. (eternel-indo.fr)

Nicola sort un album solo, « Dans la lune ».

1993

Indochine sort l’album « Un jour dans notre vie » qui reçoit un accueil mitigé. (gala.fr)

1994

Dominique Nicolas, compositeur de la plupart des musiques, quitte le groupe. (rfimusique.com)

NS : « Pour moi, il était hors de question d’arrêter Indochine à cause du départ de l’un de ses membres. Et ça a peut-être été notre bénédiction… La maison de disques nous a jeté le contrat à la figure, en nous disant : “Le compositeur de ‘L’aventurier’ n’est plus là, mais on vous garde parce que peut-être la marque est bonne.” Toutes ces années n’ont été qu’humiliation sur humiliation. On jouait à Colmar devant 900 personnes, on en refusait 200, j’envoyais des fax au label, mais tout le monde s’en foutait. Dans cette période, j’ai vraiment vu des gens méchants, des gens qui ne font pas de cadeau. Mais j’ai tenu car la vie m’a toujours plus intéressé… » (parismatch.com, 2020)

1996

Ils sortent l’album « Wax » pour lequel ils abandonnent leurs sonorités synthétiques au profit d’une musique plus axée sur les guitares, entre grunge et brit-pop. (Rock You, 2006)

NS : « En France, il n’y avait plus que les boys bands… Alors qu’en Angleterre Blur, Oasis, Suede redéfinissaient la pop anglaise. Notre disque “Wax” était marqué par ces sons-là, mais on n’intéressait plus personne. Devant chez moi, en revanche, il y avait toujours des gamins de 15 à 20 ans qui m’attendaient, qui adoraient Oasis et qui me disaient aimer aussi Indochine, une nouvelle génération nous appréciait. » (parismatch.com, 2020)

1997

Alors que la sortie de l'album « Wax » est passée inaperçue dans les médias, le « Wax tour » remplit les salles et attire les foules. Plus que jamais Indochine est un groupe de scène. (indo.fr)

NS : « Dans les années 90, nous avons connu une grosse traversée du désert, plus de maison de disques, plus aucune radio ne nous diffusait, les médias nous ignoraient. Mais on continuait à remplir des salles, ça me suffisait. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais songé à jeter l'éponge. » (lapresse.ca)

1998

Le guitariste Boris Jardel rejoint le groupe. (Guitare Xtreme, 2006)

Nicola Sirkis publie un recueil de douze nouvelles intitulé Les Mauvaises Nouvelles. (indo.fr)

1999

Le 27 février 1999, Stéphane meurt à l’âge de 39 ans, d’une hépatite foudroyante. NS : « Avec ma mère et sa femme, on a tout tenté pour le sauver et pour qu’il évite les tentations. C’était un combat permanent, souvent épuisant. On a vraiment cru qu’on y arriverait… » (parismatch.com, 2020)

NS : « Stéphane ne voulait pas s'en sortir. Des dealers qui appelaient directement les studios d'enregistrement. Un moment, tu te dis : C'est ta vie ou c'est la sienne. À l'époque, j'ai vu des psys qui m'ont dit : Pensez à vous. » (leparisien.fr, 2018)

En août, Indochine sort l’album « Dancetaria », produit par Gareth Jones (Depeche Mode, Garbage). (indo.fr)

2000

Le 12 août, un concert Indochine / Placebo est organisé aux Arènes de Nîmes. Une façon pour les deux groupes, qui s'apprécient mutuellement, de se rapprocher encore un peu plus. (indo.fr)

2001

En septembre, ils fêtent discrètement leurs 20 ans d'existence. Pas de grande messe ni de communication à outrance pour cette occasion, Indochine préfère offrir à ses fans des enregistrements inédits à télécharger sur le web. (indo.fr)

François Soulier, alias Mr Shoes, intègre dans le groupe. (Batterie, 2006)

2002, l’année du come-back

Indochine sort l’album « Paradize » qui s’écoule à plus d’1 million d’exemplaires grâce notamment à la chanson « J’ai demandé à la lune », écrite par Mickael Furnon du groupe Mickey 3D. « Quand L’Aventurier est devenu numéro 1 du Top 50, je n’ai pas sauté de joie. Je me suis dit : ‘’On va galérer pour la suite, car il faudra faire un deuxième tube de ce niveau, puis un troisième, etc.’’ Le succès de ‘’J’ai demandé à la lune’’ fut encore plus grand que tout ce qu’on avait connu, car la chanson est transgénérationnelle. Sa réussite vient du texte et de la mélodie, et aussi du fait d’avoir fait chanter cette petite fille. C’est un ovni, encore aujourd’hui. Et elle ne vieillit pas, tout comme L’Aventurier. Enfin, le son de L’Aventurier a vieilli. La dynamique pourrait être meilleure, le son des synthés aussi, et ma façon de chanter est un peu naze. » (tdg.ch, 2017)

« Ce retour en grâce fout un peu le bordel dans le show biz français. Aujourd’hui, dès que je vais à un concert tout le monde vient me voir pour me dire bravo alors qu’avant ils m’évitaient. Cela me fait rire de voir comment le milieu fonctionne. » (France Soir, le 2005)

Sur ce disque, Nicola a convié plusieurs artistes de renom : l’ex-bassiste des Smashing Pumpkins, Melissa Auf Der Maur, Gérard Manset, Jean-Louis Murat, les écrivains Camille Laurens et Ann Scott. Il retrouve ainsi le travail collectif qu'il apprécie tellement. Cela donne une œuvre très rock, version punk, avec un son brut qui signifie sans doute qu'Indochine ne veut pas se laisser aller à la facilité. (rfimusique.com)

En 1999, un fan du groupe, Olivier Gérard, avait envoyé ses remix à Indochine. Pour l'album Dancetaria, Nicola Sirkis avait fait appel à lui pour les arrangements. Et à partir de 2002, Olivier, alias oLi dE SaT, devient membre du groupe et compose avec le chanteur. (ouest-France.com)

NS : « On avait été les premiers à instaurer des questions-réponses sur Minitel, avec le peu de fans qui nous restait dans les années 1990 (rires) et je répondais de chez moi. Et Olivier a fini par envoyer des remixes avec des richesses mélodiques que le groupe ne trouvait pas ! Je l'ai rencontré, testé pour une pochette car il était graphiste, puis comme chauffeur, prompteur. Et après, 'et bien tu vas produire et réaliser des morceaux' (rires). Olivier, c'est une bénédiction, la plus belle rencontre de ma vie. Il est la réponse flagrante aux maisons de disque et aux journalistes qui n'ont pas vu ce qui se passait dans les années 90 : des gens qui écoutaient Nine Inch Nails, Oasis, Blur, toute une nouvelle génération, aimaient aussi Indochine. » (laprovence.com, 2020)

2003

Le 3 juin 2003, Indochine remplit Bercy. (indo.fr)

2005

Enregistré à Bruxelles, Londres et en Normandie, « Alice et June » est le premier album d’Indochine dans sa formation actuelle : Nicola Sirkis au chant, Oli de Sat à la guitare et aux claviers, Boris Jardel à une autre guitare, Marc Eliard à la basse et François Soulier à la batterie. Ce double album est produit par Oli de Sat, coréalisé par Nicola Sirkis, mixé par Dave Bascombe (Depeche Mode), Paul Kandall (Smashing Pumpkins, Nin, Jesus and Mary Chain) et Oli de Sat. (DP)

NS : « On a enregistré aux studios ICP à Bruxelles au mois de mars, avant de retourner au Digital pour terminer le travail. Nous avons aussi enregistré en Normandie, dans le domaine de Luc Besson, où personne ne savait qui nous étions.» (Carrefour savoirs, 2006)

Inspiré de « Alice au Pays des merveilles » de Lewis Carroll, « Alice & June » retrace le parcours de deux jeunes filles dans un univers étrange qui vire quelque fois au cauchemar. Emprunt d'un mal-être tout adolescent, quelque fois au bord du malaise, cet album sombre est aussi très rock. (rfimusique.com)

Sur ce disque, ils interprètent « Pink Water » avec Brian Molko, du groupe Placebo. « Je crois que c’est l’un des plus beaux morceaux que l’on n’ait jamais écrit. Je suis ravi de ce texte quand je dis : ‘’Je ne garderai que des restes de toi’’ ou ‘’ Je ne serais seulement vêtu que de toi.’’ C’est la chanson romantique ultime et violente : ‘’Je partirais et je ne reviendrais jamais.’’ » (rockonemag.com)

Didier Wampas leur a écrit le morceau « Harry Poppers ».

NS : « C’est moi qui lui ai demandé d’écrire une chanson, car, passé son côté loufoque, il écrit des textes vraiment touchants, et ce côté là que je voulais avoir. Finalement, le titre qu’il m’a proposé est tout à fait ‘’Wampassien’’, mais bon… » (Rock Sound, 2006)

2006

Ils refusent de faire la première partie des Rolling Stones à Nice.
NS : « Rien à voir avec les Stones, que je respecte et que j'avais été voir aux Abattoirs de la Villette, en 1976. A l'époque, ça coûtait 42 francs. Mais là, le prix des places était à 160 euros, je ne voulais pas participer à ça. J'ai suffisamment donné mon âme au diable dans ce métier pour ne pas la vendre aujourd'hui. » (musique.sfr.fr, 2009)

A quelques jours du lancement de la nouvelle tournée, Nicola Sirkis évoque le fait que ce pourrait bien être l’ultime. (Le figaro, 2006)

NS : « Ce n’est pas un plan marketing pour faire venir les gens, c’est déjà rempli. Je vais finir cette tournée à 47 ans. Est-ce que j’aurais encore ces envies là à 50 ans ? En même temps, les types de Depeche Mode ont mon âge, comme Robert Smith de Cure, comme ceux de U2…Mais tous ces vieux chanteurs qui font de la musique de jeunes, ça marche encore. » (Le Figaro, 2006)

NS : « Chaque soir, avant de monter sur scène, je me dis que c’est la dernière et que j’en ai marre. Et après le concert, que c’était quand même vachement bien ! Mais, effectivement, je ne me vois pas à 60 ans me faire adorer par des gamins et des gamines. Pour l’instant ça va : je reçois encore des strings à mon âge ! » (Le Parisien, 2006)

2009

Indochine sort l’album « La République des Meteors », qui s’écoule à 350 000 exemplaires. (DP, 2010)

« La République des Météors regroupe toutes nos influences. On m’a demandé, une fois qu’il a été terminé, «Comment pourriez-vous résumer cet album ? ». J’ai répondu : « J’ai l’impression qu’il va être comme un météore, il va arriver et éclater de tous les côtés ». Le seul cahier des charges que j’avais, c’est que je voulais que ce soit un album qui nous bouleverse, que ses mélodies me donnent la chair de poule comme je peux l’avoir en écoutant « You Are My Sister », d’Antony and The Johnsons, « Horses », de Patti Smith, ou « Five Years », de David Bowie... » (cnews.fr)

« La thématique centrale est l’absence. L’idée m’est venue en allant voir l’exposition de Sophie Calle à la Biennale de Venise. J’avais été très touché par sa démarche artistique. Elle a réussi à magnifier quelque chose de totalement privé autour d’une lettre de rupture. » (cnews.fr)

Ils interprètent « Un ange à ma table » en duo avec Suzanne Combo. « Quand elle a fait nos premières parties nous sommes rapidement devenus proches. Et lorsque j’ai commencé à écrire la chanson Un ange à ma table, je l’ai invité et on a travaillé dessus. Ça s’est fait naturellement et à ma grande surprise ça sa voix rendait la chanson beaucoup plus intense. » (suinot.com)

Sur cet album, ils reprennent « Je t’aime tant », un titre d’Elli et Jacno. « Je voulais juste réhabiliter cette chanson d’Elli et Jacno qui avait été un peu oubliée. J’aimais son rythme, sa mélodie. Ça n’a rien à voir avec la nostalgie d’une époque, les 80’s et je ne sais quel ‘’revival’’. » (Rock One, 2009)

La pochette est un patchwork d’influences qui dresse un tableau façon « Sgt Pepper » des Beatles. Parmi les personnages représentés : Staline, Mao, Sid Vicious, Patti Smith, Brigitte Lahaie, Betty Page, Arthur Rimbaud, Jacques Dutronc, Marguerite Duras et Sophie Calle. (VSD, 2009)

NS : « Sid Vicious et Patti Smith sont les symboles de ma génération. Le punk nous a permis de monter des groupes. Quand j’ai vu les Clash sur scène la première fois en 1976, je me suis rendu compte que j’étais capable de prendre ma guitare et d’y aller, sans savoir jouer, sans savoir chanter. J’aurais pu mettre Kurt Cobain ; c’est pour ça que j’ai voulu un bébé en haut à gauche, comme un clin d’œil à la pochette de ‘’Nevermind’’. » (VSD, 2009)

NS : « Pour moi, Dutronc, c'est du rock, parfois même du punk, c'est pas du Renaud... Les classiques de la chanson française, comme Léo Ferré, j'ai toujours eu du mal. Je me souviens m'être ramassé une torgnole de mon père parce que je me bouchais les oreilles quand Brassens passait à la radio... Mon école, c'est Gainsbourg, Dutronc et Higelin. Souchon et Voulzy un peu aussi, parce que Voulzy a une écriture très anglo-saxonne et que j'aime le côté déprimé de Souchon. Bashung, c'est plus récent, ‘’La nuit je mens’’ est une chanson magnifique, mais je n'aimais pas Gaby, ce genre de trucs. Bashung c'est pas de la chanson pour moi, c'est du rock français, du rock en France. » (musique.sfr.fr)

En octobre, le groupe entame la tournée « Meteor Tour ». (indo.fr)

A la sortie de l'album « Alice & June », vous aviez dit assez clairement qu'il n'était pas impossible que la tournée qui allait suivre cet album soit la dernière tournée d'Indochine. Qu'est-ce qui fait que vous reveniez sur scène, que vous fassiez une grosse tournée ?
NS : « C'est l'argent. On a besoin de vivre ! A chaque début de tournée, j'ai énormément d'angoisses. Je ne sais pas si je vais arriver à la finir. Je vois toutes les dates qui s'ajoutent, le nombre de personnes qui vont y être et j'ai l'impression de ne pas pouvoir y faire face, physiquement, moralement... Je me donne toujours une porte de sortie. Mais c'est vrai que la tournée de ‘’Alice & June’’ a été une de nos plus belles. La plus belle qu'on n'est jamais réalisée, de tous les points de vue, avec l'équipe qui nous entourait, les images, le public... Sortant du succès monstrueux de ‘’Paradize’’, on ne s'attendait pas du tout à ça. Ça nous a donné une énergie positive. J'avais dit la même chose au début de la tournée ‘’Paradize’’, qu'on ne ferait peut-être plus de grande tournée comme ça. Finalement, en début de tournée, on part en se disant qu'il va falloir tenir. A la fin, alors qu'on est beaucoup plus fatigués, on a envie d'y retourner tout le temps. C'est comme une drogue. Mais on n'a pas joué depuis deux ans. Ça nous a donné le temps de réfléchir. Sur cette tournée, c'est la première fois que je dis que ça ne sera pas la dernière. C'est plutôt mauvais signe quelque part. (rires) » (sortiraparis.com, 2009)

Comment arrivez-vous à imposer et à maintenir un prix des places si bas ?
NS : « On décide de gagner moins d'argent. Nos équipes techniques sont payées au même prix que celles des autres artistes. Mais on n'est pas là pour s'acheter un yacht de plus. Déjà on n'en a pas. Ce n'est pas le but d'Indochine que de s'enrichir en faisant de la musique. C'est vrai que ceux qui pratiquent un prix des places plus cher, alors que notre production n'est pas du tout au rabais, ont un autre but, un but économique. Nous nous n'avons pas de but économique. Notre premier but est le plaisir. » (sortiraparis.com, 2009)

2010

Le 26 juin 2010, Indochine est le premier groupe de rock français à se produire au Stade de France. « Contrairement à d'autres artistes, je ne rêvais pas de le faire. Cela s'est imposé à un moment où l'on jouait devant des publics de plus en plus nombreux. On s'est dit : ‘’Pourquoi le stade serait réservé à Mylène Farmer ou Johnny Hallyday et pourquoi un petit groupe comme nous ne pourrait pas y jouer ?’’ Je n'avais pas réalisé combien c'est important, y compris pour les gens du métier. Jouer dans ce stade, c'est une sorte de reconnaissance, de fête, d'apothéose. » (leparisien.fr)

Nicola et Oli de Sat ont posé nus pour l'affiche de ce concert.
NS : « Le but quand on s’est mis à poil sur cette affiche n’était pas de choquer. En France, en démocratie, on voulait montrer qu’on allait faire le Stade de France sans artifice. C’est à la scène comme à la ville. On n’a pas besoin d’un concept, de dire que c’est notre dernière tournée, que je vais très mal, que je suis écrasé contre le sol. On voulait dire ‘’Restons simple, et on peut arriver à faire le Stade de France’’.» (ptiblog.net, 2009)

NS : « Cette affiche est une référence artistique à la Factory d'Andy Wahrol à travers une photo de Richard Avedon où Joe d'Alessandro et un trans sont nus, Paul Morrissey et Wahrol habillés. On pourrait dire que c'est racoleur, pour moi c'est rock et cette photo n'a été censurée que par Google Amérique. Nous sommes l'archétype du groupe éphémère qui devait durer une saison. Notre succès est irrationnel mais déontologiquement honnête. Pas de surmédiatisation, pas de concession. Je ne cherche pas à cacher mon âge, j'ai cinquante ans mais j'ai le corps que j'ai. » (lepoint.fr, 2009)

2012

Le groupe fête ses 30 ans en publiant « Paradize + 10 », une nouvelle version de l'album « Paradize », sorti en 2002. (madame.lefigaro.fr)

NS : « Pour nos trente ans, beaucoup de gens me demandaient une intégrale, mais l’idée me déplaisait. Unique rescapé de la formation initiale, je la trouvais même déplacée. Mon frère a disparu à la fin des premières décennies d’Indochine, qu’y a-t-il dès lors à fêter ? Notre notoriété ? Cette indicible chance de pouvoir continuer à vivre de notre passion ? ‘’Paradize’’, neuvième album en studio, a au moins changé nos vies, marqué les esprits et fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. » (madame.lefigaro.fr, 2012)

2013

Ils sortent l’album « Black City Parade », écrit sur un période de deux ans entre Paris, Bruxelles, Berlin, Tokyo et New York, au fil des voyages de Nicola. (chartsinfrance.net)

NS : « C'est l'album le plus optimiste, le plus lumineux d'Indochine, même s'il s'appelle ‘’la parade de la ville noire’’. Il n'y a pas plus injuste qu'une ville, les riches sont confrontés aux pauvres. Ça peut susciter de l'égoïsme, mais c'est aussi peut-être de là que viendra la solution. » (afp.fr)

La chanson « College Boy », qui évoque la difficulté d'assumer son homosexualité chez les jeunes, est illustrée par une vidéo en noir et blanc tournée par Xavier Dolan. Le clip met en scène des adolescents qui font vivre un enfer à un de leurs camarades, du jet de boulettes de papier à son passage à tabac puis sa crucifixion. L'élève est finalement exécuté par balles pendant que des adolescents filment la scène sur leur téléphone portable et que les adultes préfèrent se voiler la face. « La violence du clip n'est pas gratuite. Pour moi, c'est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route. C'est plus éducatif qu'autre chose. Certains gamins se suicident parce qu'ils sont harcelés par d'autres élèves. C'est un point de vue sur une réalité qui existe. »

NS : « Depuis trois quatre ans, on voit la montée des intégrismes et tout le discours moralisateur qui l’accompagne. J’ai rencontré Françoise Laborde, membre du CSA, qui a fait interdire le clip. Je lui ai dit qu’elle avait mal géré ce dossier. Elle m’a fait comprendre qu’elle était d’abord un pilier de cocktail et ensuite qu’elle n’avait pas vu le dossier. Le CSA autorise des choses bien plus violentes et bien plus perturbantes pour les jeunes tous les après-midi ! » (parismatch.com, 2014)

NS : « On a écrit une chanson il y a trente ans, Troisième Sexe, qui parlait déjà de l’intolérance vestimentaire, de la différence et de la bisexualité. On est atterrés qu’elle soit toujours d’actualité. » (humanite.fr)

« Le fond de l'air est rouge », une des chansons de l'album, a été inspirée par les manifestations étudiantes contre la hausse des frais de scolarité qui ont secoué le Québec en 2012. « La réponse du gouvernement a été d'une incroyable violence. Il a voulu interdire les manifestations. Et là, les gens de Montréal sont descendus dans la rue et l'ont fait sauter. Quand les gens trouvent que c'est injuste, ça réagit. » (afp.fr)

Grand amateur de ballets et de danse contemporaine, Nicola Sirkis a consacré une chanson de "Black City Parade" aux "Rêves Dansants", un documentaire sur le travail effectué par Pina Bausch avec des adolescents sorti en 2010. « C'est un film qui donne les larmes aux yeux. Voir ces gens de 16-17 ans se trouver, se nourrir, grandir grâce à la danse... C'est une réussite dans l'art, une réussite dans l'éducation. » (afp.fr)

2014

Les 27 et 28 juin, Indochine se produit au Stade de France, pour deux concerts événements devant plus de 120 000 personnes. En décembre 2014, le groupe achève la tournée Black City Tour, la plus grande tournée de sa carrière qui a rassemblé 800 000 spectateurs. (gala.fr)

Les billets de cette tournée ont été vendus au prix unique de 40 euros. « C'est une question de déontologie. Notre objectif n'est ni de s'enrichir ni de perdre de l'argent. Des concerts chers, ça ne se justifie pas. Avec ce que l'on gagne, je ne me dis pas : « Chouette, je vais pouvoir m'acheter une Maserati », mais : « Je vais pouvoir faire plus de choses artistiquement. » J'ai d'autres sources de revenus, avec les ventes de disques, les diffusions radio, car j'ai la chance d'être auteur-compositeur. Je trouve déjà miraculeux, au bout de tant d’années, de plaire toujours aux gens. La moindre des choses, c'est de respecter le public qui te fait vivre. Et beaucoup de mes collègues devraient réfléchir à la question. On voit tout de suite ceux qui veulent gagner de l'argent en observant la taille de leur scène et de leurs écrans. »

« On fait des économies. Entre deux concerts, on ne passe pas une nuit à l'hôtel mais dans notre tour bus. Ou chacun rentre chez soi si ce n'est pas trop loin de Paris. Pour les longues distances, on prend des avions de ligne et pas des jets privés. Avant, on avait un kiné qui nous suivait. Maintenant, on fait appel à un médecin local si besoin. » (leparisien.fr, 2014)

2015

Ils font une tournée européenne.

François Soulier quitte le groupe. Il est remplacé par Ludwig Dahlberg. (Attachée de presse, 2020)

2017

Ils sortent l’album « 13 », resté dans le Top 20 des meilleures ventes d’albums pendant un an.

Pourquoi sortir encore un album en 2017, après presque quarante ans de carrière et alors que le marché du disque se porte mal ?
« Je me suis posé cette question, effectivement. En arriver au 13e album, c'est un exploit. Qu'il soit attendu comme ça, c'est irrationnel. Après la tournée de 2014, les deux shows au Stade de France, on a vendu 100 000 places pour les concerts de 2018 dès le premier jour ! On a envie de nouvelles choses, de nouvelles histoires. On pourrait se contenter de faire des concerts comme beaucoup de groupes des années 1980. Quand les fans viennent voir Depeche Mode, Cure, ils se foutent des nouveaux morceaux. Nous, c'est le contraire. On est le seul groupe de cette époque qui régénère son public. Son parcours a été chaotique, incroyable. » (leparisien.fr, 2017)

Dans « Song for a dream », Nicola dit «J'aimerais aimer mon père». « Je n'ai plus de nouvelles de lui depuis dix ans. On est dans une famille qui a implosé après la mort de mon frère. » (leparisien.fr, 2017)

Dans « Un été français » il prend position contre l’extrême-droite en chantant : "Pardonne-moi si ici tout devient froid national, un pays infernal, à nous la petite mort. ». « Notre premier morceau s’appelait Dizzidence politik. Cela faisait : "Dissidence politique, hôpital psychiatrique, Staliniste politique". Donc, ce n’est pas une nouveauté. Ce qui est nouveau, c’est que cela colle à l’actualité. Mais c’est une farce politique et poétique, ce texte. Quand j’étais en train de l’écrire, on était au mois de mars 2017, à trois mois des élections. Je me disais : "Mais si ça se trouve, dans trois mois, on risque d’avoir un président d’extrême droite." Et par l’Histoire, on sait ce que ça donne. J’ai déliré là-dessus. » (rfimusique.com)

Dans « Un été français », il évoque le « vendredi noir » du 13 novembre 2015. « Je ne rejouerai jamais au Bataclan. Et même pas assister à un concert. On n'est pas beaucoup à le dire. J'ai trouvé ça ignoble de rouvrir cette salle. On a perdu des gens que l'on connaissait là-bas. Je suis pour en faire un sanctuaire, un monument. Quelques jours après, il y a eu un lobbying des producteurs de spectacles tous réunis en conférence de presse alors qu'ils se détestent tous. Mais là, ils étaient unis pour dire : «Il faut que l'Etat nous aide.» J'ai trouvé ça abject. » (leparisien.fr, 2017)

Dans « Tomboy 1 » en duo avec Kiddy Smile, il chante l’histoire d’une fille qui veut devenir un garçon. Un thème qui le fascine depuis longtemps. « Ado, j’ai été pensionnaire dans un internat de garçons chez les jésuites et j’ai vu pas mal de choses cachées. Notamment cette schizophrénie sexuelle où d’un côté on tapait sur les homosexuels et de l’autre on se retrouvait dans les vestiaires. Je ne l’ai pas vécu personnellement, mais c’est clairement de là que vient mon combat contre les injustices et les carcans d’une société trop étroite. Mais il ne faut pas tout mélanger. J’essaie de parler de ce qui me perturbe, de ce qui me plaît, me déplaît ou me choque, je ne m’apitoie pas sur mon sort. Et si des gens se reconnaissent là-dedans, tant mieux. » (leparisien.fr, 2017)
Dans « Station 13 », il dit : «Tous mes héros sont morts/Ne restent que mes ennemis». « A mon âge, tous les héros qui m'ont nourri, accompagné et forgé ma créativité disparaissent les uns après les autres. Quand j'étais jeune, j'admirais tant Salinger, Bowie, Prince. Le temps passe et c'est parfois triste et angoissant. Quant à mes ennemis, ce ne sont pas seulement ceux qui détestent Indochine. Cela peut être aussi votre voisin de palier qui fait trop de bruit ! Et plus largement les ennemis de la liberté et de la tolérance. Ma colère est grande de voir que nous Européens ne sommes pas capables d'accueillir les réfugiés. » (ladepeche.fr)
Jean-Louis Murat a écrit la chanson « Karma Girls » (ladepeche.fr)
Dans la chanson La vie est belle, dont la musique a été composée par Mickaël Furnon, vous dîtes : "La vie est belle, et cruelle à la fois". Qu’entendez-vous par là ?
NS : « "La vie est belle et cruelle à la fois, elle nous ressemble parfois." Cela veut dire que dans chaque histoire d’amour, il peut y avoir de la cruauté. Mais je commence surtout la chanson par : "Moi, je suis né ici pour n’être qu’avec toi." Ce qui veut dire que, quoi qu’il se passe, il faut que la vie soit belle, ensemble. » (rfimusique.com)

oLi, vous avez composé l’essentiel des musiques de 13. Il y a une fois de plus une influence qui est très présente chez vous, c’est celle des Américains de Nine Inch Nails et de l’indus.
Oli de Sat : « Quand j’écoutais Nine Inch Nails, j’allais toujours aux concerts d’Indochine. Même si c’est un groupe beaucoup plus violent, leur tout premier album ressemble beaucoup à du Depeche Mode, comme pouvait l’être Indochine au début. Avec beaucoup de claviers et des séquences synthétiques. Pour ce disque, Nicola s’est acheté du matériel qu’utilisent les DJs, des MPC, des logiciels, des choses faites pour l’électro. Cela se ressent dans la production et la composition, parce qu’on compose vraiment différemment avec ces machines qu’avec un piano ou une guitare, sur lesquels on plaque des accords. » (rfimusique.fr)

Nicola lance le label KMS Disques. (sonymusic.fr)

2018

Ils font 57 dates à guichets fermés dont 6 Bercy. Sur scène, l'un des shows les plus fous jamais vus, avec sa vertigineuse soucoupe volante de 1 700 m2, dispositif gigantesque d'écrans circulaires suspendus au plafond où sont projetées des images. Tout le monde pensait que c'était impossible. Indochine l'a fait. Ou plutôt Nicola Sirkis, que rien n'arrête.

Oli de Sat : « Il a un état d'esprit guerrier. Quand on lui dit : Ce n'est pas possible de suspendre autant d'écrans au-dessus du public. C'est trop dangereux. Ou qu'on lui dit que proposer des places de concert pas trop chères (NDLR : entre 40 et 45 euros) c'est risqué vu l'énormité du show, il répond : On va trouver une solution. » (leparisien.fr, 2018)

2019

Nicola passe pour la première fois à la réalisation d'un court-métrage avec le clip du morceau « Kimono dans l'ambulance », issu de leur dernier album, « 13 ». Suivant les interventions d'une petite équipe de médecins à bord d'une ambulance lancée dans la nuit, ce clip de 13 minutes jouit d'un cast pour le moins inattendu : Béatrice Dalle, Diane Rouxel et même l'urgentiste Patrick Pelloux. « Depuis toujours l'image et le cinéma me passionnent. C'est une source d'inspiration forte pour moi. Par le passé, j’avais réalisé le clip de More et de Un ange à ma table. J'écris toujours les idées de nos clips mais par manque de temps je fais appel à des réalisateurs. Sur cet album, j'ai réalisé le clip de Gloria avec Asia Argento. Pendant l'enregistrement de Kimono dans l'ambulance, j'avais déjà l'idée d'en faire un petit film avec des images très précises dans ma tête. » (allocine.fr)

NS : « Sur ce film je voulais vraiment mixer la réalité brute avec des acteurs pros et des vrais médecins. Et c'est une chance et un luxe énorme que Béatrice et Diane, qui sont deux actrices incroyables, m'aient suivi sur ce projet. Je connais Béatrice depuis longtemps, elle est souvent venue nous voir en concert et je l'ai vue au théâtre dans Lucrèce Borgia. Elle était belle et forte, un ange noir. J'avais remarqué Diane Rouxel dans La Tête Haute d'Emmanuelle Bercot. Je trouve qu'elle a un regard d'une intensité troublante. Enfin je voulais de véritables gestes d'urgence dans l'ambulance, que cela donne l'impression d'un reportage. Patrick est un ami et il a accepté très gentiment. Les policiers sont de vrais policiers, l'infirmière aussi. Quant à Benoit, le chauffeur de l'ambulance, il s'agit du chanteur du groupe Grand Blanc : il a une gueule comme on dit ! » (allocine.fr)

MUSIQUE

Influences & goûts musicaux

NS : « Mes parents musicaux ont toujours été Patti Smith et David Bowie : une fille qui voulait ressembler à un garçon et un garçon qui voulait devenir une fille. Forcément ça me suit. » (Rolling Stone, 2006)

NS : « Si l’album ‘’Horses’’ de Patti Smith m’a littéralement envoûté, je trouvais également la pochette de ‘’Radio Ethiopia’’, un album plutôt décrié, absolument formidable. Patti Smith, qui, à l’inverse de Bowie, aimait les vêtements d’homme, défendait un rock littéraire ; en d’autres termes, une New-Yorkaise nous parlait d’Arthur Rimbaud. » (madame.lefigaro.fr, 2012)

Oli de Sat : « Je pense que lorsqu'on est mélomane, il y a toujours un ou deux artistes qui vous suivent toute votre vie et vous donnent l’impression que c’est exactement ce que vous vouliez entendre. Pour moi, il s’agit du groupe «Nine Inch Nails». Quand je l’ai écouté pour la première fois, au début des années 90, j’ai eu une révélation. C'est un groupe sans concession, avec un univers graphique très travaillé, et des textes bien écrits, ce qui est plutôt rare dans les paroles anglo-saxonnes (rires). En français, j’aime beaucoup Christophe, Arman Méliès, les textes de Dominique A... Ce qui est curieux en France, c’est qu’il y a beaucoup de talents, mais qu’ils ne sont pas forcément connus du grand public. » (femina.ch, 2017)

Oli de Sat : « Nicola et moi avons des goûts différents, mais on se rejoint sur certains groupes comme les Yeah Yeah Yeahs, The Killers, Smashing Pumpkins, etc. Il m’a fait découvrir The Kills, Antony & The Johnsons, et il veut me faire écouter The Subways. Pour ma part, je lui ai fait connaître Nine Inch Nails ou Curve. » (Rock Mag, 2006)

NS : « On n’a jamais été influencés musicalement par Robert Smith…Quand on écoute ‘’3ème sexe’’ et ‘’Boys don’t cry’’, ça n’a rien à voir. La ressemblance entre Cure et Indochine vient du fait qu’on a démarré en même temps, qu’on a eu le même public et les mêmes influences. Mais tu ne peux pas nous comparer, c’est une insulte pour les fans de The Cure, même si ça n’en est pas une pour les fans d’Indochine, parce qu’ils sont un peu plus tolérants. » (rockonemag.com)

Boris Jardel : « Les premiers albums que j’ai achetés ou volés : " Oldies but goldies " des Beatles, "Crache ton venin’’ de Téléphone, ‘’Powerage’’ d’AC/DC, "Give ' em enough rope des Clash, " Destroyer " de Kiss et ‘’Some Girls’’ des Rolling Stones. » (myspace.com)

NS : « J’aime beaucoup CSS, The Like, The Dresden dolls, Prava, Asyl, Tv on the radio, Yeah Yeah Yeahs et toujours Antony and the Johnsons. » (phil.denizot.free.fr, 2006)

NS : « J'ai beaucoup aimé l'album de MGMT, même si ça m'épate moins sur scène. C'est un peu un retour au vieux rock progressif, mais ce qu'ils dégagent me fait plutôt penser au premier Placebo. Le dernier truc que j'ai acheté c'est White Lies, rien de nouveau devant l'Eternel, mais c'est intéressant. Et toujours Antony and the Johnsons. Côté français, j'aime bien Renan Luce que j'ai vu plusieurs fois sur scène grâce à ma fille. Sinon, je réécoute les premiers Bowie, Joy Division. J'adore Springsteen aussi, j'ai repris jadis une chanson de lui qui s'appelle ‘’Two Faces’’. (musique.sfr.fr, 2009)

NS : « Pendentif, Granville, La Femme... J'aime bien ces groupes, c'est le retour de la mélodie pop. C'est drôle de voir des maisons de disques qui crachaient sur nous, être fébriles sur La Femme, qui ont des synthés, dansent comme nous quand on était jeunes. Les années 80, qui étaient décriées, sont un peu réhabilitées, parce qu'il y avait quand même de sacrés bons groupes dans les années 80. Et je ne me situe pas dans l'histoire ». (afp.fr, 2013)

NS : « Musicalement, je suis ouvert, je peux écouter du Rihanna, du Beyoncé, mais ce n’est pas ma musique. Je suis allé voir One Direction en concert parce que ma fille m’a entraîné avec elle : j’ai vu cinq gamins avec des chansons plutôt pas mal, et 50 000 adolescentes qui pleurent. J’y étais en tant que père mais j’y serais peut-être allé seul, par curiosité. Je reste un enfant de David Bowie, Patti Smith, les Clash.» (tdg.ch, 2017)

Ecriture/composition

De College Boy à Trump le Monde, Nicola Sirkis, écrit des chansons qui collent à l'actualité et qui reflètent les interrogations de la jeunesse.
NS : « On a conscience d’avoir un public assez jeune, entre 15 et 25 ans. Mais je n’écris pas par rapport à eux, j’écris par rapport à ce que j’ai envie.» (rockonemag.com)

Il a toujours milité pour la tolérance sexuelle dès 85 avec « 3ème sexe » dont le titre fait référence à un classique de la littérature française : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir.». « Canary Bay » comme « Alice & June » évoquent le monde lesbien. Plus récemment, « Tomboy 1 » résonne avec le film de Céline Sciamma.

NS : « Chez Indochine, le sexe est un thème récurrent depuis longtemps. J'ai été éduqué avec Patti Smith et David Bowie, deux artistes qui ont joué sur la confusion des sexes. Le rock français a toujours été éloigné de cela. Il y a une perversion dans mes textes parce que j'aime bien le sexe imagé, celui de la peinture ou des films chinois ou japonais. Quand j'étais jeune, lire Marguerite Duras - "L'Homme assis dans le couloir" - m'a fait plus d'effet que regarder un film X. » (Paris Match, 2002)

Sirkis évoque la montée du Front National dans Un été français. Le stalinisme sert de toile de fond à Dizzidence politik. Il aime aussi insérer des enregistrements comme Donald Trump répétant I say we need to build a wall dans Trump le Monde.

Des fleurs pour Salinger est un hommage passionné à l'écrivain américain. À sa sortie, les fans ont dévalisé les librairies de province. Les Années bazar évoque Blaise Cendrars et Man Ray. Savoure le rouge fait référence au sulfureux peintre autrichien Egon Schiele dont Vienne organise une grande rétrospective jusqu'en juin. Station 13 est une ode aux idoles de Sirkis récemment décédées dont David Bowie. (lefigaro.fr)

L’inspiration vous vient facilement ?
« C’est difficile de faire des albums, il y a une pression, il faut qu’on soit à la hauteur. C’est compliqué de se réinventer, c’est pour ça que se cultiver est extrêmement important. » (cooperation.ch, 2020)

« Quand des fans m’écrivent que ce que je chante, c’est ce qu’ils avaient toujours rêvé d’entendre ou de lire, cela me renvoie à la première fois que j’ai lu Duras. Elle écrivait comme j’avais toujours rêvé d’écrire. C’est devenu encore plus fort avec Salinger et “L’attrape-cœur”. Tout à coup, je ne me sentais plus seul. Dans les livres, devant une peinture ou une photo, dans une expo d’art contemporain ou face à un spectacle de danse, je me sens plus riche et j’ai envie de partager cette richesse. Ces influences me permettent encore d’apprendre et, peut-être, de m’améliorer un peu. » (parismatch.com, 2010)

Un groupe de scène

Boris : « Il se passe quelque chose de magique entre Indochine et son public. La majorité de mes potes n’aime pas les disques, mais quand je les invite à un concert, ils en ressortent baffés. » (20 minutes, 2006)

Oli de Sat : « Même quand Indochine n’était plus sur le devant de la scène, les concerts cartonnaient. Il règne toujours une vraie euphorie dans la salle. » (20 minutes, 2006)

Boris : « Notre public est super adorable, hyper fidèle, toujours présent. On n’a pas posé le pied sur la scène que ça gueule déjà. Ils sont déchaînés, qu’on soit au Havre ou à Montpellier. » (DP)

« J’ai toujours essayé de gérer dignement le rapport aux fans. Mais si on commence à se responsabiliser par rapport à eux, on les perd. J’ai relu des lettres reçues depuis quatre décennies, et je me rends compte qu’on a touché des gens à des époques totalement différentes, des classes sociales très variées, mais avec les mêmes fêlures, les mêmes envies, les mêmes rêves. C’est incroyable que j’aie pu porter ça… Même encore aujourd’hui. » (parismatch.com, 2020)

« Mes textes comme la musique que l’on fait parlent aux gens. Je ne sais pas comment cette magie opère… Je crois que ce n’est que la spontanéité qui prévaut, c’est l’inconscience qui nous a toujours portés. C’est pour ça que tous les artistes fabriqués par des stratégies marketing se cassent la gueule très vite. » (parismatch.com, 2020)

Oli de Sat : « Nous vivons tous nos vies normales, sans évoluer dans le circuit des soirées parisiennes et des «afters»… Nous avons tous des vies plutôt calmes. Parfois, c’est étrange, quand on est subitement confronté à un fan qui, en pleurs, demande un autographe : ce changement de monde est particulièrement troublant. Car j’ai un quotidien tout à fait normal, je fais mes courses à Auchan comme tout le monde. On ne se rend pas forcément compte de ce qu’on véhicule. Même quand on compose, Nicola et moi, on travaille dans une petite structure, seuls dans un petit studio. On n’est jamais confronté au succès que le groupe peut engendrer, finalement. » (femina.ch, 2017)

NS : « Indochine est un vieux groupe qui fait de la musique de jeunes, alors que la plupart des musiciens actuels sont des jeunes qui font de la musique de vieux. » (Paris match, 2005)

Indochine suscite autant la ferveur que la détestation.
NS : « J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi il y avait tant de haine, de jalousie, même dans ma propre famille. J’ai la réputation d’être un emmerdeur, mais comme dit Luc Besson : ‘’On est casse-couilles avec les gens qui travaillent mal’’. Les fans ont toujours été là. Indochine leur doit tout. » (Le monde, 2009)

PERSONNEL

Engagement

Etes-vous un groupe engagé ?
NS : « Politiquement, non. On n'a jamais donné de consigne de vote. En revanche, on s'engage sur différentes causes, pour les Philippines où j'ai de la famille après le typhon de 2013, pour les victimes du tsunami au Japon... J'ai accepté de participer à la chanson du band aid contre le virus Ebola et d'assurer une mission d'ambassadeur de la Croix-Rouge en 2015 pour récolter des fonds. » (leparisien.fr, 2014)

En 2008, Indochine a participé à la campagne de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. A cette occasion, le groupe a tourné le clip du single « Spin me Round », (reprise du groupe Dead or Alive) qu'il a vendu au profit de Reporters sans Frontières. (lepost.fr, 2008)

NS : « Sur notre site et nos disques il y a toujours eu des notes sur nos engagements; sur les 50 homosexuels du Caire , sur notre soutien envers Free Tibet, avec Médecins Sans Frontières, en 1989, quand nous nous sommes associés avec des étudiants pour soutenir les étudiants de Tian'amnen etc... Moi je ne suis pas pour le boycott des J.O., mais pour le boycott de la cérémonie, afin de faire prendre conscience de tout ça. » (lepost.fr, 2008)

Nicola a pris ses distances avec l’association Le Refuge, qui défend les homosexuels. « Je la soutenais, mais comme elle a choisi Françoise Laborde comme présidente, l’ex-membre du CSA qui avait interdit le clip de “College Boy”, j’ai pris mes distances. » (parismatch.com, 2017)

Nicola Sirkis

*Eternel adolescent
« Ça ne me gêne pas qu’on me parle du syndrome de Peter Pan. Même si je ne suis pas un adulescent. Je ne regarde pas Casimir ou Ma Sorcière Bien-Aimée, en pleurant ou en mangeant des Haribos. Je suis un artiste et un père de famille responsable. Je n’ai pas la nostalgie de mon enfance. On vous promet que dans le monde adulte, tout sera raisonnable. Tout y est déraisonnable. Tant mieux si des ados se sentent en phase avec ce que j’écris. » (gala.fr)
Vous avez 61 ans, mais vous avez gardé votre allure d'éternel Peter Pan. Le rock, c'est une cure de jouvence ?
« J'ai lu la biographie de Ron Wood. Il a 60 ans, on dirait un gamin, il s'amuse d'un rien, il déconne tout le temps. Tout est dans la tête. Mick Jagger a dit : «Faire du rock permet de rester un adolescent éternel ». Sur ce point, il a raison. Même si on subit des accidents de vie Même si toute l'histoire du rock est jalonnée de types détruits par les drogues. Et puis il y a des survivants. Keith Richards ou Iggy Pop. Personnellement, je n'ai pas fait trop d'abus. Niveau drogue, j'ai tout essayé avec gourmandise entre 17 et 18 ans. J'en suis vite revenu. Mais au-delà du rock, seule la passion conserve. » (lapresse.ca)

*Control Freak

Il est exigeant. Il gère tout : des chansons à la mise en scène, jusqu’à l’emplacement de l’autocollant sur une pochette d’album. (leparisien.fr, 2018)

*Vie privée

Il a été le compagnon de la graphiste Marion Bataille dans les années 80. Il épouse ensuite l'actrice Marie Guillard en 1995. Mais le couple se sépare après quelques années. Il rencontre ensuite la musicienne Gwenaëlle Blast avec laquelle il a une fille, Théa, née en octobre 2001. Le couple se marie en septembre 2003, avant de se séparer en 2009. Il est également le père d'un garçon, Alice-Tom, né en 2009 d'une autre union. En janvier 2016, avec sa nouvelle compagne il a un fils, Jules. (gala.fr)

Sa nièce, Lou, la fille de Stéphane, est musicienne du groupe Toybloïd qui a déjà rejoint Indochine sur scène notamment au Stade de France. Elle lui a fait découvrir Kiddy Smile qui chante sur « Tomboy 1 » sur l’album « 13 » d’Indochine. (leparisien.fr, 2018)

*Divers

En 2011, il a refusé la médaille de chevalier des Arts et des Lettres. « Je n'ai pas la gueule à recevoir des récompenses. Déjà, le remettant (NDLR : Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture) m'énervait et le gouvernement ne me plaisait pas. Les médailles, c'est pour les résistants, comme mon père. » (leparisien.fr, 2014)

Il est titulaire d'un brevet de pilote d'hélicoptère. « On me reproche toujours d'être dans la lune parce que je pense à plein de choses en même temps, mais là, il faut être concentré ! » (kissing.iquebec.com)

Boris Jardel (guitare)

Il est né le 10 novembre 1967 à Paris. (mielina-indofan.skynetblogs.be)

En 1993, il a passé une audition à New York au studio Waterfront pour la tournée de Vanessa Paradis en présence de Lenny Kravitz et Henri Hirsch : Ratée ! (myspace.com)

Il a remplacé Matthieu Chedid au sein du Systeme Sinclair pour la fin du " Sur le Vif " Tour. Il a participé aux albums " Simple mortel " d’Axel Bauer, « Europium », de l’Affaire Louis Trio, « Le Grand Huit », d’Hubert Mounier, « Revolution.com » de No One is Innocent, « Femme d’extérieur » de Maya Barsony… Il a joué sur les tournées " Tour des Anges " de Zazie et " Bliss Tour ", de Vanessa Paradis. (myspace.com)

En 2003, il a enregistré avec Dolly une reprise de « Heart of Glass » de Blondie. (myspace.com)

Oli de Sat (claviers, guitare)

Il est né le 25 septembre 1973 à Nancy. (eternel-indo.fr)

« Je suis entré progressivement dans le groupe, mais pendant 4-5 ans je ne me sentais pas légitime, surtout lorsqu’on jouait des anciens morceaux d’Indochine car je n’étais pas là à l’époque où ces titres ont été écrits. C’était une drôle de sensation, très troublante. Cela a créé un lien entre moi et les fans; je suis un peu comme leur pote, celui qui a réussi à passer de l’autre côté. » (femina.ch, 2017)

Marc Eliard (basse)

Il est né le 30 juin 1958. (pagesperso-orange.fr)

Avant de rejoindre Indochine en 1992, il était bassiste de jazz. Il a notamment collaboré avec Christian Vander de 1982 à 1984 en jouant de la basse sur le single « You » et sur l'album « Merci » de Magma. (pagesperso-orange.fr)

De 1983 à 1986 il a joué avec Jean-Luc Chevalier (qui officiait également dans Magma) au sein du quartet Dromadaire. (pagesperso-orange.fr)

Il a collaboré avec Mano Solo ou encore Guillaume Payen. (pagesperso-orange.fr)


DISCOGRAPHIE

1982 : L'aventurier
1983 : Le Péril jaune
1985 : 3
1987 : 7000 danses
1990 : Le Baiser
1993 : Un jour dans notre vie
1996 : Wax
1999 : Dancetaria
2002 : Paradize
2005 : Alice & June
2009 : La république des meteors
2013 : Black City Parade
2017 : 13

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