Ibrahim Maalouf est né le 5 novembre 1980 à Beyrouth. (liberation.fr)

Sa mère Nada est pianiste ; son grand-père, journaliste ; son oncle Amin, écrivain, membre de l’Académie française. Et son père, Nassim, trompettiste. «J’ai une énorme admiration pour son parcours. Paysan dans la montagne libanaise, il n’a connu que l’école primaire. A 20 ans, il découvre la trompette. La sommité dans le domaine exerce à Paris. C’est Maurice André. Mon père économise pour venir en France, où le maître l’accepte dans sa classe du conservatoire.» (liberation.fr)

Sa famille s’installe en banlieue parisienne quand Ibrahim a quelques mois, laissant derrière elle la guerre civile au Liban. «On m’a raconté mille fois que quand ma mère a accouché une aile de l’hôpital était bombardée.» (liberation.fr)

Chez ses parents, on écoute Radio Orient, on mange libanais et on ne parle qu’en arabe. «La langue française était bannie. Pire encore : ma sœur et moi n’avions pas le droit d’avoir des amis français. Inviter des potes pour jouer à des jeux vidéo, je n’ai jamais vécu ça.» (liberation.fr)

La famille vit modestement et le père consacre une part des revenus du couple (ils enseignent tous les deux, la mère est pianiste) à construire la maison qui, au Liban, accueillera leur retour. Mais la guerre dure dix-sept années. Et l’exil devient définitif. «Quand il se fâchait, mon père s’écriait : "Vous n’êtes plus mes enfants, vous êtes devenus français".» (liberation.fr)

Petit, il apprend à jouer du piccolo, instrument le plus ardu dans la famille des trompettes. «Mon père voulait prouver que cette réputation de difficulté était fausse, et il a choisi un cobaye. Moi.» (liberation.fr)

« Je n’aimais pas le son de la trompette. J’ai étudié l’instrument uniquement pour me rapprocher de mon père. » (leparisien.fr)

A 9 ans, Ibrahim joue sur scène aux côtés de son père. «Un petit singe savant, un phénomène de foire.» (liberation.fr)

Doué pour la trompette, le jeune Ibrahim rêve pourtant d’une autre voie que celle que lui a tracée son père. «Dès le collège, j’étais obsédé par le World Trade Center. Les tours jumelles étaient en poster dans ma chambre, dessinées sur mes cahiers. Je voulais faire les mêmes à Beyrouth puisqu’en toute simplicité je m’étais fixé pour mission de reconstruire ma ville natale.» (liberation.fr)

Après le bac, il tente l’entrée au conservatoire de Paris, se disant qu’il pourrait toujours bifurquer vers l’architecture. A sa grande surprise, il est reçu premier et entre dans le cycle infernal des concours internationaux, ces «championnats du monde de la musique». Il en gagne quelques-uns. «Je vivais une vie d’ermite. Mes camarades allaient boire des coups après les cours, moi je rentrais bosser. Faute d’argent, je bouffais des pâtes, j’ai pris quinze kilos en deux ans.» (liberation.fr)

Le 11 Septembre 2001, quand s’effondrent les Twin Towers, il décide qu’il ne sera pas architecte. Il a 19 ans. Six mois plus tard, il se rend à Ground Zero. La même année, il rencontre Vincent Segal. Le violoncelliste lui ouvre les portes du jazz, de l’impro, du rap et du rock. Il lui présente Matthieu Chédid ou la chanteuse de Montréal Lhasa de Sela, influence majeure. «Grâce à Vincent, j’ai découvert que la musique était autre chose qu’une succession de compétitions. J’ai commencé à composer, à découvrir la liberté.» (liberation.fr)

Il joue sur l’album « Wati », d’Amadou et Mariam, en 2002, puis sur « Qui de nous deux ? » de –M- : « Avec Matthieu, c’est presque chimique. Mon oncle Amin connaissait bien sa grand-mère, la poète Andrée Chedid, nos univers musicaux sont très proches, et nos voix, paraît-il, se ressemblent. » (leparisien.fr, 2014)

En 2007, il sort son premier album « Diaspora ». Ses œuvres, de 6 ou 7 minutes chacune, sont purement instrumentales : les radios généralistes les diffusent assez peu. (leparisien.fr)

En 2011, il sort l’album « Diagnostic ».

En 2012, il sort l’album « Wind ». (liberation.fr)

En 2009, sa compagne donne naissance à leur fille, Lily. (liberation.fr)

En 2013, il sort l’album « Illusions » et est sacré Artiste de l’année aux Victoires du jazz. (liberation.fr)

En 2014, il sort l’album « Au pays d’Alice » et assure la direction musicale de l’album « Funambule » de Grand Corps Malade. (leparisien.fr)

En 2014, il reçoit une Victoire dans la catégorie «musique du monde». « Il s’agit d’une belle distinction pour les instrumentistes, rarement consacrés. Je me souviens ainsi de mes débuts, où je jouais parfois devant des parterres déserts. Aujourd’hui, je me produis avec fierté dans des salles combles ! » (rfimusique.com)

En 2015, il est nommé au César de la bande originale pour « Yves Saint Laurent » de Jalil Lespert. (academie-cinema.org)

Depuis dix ans, des pointures comme Sting, Vanessa Paradis, Arthur H ou Vincent Delerm s’arrachent ses talents. Il pose sa trompette sur leurs albums, joue avec eux sur scène. (leparisien.fr, 2014)

Il n’a plus de contact avec son père. (leparisien.fr, 2014)

Il a co-écrit, produit et arrangé l’album « Myriad Road » de Natacha Atlas sorti en novembre 2015.


Il a composé la BO du film « La vache » de Mohamed Hamidi en salles depuis le 17 février 2016. (ibrahimmaalouf.com)

Retrouvez Ibrahim Maalouf :