Lisa-Kaindé et Naomi Diaz, 20 ans, sont jumelles. (next.liberation.fr, 2015)

Nées à Paris, elles sont vénézuéliennes par leur mère et cubaines par leur père. (next.liberation.fr, 2015)

Leur père, Anga Diaz, décédé en 2006, était percussionniste. Il a joué dans le groupe cubain Irakere avec Chucho Valdés, puis avec Herbie Hancock, Roy Hargrove, le Buena Vista Social Club ou Cachaíto López. (lesinrocks.com, 2015)

Leur mère est une ancienne attachée de presse dans la musique, et même un temps manageuse du père de ses filles. « On dit que notre mère est une musicienne sans instrument, elle a une très bonne oreille. On a toujours vécu avec de la musique, c’était la joie. Maman ne jouait pas à la poupée avec nous, mais elle mettait la musique et dansait. » (lesinrocks.com, 2015)

Naomi : « Nos parents se sont séparés quand on avait 2 ans et demi, mais en restant amis et en se voyant beaucoup. Petites, on allait tout le temps à des concerts, il y a une photo où on nous voit à un concert de notre père, dans une poussette. » (lesinrocks.com, 2015)

Naomi : « On a vécu deux ans et demi à Cuba avant de revenir en France, et on y retourne tous les ans. On n’a pas beaucoup vécu avec notre père et il nous a manqué, mais on n’a jamais douté de son amour. A chaque fois qu’on se voyait, ce n’était que de l’amour. » (lesinrocks.com, 2015)

Lisa-Kaindé : « On a étudié la musique pendant une dizaine d’années, le piano pour moi et les percussions classiques pour Naomi. Notre mère y tenait, elle était convaincue que ça allait faire de nous des personnes plus heureuses. Et elle avait raison. Moi, la musique m’a sauvée de la solitude. Au collège, j’étais assez invisible, on m’invitait aux soirées, mais limite sans savoir comment je m’appelais. Je n’étais pas intéressante. Et quand j’ai commencé à chanter, je suis devenue Lisa la chanteuse, ‘Ah ! tu chantes, tu fais quoi ?’ Les gens sont venus vers moi grâce à ça. » (lesinrocks.com, 2015)

Naomi : « Moi, ça m’a sauvée parce que je n’étais pas bonne à l’école. J’en ai eu ras le bol, à un moment j’ai arrêté le conservatoire et le lycée. Je ne savais plus quoi faire, je ne faisais rien, et c’est là qu’on a lancé Ibeyi. Donc oui, la musique m’a sauvée. » (lesinrocks.com, 2015)

Lisa-Kaindé : « On a constitué notre duo très tard, il n’existe que depuis deux ou trois ans. Je me suis lancé en solo, Naomi est arrivée après. C’est d’abord grâce à Raul Paz que je me suis lancé sérieusement dans la musique. En fait maman est très amie avec lui, ils ont même travaillé ensemble. Donc un jour nous sommes allées dans une fête hors de Paris dans laquelle il y’avait beaucoup d’amis de la communauté cubaine dont Raul Paz qu’on connaissait déjà ma sœur et moi. Comme tout le monde jouait et chantait une chanson pour se marrer, je me suis mise au piano pour faire un morceau qui a apparemment plu à Raul Paz puis qu’il est venu me voir à la fin et m’a dit qu’il allait très prochainement jouer sur la scène du Bataclan et qu’il voudrait que je joue un morceau. Je me souviens que je suis allée voir ma mère pour le lui dire. Elle m’a répondu très lucide : « Oui c’est super mais tu sais des fois, les artistes disent des choses les oublient, ne t’enflamme pas. Si tu le fais c’est génial, sinon ce sera pour une autre fois… ». Quelques temps après il m’a appelé pour me dire qu’il n’avait pas oublié et qu’il fallait que je me prépare parce que j’allais vraiment participer à son concert. Il m’a fait un beau cadeau puisque je suis montée sur la scène du Bataclan au milieu du concert là où la tension est au max et le son est en total up tempo, il m’a fait venir en disant de supers belles choses sur mon papa qui m’ont touchées d’ailleurs. Cette fois-là, je suis montée sur scène juste pour moi, pour le délire de jouer à la chanteuse puisqu’à cette époque j’avais surtout le désir de devenir professeur de musique. L’envie d’être une artiste est arrivée très tard, elle est survenue quand je me suis retrouvée au studio pour enregistrer notre EP. C’est là d’ailleurs que Naomi est arrivée. » (iggymagazine.com, 2015)

Naomi : « Exactement ! C’est après ce concert de Lisa avec Raul Paz que les choses ont commencé à devenir sérieuses, ils commençaient à parler de sortir un EP etc…J’ai dit à Lisa « tu ne vas pas faire ça sans moi ! ». Elle m’a dit « Sûrement pas ! », dès lors on a formé le duo et on a choisi le nom du groupe. Dans Ibeyi je joue aux percussions et je fais les backs vocaux. Quant à Lisa, elle chante et joue du piano. » (iggymagazine.com, 2015)

Les premiers petits concerts se présentent. Des vidéos commencent à tourner, et l’une d’elles parvient aux oreilles de Richard Russell, le patron du puissant label anglais XL (White Stripes, Prodigy…), qui vient les voir sur scène à Paris, les signe et décide de produire leur premier album. (lesinrocks.com, 2015)

« On est devenues un groupe sans s’en rendre compte. C’est allé très vite, parce qu’on a rencontré les bonnes personnes au bon moment. On a inauguré le nouveau studio de Richard Russell, et l’enregistrement fut un pur bonheur. On a pleuré, on a ri, on a dansé et on s’est rarement aussi peu engueulées. Richard a tout de suite compris ce qu’on voulait : un truc à la fois intimiste et organique, juste nous deux, avec le minimum de production. Richard nous a poussées à composer de nouvelles chansons, pour notre père et notre sœur, décédée il y a deux ans. » (lesinrocks.com, 2015)

« ibeyi » signifie jumeau en yoruba. (next.liberation.fr, 2015)

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