Taratata

2006 : « Les play boys » avec Miossec
2007 : “Wicked game” avec Herman Dune
2010 : “Help myself” (nous ne faisons que passer), “Psycho killer" en duo avec Mina Tindle
2010 : "Dis-moi encore que tu m'aimes"
2010 (Fête de la musique) : "Help myself (nous ne faisons que passer)", ‘’Andy’’
2011 : "Des hauts, des bas" avec Florent Marchet
2011 : "J'passe pour une caravane"
2012 : These boots are made for walkin'" avec Sallie Ford
2013 (Concert Zénith) : « Help myself (nous ne faisons que passer) », « Eolienne », « Road to nowhere » avec Owlle
Sept 2018 : « Résidents de la république » avec Marc Lavoine
Novembre 2018 : « Je veux bien, je ne sais pas », « Mad world » avec Hyphen Hyphen. Au talk : « La p’tite lady », « J’temmène au vent »
2019 : « Hygiaphone » avec Jean-Louis Aubert
2020 : « On ne meurt pas (en une seule fois) », « Foule sentimentale » avec Barbara Pravi

Avec Louise Attaque
2006 : Si l’on marchait jusqu’à demain, ‘’Song 2’’ avec Dionysos
2011 : "Ton invitation", "Du monde tout autour"

Avec Lady Sir
2017 : « Le temps passe », « People are strange » avec Keren Ann


Ses grandes dates

1972 : Naissance à Rodez.

1997 : Louise Attaque sort son premier album éponyme

2000 : Après la sortie de son 2ème album « Comme on dit », le groupe se scinde en deux : Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel fondent le groupe Tarmac et Alexandre Margraff et Robin Feix fondent le collectif Ali Dragon.

2005 : Louise Attaque sort l’album « A plus tard crocodile ».

2007 : Alors que l’année devait être consacrée à l'élaboration d'un quatrième album, les membres du groupe décident de remettre Louise Attaque en pause.

2008 : Gaëtan Roussel réalise l’album « Bleu pétrole » d'Alain Bashung.

2010 : Il sort son premier album solo « Ginger », qui s’écoule à 200 000 exemplaires.

Louise Attaque sort une compilation qui contient un titre inédit « Du monde tout autour ».

2013 : Il sort son 2ème album solo « Orpailleur ».

2016 : Louise Attaque sort l’album « Anomalie ».

2017 : Il sort l’album « Accidentally yours » avec Rachida Brakni sous le nom de Lady Sir.

2018 : Il sort son 3ème album solo, « Trafic ».

2019 : Il compose la BO du film « Roxane » de Mélanie Auffret et interprète « Pirouette cacahouète » sur l’album « Les comptines d’Okoo ».

2020 : Il coréalise l’album de Mister Mat « Désespérément optimiste » sur lequel il a écrit et composé « On a tous dit », « Simplement te dire » et composé la chanson-titre.

Actualité

Le 19 mars, il a sorti son nouvel album « Est-ce que tu sais ? » teasé sur les réseaux sociaux à travers plusieurs vidéos dans lesquelles il interagit avec Edouard Baer, Kad Merad, Gustave Kerven et Marina Rollman.

« Est ce que tu sais ? » est un album acoustique. Certes, l’électricité s’invite ici et là au fil du disque, mais l’ADN de Gaëtan Roussel guide chaque titre vers leur plus simple appareil…

Composé à la guitare folk durant le premier confinement, « Est ce que tu sais ? » a ensuite été enregistré entre Paris et la Provence (Studio La Fabrique à Saint Rémy de Provence).

Produit par Maxime Leguil et par Gaëtan Roussel, nous retrouvons également sur certaines chansons les arrangements de Nicolas Musset. Acolytes de Gaëtan Roussel à la scène depuis maintenant quelques années (Louise Attaque, Lady Sir également), le voilà aujourd’hui embarqué dans l’aventure studio du leader de Louise Attaque.

S’invite également Adrian Utley, guitariste et tête pensante de Portishead que l’on retrouve sur le magnifique « Fantaisies militaires » d’Alain Bashung. Il nous gratifie ici de quelques beaux riffs de guitare électrique sur « Je me jette à ton cou » ou encore « La photo ». On le retrouve également à la guitare acoustique sur « La colère ». Sur ces deux titres également, le batteur Clive Deamer, qui a également sévi chez Portishead ou encore chez les mythiques Radiohead. Le son de la fin des années 90 n’est pas loin.

L’album s’ouvre avec « Tu ne savais pas » titre épique qui ne cesse de s’épaissir à chaque seconde. Pas réellement de refrain pour ce morceau mais un leitmotiv qui ne vous lâche pas jusqu’à la dernière note de la chanson et nous interroge sur les certitudes. Une sorte de western musical contemporain.

« Je me jette à ton cou » se charge de nous prendre par la main, en toute sérénité, aussi simplement que les airs « Rousseliens » auxquels il nous a habitués.

S’enchainent ensuite « Est ce que tu sais ? » et « La photo » titre envoutant où l’on a la chance de retrouver au côté de Gaëtan Roussel la voix cristalline de Camélia Jordana. « J’ai eu la chance de Camelia Jordana il y a une dizaine d'années pour une reprise de Blondie. Elle a une voix fantastique et solide. » (chartsinfrance.net)

On ne meurt pas (en une seule fois) marque le rythme et nous fait danser inlassablement, tandis que « La Colère » se dévoile tout en retenue. Cette pièce maitresse de l’album, se dispute la première place avec une autre chanson emblématique « Les matins difficiles », texte qui parle à chacun d’entre nous, à tout le monde.

Sur « Sans sommeil », s’invite Monsieur Souchon, pour le plus grand plaisir de Gaëtan Roussel. Un rêve de longue date, réalisé si simplement, pour un titre au naturel désarmant. « Souchon, c'est fantastique, c'est quelqu'un que je suis depuis toujours. J'étais très heureux qu'il accepte de venir faire une chanson avec moi. » (chartsinfrance.net)

« Tout contre toi » n’est pas sans nous faire penser à « Dis-moi encore que tu m’aimes », petit bijou à la Roussel.

« Tour du monde » nous fera faire un tour dans un monde entrainant avec pour singularité la voix très basse de Gaëtan Roussel, murmurant ses souhaits et ses désirs.

Pour parfaire ce programme, cet album se termine par une balade amicale « Si par hasard », ce qui n’en est sans doute pas un.

« Le texte et la musique arrivent en même temps. Après il faut sculpter les matières. Il est très rare je compose une mélodie sans point d’accroche avec les mots. Pour ‘’Tu ne savais pas’’ je voulais remettre en cause nos certitudes. Pendant le confinement, j’ai écrit avec ce que j’avais sous la main à savoir une guitare acoustique, mon ADN. » (franceinter.fr, 2020)

« J’ai choisi ‘’Tu ne savais pas’’ comme premier single parce qu’elle me rappelle musicalement mon ADN, parce que j’ai l’impression que cette chanson était en moi depuis longtemps, parce qu’elle parle de ce que je ressens, parce qu’elle parle de moi et que je me dis qu’elle parle de nous. Je fais de la musique depuis plus de trente ans. Les temps sont durs, douloureux. Dans notre secteur, l’ensemble de la chaîne humaine est touchée, à l’arrêt. Je pense à tous mes camarades qui tournent en rond dans leur salon plutôt que dans toutes les salles de France et d’ailleurs. Courage courage ! Les beaux jours reviendront. Dans ma chanson, nous n’échappons pas à la fatalité. Mais c’est bien la seule chose qui est inévitable pour l’être humain, tout le reste est perpétuellement à construire. Nous ne savions pas que nous vivrions ces moments si difficiles. Accrochons-nous, regardons nous, sourions nous, même du regard. Je vous embrasse donc très fort du bout des yeux. » (instagram.com)

« J’ai écrit cet album dans mon coin, pendant le confinement, alors que sur les derniers albums j’ai eu la chance partager des compositions avec d’autres musiciens. J’ai écrit des textes qui racontent des histoires, en français alors qu’avant j’utilisais l’anglais. » (franceinter.fr, 2020)

Au milieu de l’album, on trouve l’emblématique la Colère. Qu’est-ce qui vous met en colère ?
« L’approximation, le rejet, le manque d’écoute. Mais je ne pense pas être quelqu’un qui monte vite dans les tours. En revanche, sur scène, on me dit souvent que je dégage ça. C’est vrai, il y a un bouillonnement. Je ne crois pas être un colérique dans mes rapports aux autres ou dans ma manière de travailler. Bashung me disait : «Tu es un faux calme.» Venant de lui, je le prends comme un compliment. Mais il y a les colères venant de l’extérieur et celles qui renvoient à soi-même. J’avais envie d’écrire sur ce sujet-là sans dire c’est comme ci ou comme ça. » (liberation.fr)

La pochette vous montre avec un point d’interrogation pendu au cou, comment traduire cette image ?
« J’ai toujours fonctionné sous forme de questions. Voir cette interrogation suspendue autour de mon cou me plaisait bien. Appeler ce disque Est-ce que tu sais ?, c’est affirmer que j’aimerais bien savoir, donc c’est apprendre à être curieux. C’est plus une porte à ouvrir qu’une vérité. Dans la chanson Est-ce que tu sais ?, je pose des questions qui sont parfois des affirmations, comme quand je chante : «Est-ce que tu sais que huit jours ça fait 11 520 minutes à la seconde près ?» et il y a d’autres choses plus ambiguës comme «Est-ce que tu sais qu’au bout des doigts poussent des armes ? Je peux pas te dire au drame près». J’aimais bien ce trouble et essayer de le traduire en photo. Mais peut-être que c’est moi qui suis à l’envers sur cette image. Je préfère largement susciter des interrogations que d’amener des mauvaises réponses. » (liberation.fr)

Daniel Auteuil joue dans le clip « Je me jette à ton cou ».

Le clip de « On ne meurt pas (en une seule fois) » met à l'honneur les sportifs Marie-José Perec, Martin Fourcade ou Alain Prost.

C’était un fantasme de réunir dans le clip d’On ne meurt pas (en une seule fois), toutes ces légendes du sport, de Bernard Hinault à Alain Prost en passant par Jean-Pierre Rives ou Marie-José Perec ?
« Oui, j’étais tellement heureux qu’ils acceptent de participer. Cette chanson, la plus pop du disque, avait besoin d’être incarnée. Quand les sportifs partent à la retraite, on appelle ça la petite mort, et cette idée de les réunir m’est venue avec l’équipe avec qui je travaille sur mes clips. Je les trouve beaux, ces sportifs. Ils ont accepté d’être filmés comme ils sont. Je suis connecté avec le sport. Mon premier outil d’expression, c’était le ballon rond. Enfant, je me levais très tôt pour aller m’entraîner. Je ne soutiens pas d’équipe en particulier mais j’ai quand même toujours un œil sur Rodez qui joue en Ligue 2, parce que je viens de là-bas. » (liberation.fr)

Les critiques qui touchent souvent les sportifs qui réussissent (tous dopés, trop payés, la grosse tête…), on retrouve un peu les mêmes au sujet des artistes…
« Oui, mais pour les artistes, il n’y a pas de contrôle antidopage à la sortie de scène (rires). Dans ses interviews, David Bowie parlait de manière assumée des substances qui lui ont permis d’écrire certaines choses et d’aller ici ou là. Sinon, je n’ai jamais eu le culte de la personnalité. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas envie que mes chansons soient connues ou que les gens viennent à mes concerts. » (liberation.fr)

Comment on échappe à la grosse tête ?
« Gérard Depardieu disait qu’il fallait avoir une santé morale. C’est vrai, mais on ne peut pas forcément l’avoir tout seul. Quand il nous arrive des succès, on traverse cela plus ou moins bien, mais je ne crois pas qu’on reste à la même taille parce que, c’est obligé, ça bouge. Le succès ne doit pas bouffer l’émerveillement. Avec Louise Attaque, cela ne nous a pas si réussi que ça. Pour notre premier album, on faisait de la musique et, pour le second, on a fait un disque. Je crois qu’il y a une différence. Il y a eu un moment où on ne voulait plus jouer Je t’emmène au vent parce qu’on trouvait que cela cachait les autres morceaux. Mais on était quand même super contents de l’avoir, cette chanson ». (liberation.fr)

Quasiment vingt-cinq ans après, comment expliquez-vous le succès incroyable du premier album de Louise Attaque et de cette chanson, Je t’emmène au vent ?
« Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr qu’on puisse expliquer. Quand on sort un disque, c’est pour qu’il rayonne, pas pour qu’on le garde sous son lit. Ce qui a été précieux, c’est qu’il existe autant. Et encore maintenant, si on se remet à jouer avec Louise Attaque, comme lors de notre tournée il y a quatre ans, les gens continuent à nous suivre. » (liberation.fr)

Mais un gros tube ne peut-il pas aussi être un boulet ?
« Quand on essaie de construire un parcours avec des routes qui partent dans différentes directions et que les gens te ramènent toujours à la même chose, c’est forcément un boulet. Mais avec le recul, ça reste quelque chose de précieux. Et le second album de Louise Attaque a quand même eu la chance de marcher, pourtant le succès du premier album était tellement énorme qu’on avait l’impression que c’était moins bien, alors que c’était déjà beaucoup ! (Rires.) Puis j’ai sorti un album solo où il y avait d’autres références musicales. Plutôt que de m’appuyer sur le folk américain, je me suis inspiré des Talking Heads ou de LCD Soundsystem, de la musique électronique répétitive. Et le public a adhéré. Ce qui fait que mon parcours est suffisamment vaste – je peux parler aussi de mon travail avec Alain Bashung pour que cet énorme tube ne soit pas un poids. C’est pour cela que c’est simple de revenir sur scène avec Louise Attaque vingt ans après et de rejouer avec autant de cœur ces chansons d’aujourd’hui, d’hier ou même d’avant-hier. Mais je connais beaucoup d’artistes qui ont maltraité leurs succès, c’est humain. » (liberation.fr)

Vous avez été le dernier producteur d’Alain Bashung. Comment définiriez-vous son héritage ?
« Remettre son titre en jeu à chaque disque. A partir de Play Blessures, Bashung, à chaque fois, est revenu avec des disques singuliers. On lui doit cette approche totalement libre. Et où qu’il aille, son public le suivait. Il avait réussi ce truc dément que tout artiste essaie de réussir. Ce qui reste de lui, c’est cette gourmandise insatiable de promenades, souvent dans des chemins pas faciles, mais parfois, il raflait la mise. » (liberation.fr)

Si depuis un an la culture n’est pas apparue pas comme «essentielle», est-ce parce que ses acteurs ont échoué à faire passer leur message ?
« Je ne sais pas si ça vient de nous. Tout le monde est quand même plus que dans les starting-blocks. Même si le cinéma arrive parfois à mieux se faire entendre que la musique. Je crois qu’il y a un flou sur ce mot, «essentiel», et sur la manière de le dire. Parfois, on se dit en entendant les politiques : «Mais comment on nous parle ?» Alors on est en colère, parce qu’il y a des choix qu’on ne comprend pas. Moi, j’ai autant envie que les salles rouvrent pour aller applaudir les camarades que pour, à mon tour, monter à nouveau sur scène. » (liberation.fr)

Tournée 2021 : 24/09 à Bordeaux, 8/10 à Angers, 13/10 à Rennes, 14/10 à Brest, 22/10 à Clermont-Ferrand, 23/10 à Nîmes, 16/11 à Reims, 17/11 à Nancy, 1/12 à Strasbourg, 2/12 à Besançon, 9/12 à Lyon, 16/12 à Rouen, 17/12 à La Rochelle

17 mars 2022 à l’Olympia

*Il est le directeur artistique du spectacle musical « Déjeuner en l’air » autour du poète Paul-Jean Toulet conçu et interprété par Daniel Auteuil, accompagné par un guitariste et un pianiste qui se jouera les 11 et 12 février 2022 au Trianon à Paris.

*Il va présenter « Aber Roads », une nouvelle émission sur France 3 Bretagne qui veut faire découvrir la Bretagne à travers le regard des artistes qui y vivent. Gaetan Roussel va à la rencontre de musiciens déjà résidents de la région ou ayant un lien fort avec elle. Par des discussions intimes dans son van, Gaëtan Roussel apprend à connaitre l'artiste invité qui lui fait découvrir le coin cher à son coeur. La série se déclinera en huit épisodes de 52 minutes et la première émission a été tournée en février avec Renan Luce dans la région de Morlaix.

BIOGRAPHIE

1972

Gaëtan Roussel est né à Rodez en 1972. (Magic ! 2000)

« Je suis né dans l’Aveyron, mais je n’y ai pas vécu longtemps. J’ai suivi mon père, qui était enseignant puis principal de collège et de lycée, en Ardèche, dans le Lot, le Loiret… » (lemonde.fr, 2019)

1987

Un de ses amis lui met une guitare entre les mains. C’est la révélation. « Je n’avais jamais touché une corde auparavant, j’ai mémorisé quelques accords pour pouvoir chanter dessus, j’en suis tombé amoureux. » (lemonde.fr, 2019)

Début des années 90

Il rencontre Robin Feix au lycée. Pour poursuivre leurs études, ils quittent la ville de Montargis où ils habitent et montent à Paris. En même temps, ils se mettent à la musique. Au duo, s'adjoint un troisième musicien, le batteur Alexandre Margraff. Si au début des années 90, ils obtiennent chacun un diplôme, Caravage, le groupe qu'ils forment à trois, se cherche quant à lui, une identité dans le rock. (rfimusique.com)

Le trio passe une petite annonce afin de recruter un quatrième musicien. Robin, opte pour un accordéoniste, mais Alex et Gaëtan finissent par le raisonner et leur choix se fixe sur un violoniste. La petite annonce disait : « Groupe de jeunes cherche violoniste d’inspiration Nick Cave, Tom Waits…et peu Catherine Lara. » (24 heures, janvier 2000)

Après un tournant acoustique, ils rencontrent le violoniste Arnaud Samuel dans un studio de la région parisienne. Là, commence réellement l'aventure de Louise Attaque. (rfimusique.com)

Gaëtan propose de trouver un nom à cette union : les « 2be4 » étant déjà pris, ce sera « Louise Attaque », hommage au groupe américain les Violent Femmes. (chantefrance.fr)

Alex : « Le nom du groupe fait référence aux Violent Femmes. Gordon Gano (chanteur des Violent Femmes) représente pour nous un parrain artistique. Il est une référence pour nous quatre. Et Louise est le nom d’une anarchiste du XIXe siècle : Louise Michel. » (lepetitjournal.com, 21/09/06)

Le quatuor enregistre une première maquette de huit titres. La cassette enregistrée dans la cave d'Alex se vend à 8 exemplaires dont 6 à la famille, mais elle attire l'attention d'une association hyper-active située à Paris: Life Live. Ils écument alors les bars, salles des fêtes et autres foyers ruraux. (ado.fm)

Les choses commencent à prendre une tournure plus sérieuse lorsqu’ils remportent un tremplin rock et tournent un peu partout en France. (Start up, 2000)

Sans aucune promotion, c'est sur scène qu'ils marquent leur territoire et se font connaître par le bouche à oreille. Après un passage au Printemps de Bourges, ils rencontrent un éditeur de musique : Delabel, et signent un premier contrat. (chantefrance.fr)

Pour en arriver à ce contrat avec Delabel, Louise Attaque a bénéficié de deux alliés de choc : un expert-comptable et la grippe. Le premier, employé de l’éditeur en question et cousin du chanteur Gaëtan Roussel, se charge du lobbying en interne. La seconde, en frappant sournoisement Jan Guazi, directeur artistique chez Delabel Editions, en plein Printemps de Bourges, l’empêche d’aller voir Cypress Hill et le laisse, vaseux, dans une tente à merguez où se produit un groupe inconnu : Louise Attaque. (Les Inrocks, 2000)

Jan Guazi : « Au début, personne ne connaissait leurs chansons mais, à la fin, la tente était pleine, c’était l’émeute. Mon coup de foudre a été sur la réaction du public. » (Les Inrocks, 2000)

Jan Guazi : « Ce n’étaient pas des gamins. Leur style était déjà affiné, affirmé : il n’y avait rien à changer. Dès le départ, ils utilisaient des éléments visuels en concert, leur univers existait. Ils étaient déjà très organisés, tous inscrits à la Sacem, leurs chansons déjà déposées - un sens de l’organisation qui doit venir des études scientifiques de la moitié d’entre eux. Il y avait juste à graisser leur machinerie. » (Les Inrocks, 2000)

Mais sans album à revendiquer, difficile de monter des tournées aussi vastes et minutieuses que celles de Miossec - un exemple dont les Parisiens assureront plusieurs 1ères parties, avant de lui ‘’voler’’ son tourneur, Yann Hamon. (Les Inrocks, 2000)

Yann Hamon : « À Rennes, je travaillais sur la programmation des Bars En Trans et le nom de Louise Attaque m’avait plu. Ils avaient déjà, sans la moindre aide, donné une centaine de concerts mais ils voulaient passer à la vitesse supérieure. En apprenant que j’étais manager et tourneur de Miossec, ils m’ont demandé de m’occuper d’eux. Ils avaient investi toutes leurs économies dans un stock de cassettes et moi, je leur ai demandé de me les laisser pour trouver des dates. Ils ont hésité, c’était un geste lourd de conséquences que de laisser un tel trésor à un inconnu. Ça a scellé la confiance. Aujourd’hui encore, il n’y a pas de contrat entre le groupe et moi. Ça reste très convivial, amical. » (Les Inrocks, 2000)

1996

C’est finalement le directeur artistique Marc Thonon qui signe Louise Attaque pendant l’hiver 96 sur son label, Atmosphériques. (Les Inrocks, 2000)

C'est ainsi qu'ils se retrouvent en studio à Bruxelles avec Gordon Gano, le leader du groupe américain Violent femmes. Véritable parrain artistique, il représente sans doute la référence de base du quatuor parisien. (rfimusique.com)

Alex : « C’est Gaëtan qui nous a fait découvrir les Violent Femmes dont Gordon était le leader. Nous sommes devenus fans du groupe et nous lui avons envoyé une petite lettre avec une cassette. Il a complètement accroché à ce que nous faisions et il a débarqué avec son copain Warren Bruleigh pour produire le premier album. » (Nouvelle vague, 2000)

1997

Louis Attaque sort son premier album éponyme dont les textes sont signés Gaëtan Roussel. (rfimusique.com)

Gaëtan : « Le premier album était un disque de folk, très inspiré de Violent Femmes et du folk américain, ce que les gens n’ont pas vu à l’époque. » (Le courrier Picard, 2005)

Arnaud : « On a été catalogué un peu vite ‘’chanson réaliste’’ ou folk breton, alors que ça ne nous correspondait pas du tout. » (Le courrier Picard, 2005)

La pochette de l’album est dessinée par Robin, graphiste diplômé. (chantefrance.fr)

Démarre alors une tournée à travers la France et les festivals. Leur premier passage à Paris s'effectue le 24 avril, revenant plusieurs fois par la suite, comme un rappel qui n'en finit pas. Car le public est de plus en plus nombreux à venir les voir. (rfimusique.com)

« En France c’est par la scène que les gens nous connaissent. On joue souvent dans des petites salles et on adore le contact avec le public. Pour l’instant, on ne vit que pour la scène. » (Start up, 2000)

C’est Bernard Lenoir qui, le premier, ouvre son antenne aux chansons de Louise Attaque. (Les Inrocks, 2000)

Bernard Lenoir : « Je ne savais pas si le groupe était signé ou non, sa cassette finie ou pas, mais j’ai immédiatement craqué. J’ai énormément passé ces chansons, bien avant qu’elles ne sortent dans le commerce. J’aime ce côté craché, vomi, qui me rappelle Brel. » (Les Inrocks, 2000)

1998

Début 98, on comptabilise quelques 400.000 albums vendus. Succès phénoménal. (rfimusique.com)

Marc Thonon : « À deux millions d’exemplaires, on a même augmenté le prix de l’album pour freiner les ventes et disparaître plus rapidement des charts. C’était la seule façon de faire retomber la pression. » (Nouvelle vague, 2000)

Ce premier album est la plus grosse vente de l’histoire du rock en France. Etiez-vous prêts pour ça ?
« On n’était pas complètement novices, on n’avait pas 17 ans. On ne s’est pas laissé déstabiliser et on a essayé de s’appuyer sur certains principes. Au-delà de la musique qu’on voulait faire, on avait une certaine idée de la façon dont on voulait la proposer. Il y avait certaines choses qu’on était sûrs de ne pas vouloir faire, comme un playback. On ne s’est pas fourvoyés et cette discipline nous a guidés. Mais d’un autre côté, on nous étiquetait “chanson réaliste” alors qu’on ne supportait pas ça. C’était lourd et chiant mais, du coup, on répondait chaque soir sur scène. Ça provoquait une sorte de dialectique. A posteriori, c’était plus positif. On a même fait la démonstration qu’on pouvait être populaire sans faire de la variété française. » (lesinrocks.com, 2011)

1999

Ils reçoivent la Victoire de la Musique du « Meilleur groupe de l'année », soulignant au passage le score extraordinaire de 2.5 millions d'albums vendus depuis 97. (rfimusique.com)

2000

Louise attaque est de retour en janvier 2000 pour un second album, « Comme on a dit ». La pochette est noire, relativement sobre. Cet opus écrit entre octobre 98 et juin 99 reste dans la lignée du précédent. (rfimusique.com)

Louise Attaque : « On est passés par toutes les phases entre la composition et le studio : parfois difficiles, parfois besogneuses, parfois aisées et agréables. Pour le premier disque, on avait joué les morceaux sur scène des centaines de fois, pas dans ce cas. On a néanmoins tenu à interpréter les nouveaux en public, au Canada, car c’est un test qui permet de savoir s’ils sont terminés ou non. » (Rock & Folk, 2000)

La voix de Gaëtan et le violon d'Arnaud constituent une véritable marque de fabrique. Les références à Noir Désir (« Tout passe ») ou à Jacques Brel (« Sans filet ») déjà repris sur scène donnent la dimension de leur musique entre rock et folk. (rfimusique.com)

Un bon nombre d’invités interviennent sur ce disque : David Eugene Edwards de 16 Horsepower (bandonéon sur « Comme on a dit »), Philippe Teboul de Flor del Fango (percussions sur « Pour un oui ou pour un non ») et Françoise Breut (chant sur « La plume »). (DP, 2000)

C'est encore Gordon Gano qui assure une partie de la production (avec Warren Bruleigh). (rfimusique.com)

Alex : « Quand nous avons commencé à travailler sur le deuxième album, nous sentions que nous avions besoin d’un producteur, mais nous n’étions pas sûrs de le faire avec eux pour des questions artistiques. Nous les avons contactés, leur avons fait écouter les démos et ils nous ont fait beaucoup de propositions très intéressantes. Nous sommes donc repartis avec eux et nous en sommes ravis car l’enregistrement s’est formidablement bien passé. » (Nouvelle vague, 2000)

« Nous avions l’impression de ne pas avoir été au bout de ce que nous pouvions réaliser ensemble sur le premier album. Qui d’autre qu’eux nous connaissent à ce point ? A qui d’autre qu’à ceux qui y ont cru avant tout le monde confier le soin de nous emmener plus loin ? » (Nouvelle vague, 2000)

L’album « Comme on a dit », deux semaines après sa parution, affiche le score de 300.000 albums (disque de platine) sans aucun battage médiatique. (rfimusique.fr)

Dès le 19 janvier, le groupe part pour une tournée de cinq mois. (rfimusique.com)

Louise Attaque : « Le projet était d’abord de choisir les endroits où nous avions envie de jouer : le Chabada à Angers, le Bateau Ivre à Tours… Ces salles de gabarit moyen correspondent à notre culture, de là d’où l’on vient. » (Rock sound, 2000)

Pour sa tournée 2000, Louise Attaque choisit de se produire dans les petites salles regroupées au sein de la fédération indépendante « Fédurock », qui l’ont vue naître il y a trois ans. Avec, à chaque halte, une table ronde en compagnie de la presse, organisée par le réseau des radios associatives de la « Férarock ». (Nouvelle vague, 2000)

Alexandre : « Pour nous, c’est une démarche logique de continuer à travailler avec les radios de la Férarock qui nous ont fait confiance dès le début. Ils oeuvrent dans le milieu associatif et cela correspond à notre état d’esprit. De la même manière, nous essayons de jouer dans les mêmes salles que la première tournée. Ces gens-là avaient pris le risque de nous programmer alors que nous n’étions pas encore connus, cela nous semble normal de passer chez eux alors que le groupe marche bien. » (Nouvelle vague, 2000)

Au cours de l'été 2000, le groupe, qui cherche toujours à cultiver une démarche hors de l'industrie musicale, décide de monter ses propres festivals avec ses propres invités, tous des amis : les Wampas, Sergent Garcia, Mickey 3D, Cornu ou les Américains Violent Femmes et 16 Horsepower. (rfimusique.com)

Ils apparaissent cependant dans les festivals dont, selon eux, « l'esprit est bon ». Ils disent vouloir plus de chaleur et de proximité et reprochent aux grosses manifestations, d'être un peu des usines à concerts. (rfimusique.com)

2001

Louise Attaque remporte la Victoire de l’ « Album rock de l’année » avec « Comme on dit ». (lesvictoires.com)

Après la tournée 2000, le groupe décide de prendre quelques vacances de Louise Attaque et de se consacrer à des projets plus personnels. (rfimusique.com)

Gaëtan : « Lorsqu’on a arrêté de jouer ensemble, il n’y avait rien de cassé, ça correspondait juste à l’envie de faire une pause. C’est d’ailleurs bien comme ça qu’on a défini les choses. Le fait est qu’on n’arrivait plus alors à faire de la musique ensemble. A partir du moment où on se sentait un peu à l’étroit, un peu épuisé aussi parce que ça faisait longtemps qu’on était ensemble sur la route avec une promiscuité très forte, nous avons ressenti le besoin de souffler, de prendre l’air. » (télégramme.fr)

En octobre, deux des quatre membres de Louise Attaque, Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel, sortent un album en duo sous le nom de Tarmac, « l'Atelier ». Très acoustique, cet album est enregistré en vingt jours avec Mélodica, slide, mandoline, violon, banjo, Fender Rhodes, percussions, guitares et voix. (rfimusique.com)

Tarmac est invité sur l'album hommage à Georges Brassens, « les Oiseaux de passage », pour les 20 ans de sa mort. (rfimusique.com)

Parallèlement, les deux autres, Robin Feix et Alexandre Margraff, se consacrent à un autre groupe occasionnel, Ali Dragon, plus électro, hip-hop et Dub. (rfimusique.com)

Pourquoi avoir pris l’air deux par deux ?
Gaëtan : « Ce n’était pas prévu au départ. Notre besoin d’air aurait pu prendre différentes formes, il s’est finalement avéré que cela a pris celle de deux tandems qui sont allés s’amuser chacun de leur côté ». (télégramme.fr)

Alex : « Ça a été très bénéfique, comme l’est toute expérience artistique dans laquelle on s’investit vraiment. Avec Ali Dragon, on a appris à faire de la musique avec d’autres gens, découvert d’autres univers musicaux et fait de la scène de manière différente. » (DP, 2005)

Le 30 mai, sort dans certaines salles de cinéma un documentaire signé Thierry Villeneuve : « Crachez vos souhaits ». Il a filmé le groupe au cours de sa tournée 98, récoltant deux mois durant de nombreux instants volés en loge, quelques chansons, un certain nombre de témoignages de publics ou d’institutionnels. (rfimusique.fr)

2003

Tarmac continue sur sa lancée et sort encore un album « Notre Epoque » puis un live « Concert au Réservoir », enregistré à Paris en 2003. (rfimusique.com)

Les différents membres de Louise Attaque ne sont pas sûrs de reprendre leur activité commune. Ils se réunissent une première fois en septembre 2003 pour un test : savoir si leur inspiration collective est encore active et s'ils ont toujours la flamme pour jouer ensemble. (rfimusique.com)

2004

Le groupe Tarmac met fin à sa carrière après deux ans et demi d’existence pour permettre à Louise Attaque de se reformer. (rfimusique.fr)

Arnaud : « On a fait une pause car on avait le sentiment d’étouffer, de manquer d’air, de ne plus avancer ensemble dans la même direction. Mais on ne pouvait pas rester perpétuellement sur cette idée. On a donc voulu savoir où on en était : si on continuait la pause, si on reprenait ensemble, si on s’arrêtait définitivement. » (Le courrier Picard, 2005)

Gaëtan : « Il était inclus dans notre idée de pause le fait qu’un jour on réessaierait de jouer ensemble. On a saisi un moment où on en avait envie tous les quatre. La question était de savoir si on avait encore des choses à se proposer mutuellement. On a ressenti que oui en retrouvant cette impression que Louise Attaque, c’est quelque chose qui va au-delà de la simple somme des quatre personnes qui composent le groupe. » (télégramme.fr, 2005)

Gaëtan : « On s’est arrêté quatre ans. On a pris le temps, on a douté parfois, mais on s’est vite retrouvés tous les quatre, on sait ce qu’on veut. Dès le départ, il était clair que ce n’était qu’une pause, sans se donner de rancard. On voulait retrouver la liberté, ne pas être prisonniers du système. » (République, 2005)

Louise Attaque travaille toute l’année 2004, pour se tester, sur l’écriture et l’enregistrement de maquettes, mais sans avoir décidé d’une éventuelle publication. (Les Inrocks, mai 2005)

Ils décident d’aller enregistrer neuf morceaux à New-York, aux studios d’Electric Ladyland, rendus célèbres par un disque de Jimi Hendrix qui porte leur nom. (Les Inrocks, 2005)

Marc Thonon (directeur du label Atmosphériques) : « Ils ont même utilisé son piano, qui est toujours là-bas. » (Les Inrocks, 2005)

C’est sous la houlette de Mark Plati, notamment producteur de l’album « Earthling » de Bowie, que Louise Attaque enregistre des morceaux à 80% en live, en incluant des éléments inédits. (Les Inrocks, 2005)

2005

Le groupe démarre une tournée internationale en mars 2005 en Russie, puis poursuit le périple en Inde. En mai, ils sont en Amérique latine et de retour en France en juin avec entre autres, un concert exceptionnel à Paris le 17 juin au Grand Rex, intitulé « Une nuit parisienne ». (rfimusique.com)

Robin : « Avec cette tournée, nous avions envie de repartir à zéro, ou plutôt de recommencer par le début. On a repris l’histoire dans des conditions techniques parfois aléatoires, face à des gens qui connaissaient peu ou pas du tout ce qu’on fait. La tournée nous a proposé une mise en situation concrète. Sans compter le côté exotique des voyages. C’est presque un fantasme de groupe de pouvoir aller ensemble à droite à gauche, de jouer les globe-trotters. De plus, la musique permet de ne pas voyager en ‘’touriste’’ puisque tu apportes quelque chose dans tes bagages. Le contact que tu as alors avec le pays et les autochtones est différent : tu reçois des choses mais tu viens en proposer toi aussi, c’est un échange riche. » (télégramme.fr 2005)

Alex : « La Russie, c’est fascinant : ça caille, c’est grand et ça change beaucoup. C’est un pays en plein bouleversement. Nous étions les yeux grands ouverts… Moscou est en pleine effervescence, c’est une ville qui brille, avec de la lumière et du fric partout. On ne sait pas ce que tout ça va devenir, mais c’est assez impressionnant. » (DP, 2005)

« Lors de vos différents périples en Russie ou en Amérique du sud, on a appris à boire plus de vodka et bien prononcer ”Brasil, Brasil” tout en bougeant le bassin. On a aussi partagé les concerts avec un public chaque jour différent mais qui cherchait la même chose : l’échange, l’émotion. Il nous reste de ces trois mois, beaucoup d'images, avec peut-être un avantage pour l'Inde, si différente de l'Europe. En particulier, on a croisé deux éléphants en plein Bombay à deux heures du matin. Ça fait son petit effet. » (rocknfrance.free.fr, 2006)

Alex : « On a fait pas mal de concerts dans ces pays. On s’aperçoit que les gens ont envie de faire la fête. Ils sont généreux dans leur attitude. Il n’y a pas de différence entre un Chilien et un Russe, même s’il y a des différences culturelles, régionales, locales. Nous sommes tous les mêmes… » (DP, 2005)

L’album « À plus tard crocodile » sort le 5 septembre. Plus ouvert, plus apaisé sans doute, il propose une musique plus variée, entre folk-rock et chanson, mâtinée de quelques rythmes reggae et de boucles électro. (rfimusique.com)

Gaëtan : « Dès le départ, sans avoir joué ensemble depuis longtemps, chacun avait envie de proposer de nouvelles choses : un son de basse pour Robin, des boucles pour Alex, de l’électrique pour moi, des pédales d’effets pour Arnaux. » (La République, 2005)

Gaëtan : « Je faisais un peu trop dans l’expressionnisme avant. Je pensais que c’était mon style. Désormais, je chante plus simplement et je me sens davantage moi-même. » (Télérama, 2005)

Durant l’élaboration de ce disque, Louise Attaque dit avoir beaucoup écouté « des gens dont on sent qu’ils ont acquis énormément de liberté en enregistrant : les Clash dans ‘’Sandinista’’, Gorillaz, Blur. » (Le courrier Picard, 2005)

« On a aussi écouté M. Ward, ESG et Haydn. » (Rock mag, 2005)

Dans l’édition limitée de son disque, Louise Attaque a glissé un DVD contenant un documentaire sur leur tournée à l’étranger. (Le Monde, 2005)

« À plus tard crocodile » se vend à près de 55 000 exemplaires en une semaine et atteint la deuxième place au top album juste derrière Alain Souchon mais devant les Rolling Stones. (Le Parisien, 2005)

2006

Louise Attaque reçoit une Victoire de la musique dans la catégorie « Album pop/rock de l’année » pour « À plus tard crocodile ». (linternaute.com)

Lors de la cérémonie des Victoires, Alexandre Margraff, le batteur, termine son intervention par un « Longue vie à Charlie hebdo. Vive la liberté », en référence à la polémique qu'avait suscité la publication des caricatures de Mahomet dans le journal satirique. (linternaute.com)

Le 29 novembre, le groupe organise la deuxième édition du festival « Nuit parisienne ». Au programme : Violent femmes, ESG, Herman Dune, Plastiscines, DJ Zebra, Têtard ou encore Les Têtes Raides. (digistick.com)

Robin : « C’était carrément un rêve de jouer avec les Violent Femmes. On avait déjà essayé de les faire venir en 2005, mais, à ce moment-là, le groupe n’existait plus. En fait, il est en séparation et reformations permanentes. » (Le Parisien, 26/11/06)

Le 4 décembre, au Nouveau Casino de Paris, Louise Attaque donne un concert électrique et inédit, avec la participation de DJ Zebra. C’est la dernière date du « À plus tard crocodile tour ». (louiseattaque.net)

Louise Attaque reçoit un prix de l’Adisq. Il hérite du Félix de l'artiste de la francophonie s'étant le plus illustré au Québec en 2006. (radio-canada.ca)

2007

Alors que l'année 2007 devait être consacrée à l'élaboration d'un quatrième album, les membres du groupe décident de remettre Louise Attaque en pause. (louiseattaque.com)

2008

Gaëtan Roussel réalise l’album « Bleu pétrole », d'Alain Bashung. « Alain est quelqu’un d’exigeant, de curieux, cette idée d’avoir une démarche pour avancer au contact des autres, de rester dans cette dynamique là, ça m’a beaucoup appris. » (lesinrocks.com)

Qu’as-tu retenu de ton travail avec Alain Bashung ?
« La curiosité, le fait d’essayer d’aller de l’avant, d’être très large dans sa façon d’avancer tout en restant attentif aux détails qui peuvent dénouer le morceau. C’est une autre démarche d’écrire pour les autres, tu ne ressens pas les mêmes choses, tu ne t’attardes pas sur les mêmes endroits, même en studio, tu n’es pas au même endroit. Mais à chaque fois les collaborations ont été vécues par le fait de rencontrer la personne, et d’échanger. Ça n’a jamais été une commande, j’étais toujours partie prenante dans l’enregistrement, dans le studio. Ce qui change, c’est qu’à un moment ton idée ne t’appartient plus. » (lesinrocks.com, 2010)

Il écrit la chanson « Il y a », sur le best of de Vanessa Paradis. « On m’a demandé si je voulais écrire une chanson pour elle, j’ai dit oui tout de suite parce qu’elle a une super voix. » (jeuxactu.com, 2011)

Il compose la BO du film « Louise-Michel » de Gustav Kervern et Benoît Délépine.

2009

Il réalise avec Mark Plati le disque Rachid Taha, « Bonjour », auquel il prête également sa voix. (jeuxactu.com, 2011)

2010

Il compose la BO du film « Mammuth » de Benoît Delépine et Gustave Kervern (rtbf.be, 2010)

« Ce qui me touche dans le cinéma de Delépine et Kervern, c’est cette manière de rester pudique par rapport aux personnages, de les filmer de loin. Cela me rappelle un peu le travail de Kaurismäki. Ce sont toujours des personnages fragiles, mais qui avancent malgré tout. » (Les Inrockuptibles, 2010)

Gaëtan Roussel sort son premier album solo « Ginger », qui s’écoule à 200 000 exemplaires. (chartsinfrance.net)

Pourquoi avoir choisi de faire un disque en solo ?
« Ce n’était pas le moment de faire un autre disque avec Louise Attaque. Chacun est parti vers ses cheminements personnels. L’idée de faire un disque, seul, a mûri en moi. Je n’avais pas le disque en tête lorsqu’on a décidé de faire une pause. Mes collaborations ont fait mûrir cette envie. » (chartsinfrance.net, 2010)

Pouvez-vous présenter les différents protagonistes de ce projet ?
« Il y a d’abord Joseph Dahan, ex-bassiste de la Mano Negra, qui a déjà joué avec Tarmac. Sans se perdre de vue, on ne se voyait plus. Puis nous avons recommencé à jouer ensemble 1, 2, 3, 10 fois, sans envie de monter un groupe, mais plutôt de prendre le plaisir là où il se trouvait. Tout était autorisé, possible ! Puis j’ai rencontré Julien Delfaud (Phoenix, Super Discount, ndlr) qui m’a aidé à produire, enregistrer, agencer les idées, organiser toute cette matière brute. Lui-même m’a présenté Benjamin Lebeau (The Shoes, ndlr), qui avait plutôt une culture du remix, de l’électro, un peu éloignée de mon univers. Et puis, je me suis rendu à New York, parce que je souhaitais travailler avec Tim Goldworthy (LCD Soundsystem, Massive Attack, ndlr). Il pouvait m’orienter vers des ailleurs imprévus, me pousser à faire autrement parce qu’il n’a pas la même approche musicale que moi. En tant que producteur, il va découper la chanson, la révéler. La construction, c’était donc un puzzle, une boule de neige constituée d’éléments disparates que la concentration et les envies de tous ramenaient vers une création solide, une chanson fluide, une unité... » (rfimusique.com, 2010)

Pourquoi as-tu choisi de mélanger anglais et français sur cet album ?
« L’anglais est apparu parce que j’avais envie d’ouvrir, de trouver des moyens de me décaler lors de l’écriture ou du travail de la chanson. Ça apportait un autre ton à la chanson. Mais ce sont surtout les invités ou les chœurs qui chantent en anglais. J’utilise les chœurs plus comme un instrument. Lorsque j’ai décidé de faire un disque solo, je voulais me décaler, aller de l’avant et évoluer. Je chante en français, mais l’anglais se promène également sur le disque. » (chartsinfrance.net, 2010)

Gaëtan Roussel a songé un moment publier ce disque sous pseudonyme, avant de réaliser que l’album en l’état lui ressemblait mieux qu’aucun autre. (DP, 2010)

« J'ai envisagé prendre un pseudo. Pas par coquetterie, mais par gros flip. J'avais pensé à Ginger. Je suis roux, même si ça se voit moins aujourd'hui. » (lexpress.fr, 2010)

Il y a dans « Ginger » un côté joueur et expérimental propre aux travaux de Gorillaz et de Beck…
« Ce qui m’intéresse chez ces artistes, c’est ce qu’ils dégagent : le côté bidouille et libertés, tous les ponts que ça permet, comme chez Vampire Weekend par exemple... Si tu écoutes les albums de Gorillaz, tu as le sentiment que tout est possible. Je voulais faire ce genre de disque diversifié et autoriser d’autres gens à chanter. » (lesinrocks.com, 2011)

« Ce qui me plait avec Louise Attaque, et j’espère que c’est toujours le cas, c’est que l’on est resté libre de faire des disques ou de ne pas en faire. » (culturebox.france3.fr, 2010)

Gaëtan Roussel et Robin Feix réalisent le troisième album de Têtard, qui s'intitule « Faudra Faire Avec ». (parisetudiant.com)

2011

Gaëtan Roussel domine les Victoires de la Musique en remportant trois trophées pour son album « Ginger », dont les prestigieux ‘’artiste masculin’’, ‘’ album rock de l'année’’ et ‘’album de l'année’’. «Ca me touche énormément. Je ne pensais vraiment pas que ce premier album solo m'emmènerait là. » (leparisien.fr, 2011)

Gaëtan Roussel participe à l’album hommage à Alain Bashung aux côtés de Matthieu Chedid, Vanessa Paradis, Raphaël, Renan Luce, Stephan Eicher ou encore Bertrand Cantat. « J’ai hésité entre deux chansons qui sont très différentes : "J’passe pour une caravane" et "SOS Amor". J’ai finalement opté pour la première. Je me promène ailleurs musicalement. C’est un plaisir qui n’est pas simple de chanter des trucs comme ça. J’aurais eu envie d’aller vers Play Blessures aussi. » (france2.fr, 2011)

Louise Attaque sort la compilation « Du monde tout autour » qui contient un titre inédit du même nom. (themorningmusic.com, 2011)

Pourquoi ce best-of ?
« Au départ, c’est né d’une proposition de la maison de disques. Puis on s’est dit que ça allait peut-être constituer un trait d’union avec un futur probable, que ça permettait de rouvrir un peu le bouquin. On voulait faire un nouveau titre. C’est Du monde tout autour, il est venu spontanément, on l’aime beaucoup. Chacun s’est retrouvé avec son instrument de prédilection, on a travaillé de façon simple, sans faire dans la surenchère d’idées comme lors de nos dernières sessions il y a quatre ans. C’était peut-être plus proche de la manière dont on faisait de la musique au début. » (lesinrocks.com, 2011)

Trois albums en dix-sept ans, c’est peu. Pourquoi ce rythme ?
« Avec Louise Attaque, on a vraiment la sensation qu’il y a des disques qu’on n’a pas faits et que c’est très bien comme ça. C’est un moyen d’avancer. On a pris le temps de ne pas les faire car on n’allait pas dans le bon sens. Puis on a multiplié les projets annexes. On ne voulait pas essayer de faire entrer quoi que ce soit au chausse-pied dans Louise Attaque car c’est l’espace qui nous rend libres. » (lesinrocks.com, 2011)

Qu’avez-vous appris de la scène ?
« On avait énormément joué live avant d’enregistrer le premier album. Notre producteur Gordan Gano, des Violent Femmes, s’était d’ailleurs appuyé sur ça : il avait saisi l’essence du groupe à travers le live. En studio, on est simplement passés faire une photo de ce qu’on faisait sur scène. » (lesinrocks.com, 2011)

2012

Gaétan Roussel compose avec Joseph Dahan la musique du film « Camille Redouble » de Noémie Lvovsky. (cinezik.fr)

Noémie, comment choisissez-vous les compositeurs pour vos films ?
Noémie Lvovsky : « J'avais choisi Archie Shepp sur mon précédent film, FAUT QUE CA DANSE, car j'avais l'impression que la musique du personnage était du jazz. Pour Bruno Fontaine sur LA VIE NE ME FAIT PAS PEUR, c'était différent, car c'est vraiment un compositeur de film, il était arrivé lorsque le montage était presque fini. Pour Gaétan, j'écoute sa musique depuis longtemps, depuis les débuts de Louise Attaque, et je n'ai pas arrêté d'écouter. J'ai écouté "Ginger" aussi (ndlr : premier album solo de Gaétan Roussel). Quand j'ai pensé à la musique du film, j'ai beaucoup écouté ce qu'il avait fait pour d'autres. » (cinezik.fr, 2012)

Gaétan Roussel : « Je connaissais Noémie. J'étais ravi qu'elle ait envie de me rencontrer. J'étais ravi qu'après avoir proposé quelques musiques elle m'appelle pour me dire qu'on allait travailler ensemble. On allait vers des choses que l'on ne connaissait pas encore. Elle ne s'est pas forcément tournée vers moi pour ce que je sais faire, mais pour que l'on puisse le faire ensemble. C'était pareil sur mes expériences d'avant avec Delépine et Kervern. C'est d'abord une rencontre et on voit après ce que l'on peut raconter ensemble. S'il n'y a pas beaucoup de musique c'est très bien, et s'il y en a beaucoup, c'est que c'est nécessaire. » (cinezik.fr, 2012)

Gaétan, comment avez-vous travaillé sur ce film ?
« J'ai d'abord lu le scénario avant de rencontrer Noémie. Puis j'ai vu les premières minutes du film et j'ai essayé de composer sur ces premières minutes-là avec Joseph Dahan (mon acolyte que je connais depuis longtemps puisque j'ai fait les musiques de "Ginger" avec lui), non pas pour garder tout de suite quoi que ce soit, mais pour une première base de discussion. D'ailleurs, je pense qu'on n'a presque rien gardé de ce que l'on a commencé à faire. C'était en mouvement, on essayait de travailler ensemble. C'est ce que je retiens. Après on a avancé, on propose d'autres choses sur les images. J'ai très peu d'expérience de musique de film mais j'ai aimé faire comme ça. J'ai appris plein de choses. » (cinezik.fr, 2012)

2013

Gaétan est nommé aux Césars pour la BO « Camille Redouble » et sort son 2ème album solo « Orpailleur ». (academie-cinema.org)

En juillet, aux Francofolies de La Rochelle, il présente le spectacle Re-Play Blessures dans lequel il réinterprète l'album Play blessures d'Alain Bashung, coécrit avec Serge Gainsbourg. (culturebox.fr)

2014

Il présente avec Noémie Lvovsky leurs lectures musicales au festival « Les correspondances de Manosque ».

2015

Il écrit la chanson « Nos secrets » interprétée par Louane. (lci.fr)

Il chante sur le titre « Lorraine » sur l’album « Halfway to Paradise » du chanteur franco-britannique Lewis Evans. (amazon.fr)

2016

Louise Attaque sort l’album « Anomalie ». (francofans.fr)

Quel a été le déclic pour ressortir un album ?
Robin : « Au bout de dix ans de pause, ça devient très naturel de se poser la question d’un futur de Louise Attaque. Tout est parti d’une invitation en 2013 de Gaétan pour jouer deux morceaux dans l’émission Alcaline. C’est à partir de ce moment que nous avons entamé les discussions à quatre, pendant une année. »

En combien de temps a-t-il été écrit ?
Gaétan : « En un an. Le premier titre écrit fut ‘’Le grand banditisme’’. Un titre qui nous a rassurés et en même temps un peu effrayés. Rassurés d’avoir retrouvé des sensations mais effrayés dans le sens où nous avions l’impression que rien n’avait changé. Nous nous sommes alors dit que l’année qui allait s’écouler devait nous apporter une évolution musicale et que nous devions nous aussi évoluer afin de proposer quelque chose de nouveau, ne serait-ce qu’à nous-mêmes. Pendant cette période, nous nous sommes donc promenés dans différents endroits, des studios de répétitions, des maisons, à Londres, à Berlin, Brighton, dans le sud de la France et à Paris. Brighton fut le point de départ, c’est ici qu’un batteur nous a rejoints après trois semaines de session sans batterie. »

Pourquoi Alexandre Margraff, le batteur de l’époque, n’a pas suivi le projet ?
Arnaud : « C’était bien avant de commencer à composer. Il y a eu des divergences sur l’encadrement et le devenir. C’est ce constat de ne plus regarder dans la même direction qui a provoqué la séparation. »

Ça n’a jamais remis en cause la suite du projet ?
Arnaud : « Je dirais que ça a modifié la manière de composer. »
Gaétan : « De toute façon, cela a été un vrai un choc. Nous n’y étions pas préparés car ça fait vingt ans que nous nous connaissons. Ça déstabilise et il faut alors prendre le temps de rééquilibrer pour avancer. Les premières discussions avaient débouché sur une façon de travailler qui consistait à passer en studio avant de monter sur scène, ainsi qu’un processus de création issu dans un premier temps de Robin et moi. »

A l’écoute de l’album, des thèmes récurrents apparaissent, ce qui laisse la sensation que les paroles ont été écrites d’un seul trait…
Gaétan : « C’est vrai. Ce n’est pas voulu au départ mais ça peut en effet être lu comme ça. A chaque passage dans telle ville, nous espérions qu’il allait se passer des choses qui allaient nous nourrir. Les mots et les notes qui sortaient résultaient du fait que ça faisait un an que nous étions de nouveau ensemble. Il a fallu prendre le temps de se ré-apprivoiser, savoir ce qu’était devenu chacun d’entre nous. Finalement, dix ans, ça reste très long. D’où le thème du temps qui apparaît dans l’album. »

Le titre de l’album, « Anomalie », est-il né de ces histoires ?
Robin : « Pour nous, oui. Après comme chaque titre, cela reste ouvert à toutes les interprétations personnelles. »

C’est la première fois que vous apparaissez sur la pochette, pourquoi ?
Robin : « C’était une idée qui faisait partie de la vision de départ, une volonté d’incarner par nos corps, la musique que nous produisons. Puis, très vite est venue l’envie de mixer ça avec l’art plastique. Nous avons donc fait appel à Jef Aérosol qui nous a permis de passer de la photo aux pochoirs. La séance photo s’est déroulée dans un ancien hôpital psychiatrique à l’abandon dans la région parisienne. »

Le fait de passer à un style plus pop était une envie délibérée ?
Gaétan : « Je dirais que c’est simple une évolution qui existe depuis vingt ans. Partant du principe que le premier album était assez pop-américain, nous pourrions que ‘’Anomalie’’ est sa version anglaise. Il existe également une ressemblance musicale qui se veut assez frontale, contrairement au troisième album qui prend plus son temps, où les morceaux se promènent. Il n’y a donc pas de choix dans la volonté de faire tel ou tel style, c’est au moment de la création que la musique s’est désignée ainsi. Puis Olivier Som nous a aidés à rendre ça plus panoramique par des éléments harmoniques ou rythmiques propres à son univers. Finalement, nous avons été d’accord avec ce qui nous arrivait. »

Fait rare, seulement dix titres dans un album de Louise Attaque, était-ce également une volonté d’aller à l’essentiel ?
Arnaud : « Oui. A la base, il y avait un onzième titre que nous avons enlevé car il diluait la densité de l’album. Le propos était de délivrer quelque chose de dense et compact. »
Gaétan : « L’histoire que nous voulions raconter passait dans un format à dix titres. La densité ne vient pas dans une idée de longueur mais de propos, de message à faire passer. »

Sur « Les pétales » on entend Bashung et non pas Gaétan Roussel. Ce titre est-il un hommage ?
Gaétan : « Ca ressort en effet mais ce n’est pas volontaire. Nous n’y avons pas vraiment pensé sur le moment. »
Robin : « Nous verrions plus ça comme un clin d’œil. »

Vous avez appelé une de vos chansons « Avec le temps ». Pas trop osé ?
Arnaud : « Nous savions que c’était une chanson de Léo Ferré mais c’était pour nous juste naturel par rapport au propos du texte. »
Gaétan : « Disons que l’on s’est permis. Avec énormément de respect. »

Considérez-vous que vos différents projets annexes ne soient pas la clé de la longévité de Louise Attaque ?
Arnaud : « Ce n’est pas parce qu’on voulait faire des projets solos que nous avons mis Louise Attaque en pause, c’est l’inverse. Nous avons toujours eu l’intuition qu’il fallait appuyer sur pause plutôt que rompre et aller au clash. Louise a été très préservée, ça nous a permis de construire des choses par nous-mêmes qui ont, dans un deuxième temps, alimenté le groupe dans les compos, les textes ou l’expérience. » (FrancoFans, 2016)

2017

Il publie son 1er roman « Dire au revoir » chez Flammarion. Ce recueil de nouvelles se lit comme une variation autour d’un même thème, dire au revoir : un fils adresse un ultime au revoir à une mère qui ne l’a guère aimé ; un jeune garçon aide son père à déplacer la concession d’ancêtres qu’il n’a pas connus ; deux jeunes amants s’écrivent tout au long de leur amour…

Ecrire, c'est quelque chose qui vous tenait à cœur ?
« Ce n'est pas quelque chose qui me trottait dans la tête régulièrement. J'ai eu envie de le faire parce que j'étais complètement libre sur la forme. Je l'ai fait aussi parce que le sujet «Dire au revoir» me tenait à cœur. C'est parce que j'avais le titre que je l'ai écrit. C'est la première nouvelle qui a donné naissance au reste, je me suis pris complètement au jeu. A travers ce format de textes courts, je me suis permis d'utiliser la répétition. Ce sont comme des refrains. La musique est une enveloppe du mot, la mélodie les protège, leur donne un autre sens. Là, la musique doit être à l'intérieur des mots. » (ladepeche.fr)

« Ça fait quelques années que j’écris des chansons assez courtes. Et là, j’ai eu envie de m’installer un peu plus, de développer des histoires et de passer plus de temps avec les personnages. » (youtube.com)

« Avant d’écrire, j’avais déjà le titre en tête. Je l’aime pour deux raisons : la première c’est qu’il est moins solennel qu’Adieu et la deuxième c’est que c’est un terme de contradiction ; dans ‘’Au revoir’’ il y a ‘’revoir’’. » (youtube.com)

« Je vais continuer à m’immerger dans l’écriture. C’est comme un virus et j’ai l’impression de l’avoir attraper. » (youtube.com)

Il fait une lecture de son livre avec Clotilde Hesme et Grégory Gadebois à la Maison de la Poésie, à Paris.

Il sort un album avec Rachida Brakni sous le nom de Lady Sir. Leur disque intitulé « Accidentally yours ». (ouest-france.com)

Gaëtan : « Rachida cherchait une musique de fin pour son 1er film ‘’De sas en sas’’. Clarisse, mon agent, m’a proposé de lui soumettre « Accidentally yours », une chanson que j’avais dans mes tiroirs. Parallèlement, Rachida était en train de construire son 2ème album solo. Finalement, elle a eu envie de chanter « Accidentally yours » avec moi. Et on s’est rendu compte que nos deux voix s’accordaient bien. »

Pour cet album, ils ont travaillé à Paris & à Lisbonne où vit Rachida Brakni.

Gaëtan : « J'aimerais que Lisbonne m'adopte un peu pour les temps à venir. C'est une ville de musique, d'animation, de bruit…»

Ils chantent en français, en anglais, en arabe.
Gaétan Roussel : « Nos deux voix sont toujours ensemble sauf quand on ne chante pas dans la même langue. Cela n’a rien à voir avec Louise Attaque, c’est plutôt, dans l’esprit d’Isobel Campbell et Mark Lanegan… » (ouest-france.com)

Rachida Brakni : « Elle vient de loin mon envie de chanter. De ce qu’on a envie d’être Patti Smith quand on l’entend… Du fait que chanter est grisant, jubilatoire. C’est un exutoire. Quand je travaille une chanson, j’ai l’impression d’être une gamine qui assiste en direct à la naissance de quelque chose. Une chanson, ça vit, on la tord, on lui fait prendre plein de directions… » (ouest-france.com)

On peut entendre le titre « Accidentally yours » sur la BO du premier long-métrage de Rachida Brakni, « De sas en sas » sorti le 22 février. (evous.fr)

Leur aventure musicale est racontée dans la BD « Je rêve d’ailleurs » de Fred Bernard.

Il coécrit « Les Gens » avec Raphael sur l’album de ce dernier intitulé « Anticyclone ». (leparisien.fr, 2017)

Il reprend « Je te promets » sur l’album hommage « On a tous quelque chose de Johnny ». (universalmusic.fr)

Il participe aux côtés d’Edouard Baer, Zazie, Olivia Ruiz et Renan Luce au Soldat Rose 3, un conte musical écrit Pierre-Dominique Burgaud et composé par Alain Souchon et ses fils.

De 2017 à 2019, il anime tous les dimanches « Clap Hands » de 19h à 20h sur RTL2. Une émission pendant laquelle il reçoit un artiste de la scène musicale française pour une interview intimiste suivie d'un live acoustique durant lequel il accompagne l'artiste invité. « Animer une émission sur une station FM en recevant des chanteurs et musiciens, ça me plaît parce que ce sont des rencontres. Il y a aussi l'idée de ne pas forcément coller à l'actualité, donc ça peut tourner à la discussion. Enfin, la radio, les voix, je trouve que ça fait rêver, on peut imaginer des choses. Après, je ne dirais pas que je suis animateur, je n'ai pas cette prétention. » (ouest-France.com)

« Le premier invité a été Raphael. Et je me suis plus emmêlé les pinceaux qu'avec Marc Lavoine que je ne connaissais pas. Les invités sont bienveillants. J'en ai besoin. » (ouest-france.com)

2018

Il écrit et compose le titre « Je vous trouve un charme fou » interprété par Hoshi.

Il sort son 3ème album solo, « Trafic », né des deux côtés de l’Atlantique. Entre Paris et Los Angeles, Gaëtan s’est nourri de la richesse de ses influences, de Brel au folk américain, de Souchon aux Talking Heads, de Sia à Bashung, qui lui a appris en son temps qu’il pouvait aussi évoluer seul : « Sans lui, je n’aurais jamais pensé à faire des disques solos, quitter la rive et voir ce qui se passait dans le continent d’en face ».

« Pour moi Trafic, c’est l’inverse de blocus, ou d’embargo, c’est le mouvement. J’adore le mouvement, le trafic n’est pas que chiant, les voitures et tout ça, il y a plein d’autres choses. Il y a eu beaucoup de trafics dans cet album : des trafics de son, des trafics de mots, j’ai été à plein d’endroits, les trafics aériens. Je trouvais qu’il représentait bien, ce que j’avais essayé de faire, des choses qui se croisent, qui reviennent, on repart, on essaye. Tout ce que ce mouvement engendre pour arriver à faire un disque. Ma grand-mère me demandait toujours : » Qu’est ce que tu trafiques? », ça me rappelle ça. J’adore aussi le film de Jacques Tati qui s’appelle « Trafic ». (pokaa.fr)

« L’album parle de ce qui nous entoure. Je parle du mieux que je peux, avec ma sensibilité. Je n’invente pas grand-chose, c’est tout autour de nous. Ça parle de moi parfois, ça parle des autres, ça parle de tout le monde tout le temps. J’essaye de faire des textes qui ont des sujets définis : la chanson « Hope » par exemple parle de l’oubli, de la mémoire, de la maladie, particulièrement d’Alzheimer, une autre chanson va parler du doute, une autre de l’addiction. Mais j’essaye de faire en sorte qu’après on puisse interpréter à sa façon. » (pokaa.fr)

2019

Il compose la BO du film « Roxane » de Mélanie Auffret. (allocine.fr)

Il interprète « Pirouette cacahouète » sur l’album « Les comptines d’Okoo ». (chartsinfrance.net)

2020

Il coréalise l’album de Mister Mat « Désespérément optimiste » sur lequel il a écrit et composé « On a tous dit », « Simplement te dire » et composé la chanson-titre.

Le 3 avril, depuis sa cuisine, en communication avec Rebecca Manzoni, elle-même dans sa cuisine parisienne, Gaëtan Roussel, a donné un concert inédit, une interview et une leçon de cuisine pour les auditeurs de France Inter. (franceinter.fr)

Il compose la musique du film « Les parfums » de Gregory Magne avec Emmanuelle Devos et Gregory Montel. (pyramidfilms.com)

Il interprète « Viens chez moi j’habite chez une copine » l’album « The Totale of La Bande à Renaud ».



MUSIQUE

Influences et goûts musicaux

« J’ai beaucoup écouté Violentes Femmes, The Clash, Tom Waits... Ce sont des gens qui donnent envie de faire de la musique. » (chartsinfrance.net, 2010)

« Gorillaz est un groupe important par sa démarche. Sa musique respire la liberté et amène une ouverture qui donne des idées, sans qu’on fasse pour autant la même chose. » (hebdo.ch)

Est-ce que vous fonctionnez de la même manière, mû par un appétit de musique et une envie de digérer ce que vous entendez pour créer quelque chose de nouveau?
« En tout cas, j’essaie. Et j’espère que c’est digéré… D’autres groupes le font également, Talking Heads, par exemple, ou Vampire Weekend, plus récemment. Ils parviennent à lancer des ponts entre les cultures. Et puis c’est en avançant et en digérant qu’on trouve sa singularité. Mais le plus important, c’est sans doute la résonance que peuvent avoir ces musiques en soi, l’envie qu’elles créent ou ce qu’elles provoquent, qui peut ressortir sous plusieurs formes. » (hebdo.ch)

Avec Louise Attaque, vous avez repris Vesoul de Jacques Brel. Est-ce que le chanteur belge a été une influence importante pour vous?
« A l’époque de Louise Attaque, on me parlait souvent de Brel. A tel point qu’il m’a fallu trouver une parade, car je me sentais tout petit face à lui. Si bien qu’à la fin je me suis dit qu’on pouvait essayer de s’inspirer un peu de l’immense générosité qu’il dégageait. Pour le reste, c’est quelque chose qui était présent, bien sûr, mais pas autant qu’on a pu le croire. Principalement parce que nos influences étaient surtout anglo-saxonnes. » (hebdo.ch)

Et pour les textes, aviez-vous des modèles français ?
« Plein, bien sûr, même s’il est difficile de mettre le doigt sur un en particulier. Ou alors Noir Désir, peut-être, qui nous a permis – comme à plein d’autres – de nous détendre avec le français dans le rock. Soudain, on pouvait être rêveur et accorder du sens aux mots, tout en suivant le rythme ou en donnant de l’importance à la voix. » (hebdo.ch)

« J’aime beaucoup le premier album des Arctic Monkeys. Je les ai vus plusieurs fois sur scène. » (lexpress.fr, 17/10/11)

« Dominique A est un artiste que j’apprécie, je l’ai croisé plusieurs fois, comme Philippe Katerine. » (afacetofacewith.wordpress.com, 31/03/11)

Vous aimeriez composer avec Dominique A ?
« Oui, il y a l’envie. Je pense qu’on est assez différent dans la manière d’aborder l’écriture, la voix, les mots. Le moment n’est pas encore arrivé. » (afacetofacewith.wordpress.com, 31/03/11)

Ecriture/composition

« La plupart du temps, j'écris la mélodie d'abord avec parfois quelques phrases qui me viennent. Après, je m'appuie sur ces phrases pour développer et retenir les mots qui m'intéressent, et tirer ‘’la petite ficelle’’. En ce sens, certains mots du départ peuvent disparaître... Le temps pour écrire une chanson est très variable. » (next.liberation.fr)

Collaborations

Vous avez collaboré avec Alain Bashung sur son ultime album « Bleu Pétrole », avec Rachid Taha pour son disque Bonjour, et travaillé sur le single de Vanessa Paradis, Il y a... Que vous ont apporté ces expériences ?
« Dans ma vie de musicien, je n’ai connu jusque-là qu’une culture musicale de groupe. Dans ces collaborations, il y avait donc une multitude de "premières fois", notamment celle d’être plus "seul" qu’à l’accoutumée. Ce travail me renvoyait à moi-même, il me fallait être force de propositions. Ces expériences ont fait mûrir l’idée d’un disque solo : une sorte de sas de décompression avant d’arriver à ce que je vis actuellement. » (rfimusique.com, 02/04/10)

Succès

Qu’est ce que le succès avec Louise Attaque a changé ?
« J’essaye juste de continuer à avancer. On a eu la chance de croiser le succès tôt avec Louise Attaque. Ça a créé une trajectoire qu’il a fallu essayer de maîtriser au mieux. Mais c’est vrai que c’était perturbant, et c’est d’ailleurs pour ça qu’on a fait un deuxième disque plus en réaction à ce qui nous était arrivé. Puis on a fait une pause et ensuite un troisième album, différemment. Savoir ne pas faire certains disques, je crois que ça permet d’avance autrement, de rester libre. » (lesinrocks.com, 2011)


PERSONNEL

Il a obtenu un DESS d’urbanisme. (Magic ! 2000)

« Si j'avais été autre chose que musicien, j'aurais essayé d'être architecte ou urbaniste. J'aurais aimé m'investir dans l'espace urbain et dans la circulation de l'individu. Je suis arrivé tardivement à la musique, en même temps qu'on m'offrait un travail d'urbaniste, on m'a proposé un contrat avec Louise Attaque. Je n'ai pas hésité, et jusqu'à présent ça me permet de vivre et d'avancer, d'avoir un toit, de nourrir mes enfants, je suis très chanceux. » (ladepeche.fr, 2017)

Fin gourmet

« Ma "spécialité", c'est le risotto aux tomates. Tout est dans la cuisson. Je récupère des recettes à droite et à gauche, puis je les interprète. Je le dis avec beaucoup de modestie, car j'ai eu la chance de pouvoir croiser Yves Camdeborde, le créateur de la bistronomie. Nous avons organisé des dégustations les yeux bandés, pendant que je jouais de la musique. C'était une sorte de travail mental sur le goût et les cinq sens. » (lexpress.fr, 2017)

Il participe aux soirées Toque Toque, créées par sa compagne Clarisse Fieurgant en 2019. « C’est une soirée basée sur les thèmes de la rencontre et du partage. Je suis amoureux d’accords : de musique mais aussi de mets, de vins, de personnes. Les soirées toque Toque proposent une idée simple : un chef, un artiste et leur choix commun d’accords mets/vin sur des produits où ils se retrouvent. Soirée détendue qui tourne souvent à la discussion, aux échanges. »

La cuisine, la gastronomie, ça vous vient d’où ? Des tournées où l’on peut profiter des bons restaurants de France ?
« Une nouvelle fois, des rencontres. En particulier celle avec ma femme avec qui je travaille également et qui est à l’origine des soirées Toque Toque. J’ai aussi des amis chef comme Yves Camdeborde et des vignerons comme Pfeferling. Ce genre de relations aide à la curiosité, à la dégustation et aux mélanges. On est ce qu’on mange, mieux vaut jeter un petit coup d’œil sur les produits et le sort que nous leur réservons. »

Lorsque vous regardez les chefs travailler leur art, quels points communs pourriez-vous relever avec la musique ?
« Une nouvelle fois : les accords. Tout est question de mélange et d’intention. Le récit également. Un plat à la plupart du temps une histoire et vous fait voyager. Il en va de même pour une chanson…Tout cela n’a pas besoin d’être explicite, figuratif. L’imagination a sa place, comme le ressenti et la spontanéité. Il faut suivre la recette et son instinct ! »

La musique et la gastronomie ont cette belle valeur en commun : le partage. C’est une valeur qui guide votre carrière, et au-delà, votre vie ?
« La première chose à ne pas oublier, je trouve, est qu’il est essentiel d’être bien entouré ! Et pour ce faire, le partage, les rencontres en sont la clef. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a jamais de moments isolés, solitaires. Mais à un moment donné personne ne cuisine que pour lui et je n’aimerai pas chanter que pour moi. Le studio a pris une place importante dans mon travail mais il n’y a pas un seul projet auquel je participe que je n’ai pas défendu sur scène, en public, en le partageant. Essentiel dans ma construction. » (strasbourg.blog)

Gaetan Roussel est également un fin connaisseur des vignobles.

Comment vous est venue cette passion pour le vin ?
« Tardivement. Même si, à 16-17 ans, j’aimais accompagner mon père dans le Sancerrois. Nous habitions alors dans le Loiret, et il allait faire ses provisions dans le Cher. C’était d’abord un plaisir pour les yeux, car ces paysages viticoles sont très beaux. Mes premiers souvenirs gustatifs sont ceux de ces sauvignons. Des vins secs, droits, francs. J’aimais bien l’expression « eau de roche » qui qualifiait ces sancerres. »

Votre vie de musicien vous a-t-elle ensuite orienté vers autre chose ?
« La vie d’un groupe de rock est d’abord rythmée par les sandwichs et la bière. C’est vers l’âge de 26 ou 27 ans que j’ai commencé à redécouvrir les plaisirs de la bonne cuisine et des vins. Cela est venu en partie des gens qui nous recevaient dans les salles de concerts. Nous avons longtemps connu les catering, ces espaces de restauration réservés au personnel, aux artistes et aux techniciens, par exemple lors de festivals, où tous les repas ou buffets se ressemblaient, avec taboulé, carottes râpées, pâtes, mauvaise charcuterie… Ça en devenait une blague. Les choses ont commencé à évoluer dans les années 2000. Les salles ont compris qu’il y avait moyen de partager de bons moments en mangeant et en buvant mieux, pour mettre aussi les artistes dans de meilleures conditions. Une fois que les organisateurs ont remarqué que tu es sensible à ça, ils le retiennent lors de ton prochain passage en concert. Il n’est pas rare aujourd’hui qu’un vigneron soit invité en coulisses pour faire une dégustation. » (lemonde.fr, 2020)

Cela ne vient-il pas aussi d’un changement du rapport à la nourriture de la part des musiciens ?
« Ce milieu s’est intéressé de plus en plus à la bonne cuisine. Et l’éveil aux bons vins est parallèle à ça. De manière générale, les gens font plus attention à ce qu’ils mangent. Le monde de la gastronomie s’est aussi beaucoup décoincé et démocratisé. Des chefs cuisiniers comme Yves Camdeborde ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de ce qu’on appelle la « bistronomie ». »

Votre rencontre avec ce chef a-t-elle été importante ?
« Oui. C’est Clarisse qui, la première, m’a emmené au Comptoir du Relais, l’espèce de bar à tapas qu’Yves Camdeborde a ouvert à côté de son restaurant Le Relais Saint Germain, dans le quartier de l’Odéon [Paris 6e]. J’avais eu envie de tout goûter. A force d’y retourner, nous avons fini par nous rencontrer avec Yves, manger ensemble et devenir amis. Il m’a permis d’avoir une nouvelle approche des vins, car il connaît la plupart des vignerons qui sont à sa carte, de la même façon qu’il connaît les petits producteurs qui lui fournissent ses légumes, ses viandes… Pour ses vins comme pour sa cuisine, il met d’abord en avant des produits issus de l’agriculture biologique. Une démarche qui m’a aussi convaincu. »

Comment est né le projet Les Cinq Sens, où vous mêlez musique, cuisine et vin ?
« C’est parti de l’invitation d’une salle de concert à La Rochelle, La Sirène, qui, pour fêter l’anniversaire de son ouverture, a demandé à quelques « parrains » – Christophe Miossec, Didier Wampas et moi – d’imaginer librement un concept. Avec Clarisse, mais aussi avec mon régisseur, que l’on surnomme « Bouchon », un amoureux du vin et de la cuisine, qui possède d’ailleurs des parts dans une cave, La Cave se rebiffe, à Marnay, dans le Jura, nous avons demandé à un jeune vigneron nîmois, Ludovic Engelvin, de s’associer à nous et au cuisinier de La Sirène pour proposer à des spectateurs de déguster dans le noir des vins et des bouchées tout en écoutant de la musique instrumentale que j’avais composée. Nous échangions après cela avec le public et je donnais un concert. L’expérience était super. A tel point que nous l’avons renouvelée aux Francofolies de La Rochelle avec les vins d’Eric Pfifferling et la cuisine d’Yves Camdeborde. Puis, toujours avec Yves et Eric, aux Rencontres de la photographie d’Arles, en juillet dernier, dans le cadre d’une exposition de Philippe Chancel, « Datazone », accrochée dans l’église des Frères-Prêcheurs. L’exposition explorait des zones de friction de la planète, comme sur cette photo de Bédouins dans le désert, avec en fond l’ultramodernité de Dubaï. Pour évoquer ces contrastes, Yves Camdeborde a proposé, par exemple, trois bouchées – œuf, caviar et œuf-caviar – alors qu’Eric Pfifferling a choisi des vins de régions volcaniques, comme le SP 68, un vin sicilien de l’Etna, pendant que je jouais la chanson Résidents de la République, que j’avais écrite pour Alain Bashung. A Arles, nous avons également joué à l’abbaye de Montmajour, restaurée par l’architecte Rudy Ricciotti, un autre grand amateur de vin. » (lemonde.fr, 2020)

Passions

Quelle est votre plus grande passion ?
« Les mélodies. Elles m'ont toujours touché, j'ai toujours cherché à les capter, que cela soit les voix ou les contre-chants. J'adore Salut les amoureux, de Joe Dassin, par exemple. »

Jusqu'où êtes-vous allé pour la réaliser ?
« Parfois, une mélodie peut vous obnubiler, vous ne parvenez pas à mettre des mots dessus ou les mots prennent le pas sur la musique. Ça peut devenir très frustrant, alors il faut lutter. »

Que vous a apporté cette passion ?
« Le sens du collectif et le contact avec les autres. Je suis vraiment né le jour où je me suis fondu dans un groupe. »

Une passion restée intacte?
« L'architecture. J'adore les ponts, le pont du 25-Avril à Lisbonne, par exemple. J'ai étudié l'architecture trois ans, avant de bifurquer vers la musique. J'aime beaucoup Frank Gehry, qui a conçu le Guggenheim. J'aime aussi l'idée de monter en pente douce sur un sol incliné en découvrant des tableaux. »

Une passion de jeunesse ?
« A une époque, je voulais devenir footballeur. J'y ai beaucoup joué, en changeant régulièrement de club, au gré des affectations de mon père, qui était dans l'Education nationale. Je jouais en milieu de terrain. J'ai toujours admiré les passeurs comme Platini ou Giresse. Je me souviens encore du but superbe que Genghini avait marqué contre l'Autriche à la Coupe du monde de 1982. Et puis, un jour, la guitare a remplacé le ballon... »

Une passion que vous ne comprenez pas chez les autres?
« La collection de timbres. Je ne suis pas du tout collectionneur, de tempérament. Par exemple, je n'ai que quelques guitares. J'ai trouvé celles qui me plaisent, cela me suffit. Je les considère comme de simples outils. »

Une passion typiquement française ?
« Etiqueter tout et tout le monde. Vous devez toujours entrer dans une case. C'est la même chose dans la musique. Avec Louise Attaque, on faisait plutôt du rock, mais on nous a classés dans la chanson française. Je préfère les expériences transversales. » (lexpress.fr, 2017)


DISCOGRAPHIE

Louise Attaque

2016 : « Anomalie »
2011 : « Du monde tout autour »
2006 : « Y’a t-il quelqu’un ici ?! » (DVD live)
2005 : « A plus tard crocodile »
2000 : « Comme on a dit »
1997 : « Louise Attaque »

Tarmac

2003 : « Notre époque »
2003 : « Concert au Réservoir » (live)
2001 : « L’atelier »

En solo

2010 : « Ginger »
2013 : « Orpailleur »
2018 : « Trafic »
2021 : « Est-ce que tu sais ? »

Lady Sir

2017 : « Accidentally yours »

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