Fatoumata Diawara est née en 1982 en Côte d’Ivoire de parents maliens. (fatoumatadiawara.com)

Dès l'enfance, elle danse dans la troupe de son père ; elle rencontre un grand succès en exécutant l'extravagante danse didadi de Wassoulou, le pays de ses ancêtres au Mali occidental. (fatoumatadiawara.com)

Lors de son adolescence, son caractère indépendant lui fait refuser l'école et ses parents décident de l'envoyer – c’est une tradition africaine – vivre chez une de ses tantes à Bamako. Elle ne reverra pas son père et sa mère pendant près de dix ans. (fatoumatadiawara.com)

« J’ai vécu une adolescence très difficile au Mali. Etre une femme – et pas uniquement en Afrique – c’est naturellement difficile. Soit tu te laisses faire, soit tu veux t’en sortir, comme moi. Et à ce moment-là, tu sais que ça ne sera pas facile. J’aurais pu me marier avec mon cousin, accepter la vie qu’on voulait pour moi. J’ai choisi ma voie et c’était une grosse responsabilité. Mais il faut des femmes qui se sacrifient à leur nation. Je suis partante pour être la voix des enfants, de la justice et du développement de mon pays. » (azenda.re)

Quelque temps après son arrivée, Fatou se retrouve en 1996 sur un plateau de cinéma, à s'occuper du bébé de sa tante qui est actrice. Séduit par sa beauté, le metteur en scène lui confie une réplique dans « Taafé Fanga » d’Adama Drabo. (fatoumatadiawara.com)

Elle obtient ensuite l’un des rôles principaux du film « La genèse » de Cheikh Omar Sissoko. (fatoumatadiawara.com)

En 1998, Fatou part à Paris pour jouer au théâtre dans Antigone de Sophocle mis en scène par Kouyaté. (fatoumatadiawara.com)

Elle retourne au Mali en 2001 pour le tournage de « Sia », film dans lequel elle tient le rôle-titre et qui raconte l'histoire d'une figure féminine légendaire d'Afrique occidentale. Il obtient un succès phénoménal dans de nombreux pays ; pour beaucoup de Maliens, de Guinéens, de Sénégalais et de Burkinabés, Fatou EST Sia. Mais malgré les propositions de rôles qui affluent, sa famille souhaite qu'elle se fixe et se marie… Fatou est alors contrainte d’annoncer en direct à la télévision qu'elle abandonne sa carrière d'actrice. (fatoumatadiawara.com)

En 2002, le directeur de la compagnie Royal de Luxe vient à Bamako lui offrir un rôle dans son nouveau spectacle. Mais au Mali une femme célibataire n'a pas plus de droits qu'un mineur, et la permission de sa famille qui est requise lui est refusée. Après avoir réfléchi, Fatou décide de s'enfuir et parvient à embarquer dans un avion, évitant de justesse la police qui est lancée à ses trousses par sa famille pour "kidnapping". (fatoumatadiawara.com)

« Je suis partie un soir à 19 ans et pendant six ans ma famille n’a pas su où j’étais. » (lesinrocks.com)

Avec Royal de Luxe Fatou joue dans le monde entier. Pendant les répétitions et les moments de calme, elle s'amuse à chantonner en coulisses ; en l'entendant, le directeur la fait bientôt chanter pendant les spectacles. Encouragée par l'accueil du public, elle commence entre les tournées à se produire dans des clubs parisiens. C'est là qu'elle rencontre le musicien et producteur malien Cheikh Tidiane Seck qui la fait revenir au Mali pour faire les chœurs sur les albums qu’il réalise pour Oumou Sangaré (« Seya ») et Dee Dee Bridgewater (« Red Earth »). Fatou participe aussi aux tournées. (fatoumatadiawara.com)

À son retour en France, elle apprend la guitare, poussée par Rokia Traoré, et commence à chanter ses chansons dans des bars parisiens. « Une fille malienne avec une guitare acoustique, c'était une chose à la fois merveilleuse et audacieuse. Pourquoi la guitare serait-elle réservée aux hommes ? » (fatoumatadiawara.com)

Entre 2007 et 2009, elle incarne la sorcière Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba, tirée du dessin animé de Michel Ocelot. « C’était un rôle difficile et une belle rencontre. Je chantais pour me libérer, je criais à chaque fin de spectacle et j’ai appris à me soigner en criant dans la peau de Karaba. A la fin du spectacle, on m’enlevait une épine du dos. Depuis, j’ai mal à cet endroit-là. » (lesinrocks.com)

En 2011, elle sort son premier album éponyme. « Je ne cherchais pas à ce que cet album soit un bilan de ma vie, mais il l’est devenu. Ma vie est bourrée d’incompréhensions liées à l’enfance, d’émotions qui n’ont pas été nommées. En Afrique, il y a beaucoup de barrières entre les générations, la communication n’est pas fluide, je n’ai pas pu m’y faire. » (lesinrocks.com)

Elle participe au projet Africa Express de Damon Albarn, de faire les chœurs sur les albums de Cheikh Lô et de l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, sans oublier AfroCubism et le projet Imagine de Herbie Hancock. (fatoumatadiawara.com)

En 2013, elle réunit 37 artistes maliens dont Amadou et Mariam et Toumani Diabaté pour enregistrer « Mali ko », une chanson pour la paix. « Je suis allée à Bamako en décembre. Le soir-même, je suis tombée sur l’arrestation du premier ministre, Cheik Modibo Diarra. Ça m’a rendue malade. Je trouvais ça injuste pour les Maliens. On était des centaines de personnes dans l’avion, pressées de retrouver le Mali. Tout le monde était démoralisé. Là, je me suis dit qu’il était temps que les artistes donnent de l’espoir aux Maliens. La musique était déjà interdite dans le nord du pays, on cassait les instruments. Si la France n’était pas intervenue, à quelques jours près, on ne jouait plus de musique au Mali. Et la musique est le centre de tout, à la base de l’humanité. C’était donc important de le chanter. J’ai composé la chanson et appelé mes frères artistes. » (azenda.re)

En 2014, elle joue dans « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako. (allocine.fr)

En mars 2017, elle partage la scène avec Hindi Zahra lors de la mini tournée « Olympic Café Tour ». (francetvino.fr)


Elle participe au disque « Lamomali » qui sort le 7 avril 2017. « Lamomali est un projet de Matthieu Chedi. Il voulait faire un travail aux couleurs du Mali car c’est un pays qu’il aime bien. Il a fait appel à nous, moi et d’autres artistes maliens comme Sidiki Diabaté et son père. » (rhhm.net)

Retrouvez Fatoumata Diawara :